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contre, je suis convaincu que nos postes vont avoir à repousser des attaques sporadiques qui seront comme la monnaie du grand rezzou annoncé souvent, certainement préparé, mais jamais réalisé. Toutes les fois que nous serons ainsi inquiétés, nous devrons répondre énergiquement, en usant des droits que nous confèrent, pour la poursuite des agresseurs, les traités de 1845, de 1901 et de 1902. Ce sont là des représailles indispensables. Nous aurions grand tort de ne pas les exercer. Quant à croire que les pillards marocains soient actuellement un réel danger pour nous, je ne le pense pas.

Vous voyez donc mon état d'esprit et comment j'estime qu'il faut juger la situation. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure, mais force est bien de constater une anarchie gouvernementale qui, dans les villes où résident les Européens, appelle notre plus sérieuee attention. Du côté de l'Algérie, vigilance, fermeté, vigueur, — mais pas d'emballement répressif et pas d'exagérations pessimistes. Dans les ports, mise en @uvre, aussi prompte que pourra se faire, des décisions de la conférence. Et d'ici là, des mesures de surveillance et de précaution, qui jouent vis-à-vis d'Erraissouli et de ses pareils le rôle de frein que le Makhzen ne joue plus. Ce sont là les instructions mêmes dont le gouvernement m'a muni et dont je m'inspirerai à Tanger, en parfait accord, je n'ai pas besoin de vous le dire, avec les autorités civiles et militaires qui sont, en Algérie, mes collaboratrices pour tout ce qui concerne la frontière.

- Les auvres françaises au Maroc. – Les Questions Diplomatiques et Coloniales (n° du 1er décembre 1905) avaient souligné l'insuffisance du crédit de 310.000 francs inscrit au budget des affaires étrangères pour les « @uvres françaises au Maroc», et montré la nécessilé de revenir sinon au chiffre initial d'un million proposé par M. Jaurès, au moins à celui de 600.000 francs qu'avait adopté la Commission des affaires extérieures et coloniales.

La Commission du budget de 1907 a entendu cet appel qu'avaient instamment répété auprès de lui le ministre des Affaires étrangères et le ministre de France au Maroc. Elle vient de relever de 290.000 francs le crédit attribué aux cuvres françaises au Maroc et porté ainsi à 600.000 francs. De plus, elle en a fait un chapitre spécial du budget, le chapitre 23.

Il faut maintenant souhaiter que la Commission sénatoriale des finances ne se montre pas moins clairvoyante et qu'elle donne à notre politique marocaine en 1907 les moyens, encore bien faibles, que représenle ce crédit de 600.000 francs.

Mauritanie. L'affaire de Tidj-Kadja. Une rencontre a eu lieu le 26 octobre dernier, aux environs du poste de Tidj-Kadja, en Maurilanie, entre un détachement de tirailleurs et un parti de Maures de l'Adrar. Au cours de celle rencontre, deux lieutenants et deux sergents français ont été tués : les lieutenants Andrieux et Douville de Fran»su, les sergents Fleurelte et Philippe. En outre, on a également à déplorer la mort de plusieurs tirailleurs. D'après les renseignements parvenus au ministère des Colonies, le détachement français attaqué par les Maures opérait une reconnaissance dans les environs du fort Coppolani. Les agresseurs étaient au nombre de plus de cinq cents, armés pour la plupart de fusils à tir rapide. Malgré leur énorme supériorité numérique, ils eurent de nombreux tués et blessés.

La note officielle communiquée à ce sujet par le ministère ajoute que le poste de Tidj-Kadja qui depuis l'assassinat du premier administrateur de la Mauritanie porte le nom de Fort-Coppolani, est bien fortifié et ampleinent approvisionné en vivres et en munitions, et le capitaine Tissot, qui le commande, déclare pouvoir y résister à une attaque éventuelle. M. Milliès-Lacroix s'est néanmoins assuré que des renforts lui étaient envoyés. Les mesures nécessaires ont été prises par M. Merlin, gouverneur général par intérim

Le ministre des Colonies, dès qu'il eut connaissance de l'événement, a immédiatement convoqué les hauts fonctionnaires de l’Afrique Occidentale Française actuellement en congé en France.

Après avoir conféré avec eux sur les mesures qu'il convenait de prendre, il a invité M. Merlaud-Ponty, lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal et du Niger, et le colonel Montané-Capdeboscq, commissaire du gouvernement en Mauritanie, à regagner leurs postes par le prochain courrier.

Il a également prié le général Audéoud, nommé tout récemment commandant supérieur des troupes de l'Afrique Occidentale Française, de rejoindre Dakar par le paquebot du 23 novembre,

Sahara algérien. Un incident à Bilma. — Le Petit Parisien a reçu le 10 novembre, de son correspondant de Tripoli, une dépêche suivant laquelle des caravanes arrivées à Tripoli le 8 novembre auraient annoncé qu'un poste français avait été assailli à Bilma par des cavaliers venus du Tibesti, lesquels avaient été repoussées avec de fortes pertes. Voici, d'autre part, les renseignements publiés à ce sujet par le Temps :

Le lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal-Niger a reçu des nouvelles du commandant Gadel qui se trouve actuellement à Bilma.

