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faisant passer sous les drapeaux, mais pour quelques mois seulement, tous leurs jeunes gens valides. C'est la Prusse qui, la première, a fait une application du service réduit. Actuellement, et bien avant l'adoption de la loi de deux ans en France, l'Allemagne n'impose que deux ans de service, au maximum, à tous ses soldats de l'armée active n'appartenant pas à la cavalerie ou à l'artillerie à cheval. Par contre, elle soumet ses réservistes à deux appels d'une durée, chacun de 8 semaines, et les hommes de la landwehr du premier ban à deux périodes d'instruction de 14 jours.

Les Allemands sont, en effet, convaincus de la nécessité d'avoir des réservistes d'autant plus instruits et rompus à la discipline militaire, que la durée du service dans l'armée active est plus réduite. Toute diminution de la durée du service dans l'armée active doit coïncider, logiquement, avec une obligation nouvelle imposée aux hommes des réserves.

Les réservistes roumains, qu'ils proviennent de l'armée permanente ou de l'armée semi-permanente, sont versés, au bout de deux années, dans la milice. Ils y restent pendant six ans. La milice correspond à l'armée territoriale en France. En temps de paix, les miliciens sont soumis à des appels ordinaires et extraordinaires. Les appels ordinaires ne dépassent pas quarantehuit heures. Leur but est de faire participer les hommes de la milice à des exercices ou à des inspections. Les appels extraordinaires ont lieu un peu avant l'époque des grandes manæuvres, afin que les miliciens puissent y prendre part. Ils durent, au maximum, un mois. A la mobilisation, l'appel extraordinaire a lieu, par classe, en commençant par la plus jeune. Les miliciens sont, enfin, versés dans la glota, où ils restent de 36 ans à 46 ans. La glota correspond à la réserve de l'armée territoriale en France. Les hommes de la glota sont destinés à remplacer dans les garnisons et dans les forteresses les troupes actives employées en campagne.

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M. Stourdza, chef du parti libéral roumain, président du Conseil et ministre de la Guerre dans ces dernières années, a songé à introduire en Roumanie le service de deux ans, ce qui eût amené la disparition des éléments semi-permanents de l'armée active. Il a renoncé à son projet pour deux raisons : à cause de l'augmentation des dépenses militaires qu'eût fatalement entraînée le service ininterrompu imposé pendant vingtquatre mois à tous les soldats de l'armée active et eu égard au danger qu'il y a toujours à rompre d'une manière complète

avec des traditions appropriées aux mœurs nationales. La Roumanie conserve donc son système de recrutement et son organisation militaire fort différents de ceux qu'ont adoptés les autres puissances européennes, puisqu'ils lui donnent tout à la fois une armée permanente et une armée semi-permanente, c'est-à-dire une milice. La distinction à faire entre ces deux termes : armée permanente et milice, se trouve dans leur définition. L'armée permanente est caractérisée par le maintien des hommes sous les drapeaux au delà du terme nécessaire à leur instruction militaire, quel que soit, d'ailleurs, leur mode de recrutement, conscription ou engagement volontaire et le caractère du service, obligatoire, personnel, réduit. La milice englobe tous les citoyens valides. Mais les miliciens ne font que passer sous les drapeaux. Ils n'y restent et on ne les y rappelle que pendant le temps strictement nécessaire à leur instruction militaire. L'armée semi-permanente roumaine a bien le caractère d'une milice. On ne peut cependant pas l'appeler de ce nom, de peur d'une confusion, les Roumains se servant du mot milice pour désigner la fraction de leurs forces militaires désignée, en France, sous le nom d'armée territoriale.

L'organisation militaire, en Roumanie, repose, en partie, sur la division du territoire en circonscriptions correspondant aux 34 régiments d'infanterie, et sur cette particularité que le régiment d'infanterie est employé à recruter toutes les armes et tous los services. La circonscription est partagée entre les quatre compagnies semi-permanentes du régiment (le régiment d'infanterie roumain comprend deux bataillons permanents et un bataillon semi-permanent, chacun d'eux à quatre compagnies) chargées, dans l'étendue de leur territoire, des opérations du recrutement et de l'administration des hommes en congé et des réservistes. Chaque année, les jeunes gens de la circonscription reconnus bons pour le service sont répartis en nombre sensiblement égal entre les éléments permanents et les éléments semi-permanents. Les compagnies d'infanterie permanente étant deux fois plus nombreuses que les compagnies semipermanentes et le temps de service dans l'armée permanente moins long que dans l'armée semi-permanente, il s'ensuit que les compagnies semi-permanentes ont un effectif trois fois plus élevé que l'effectif des compagnies permanentes et trop considérable pour que tous les hommes puissent être habillés, armés et suffisamment encadrés ou instruits. Il y a là un vice d'organisation, une perte de forces vives auxquels le gouvernement

remédiera en augmentant le nombre des unités permanentes et, par voie de conséquence, en augmentant les dépenses militaires. C'est le manque de crédits suffisants qui s'oppose non seulement à l'utilisation complète des éléments de l'armée semi-permanente, mais encore à l'organisation de la milice et de la glota. Jusqu'à présent, il n'a été créé qu'un ou deux bataillons de la milice auprès de chaque régiment d'infanterie, soit la valeur d'une brigade par corps d'armée. Quant à la glota (levée en masse), elle n'existe guère que sur le papier.

