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DU CLAVECIN

des deux côtés, & dont on se sert reaux; ce qui sert à réduire les fi-

dans les serres & les orangeries. gures du grand au petit, & du pe-
CHASSIS D'UNE MAISON, se dit de tit au grand. On prend aufli le trait
tous les bois qui servent à la cons-

avec le challis.
truire : c'est ce qu'on appelle autre-

On appelle encore chasis , le qua-
ment carcase de charpente.

dre de bois sur lequel la toile est

tendue.
Chassis, se dit, en termes d'Hydrau-Cassis , fe dir , en termes de Gra-

lique , d'un assemblage de bois ou
de fer placé au bas d'une pompe,

veurs en taille-douce , d'une ma-

chine nécessaire à ces artistes, pour
afin de pouvoir , par le moyen de ménager sur leur ouvrage un jour
deux coulisses pratiquées dans un
dormant de bois, la lever au besoin,

toujours égal. C'est un quadre de

bois ailez grand pour tenir toute la
& en visiter les cors.

largeur de la fenêtre , auprès de la-
CHASSIS, se dit, en termes de Ciriers,
d'une espèce de petit coffre percé

quelle est posée la table sur laquelle

les graveurs burinent ou tracent
sur la superficie , pour recevoir la

leurs ouvrages. Ce quadre eft garni
balline sous laquelle on met le four-

d'une ou de plusieurs petites ficelles
neau rempli de feu.
Chassis , fe dit, en termes d'Impri-

attachées aux côtés du quadre , lel-

quelles se croisent au milieu,ce qui
merie, du carré qui enferme les ca-

forme quatre carrés longs, où l'on
ractères.

colle du papier huilé
CHASSIS DE CLAVIER

donner

pour

un passage plus libre à la lumière,
ET DES ÉPIHETTES, fe dit, en cer-

Quelques-uns croisent encore des
mes de Luthiers, de la partie de

petites ficelles bien tendues dans
ces instrumens sur laquelle les tou-

chaque carré, aan de mieux foure-
ches font montées.
CHASSIS DE LIT, se dic d'un ouvrage

nir le papier. On place ce chalis

ainsi préparé entre la fenêtre de la
de menuiserie sur lequel le serru-

chambre & la table où travaille le
rier monte les pringles qui portent
les rideaux du lit , & le tapillier

graveur , de manière que le cui-
l'étoffe qui le garnic.

vre ne foit

éclairé que par la lumiè

re qui passe à travers le papier de
CHASSIS D'UNE TABLE, se dit de ce

ce challis; ce qui se fait pour ob-
qui soutient le dessus d'une table.

vier aux inconvéniens que produit
Chassis, fe die d'un papier découpé un jour varié par les différens points

de certaines manières, & dont on d'on le soleil éclaire l'horifon , ou
se sert pour écrire en chiffres.

par les nuages qui, passant quelque-
CHASSIS , fe dir , en termes de Plom fois entre le soleil & nous, inter

biers, de la bordure d'une table à ceptent une partie de ses rayons.
couler le plomb.

Les deux fyllabes font longues.
CHASSIS, fe dit, en termes de Pein- CHASSOIRÉ; fubftantif masculin

ture & de Perspective, d'un carré & terme de Tonneliers, qui se dit
composé de quatre règles de bois d'un inorceau de bois de chêne que
alfemblées par leurs extrémités ces artisans posent sur les cerceaux
dont le vide carré eft divisé par plu qu'ils veulent chasler , & sur lequel
Heurs petits filers qui forment, en ils frappent avec un maillet pour çer
se croisane, beaucoup de petits car-

effec.

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a

CHASSOIRE, se dit aufli de la baguette de chasteté & d'obéissance. Elle ne des autoursiers.

s'étoit pas obligée à une chasteté perLa première syllabe est brève, la pétuelle. seconde longue , & la troisième La première syllabe est brève , très-brève.

la seconde très-brève, la troisième CHASSORS; nom propre d'un bourg brève au fingulier, mais longue au

de France, dans l’Angoumois , pluriel , qui ne peut guères être deux lieues, nord-est, de Cognac.

ufiré. CHASTE, adjectif des deux genres. CHASTOIS ; vieux terme de coutu

Caftus, a, um. Qui ne fait aucun me qui signifie châtiment. Chaftois ulage des plaisirs de la chair. Un corporel. Voyez la Coutume généReligieux doit être chuste.