Les habitants de cette oasis lui témoignent leur reconnaissance de les avoir délivrés des rezzous Hoggâars et d'avoir ramené le calme parmi eux.

Le commandant Gadel était allé, au début de septembre, avec un détachemeut de tirailleurs visiter une oasis située à 200 kilomètres environ au Nord-Ouest de Bilma.

Il fut attaqué le 13 septembre au point de Djerib par 80 Hoggaars armés, pour la plupart, de fusils à tir rapide.

Les nomades furent mis en fuite en abandonnant leurs armes et leurs animaux et en laissant 15 des leurs tués ou blessés.

De notre côté, nous avons à déplorer la mort d'un sous-officier européen et d'un caporal indigène.

EUROPE

France. La convention de commerce franco-suisse. — La Chambre des députés, a adopté sans modification le projet de convention commerciale franco-suisse, arrêté à Berne le 20 octobre dernier. Cette convention contient 29 articles dont plusieurs modifient sensiblement les dispositions de celle de 1895. La nouvelle convention - qui entre en vigueur le 20 novembre – n'est plus dénonçable d'un jour à l'autre, elle « demeurera exécutoire jusqu'à « l'expiration d'une année à partir du jour où l'une des parties con« tractantes aura notifié à l'autre son intention d'en faire cesser les « effets » (art. 28). En outre, les articles 1 et 2 disposent que si l'un des droits énumérés dans les tableaux annexes vient à être relevé, cette mesure ne pourra élre appliquée qu'un an après notification à l'autre partie. L'article 3 oblige le gouvernement suisse à accorder aux produits du pays de Gex le bénéfice des dispositions contenues dans un règlement spécial ; il donne ainsi un caractère bilatéral aux engagements qu'avait pris le Conseil fédéral par un simple arrêté de 1895.

La clause de la nation la plus favorisée est contenue à l'article 4. Quant aux autres articles, ils traitent du transit, des droits de consommation et drawbacks, du contrôle des objets en métaux précieux, des certificats d'origine, de l'application de la convention à l'Algérie, etc.; ils reproduisent presque tous des dispositions des précédents traités conclus entre les deux pays ou des récents traités conclus entre la Suisse et ses autres voisins. Notons en particulier l'article 24 qui stipule que toutes contestations seront tranchées non pas par la cour de la Haye, mais par un tribunal arbitral constitué d'après un règlement spécial annexé à la convention.

Nous trouvons dans une première annexe la liste des réductions accordées par la Suisse sur son « tarif d'usage » actuel — c'est-à dire sur le tarif général modifié par les traités avec l'Italie, l'AutricheHongrie et l'Allemagne.

Ces réductions affectent près de 90 articles. Nous citons les plus importantes en indiquant entre parenthèses le droit du tarif d'usage: automobiles p. 100 kilos (40 et 60 fr.) 25 et 40 fr.; huile de sésame (2 fr.) 1 fr.; conserves de poissons en récipients (40 fr.) 10 fr.; sucre brut et cristallisé (7 fr. 50) 5 fr.; en pains (9 fr.) 7 fr. 50; coupé ou en poudre (10 fr. 50) 9 fr.; vins mousseux en bouteilles (60 fr.) 40 fr.; en demi-bouteilles (60 fr.) 34 fr.; parfumerie en récipients de plus d'un kilo (50 fr.) 45 fr.; de moins d'un kilo (100 fr.) 90 fr.; spiritueux en fûts par degré et par 100 kilos (40 fr.) 20 fr.; en bouteilles (40 fr.) 30 fr.; beufs par tête (32 fr.) 27 fr. ; veaux gras (15 fr.) 12 fr.; chevaux (10 fr.) 5 fr. Des réductions sont également accordées sur les fils de lin pour le tissage, la soie et la bourre de soie écrues et moulinées, certains fils d'acier, l'oléomargarine, le beurre de coco, etc. On sait que le droit sur les vins a été maintenu à 8 francs jusqu'à 15° d'alcool. Mais la France a obtenu l'application de ce droit jusqu'à 18° d'alcool pour les vins de Lunel, Grenache, Banyu's, Frontignan et Blanquette de Limoux, sans considération de leur leneur en sucre; le même régime est applicable aux muscats et autres vins doux provenant de France ou d'Algérie. En outre, le délai pour l'importation des moûts, qui bénéficient d'une déduction de 6 %, est prolongé du 30 novembre au 30 décembre. Enfin la douane suisse devra reconnaître les certificats d'analyse des slations cenologiques de l'Etat français, - ce qui ne lui enlève pas le droit de vérifier de son côté l'analyse des vins importés.

