Bulletin de la Société académique de Brest: Reconnue d'utilité publique --- (août 1880)

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Page 42 - Les grands bœufs étendus aux portes de la crèche, Et devant la maison un lit de paille fraîche. Et j'entre; et c'est d'abord un silence profond, Une nuit calme et noire; aux poutres du plafond Un rayon de soleil, seul, darde sa lumière, Et tout autour de lui fait danser la poussière. Chaque objet cependant s'éclaircit : à deux pas, Je vois le lit de chêne et son coffre; et plus bas (Vers la porte, en tournant), sur le bahut énorme, Pêle-mêle bassins, vases de toute forme, Pain de seigle,...
Page 7 - Celle pour qui j'écris avec amour ce livre Ne le lira jamais : quand le. soir la délivre Des longs travaux du jour, des soins de la maison, C'est assez à son fils de dire une chanson ; D'ailleurs, en parcourant chaque feuille légère, Ses yeux n'y trouveraient qu'une langue étrangère. Elle qui n'a rien vu que ses champs, ses taillis, Et parle seulement la langue du pays.
Page 9 - Entonne un air breton si plaintif et si doux Qu'en le chantant ma voix vous ferait pleurer tous. Oh ! les bruits, les odeurs, les murs gris des chaumières, Le petit sentier blanc et bordé de bruyères, Tout renaît comme au temps où, pieds nus, sur le soir, J'escaladais la porte et courais au Moustoir ; Et dans ces souvenirs où je me sens revivre, Mon pauvre cœur troublé se délecte et s'enivre ! Aussi, sans me lasser, tous les jours je revois Le haut des toits de chaume et le bouquet de bois,...
Page 8 - Ou quand j'erre le jour dans la foule et le bruit, Tu m'apparais ! — Je vois les toits de ton village Baignés à l'horizon dans des mers de feuillage, Une grêle fumée au-dessus, dans un champ Une femme de loin appelant son enfant, Ou bien un jeune pâtre assis près de sa vache, Qui, tandis qu'indolente elle paît à l'attache, Entonne un air breton si plaintif et si doux Qu'en le chantant ma voix vous ferait pleurer tous.
Page 11 - Où le gibier craintif trouve de surs réduits : Enfant, j'ai traversé plus d'un fleuve à la nage, Ravi sa dure écorce à plus d'un houx sauvage, Et sur les chênes verts , de rameaux en rameaux , Visité dans leurs nids les petits des oiseaux. En Armorique enfin, de Tréguier jusqu'à Vannes, Il est dans nos cantons de jeunes paysannes, Habitantes...
Page 11 - II est dans nos cantons , ô ma chère Bretagne ! Plus d'un terrain fangeux, plus d'une âpre montagne : Là, de tristes landiers comme nés au hasard,' Où l'on voit à midi se glisser le lézard ; Puis un silence lourd, fatigant, monotone, Nul oiseau dont la voix vous charme et vous étonne , Mais le grillon qui court de buisson en buisson, Et toujours...
Page 44 - Non , non , la poésie , amour d'une âme forte , L'antique poésie au monde n'est pas morte ; Mais cette chaîne d'or, ce fil mystérieux Qui liait autrefois la terre avec les cieux . Notre orgueil l'a rompu ; devant tant de merveilles Nous sommes aujourd'hui sans yeux et sans oreilles.
Page 9 - Et l'aire, et le lavoir, et la grange; en un coin, Les pommes par monceaux et les meules de foin; Les grands bœufs étendus aux portes de la crèche, Et devant la maison un lit de paille fraîche. Et j'entre, et c'est d'abord un silence profond, Une nuit calme et noire; aux poutres du plafond Un rayon de soleil, seul, darde sa lumière. Et tout autour de lui fait danser la poussière. Chaque objet cependant s'éclaircit; à deux pas, Je vois le lit de chêne et son coffre, et plus bas (Vers la porte,...
Page 9 - ... darde sa lumière, Et tout autour de lui fait danser la poussière. Chaque objet cependant s'éclaircit : à deux pas, Je vois le lit de chêne et son coffre ; et plus bas (Vers la porte, en tournant), sur le bahut énorme Pêle-mêle bassins, vases de toute forme, Pain de seigle, laitage, écuelles de noyer ; Enfin, plus bas encor, sur le bord du foyer, Assise à son rouet près du grillon qui crie, Et dans l'ombre filant, je reconnais Marie ; Et, sous sa jupe blanche arrangeant ses genoux,...
Page 45 - L'antique poésie au monde n'est pas morte ; Mais cette chaîne d'or, ce fil mystérieux Qui liait autrefois la terre avec les cieux, Notre orgueil l'a rompu ; devant tant de merveilles Nous sommes aujourd'hui sans yeux et sans oreilles. Quelques pâtres grossiers , des poètes enfants , Plus forts que la science et ses bras étouffants , Doux et simples d'esprit , seuls devinent encore L'ensemble harmonieux du monde qui s'ignore , De la terre et du ciel la secrète union, Et les liens cachés de...

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