rale de Lorraine. Chaste, se dit aulli de celui qui n’use CHASTRE; vieux mot qui signifioit des plaisirs de la chair que

selon la autrefois manteau de cheminée. loi de Dieu. Cette femme palja tou-CHASTRI ; vieux mor qui signifioit

jours pour chaste durant son mariage. autrefois mouton. Chaste, signifie encore pur , ami de la pudeur & de la modestie. Virgile

CHASUBLE; substantif féminin. Ca

sula. Ornement que le Prêtre met respecta toujours les oreilles chastes.

pardessus l'aube , & l'école

pour

cé. Ses mæurs font chastes. Son caur &

lébrer la mesle. ses écrits furent toujours chastes.

La chasuble enfermoit autrefois La première syllabe est brève , & la seconde crès-brève.

tout le corps , elie descendoit jufCet adjectif peur précéder ou

qu'aux pieds, & elle se retrouloit suivre le substantif auquel il se

en plis sur les bras de chaque côté. rap

Les chasubles d'aujourd'hui sont porte , comme l'oreille & le goût

ouvertes des deux côtés , & elles en auront décidé. On dira un chajte

forment une espèce de scapulaire : amour ou un amour chaste.

on en voit encore d'anciennes dans CHASTELAINE; vieux mot qui signifioit autrefois dame de château.

plusieurs Eglises, comme à la ca

thédrale de Sens. Dans l'Eglise laCỦASTEMENT ; adverbe. Caftè. D'une manière chaste, avec chal

tine , l'Evêque n'a point de chasuble teté. Cette dame vécut toujours chas

distinguée de celle du fimple Pré

tre ; mais chez les Grecs, celle de La première syllabe est brève, la

l'Evêque est parsemée de croix. seconde très-breve , & la troisième

La première syllabe cst brève ,

la seconde longue , & la troisièmoyenne.

me très-brève. On prononce & l'on devroit écrire challemant.Voy. ORTHOGRAPHE. CHASUBLIER; fubftantif masculin. CHASTETÉ; fubitantif féininin. Cf Ouvrier qui fait des chasubles &

titas. Vertu par laquelle en elt chal autres ornemens d'Eglise. te. Ses écries font contraires à la CHAT; substantif masculin. Animal chasteté. Il refpecia la chaleté con quadi upède, fort connu dont la fejugale.

melle s'appelle chatte. CHASTETÉ , fe dit aussi d'un renonce Le chat, dit M. de Buffon, est

ment entier aux plaisirs de la chair. un domestique infidèle qu'on ne Ces Religieux font væu de pauvreté , garde que par néceslité, pour l'op

tement.

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tons pas

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poser à un autre ennemi domestique encore plus incommode, & qu'on ne peut challer : car nous ne comp

les
gens qui ayant

du

gout pour toutes les bêtes, n'élèvent des chats que pour s'en amuser l'un est l'usage, & l'autre l'abus; & quoique ces animaux , surtout quand ils font jeunes, aient de la genuillesse, ils ont en même-temps une malice innée, un caractère faux, un natutel pervers, que l'âge augmente encore ,

&
que

l'éducation ne fait que masquer. De voleurs déterminés, ils deviennent seulement , lorsqu'ils sont bien élevés , souples & Aatteurs coinme les fripons; ils ont la même adresse, la même subtilité, le même goût pour faire le mal , le même penchant à la petite rapine ; comme eux ils savent couvrir leur marche , dilinuler leur dessein, épier les occasions, attendre, choilir, faisir l'instant de faire leur coup, se dérober ensuite au châtiment, fuir & demeurer éloignés jufqu'i ce qu'on les rappelle. Ils prennent aisément des habitudes de société, mais jamais des mæurs : ils n'ont que l'apparence de l'attachement ; on le voit à leurs mouvemens obliques , à leurs yeux équivoques ; ils ne regardent jamais en face la personne aimée ; soit défiance ou fautfeté, ils prennent des détours pour en approcher, pour chercher des caresses alixquelles ils ne font sensibles que pour le plaisir qu'elles leur font. Bien différent de cet animal fidèle dont tous les sentimens se rapportent à la perfonne de son maître, le chat paroît ne sentir que pour soi, n'aimer que sous condition, ne se prêter au commerce que pour en abufer; & par cette convenance de naturel, il est moins imcompatible avec l'homme

qu'avec le chien dans lequel tour est sincère. La forme du

corps & le tempérament sont d'accord avec le naturel; le chat est joli', léger , adroit , propre & voluptueux ; il aime les ailes , il cherche les meubles les plus mollets pour s'y reposer & s'ébattr]: il est aulli crès-porté à l'amour, &, ce qui est rare dans les animaux la femelle paroît être plus ardeate que le male; elle l'invite, elle le cherche , elle l'appelle , elle annonce par de hauts cris la fureur de ses desirs , ou plutôt l'excès de ses

