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perfection, tant pour la foi que pour les vertus, sans leur faire lire les saintes écritures, Ce que saint Irénée nous apprend de ces fideles de son temps, saint Augustin nous le répète pour les solitaires du sien (1). En homme, dit-il, étant soutenu par la foi , par l'espérance, et par la charité, n'a pas besoin des écritures, si ce n'est pour instruire les autres. C'est ainsi que beaucoup de solitaires vivent avec ces trois vertus , même dans les déserts, sans avoir les livres sacrés.

Voilà les solitaires mêmes qui, dans leurs déserts, étaient nourris de Dieu par l'oraison sans écritures, et qui parvenaient à la plus haute contemplation sans ce secours. Nous voyons meine qu'un de ces solitaires vendit jusqu'au livre sacré ou il avait appris à tout vendre pour se livrer à l'esprit de pagvreté évangélique. Apris de si frequens exemples, peut-on douter que les fideles ne puigsent atteindre à la perfection sans lire l'écriture, lorsque l'église, qui les instruit par l'esprit de son époux, leur devient une écriture vivante et distribuée en la manière la plus proportionnée à leurs besoins ? C'est dans cet esprit qe saint Angustin disait aus fideles : « Appliquez-vous à vous instruire u des saintes écritures ; nous soinmes vos

(1) De doct. wkurist. 1. 2, c. 36.

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peut être, en ce cas, qu’une tentation d'orgueil et d'indépendance.

IV. Pendant que l'écriture était lue de la sorte par une si grande multitude de fidèles, plusieurs choses empêchaient que la plupart d'entre eux n'en abusassent.

1°. Les pasteurs expliquaient sans cesse le texte sacré, pour inculquer le sens de la tradition, et pour empêcher qu'aucun particulier osât jamais ni interpréter ce texte selon son propre sens, ni le séparer d’avec l'interprétation sobre et tempérée à laquelle l'église le fixait. 2o. L'usage était de consulter d'abord les pasteurs sur les moindres difficultés qui regardaient le sens de quelque endroit obscur de ce texte. 3o. Dès que quelqu'un était suspect de nouveauté sur l'interprétation de quelque texte, les évêques, qui s'assemblaient si fréquemment , levaient la difficulté. Enfin on consultait, sur-tout en Occident, le siége apostolique, pour n'y souffrir aucune dissention. Ainsi la simplicité de la foi, la docilité des esprits, la grande autorité des pasteurs et l'instruction continuelle qu'ils donnaient aux peuples sur le texte sacré, empêchaient alors les principaux abus qu'on pourrait craindre; encore ne laissait-on pas de voir quelquefois des particuliers qui détournaint ce texte à des sens nouveaux, et qui causaient de très-dangereuses contestations, Saint Pierre nous as

sure qu'il y a dans les épitres de saint Par.! des endroits obscurs et difficiles que des esprits inconstans tordent pour leur perte.

Origène parait avoir abusé da sens als gorique pour faire de ses pensées antant de mystères divins, comme parle saint Jérü'ne. D'un autre côté, les derni-pélagiens se plaignaient mal-à-propos que saint Ingustin er. pliquait l'épitre aux Romains selon un sens nouveau et inoui dans la tradition. Mais eufin la licence des esprits, dans l'interprétation du texte sacré, n'était parvenue à rien d'approchant de la témérité des critiques qui osent tous les jours ébranler tous les fondemens.

V. Il semble que les vaudois et les albi. geois ont obligé l'église à user de son droit rigoureux, pour ne pernettre la lecture du texte sacré qu'aux personnes qu'elle jugeait assez bien préparées pour le lire avec fruit. Je ne prétends pas dire que cette réserve n'a commencé qu'au temps de ces hérétiques : il faudrait faire une exacte recherche pour pouvoir fixer le commencement de cette discipline. Mais enfin je vois qu'en ce temps-la l'église sentit, par une triste expérience , que le pain meine quotidien ne devait pas être abandonné aux enfans; qu'ils avaient besoin que les pasteurs le leur rompissent; et que ce même pain qui nourrit les ames humbles et dociles, empoisonne les esprits

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