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bunaux compétents, en en poursuivant soit les auteurs, soit les exécuteurs. Inst. cr. 81 et s.

Art. 15. — Nul ne peut être distrait des juges que la Constitution ou la loi lui assigne.

Art. 16. · Aucune visite domicilière, aucune saisie de papiers ne peut avoir lieu qu'en vertu de la loi et dans les formes qu'elle prescrit.

Art. 17. — Aucune loi ne peut avoir d'effet rétroactif.

La loi rétroagil toutes les fois qu'elle ravit des droits acquis. Civ., 2 (1).

Art. 18. Nulle peine ne peut être établie que par la loi, ni appliquée que dans les cas qu'elle détermine.

Art. 19. – La propriété est inviolable et sacrée.

Les concessions et ventes légalement faites par l'Etat demeurent irrévocables.

Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique, dans les cas et de la manière établis par la loi, et moyennant une juste et préalable indemnité.

La confiscation des biens en matière politique ne peut être établie.

Art. 20. La peine de mort est abolie en matière

(1) Séance de l'Assemblée constituante, 4 octobre 1889.

M. Léger Cauvin... « Est-il bien vrai, comme je viens de « l'entendre, que la non-rétroactivité des lois ne soit pas ici « à sa place et qu'il faille la laisser dans le titre prélimi« naire du Code civil ?

« Non; ce n'est pas seulement le Code civil, ce sont toutes « les lois civiles, pénales, commerciales, administratives et « autres, qui ne rétroagissent point.

« Je vois la un principe général et qui, n'appartenant pas « exclusivement à ce code, doit être reporté ailleurs, plus « haut, à la source même des lois, afin qu'aucune ne se dé« robe à lui. »

politique. La loi déterminera la peine par laquelle elle doit être remplacée (1).

Art. 21.– Chacun a le droit d'exprimer ses opinions en toutes matières, d'écrire, d'imprimer et de publier ses pensées.

Les écrits ne peuvent être soumis à aucune censure préalable.

Les abus de ce droit sont définis et réprimés par la loi, sans qu'il puisse être porté atteinte à la liberté de la presse (2).

Art. 22. — Tous les cultes sont également libres (3).

Chacun a le droit de professer sa religion et d'exercer librement son culte,'pourvu qu'il ne trouble pas l'ordre public.

Art. 23. Le Gouvernement détermine la circonscription territoriale des paroisses que desservent les ininistres de la religion catholique, apostolique et romaine (4). Art. 24.

L'enseignement est libre. L'instruction primaire est obligatoire. L'instruction publique est graluite à tous les degrés.

(1) V. Loi 30 septembre 1891. sur la peine de mort en matiére politique.

(2) V. Loi 28 octobre 1885 sur la Presse.

(3) V. Concordat du 28 mars 1860, entre Haïti et Rome. Art. 1er : La religion catholique, apostolique et romaine... sera spécialement prolėgée, etc.

(4) V. Arrêté organique des diocèses, 12 mars 1861. Art. 1er : La division civile et politique de la République servira de base à la division religieuse, c'est-à-dire qu'il y aura dans la République autant de Diocèses que de départements, et que, les limites et circonscriptions de ces diocèses seront les mêmes que celles des départements.

Art. 3. Chaque diocèse comprendra autant de paroisses distinctes que les départements correspondants comprennent de communes.

La liberté d'enseignement s'exerce conformément à la loi et sous la haute surveillance de l'Etat.

Art. 25. — Le Jury est établi en matière criminelle et pour délits politiques et de la presse.

Néanmoins, en cas d'état de siège légalement déclaré les crimes et délits contre la sûreté intérieure et extérieure de l'Etat, et en général tous les délits politiques commis par la voie de la presse ou autrement, seront jugés par les tribunaux criminels ou correctionnels compétents, sans, assistance du jury (1).

Art. 26. Les Haïtiens ont le droit de s'assembler paisiblement et sans armes, même pour s'occuper d'ohjets politiques, en se conformant aux lois qui peuvent régir l'exercice de ce droit, sans néanmoins le soumettre à autorisation préalable.