. besoins; & lorsque le mâle la fuit ou la dédaigne, elle le poursuit, le mord , & le force, pour ainti dire, à la satisfaire, quoique les approches soient toujours accompagnées. d'unc vive doaleur. La chaleur dure neuf ou dix jours, & n'arrive que dans des temps marqués; c'est ordinairement deux fois par an, au printemps & en automne , & fouvent aulli trois fois., & même quatre. Les chattes portene cinquantecinq ou cinquante-six jours; elles ne produisent pas en auffi grand nombre que les chiennes; les

portées ordinaires sont de quatre, de cinq ou de fix. Comme les mâles. sont sujets à dévorer leur progéniture, les femelles se cachent pour mettre bas; & lorsqu'elles craignene qu'on ne découvre ou qu'on n'enlève leurs petits, elles les transportent dans des trous & dans d'autres lieux ignorés ou inaccellibles; & après les avoir allairés pendani quelques semaines, elles Icar apportent des souris, de petits oifeaux, & les accoutument de bonne heure à manger de la chair : mais par une bizarrerie dificile à comprendre , ces mêmes mères, fi foigreuses & li tendres, deviennene

ils épient

quelquefois cruelles, dénaturées & dévorent aufli leurs petits qui leur étoient si chers.

Les jeunes chats sont gais , vifs, jolis, & seroient ausi très-propres á amuser les enfans , fi les coups de patte n'étoient

pas à craindre; mais leur badinage , quoique toujours agréable & léger , n'est jamais innocent, & bientôr il se tourne en malice habituelle ; & comme ils ne peuvent exercer ces talens avec quelque avantage que sur les plus petits animaux , ils se mettent à l'affût près d'une cage, les oiseaux, les souris , les rats , & deviennent d'eux-mêmes, & sans y être dressés, plus habiles à la challe que les chiens les mieux inftruirs. Leur naturel, ennemi de toute contrainte, les rend incapables d'une éducation suivie. On raconte ne anmoins que des moines Grecs de l'ile de Chypre, avoient drellé des chats à chailer , prendre & tuer les serpens dont cette íle étoit infestée; mais c'étoit plutôt par le goûe général qu'ils ont pour la deitruction, que par obéillance qu'ils chassoient; car ils se plaisent à épier , attaquer & détruire affez indifféreinment tous les animaux foibles, comme les oiseaux, les jeunes lapins , les levraux, les rats les souris, les muiors, les chauve-souris, les raupes, les crapauds, les grenouilles, les lézards & les ferpens. Ils n'ont aucune docilité, ils inanquent anili de la finesse de l'odorar , qui dans le chien sont deux qualités éminentes; aulli ne poursuivent-ils pas les animaux qu'ils ne voient plus; ils ne les challent pas, mais ils les aitendent, les attaquent par surprise; & après s'en erre joués longtemps, ils les tuent sans aucune néceflité lors mêtue qu'ils sont le mieux nour

ris, & qu'ils n'ont aucun besoin de cette proie pour satisfaire leur appetit.

La cause physique la plus immédiate de ce penchant qu'ils ont à épier & surprendre les autres animaux, vient de l'avantage que leur donne la formation particulière de leurs yeux. La pupille dans l'homme comine dans la plûpart des animaux, est capable d'un certain degré de contraction & de dilatation; elle s'élargit un peu lorsque la lumière manque, & se rétrécit lorfqu'elle devient trop vive. Dans l'ail du chat & des oiseaux de nuit, cette contraction & cette dilatation fout fi contidérables, que la pupille, qui dans l'obscurité est ronde & large, devient au grand jour longue & écroire comme une ligne, & dèslors ces animaux voient mieux la nuit

que le jour, comme on le temarque dans les chouettes, les hibouts, &c. car la forme de la pupille est toujours ronde dès qu'eile n'est pas contrainte. Il y a donc contraction continuelle dans l'ail du chat pendant le jour , & ce n'est , pour

,, que par effort qu'il voit à une grande lumière; au lieu que dans le crépuscule, la pupille reprenant son état naturel, il voit parfaitement , & profite de cet avantage pour reconnoitre quer & surprendre les autres ani

ainsi dire , que par

atta

maux.

