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soit rien sacrifié; nous ne reproduirons textuellement que les pièces ayant valeur de documents.

Nous procéderons de la même façon pour les Livres d'autres couleurs émanant d'autres cabinets, en tant qu'ils concernent des sujets où les droits, les traditions et les tendances de la France se trouvent intéressés. Nous pouvons en outre prévoir que des cabinets n'ayant pas, dans leur système de gouvernement ou dans leur langue, ce moyen habituel d'entrer en communication avec l'opinion publique, solliciteront notre concours, que nous serons heureux de leur accorder, afin de compléter le chapitre par lequel nous aspirons à éclairer nos lecteurs sur les questions internationales.

Nous aurons donc pour collaborateurs les hommes d'État passés, présents, futurs de l'Europe; mais, si honorable qu'elle soit, cette collaboration ne manque pas d'avoir pour nous de sérieux inconvénients. En premier lieu, il ne dépend pas de nous de l'accepter ou de la refuser; en second lieu, leurs travaux, dont le caractère rétrospectif est, à tort ou à raison, considéré partout comme un mérite ou une nécessité, nous apportent, à nous publication périodique, le redoutable défaut du manque d'actualité.

A nous donc incombera le soin de remédier à ce double inconvénient : nous neutraliserons leur autorité par notre droit de libre critique, droit dont nous userons en toute modération, en toute impartialité. La critique, nous dira-t-on, que peutelle après un fait accompli? Une affaire, même blàmable, mais déjà engagée, rebroussera-t-elle chemin sur les vœux de la critique? Cette objection ne manque pas de réalité tant que la lecture et l'intelligence des pièces diplomatiques restent le monopole de quelques-uns; mais elle disparaîtra si nous réussissons dans notre tentative de les placer à la disposition du grand nombre. D'ailleurs, les points d'interrogation les plus timides ont parfois leur puissante éloquence; et nous comptons, quand les circonstances viendraient à l'exiger, appuyer nos critiques sur des documents authentiques, sur des faits d'histoire. De la sorte, les lectures diplomatiques perdront leur aridité et deviendront des lectures attrayantes; nous joindrons l'agréable à l'utile, nos récits historiques seront notre feuilleton.

En outre, nous recruterons un corps de correspondants dont nous pourrons assumer la responsabilité, de manière à joindre à chacune de nos livraisons une CHRONIQUE POLITIQUE DE LA

SEMAINE.

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Le titre l'indique, c'est aux affaires commerciales que nous consacrerons cette partie, avec l'intention d'y réunir les notions les plus pratiques et les plus propres à contribuer au développement de notre commerce extérieur. De même que pour la diplomatie où nous devons compléter l'étude du Livre Jaune français par celle des Livres émanés d'autres cabinets, de même pour les informations commerciales, il nous sera indispensable de compléter l'étude du Bulletin consulaire francais par celle des Bulletins des gouvernements étrangers. D'autres que nous, et avec une autorité plus grande que la nôtre, ont affirmé l'insuffisance du Bulletin consulaire français pour les besoins du commerce national. « Ce Recueil, dit l'ho«<norable M. Spuller dans son Rapport sur le budget du Mi«nistère des affaires étrangères de 1880, n'aurait vraiment le «< caractère qu'il doit avoir, que lorsque nos agents consulaires « à l'étranger se décideraient à joindre aux études approfondies << qu'ils prennent la peine de faire sur tel ou tel sujet, des << renseignements plus variés et plus techniques se rattachant « à de pures questions d'industrie ou de commerce, offrant, << par exemple, le tableau des débouchés, des fluctuations de « l'offre et de la demande sur les principales places du monde, « et de nature à satisfaire à la fois aux besoins du produc«teur, de l'intermédiaire et du consommateur. Les études << savantes sont loin de nuire, mais les informations de détail «<< ont aussi leur intérêt. »

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Ainsi s'exprime l'honorable M. Spuller, condamnant les études savantes qui peuvent intéresser le savant, mais qui ne dénotent pas toujours un effort de travail ou de recherches chez les consuls, et qui n'offrent que très rarement des informations utiles au commerçant, au fabricant, à l'armateur. Le savant va étudier à la Bibliothèque publique; l'homme d'affaires n'a pas le temps de chercher, il doit trouver à sa portée, sous sa main, les informations de détail qui seules le poussent à les lire, et seules favorisent ses intérêts.

Pendant longtemps, nos gouvernements ont considéré comme leur propriété les rapports qu'ils recevaient des consuls; on pouvait s'estimer heureux quand ils en donnaient aux Annales du commerce extérieur des extraits aussi courts que ridicule

ment tardifs, et partant de nulle utilité pour ceux auxquels ils étaient destinés. Les appels des ministres de Napoléon III à l'amour-propre des consuls, leurs promesses de publier dans les Annales ou dans le Moniteur universel les rapports avec les noms des auteurs, n'ont eu aucun résultat heureux pour le commerce, et n'ont abouti qu'à conduire la plume et l'ambition consulaires dans la voie des rapports plus brillants qu'utiles. Sous l'impulsion et la surveillance du gouvernement de la République, il est permis d'espérer que les rapports de ses Agents à l'étranger seront strictement conformes aux exigences de la loi, et qu'aucun chef de bureau ne sera plus en droit ni en pouvoir de leur enlever ni même d'ajourner la publicité qui leur est ouverte dans le Bulletin consulaire.