Une deuxième annexe contient la liste des droits à l'entrée en France pour 120 articles environ. La Suisse a obtenu pour une série d'articles le mainlien des droits établis par l'arrangement de 1895: ainsi pour les fromages (12 fr.), les fils de soie teints (300 fr.), la plupart des 'mouvements de montres, les montres compliquées, les boîtes de montres, les machines hydrauliques. Elle a dû consentir les augmentations que l'on connaît sur les tissus de soie et la plupart des broderies, qui sont ses principaux articles d'exportation en France. En revanche, elle a obtenu des réductions sur une série d'articles, tels que le chocolat au lait liquide (40 fr. au lieu de 101 fr. 70), les montres à ancre en or avec mouvements ordinaires (3 fr. 75 la pièce contre 4 fr.), les fournitures d'horlogerie (50 fr. contre 120 fr.) les broderies chimiques avec application de tulle (1.200 fr, au lieu de 1.616 fr.), les appareils électriques de plus de 50 kilos, etc. La Suisse a fait lever en outre l'interdiction d'importation de montres dont les boites onl des fonds frappés ou eslampés, interdiction prononcée il y a quelques années en vertu d'un arrêté de l'an XII sur le monopole de la frappe des médailles.

La convention entrera en vigueur le 20 novembre 1906 et demeurera exécutoire jusqu'à l'expiration d'une année à partir du jour où l'une des parties contractantes aura notifié à l'autre son intention d'en faire cesser les effets.

MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES M. Bruwaert est promu ministre plénipot. de tre cl. et nommé à Rio-deJaneiro ;

M. Kleczkowsky est nommé ministre plénipot, de 2e cl. à Montevideo ;

M. de la Martinière est nommé ministre plénipot. de 2e cl.et chargé des fonctions de conseiller à l'ambassade de la République à Saint-Pétersbourg ;

M. le vicomte de Fontenay, secrét. d'ambassade de fre cl., est chargé du consulat général de France à Budapest ;

M. Clausse, secrét. d'ambassade de 20 cl., est nommé à la légation de la République à Belgrade ;

M. Prévost, secrét. d'ambassade de 2e cl., est placé à l'ambassade de la Répubiique à Vienne;

M. Martin, secrét. d'ambassade de fre cl. est chargé des fonctions de rédacteur à la direction des affaires politiques ;

M. de Fontarce, secrét. d'ambassade de fre cl., est nommé à l'ambassade de la République à Saint-Pétersbourg ;

M. Grimault, secrétaire d'ambassade de tre cl., est placé à l'ambassade de la République à Berne;

M. Couty, secrétaire d'ambassade de fre cl., est placé à la légation de la République à Lisbonne;

M, de Pereta de la Rocca, secrétaire d'ambassade de 2o cl., est chargé du bureau d'Amérique à la direction des consulats et des affaires commerciales ;

M. Gatine, secrét. d'ambassade de 2e cl., est nommé à la légation de la République à Lisbonne ;

M. Cambon, secrét. d'ambassade de 3e cl., et placé à l'ambassade de la République à Rome ;

M. Ollé-Laprune, secrét. d'ambassade de 3e cl., est placé à l'ambassade de la République à Rome ;

M. de Pommayrac, cousul de 1re cl., est chargé du consulat de France à Rosario ; M. Waguet, consul de 2e cl., est chargé du consulat de France à Bahia ;

M. Marinacce-Cavallacce, consul de 2e cl., est chargé du vice-consulat de France à Cadix ;

M. Arnould, consul de 2e cl., est nommé délégué du ministère des Affairos étrangères à Yunnan-sen ;

M. Roque-Ferrier, consul de 2e cl., est chargé du consulat de France à Alep ;

M. Despessailles, consul de 2e cl., est chargé du consulat de France à SaintPaul;

M. Ramin, vice-consul de 1re cl., est chargé de la chancellerie de la légation de France à Lisbonne;

M. Lelorrain, vice-consul de 2e cl., est chargé de la chancerlerie du consulat de France à Milan;

M. Blanchet, vice-consul.de 3e cl., est chargé de la chancellerie du consulat de France à Porto ;

M. Terver, vice-consul de 3e cl., est chargé de la chancellerie du consulat de France à Liège;

M. Laurent-Cochelet est chargé du consulat général de France au Cap;

M. Ronssin est promu consul général et chargé du consulat général de France à Moscou;

M. Pascal (d'Aix), est promu consul général et chargé du consulat de France à Milan;

M. Da llemagne est chargé du consulat général de France à Montréal;

M. Capdeville est promu consul général et chargé du consulat général de France à Francfort;

M. Claine (Jules), consul de 2e cl., est chargé du consulat de France à Corfou; M. Gager est nommé consul de 2e cl. et chargé du vice-consulat de France å

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