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rien entendu , nondum intellexit (1). Au contraire, dit-il, comme nous l'avons déjà vu, un homme soutenu par la foi, par lespérance et par la charité, n'a pas besoin des écritures , si ce n'est pour instruire les autres (2). C'est ainsi que beaucoup de solitaires vivent avec ces trois vertus, même dans les déserts , sans avoir les livres sacrés. Il ne faut pas s'en étonner; en voici la raison que ce père nous donne. Quoique les saints hommes chargés du ministère, ou même les saints anges, travaillent à instruire, personne n'apprend bien ce qu'il doit savoir

pour

vivre avec Dieu, si Dieu ne le rend docile à Dieu même.... Ainsi les secours de l'instruction sont utiles à ľame étant donnés par l'homme, quand Dieu opère pour les rendre utiles (3).

XV. On dira peut-être, monseigneur, que les livres de l'écriture sont les mêmes aujourd'hui que dans les premiers siècles; que les évêques ont par leur ministère la même autorité, et que les fidèles doivent être nourris du même pain. Il est vrai que les livres de l'écriture sont les mêmes; mais tout le reste n'est plus au même état; les hommes qui portent le nom de chrétiens , n'ont plus la même simplicité, la mème docilité la

(1) Ibid. 1. 2, c. 36.
(2) Ibid. c. 39.
(3) De doct. christ. l. 4, c. 16, R. 33.

même préparation d'esprit et de ceur. Il faut regarder la plupart de nos fidèles comune des gens qui ne sont chrétiens que par leur baptême reçu dans leur enfance sans connaissance ni engagement volontaire ; ils n'osent en retracter les promesses, de peur que leur impiété ne leur attire l'horreur du public. Ils sont même trop inappliqués et trop indifférens sur la religion, pour vouloir se donner la peine de la contredire. Ils seraient néanınoins fort aises de trouver sans peine sous leur main dans les livres qu'on nomme divins, de quoi secouer le joug et flatter leurs passions. A peine peut-on regarder de tels hommes comme des catéchumènes. Les catéchumènes qui se préparaient autrefois au martyre en même temps qu'au baptême, étaient infinement supérieurs à ces chrétiens qui n'en portent le nom que pour le profaner. D'un autre côté, les pasteurs ont perdu cette grande autorité que les anciens pasteurs savaient employer avec tant de douceur et de force ; maintenant les laïques sont toujours tout prêts à plaider contre leurs pasteurs devant les juges séculiers, même sur la disci. pline ecclésiastique. Il ne faut pas que les évêques se flattent sur cette antorité : elle est si affaiblie, qu'à peine en reste-t-il des traces dans l'esprit des peuples. On est accoutumé à nous regarder comine des hommes riches et d’un rang distingué qui donnent des béné

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aur is élèvent les esprits audessus I HOT porce, is apprennent à mepriser a quale et interieure ; ils ne tendent mi les platestes sur le christiaLiine. mod pias des chretiens. Leur picté st het nie etuule ske et prisomptueuse, Mine vie de recueillement et d'humilite. Je Les neces honnan's renverseraient bien

siles promesses ne me rassuraient

pas. Les voilà arrivés ces temps où les hommes ne pourront plus souffrir la saine doctrine, et où ils auront une démangeaison d'oreilles pour écouter les novateurs. J'en conclus qu'il serait très-dangereux, dans de telles circonstances, de livrer le texte sacré indifféremment à la téméraire critique de tous les peuples. Il faut songer à rétablir lautorité douce et paternelle; il faut instruire les chrétiens sur l'écriture avant que de la leur faire lire ; il faut les y préparer peu-à-peu, en sorte que, quand ils la liront, ils soient déjà accoutumés à l'entendre, et soient remplis de son esprit avant que d'en voir la lettre : il ne faut en permettre la lecture qu'aux ames simples, dociles, humbles, qui y chercheront non à contenter leur curiosité, non à disputer, non à décider ou à critiquer, mais à se nourrir en silence. Enfin il ne faut donner l'écriture qu'à ceux qui, ne la recevant que des mains de l'églisc, ne veulent y chercher

que le sens de l'église, même. Je suis avec un vrai respect, etc.

LETTRE

SUR

LA FRÉQUENTE COMMUNION.

Je ne suis nullement surpris, monsieur , d'apprendre par la lettre que vous n'avez fait la grace de m'écrire , que plusieurs personnes sont mal édifiées de vous voir communier presque tous les jours ; ces personnes ne jugent de vos communions que sur certains préjugés qu'elles tirent de l'ancienne discipline sur la pénitence. Mais il ne s'agit point ici de l'exemple des hommes coupables de péchés mortels , qui étaient dans la nécessité de faire pénitence avant que de communier : le cas dont il s'agit est celui d'un fidèle dont la conscience est pure, qui vit régulièrement, qui est sincère et docile à un directeur expérimenté et ennemi du relâchement. Ce fidèle est faible; mais il se défie de sa faiblesse , et a recours à l'aliment céleste pour se fortifier. Il est imparfait; mais il en gémit et travaille pour se corriger de ses imperfections. Je dis qu'un bon directeur , auquel il obéit avec simplicité, peut et doit le faire communier presque tous les j urs. Voici mes raisons :

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