Au jour où nous inaugurons cette publication, aucun homme d'État, aucun fabricant, aucun armateur, aucun commissionnaire soit d'exportation soit d'importation, personne ne soutiendra qu'il n'y ait pas une lacune à remplir dans ce genre d'informations, si nécessaires à la prospérité nationale. Quant à nous, qui avons étudié la matière, qui avons eu la satisfaction de trouver d'excellents travaux relatifs au même sujet et dus à différents consuls, nous avons acquis la conviction qu'aucun Bulletin consulaire d'où qu'il vienne, ne suffira lui seul aux nécessités du commerce international. Le questionnaire est si multiple et en même temps si varié, que c'est tout au plus si le commerce peut en trouver les réponses dans la réunion des rapports de tous les consulats, tant français qu'étrangers.

Qui, dans le commerce ou dans l'industrie, aura le temps et les dons voulus pour faire ces recherches et pour les classer? Ce temps qui leur manque, nous allons le leur consacrer; nous estimons d'ailleurs, toute fausse modestie mise à part, posséder les capacités requises pour remplir ce desideratum des Chambres de commerce; ce travail, nous l'entreprenons en résumant en un seul tous les travaux consulaires sans distinction de langue ni de nationalité; nous les fondrons méthodiquement en chapitres intitulés soit du nom d'un pays, soit de celui d'un produit naturel ou manufacturé; trop heureux si malgré l'abondance des matières fournies par ces rapports, nous ne nous trouvons pas obligé de découvrir, en dehors d'eux et dans nos informations particulières, les renseignements qui, aux consuls, peuvent paraître superflus ou de maigre importance, et qui, au commerce, sont de première nécessité.

Voici, du reste, comment dans notre manière de voir, nous entendons le plan d'un bon rapport: s'agit-il d'un pays étranger, le chapitre y consacré doit désigner le genre, la qualité et le prix moyen des produits naturels ou industriels qu'il peut exporter à l'usage de notre consommation ou de notre industrie; la nature et la qualité de nos produits qui, vu les habitudes locales, peuvent y être importés; les moyens et les frais de transport, les règlements douaniers, etc., et, en outre, les observations sur les moyens de rivaliser avec nos concurrents et d'améliorer progressivement les conditions de nos échanges.

De même aussi, selon notre manière de voir, dans un bon rapport commercial, les chapitres consacrés plus spécialement à l'étude d'un produit déterminé ont à expliquer son degré d'utilité à notre consommation ou la possibilité de l'adapter à l'industrie française; ils en indiquent les prix moyens dans les divers pays d'où ce produit s'exporte, avec la liste comparative des frais de douane et de transport; ils contiendront les équivalences des poids, mesures et monnaies, les usages locaux de vente, d'emballage, etc.

C'est de cette manière que nous espérons satisfaire les nécessités réelles du commerce français, tant d'importation que d'exportation. Il en est d'autres, non moins intéressantes sans doute, mais que néanmoins nous nous voyons forcé d'ajourner; nous voulons parler de l'intention où nous sommes de réunir dans nos bureaux les échantillons des principaux produits étrangers propres à être importés en France, et ceux des produits français qui peuvent s'exporter vers telles et telles régions, servir utilement d'échange pour notre industrie, et d'aliment pour notre marine marchande. Chacun comprend aisément que, dans cette entreprise, il nous convient de mettre une certaine dose de sage réserve; c'est la prudence qui nous interdit d'assumer la charge de nouveaux et plus grands frais, avant d'être assuré que notre publication a trouvé, auprès de ceux à qui la partie consulaire ou commerciale est spécialement destinée, l'accueil qui puisse nous encourager à lui donner une nouvelle et plus grande extension.

III.

PARTIE FINANCIÈRE

Si nous pouvions découvrir la limite qui sépare les questions de diplomatie et de commerce des questions de finances, nous serions heureux de pouvoir consacrer tout notre temps et

toute notre place à celles-là seules. Mais, au lieu de limites qui séparent, nous ne trouvons que traits qui rapprochent, de sorte que nous nous voyons obligé de traiter la partie financière concurremment avec la diplomatie et les consulats. Si nous n'avons pas voulu, dans ces pages du programme, donner des exemples de malheurs publics qui auraient été prévenus chez nous et chez d'autres avec une connaissance plus répandue des Recueils diplomatiques, ici, dans ce programme de la partie financière, il ne nous coûte pas de procéder par des exemples. Croit-on que la Turquie, par exemple, eût envahi notre marché, si le gouvernement des Tuileries avait livré à la publicité le Rapport qui lui a été adressé en octobre 1860 par son ambassadeur à Constantinople? Croit-on que l'épargne se serait précipitée sur les émissions turques, si le gouvernement français avait rompu son silence, et si la correspondance entre Lord John Russell et l'ambassade de la Reine à Constantinople de 1858 à 1860, publiée en 1861 sous son costume diplomatique, était parvenue à la connaissance de tous? Peut-on calculer combien les créanciers de la Turquie et l'Empire ottoman lui-même se trouveraient plus à leur aise, si les Rapports de 1867, 1870 et 1872, déposés au Parlement, avaient pu également obtenir une publicité moins restreinte, et avertir ou effrayer les capitalistes grands et petits?

Ces exemples nous paraissent probants et de nature à justifier, à exiger l'existence d'une partie financière dans cette publication.

Elle existera donc, puisant ses renseignements dans les actes diplomatiques ou consulaires, et, pour plus d'actualité, auprès de nos correspondants particuliers. A chaque Chronique politique de la semaine, sera jointe une Chronique financière, dont nous livrons la justesse et l'impartialité au jugement de nos lecteurs, certain que nous sommes de mériter leur approbation.

Comme complément aux trois parties composant notre programme, nous joindrons à notre publication une partie littéraire, à savoir dans le corps de la livraison, des comptesrendus analytiques de tout nouvel ouvrage traitant des matières qui composent notre programme habituel, et à la troisième page de la couverture hebdomadaire, de courtes notices sur les ouvrages d'autre nature, dont, comme pour les précédents, il aura été déposé deux exemplaires à l'administration du Portefeuille.

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