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l'intelligence de l'élève et rendent la leçon attrayante et pratique,

Je suis parti du principe suivant : Pour apprendre une langue, il faut que les élèves l'entendent, la parlent, la tournent et la retournent, pour ainsi dire, afin de se familiariser avec ses formes et ses usages. Aussi, dès la première leçon (p. 52), l'élève est-il interrogé en français et doit-il répondre dans la même langue. Il va sans dire que les mots employés dans les interrogations sont ceux qui viennent de lui être enseignés. L'EXERCICE, et le MORCEAU CHOISI, qui sert presque toujours de leçon de conversation, ont dans ce cours plus d'étendue et d'importance que les observations grammaticales. L'utilité des règles est incontestable, mais elles sont insuffisantes pour apprendre à parler et à écrire avec facilité. « C'est en forgeant que l'on devient forgeron », dit le proverbe.

Dans le choix des extraits, la préférence est presque toujours pour ceux qui sont susceptibles d'un changement de nombre, de genre, de personne ou de forme. Ce système de PERMUTATION familiarise l'élève avec la terminaison des adjectifs, des verbes, etc., point très important dans une langue où la désinence et l'accord, jouent un grand rôle. Je tiens à dire ici que j'avais recours à la permutation dans mes cours en Angleterre, longtemps avant de connaître les ouvrages de Larousse, qui a vulgarisé ce système en France.

Toutefois, ce n'est pas simplement pour servir d'exercices de permutation, que les extraits littéraires abondent dans ce volume; c'est surtout pour qu'au début, la jeunesse se nourrisse de la moelle des lions, pour qu'elle s'imprègne de la langue de ceux qui ont écrit avec le plus de force, de clarté et d'élégance. Où trouvera-t-on de meilleures leçons de français que celles que nous ont données MALHERBE, Bossuet, FÉNELON, RACINE, LA FONTAINE, MOLIÈRE, LA RochefouCAULD, LA BRUYÈRE, SAINT-Simon, LESAGE, VOLTAIRE, MONTESQUIEU, BUFFON, J.-J. Rousseau, DIDEROT, BERNARDIN DE Saint-PIERRE, CHATEAUBRIAND, Guizot, THIERS, LAMARTINE, MICHELET, ALEXANDRE DUMAS, Victor Hugo?

Chaque extrait forme une leçon complète, à laquelle viennent se joindre de courtes explications historiques ou géographiques, toutes les fois que le sujet l'exige.

A ceux qui ne connaissent pas ma méthode, je demande la permission de citer un article que M. DEMOGEOT, auteur de l'Histoire de la littérature française, publia dans l'Opi

PRÉFACE.

7 nion Nationale de Paris sur la première édition de mes French Studies :

« Il faudrait qu'un étranger fût bien obstiné à ne pas parler français, quand M. Alfred Havet lui glisse dans la main son joli livre d'ETUDES FRANÇAISES, où la conversation naît d'ellemême du sein de la lecture, et fait disparaître toutes les difficultés de la grammaire sous l'amusement d'une continuelle causerie....

« M. Havet a eu l'heureuse idée de joindre à ses leçons et de prendre pour sujet de ses CONVERSATIONS les plus jolis morceaux de la littérature française.

« Je ne connais pas de recueil plus varié, plus piquant, choisi avec plus de goût et d'habileté. Vous y trouverez Molière, la Fontaine, Voltaire, etc.; puis des contemporains, puis des noms nouveaux, mais toujours des morceaux exquis pour le goût et irréprochables pour la morale ».

Les verbes étant d'une importance capitale, occupent 65 pages (de la page 299 à la page 364), où ils sont présentés sous la forme la plus méthodique et la plus saillante. Dans le cours des exercices et des morceaux choisis, j'ai fait de très fréquents renvois aux verbes irréguliers (p. 336), qui sont presque tous d'une utilité indispensable.

A la page 365 commencent des VOCABULAIRES, ainsi que des CONVERSATIONS du genre de celles qui ont fait le succès de mes autres ouvrages. C'est pour ne pas déranger le plan de la méthode, que j'ai placé ces leçons de conversation à la fin du livre; mais le professeur pourra les faire étudier aussitôt qu'il le jugera à propos.