La Roumanie a cependant réalisé plus complètement même que l'Allemagne et que la France la conception de la nation armée.

La France et l'Allemagne ne mettent sur le pied de guerre que 6 % de leur population. En Roumanie, cette proportion est largement dépassée. La puissance militaire roumaine s'arfirme donc relativement plus considérable que celle de beaucoup de nations européennes, à ne considérer que le nombre de soldats plus ou moins complètement instruits, qu'une mobilisation générale mettrait sur pied. La valeur des gradés qui encadreraient les soldats roumains confirme cette affirmation. Les sousofficiers proviennent des caporaux ayant suivi, pendant trois trimestres, les cours des écoles de Bistritza et de Focsani. Ils peuvent, à l'expiration du temps actif légal, contracter des enga

moment, ils ont droit à la médaille militaire avec une pension viagère de 500 francs et à la concession d'un terrain de 10 à 15 hectares dans les domaines de l'Etat. Les sous-officiers de carrière sont généralement nommés sous-lieutenants dans la réserve ou lieutenants dans la milice, lorsqu'ils quittent l'armée active.

Les officiers d'infanterie et de cavalerie ont une origine double. Le tiers sort du rang, le reste est fourni par les écoles militaires. Les officiers d'artillerie et du génie se recrutent exclusivement à l'école d'artillerie et du génie de Buckarest. Tous les sous-lieutenants, quelle que soit leur provenance, suivent, après un an de service dans un corps de troupe, en qualité d'officier, les cours d'une école d'application spéciale à leur arme. Les plus versés dans les questions techniques intéressant les armes de l'artillerie et du génie sont désignés pour l'école supérieure de l'artillerie et du génie. Les officiers remplissant les fonctions d'officier d'état-major – il n'existe pas de corps spécial d'état-major en Roumanie – sont choisis parmi les officiers ayant suivi avec profit les cours de l'école supérieure de Buckarest ou d'une école similaire à l'étranger.

Comme l'école supérieure de guerre en France, l'école supérieure de guerre roumaine poursuit un double but : fournir des officiers aptes au service d'état-major, répandre dans l'armée les hautes connaissances militaires. Les cours durent trois ans; ils sont suivis par un nombre d'officiers variant de douze à quinze. L'institution d'écoles militaires où les gradés reçoivent une instruction technique de plus en plus étendue est, à défaut des leçons de choses puisées dans la pratique de la guerre, la garantie la plus sûre de la valeur des cadres d'une armée où, par ailleurs, l'avancement est dû au mérite et à l'ancienneté des services. En Roumanie, l'avancement a lieu au choix et à l'ancienneté jusqu'au grade de capitaine inclus. Toutefois le sous-lieutenant ou le lieutenant que son ancienneté appelle à passer au grade supérieur doit justifier, dans un examen où la tactique de l'arme joue un rôle prépondérant, de ses capacités professionnelles, sous peine d'être écarté de l'avancement. A partir du grade de major, l'avancement est la conséquence exclusive du choix.

Les officiers de réserve se recrutent parmi les officiers en retraite, démissionnaires, parmi les sous-officiers de carrière et parmi les jeunes gens dispensés du service actif, eu égard à leurs diplômes universitaires. Il y a, du reste, en ce qui concerne la hiérarchie et le recrutement, des officiers de l'armée active et de la réserve, les limites d'âge, les limites minima imposées pour passer d'un grade à un autre, etc., etc., une analogie fort grande avec les institutions militaires en France et en Allemagne.

Cette analogie se trouve également dans la composition des corps d’armée roumains. Le corps d'armée mobilisé comprend tous les organes nécessaires à la vie et à l'action sur le champ de bataille d'une masse de 30.000 combattants. La proportion des trois armes y est à peu près la même que dans les corps d'armée allemands et français. Elle se traduit par deux divisions d'infanterie et deux bataillons de chasseurs, une brigade de cavalerie, un régiment d'artillerie de corps à 3 batteries, dont 2 d'obusiers, une compagnie du génie. Le corps d'armée roumain compte, en outre, un escadron du train, une compagnie de télégraphistes, une ambulance, un magasin mobile, des colonnes de munitions et un convoi de subsistances.

La division d'infanterie se compose de 1 brigade à 2 régiments de 3 bataillons, d'un régiment d'artillerie à 9 batteries, d'une compagnie du génie, d'un détachement sanitaire, de colonnes de munitions et d'un convoi administratif. En définitive, le corps d'armée met en ligne 26.000 fusils,

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