Cetle disposition ne s'applique point aux rassemblements dans les lieux publics, lesquels restent entièrement soumis aux lois de police.

Art. 27. Les Haïtiens ont le droit de s'associer; ce droit ne peut être soumis à aucune mesure préventive

Art. 28. — Le droit de pétition est exercé personnellement, par un ou plusieurs individus, jamais au nom d'un corps.

Les pétitions peuvent être adressées soit au Pouvoir Législatif, soit à chacune des deux Chambres législatives.

Art. 29. Le secret des lettres est inviolable.

La loi détermine quels sont les agents responsables de la violation des lettres confiées à la poste.

(1) Voir, au « Moniteur officiel » du 14 décembre 1889, la séance de l'Assemblée constituante. — Loi 6 septembre 1870 sur la procédure devant les tribunaux correctionnels en matière politique et de presse ; Décret: 27 juillet 1883 modifiant l'article 31 de la Constitution de 1879; Loi 13 avril 1880, sur l'état de siège (Voir cette dernière loi, à l'appendice),

Art. 30. - L'emploi des langues usitées en Haïti est facultatif; il ne peut être réglé que par la loi et seulement pour l'autorité publique et pour les affaires judiciaires.

Art. 31. Nulle autorisation préalable n'est nécessaire pour exercer des poursuites contre les fonctionnaires publics pour faits de leur administration, sauf ce qui est statué à l'égard des Secrétaires d'Etat.

Art. 32.— La loi ne peut ajouter ni déroger à la Constitution.

La lettre de la Constitution doit toujours prévaloir.

TITRE III

DE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE ET DES POUVOIRS

AUXQUELS L'EXERCICE EN EST DÉLÉGUÉ.

Art. 33. La Souveraineté Nationale réside dans l'universalité des citoyens.

Art. 34. L'exercice de cette souveraineté est délégué à trois pouvoirs.

Ces trois pouvoirs sont : le pouvoir Législatif, le pouvoir Exécutif et le pouvoir Judiciaire.

Ils forment le Gouvernement de la République, lequel est essentiellement démocratique et représentatif. Art. 35.

Chaque pouvoir est indépendant des deux autres dans ses attributions, qu'il exerce séparément. Aucun d'eux ne peut les déléguer, ni sortir des limites qui lui sont fixées.

La responsabilité est attachée à chacun des actes des trois pouvoirs.

Art. 36. — La puissance législative est exercée par deux Chambres représentatives :

Une Chambre des communes et un Sénat, qui forment le Corps législatif.

Art. 37. Les deus Chambres se réunissent en Assemblée Nationale dans les cas prévus par la Constitution.

Les pouvoirs de l'Assemblée Nationale sont limités et ne peuvent s'étendre à d'autres objets qu'à ceux qui lui sont spécialement attribués par la Constitution.

Art. 38. La puissance exécutive est déléguée à un citoyen qui prend le titre de Président de la République d'Haïli et ne peut recevoir aucune autre qualification.

Art. 39. La puissance judiciaire est exercée par un tribunal de Cassation, des tribunaux d'appel (1), des tribunaux civils, de commerce et de paix.

Art. 40. La responsabilité individuelle est formellement attachée à toutes les fonctions publiques.

Une loi réglera le mode à suivre dans le cas de poursuites contre les fonctionnaires publics pour faits de leur administration.

CHAPITRE PREMIER

DU POUVOIR LÉGISLATIF

SECTION I
De la Chambre des Communes.

Art. 41. La Chambre des Communes se compose des Représentants du peuple dont l'élection se fait

(1) Les constitutions de 1813, de 1867 et de 1879 instituaient formellement des tribunaux d'appel. Ces tribunaux n'ont jamais élé créés. Moins catégorique et plus sage, celle de 1874 disait : « Lorsque l'état du pays le permettra, il sera formé un tribunal d'appel dans chaque département. »

Les déparicments attendent encore.

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