Ce seul volume renferme donc tout ce qui est nécessaire dans un cours élémentaire : prononciation, grammaire, exercices, extraits, permutations et conversations. Jusqu'ici les commençants ne pouvaient réunir tout cela qu'en se procurant à un prix assez élevé trois et souvent quatre volumes différents, manquant toujours de cohésion. J'ai cherché à remédier à cet inconvénient et à cette dépense, et je me plais à espérer que les professeurs verront qu'il y a intérêt pour eux et pour leurs élèves à adopter ce manuel, commode et peu coûteux, qui contient tout ce qu'il faut pour apprendre le français.

ALFRED G. Haver. INSTITUT FRANÇAIS-ANGLAIS, 20, rue de Longchamps (Trocadéro).

Paris, février 1887.

MÉTHODE HAVET

DIVISION DES LEÇONS

PRONONCIATION

(Voy. p. 13.) Pour les élèves qui ne savent pas prononcer le français, je donne (de la page 13 à la page 51) trente exercices composés de phrases courtes et faciles sur les mots les plus fréquents du langage familier. Le professeur pourra faire étudier ces exercices séparément ou conjointement avec les leçons qui commencent à la page 52.

GRAMMAIRE, CONVERSATION, LITTÉRATURE

(Voy. p. 52.) « Il faut apprendre grammaire par la langue, et non la langue par la grammaire ». M. BRÉAL.

Chaque leçon comprend :

1° Des RÈGLES et des EXEMPLES sur les points les plus importants;

2° Un EXERCICE MODÈLE basé sur les observations et composé de phrases énoncées dans un langage clair et concis. Souvent les phrases sont des questions suivies de réponses que les élèves pourront apprendre par

ceur.

30 Un DEVOIR (c'est presque toujours un exercice de permutation) qui se fera d'abord oralement en présence du maître, et qui devra ensuite être écrit par l'élève, dans l'intervalle des leçons, pour être corrigé en classe.

4° Un petit EXERCICE D'INVENTION renfermant six questions sur des sujets familiers. L'élève répondra aux questions de vive voix, ou mieux encore par écrit, afin de s'initier à l'art de composer des phrases en français.

50 Un EXTRAIT tiré d'un bon écrivain, destiné à être expliqué et ensuite lu en français. Ce morceau

DIVISION DES LEÇONS.

9 sert en outre d'exercice de conversation, de permutation ou de récitation.

ÉTUDE DES VERBES.

(Voy. p. 299.) Le verbe étant dès le début indispensable pour la formation des phrases, l'étude de la conjugaison marche de front avec celle des autres parties de la méthode. J'indique donc les temps que l'on doit apprendre pour chaque leçon. Ces temps devront d'abord être lus avec le professeur, qui en expliquera le mécanisme et les irrégularités (s'il y a lieu). Ensuite l'élève apprendra ces temps par cæur. Il sera bon qu'il ait un cahier de verbes, où il écrira chaque forme importante.

Aux jeunes professeurs. Lisez toujours la leçon avant de la donner. Vous n'en connaîtrez toutes les ressources qu'après l'avoir sérieusement examinée. Il ne suffit pas de savoir une langue pour bien l'enseigner.

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Pour apprendre une langue, il faut que les élèves l'entendent,

la parlent, la tournent et la retournent, pour ainsi dire, afin de se familiariser avec ses formes et ses usages.

Chaque leçon (p. 52) peut se faire en deux séances (ou même en trois, si la classe se compose de très jeunes élèves). Le premier jour on entame un sujet; le second jour on revient sur ce que l'on a fait la fois précédente et l'on attaque une nouvelle leçon'.

Principes, règles, etc. Chaque RÈGLE devra être lue avec le professeur, qui la développera s'il y a lieu. Les EXEMPLES, qui servent à la fois de leçons de

prononciation et de construction, seront lus d'abord par

le maître, ensuite par l'élève.

Les exemples devront être appris par ceur pour la leçon suivante.

Exercices et devoirs. Chaque exercice devra être lu d'abord textuellement;

1. MÉTHODE A SUIVRE AVEC LES ÉLÈVES QUI NE COMPRENNENT PAS ENCORE LE FRANÇAIS. On ferme les livres; le professeur lit les phrases une à une à l'élève qui les traduit à haute voix. Après cet exercice, destiné à familiariser l'oreille dès la première leçon avec les sons de la langue, les élèves rouvrent leurs livres et lisent les phrases à tour de rôle, le professeur ayant soin de corriger toute mauraise prononciation et d'expliquer les mots qui présentent quelque difficulté ou quelque singularité.

Cet exercice oral, qui demande une certaine attention, est d'une grande utilité. Dans l'étude des langues vivantes, il faut que tout travaille : l'intelligence, la mémoire, et l'oreille qui est souvent si rebelle.

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