On ve peut pas dire que les chars, quoiqu'habitans de nos maifons , soient des animaux entièrement domestiques ; ceux qui font le mieux apprivoisés n'en funt pas

dire. qu'ils font entièrement libres, ils. ne font que ce qu'ils veulent, & rien au monde ne feroit capable de les retenir un instant de plus: daus.

&

ils ne

pas

un lieu dont ils voudroient s'éloigner;

d'ailleurs la plâpart font à demi' sauvages, ne connoissent pas leurs maîtres , ne fréquentent que les greniers & les toits , & quelquefois la cuisine & l'office , lorsque la faim les prelfe. Quoiqu'on en élève plus que de chiens, comme on les rencontre rarement,

font sensation pour le nombre; aufi prennent-ils moins d'attachement pour les personnes que pour les maiIons : lorsqu'on les transporte à des distances allez considérables, comme à une lieue ou deux , ils reviennent d'eux-mêines à leur grenier ; & c'est apparemment, parce qu'ils en connoillent toutes les retraites à souris, toutes les issues, tous les pallages, & que la peine du voyage est moindre

que celle qu'il faudroit prendre pour acquérir les mêmes facilités dans un nouveau pays. Ils craignent l'eau, le froid & les mauvaises odeurs; ils aimenr à fe tenir au soleil, ils cherchent à fe gîter dans les lieux les plus chauds, derrière les cheminées ou dans les fours; ils aiment auili les parfums, & se laillent volontiers prendre & carefler

les personnes qui en portent : l'odeur de cette plante que l'on appelle l'herbe aux chats, les remue li forteinent & si délicieusement, qu'ils en paroissent tranfportés de plaisir. On est obligé, pour conserver certe plante dans les jardins, de l'entourer d'un treillage fermé ; les chats la fentent de loin, accourent pour s'y frotter , passent & repasseni li souvent par dessus , qu'ils la détruisent en peu de temps.

A quinze ou dix-huit mois, ces animaux ont pris tout leur accroisfement; il sont auffi en état d'engendrer avant l'âge d'un an, vent s'accoupler pendant toute leur

vie , qui ne s'étend gnères au-delt de neuf ou dix ans; ils sont cependant très-durs, très vivaces , ont plus de nerfs & de rellort que d'autres animaux qui vivent plus long-temps.

Les chats ne peuvent mâcher que lentement & difficilement ; leurs dents sont li courtes & si mal posées, qu'elles ne leur servent qu'à déchirer, & non pas à broyer les alimens; ausli cherchent-ils de préférence les viandes les plus tendres; ils aiment le poiffon & le mangent cuit ou crud ; ils boivent fréquemment; leur sommeil est léger , & ils dorment moins qu'ils ne font semblant de dormir; ils marchent légèrement, presque toujours en filence & sans faire aucun bruit; ils se cachent & s'éloignent pour rendre leurs excrémens , & les recouvrent de terre ; comme ils sont propres, & que leur robe est toujours sèche & lustrée, leur poil s'é lectrise aisément, & l'on voit sortir des étincelles dans l'obscurité lorsqu'on le frotte avec la main; leurs yeux brillent ausli dans les ténébres à peu près comine les dianjans , qui réfléchiffent au-dehors pendant la nuit la lumière dont ils se sont, pour ainsi dire, imbibés pendant le jour.

Le chat sauvage produit avec le char domestique, & tous deux ne font par conséquent qu'une seule & même espèce : ils n'est pas rare de voir des chats mâles & femelles quitter les maisons dans le temps de la chaleur pour aller dans les bois chercher les chats sauvages, & revenir ensuite à leur habitation; c'est par cette raison que quelquesuns de nos chats domestiques relsemblent tout-à-fait aux chars sauvages; la différence la plus réelle elt à l'intérieur, le chat domestique

pat

& peu

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