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qai pend sur nos tėtes. Sera-ce sur nos ruitres que ces peuples s'élèveront, comme les ventils sélevèrent sur celles des Juifs à la hussance de l'église ? Voici une æuvre que Dieu fait pour glorifier son évangile : mais n'est-ce point aussi pour le transférer ? Il faudrait n'aimer point le Seigneur Jesus, pur n'aimer pas son ouvrage; mais il fauLait s'oublier soi-même, pour n'en tremBer pas. Réjouissons - nous donc au Seignenr , mes frères , au Seigneur qui donne sibire à son nom; mais réjouissons-nous arec tremblement. Voilà les deux pensées qui rernpliront ce discours.

Esprit promis par la vérité même à tous aux qui vous cherchent, que mon coeur ne respire que pour vous attirer au-dedans de lei: que ma bouche demeure muette, plutit que de s'ouvrir , si ce n'est à votre parole. Que mes reus se ferment à toute autre lomière qu'à celle que vous versez d'en haut. O Esprit Saint, sovez vous-même tout en tous : dans ceux qui m'écoutent, l'intelligence, la sagesse, le sentiment; en moi, la free, l'onction, la lumière. Marie, priez pour nous. Ave, Ilaria.

PREMIER POINT. QUELLE est , mes frères, cette Jérusalem dont le prophète parle, cette cité pacifique dont les portes ne se ferment ni jour ni nuit,

qui suce le lait des nations, dont les rois de la terre sont les nourriciers et viennent adorer les sacrés vestiges ? Elle est si puissante, que tout royaume qui ne lui sera pas soumis périra; et si heureuse, qu'elle n'aura plus d'autre soleil que Dieu, qui fera luire sur elle un jour éternel. Qui ne voit que ce ne peut être cette Jérusalem rebàtie par les Juils ramenés de Babylone, ville faible , malheureuse, souvent en guerre , toujours en servitude sous les Perses, les Grecs, les Romains, enfin sous ces derniers réduite en cendres , avec une dispersion universelle de ses enfans qui dure encore depuis scize siécles ? C'est donc manifestement hors du peuple juif qu'il faut chercher l'accomplissement des promesses dont il est déchu.

Il n'y a plus d'autre Jérusalem que celle d'en haut, qui est notre mère, selon saint Paul : elle vient du ciel, et elle enfante sur la terre.

Qu'il est beau, mes frères, de voir comment les promesses se sont accomplies en elle ! Tel était le caractère du messie, qu'il devait, non pas subjuguer par les armes, comme les Juifs charnels le prétendaient grossièrement, mais, ce qui est infiniment plus noble et plus digne de la magnificence des promesses, attirer par sa puissance sur les cours , sous son règne d'amour et de vérité, toutes les nations idolâtres.

Jesus-Christ nait, et la face da med se renouvelle. La loi de Viorse, ses mircies. ceux des prophètes, n'avaient re senire digue contre le torrent de locatie et estserver le culte du vrai Dieu chez un sea! peuple resserré dans un ccis ca monde : mais celui qui vient d'en haut est a-lisens de tout; à Jesus est réservé de possede: toutes les nations en heritage. I jes possède, vous le rovez. Depuis quel a été ciesé sur la croix, il a attiré tout à lui. Des lorigine du christianisme, saint Irénée et Te:tullien ont montré que l'église etait de 2 plus étendue que cet empire méme qui se vantait d'etre lui seul tout l'univers. Les régions sauvages et inaccessibles de bord, que le soleil éclaire à peine, ont vu la lamière céleste. Les plages brûlantes d'anque ont été inondées des torrens de la grace. Les empereurs mémes sont devenus les ado. rateurs du nom qu'ils blasphémaient, et les nourriciers de l'église dont ils versaient le sang. Mais la vertu de l'évangile ne doit pas s'éteindre après ces premiers efforts, le temps ne peut rien contr'elle; Jesus-Christ, qui en est la source, est de tous les temps; il était hier, il est aujourd'hui , et il sera aux siècles des siècles. Aussi vois-je cette fécondité qui se renouvelle toujours; la vertu de la croix ne cesse d'attirer tout à elle.

Regardez ces peuples barbares qui firent

veur ,

tomber l'empire romain. Dieu les a multipliés et tenus en réserve sous un ciel glacé pour punir Rome païenne et enivrée du sang des martyrs : il leur lâche la bride, et le monde en est inondé. Mais en renversant cet empire ils se soumettent à celui du Şau

tout ensemble ministres des vengeances et objets des miséricordes sans le savoir : ils sont menés comme par la main au-devant de l'évangile ; et c'est d'eux qu'on peut dire à la lettre qu'ils ont trouvé le Dieu qu'ils ne cherchaient pas.

Combien voyons-nous encore de peuples que l'église a enfantés à Jesus-Christ depuis lc huitième siècle, dans ces temps même les plus malheureux où ses enfans, révoltés conir'elle, n'ont point de honte de lui reprocher qu'elle a été stérile et répudiée par son époux ! Vers le dixième siècle, dans ce siècle dont on exagère trop les malheurs , accourent en foule à l'église les uns sur les autres, l'Allemand, de loup ravissant devenu agneau, le Polonais, le Pomeranien, le Bohémien , le Hongrois conduit aux pieds des apôtres par son premier roi saint Etienne. Non, non, vous le voyez, la source des célestes bénédictions ne tarit point. Alors l'époux donna de nouveaux enfans à l'épouse, pour la justifier, et pour montrer qu'elle ne cesse point d'être son unique et sa bien aimée.

Mais que vois-je depuis deux siècles ? Des régions immenses qui s'ouvrent tout-àcoup; un nouveau monde inconnu à l'aneien, et plus grand que lui. Gardez-vous bien de croire qu'une si prodigieuse découverte ne soit due qu'à l'audace des homines. Dieu ne donne aux passions humaines, lors même qu'elles semblent décider de tout, que ce qu'il leur faut pour être les instrumens de ses desseins : ainsi l'homme s'agite, mais Dieu le mène. La foi plantée dans l'Amérique, parmi tant d'orages, ne cesse pas d'y porter des fruits.

Que reste-t-il, peuples des extrémités de l'orient? Votre heure est venue. Alexaudre, ce conquérant rapide, que Daniel dépeint comme ne touchant

pas

la terre de ses pieds, lui qui fut si jaloux de subjuguer le monde entier, s'arrêta bien loin au-deçà de vous : mais la charité va plus loin que l'orgueil. Ni les sables brûlans , ni les déserts, ni les montagnes, ni la distance des lieux, ni les teinpêtes, ni les écueils de tant de mers, ni l'intempérie de l'air, ni le milieu fatal de la ligne, où l'on découvre un ciel nouveaux, ni les flottes ennemies, ni les côtes barbares ne peuvent arrêter ceux que Dieu envoie. Qui sont ceux-ci qui volent comme les nuées ? Vents, portez-les sur vos ailes. Que le midi , que l'orient, que les iles inconnues les attendent et les regardent en silence

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