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que Cicéron promettait à Auguste, on peut le promettre bien plus sûrement à Molière : Nulla unquam ætas de laudibus suis conticescet, Aucune époque ne tarira jamais sur tes louanges (1).

(1) La vie de Molière a été souvent écrite. Parmi ses historiens , les plus célèbres sont Grimarest et Voltaire; c'est la source où sont allés puiser tous les autres. Le livre de Grimarest a l'avantage d'être le plus rapproché des faits qu'il expose; mais il manque de critique et de style. L'écrit de Voltaire fourmille d'inexactitudes et de négligences; il n'est digne ni de Voltaire ni de Molière. L'auteur, travaillant pour obliger un libraire, attachait à son ouvre une importance fort médiocre : il comptait en rejeter la responsabilité, et s'évader par l'anonyme. Mais Voltaire aurait du se rendre plus de justice, et sentir que tout lui serait possible en littérature , hormis de se cacher. Dans ces derniers temps, des découvertes importantes, dues en partie à M. de Beffara , ont révélé des faits jusqu'ici inconnus, et mis à même de rectifier des erreurs graves. En sorte que, pour l'abondance des renseignements comme pour la sûreté de la critique, rien n'approche du travail de M. Jules Taschereau, Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, souvent cité dans cette notice. C'est un monument durable, élevé par une main habile et pieuse à la gloire du père de la comédie française.

ERRATA.

Page 51, lig. 14 : on se contente du simple c devant o et n;

lisez : devant o et a. Page 134, lig. 21 :

Nel pnet nommer et ne porquant

Balbié l'a en souglotant. lisez en seul mot neporquant , ou en trois mots ne por quant (neque per quantum, non pas même pour autant, nonobstant

cela). Il n'y a point de motif de séparer une des trois racines. Pag. 166, lig. 9 : le sepulchre u li bom huem fud enseveliz;

lisez : u li bons huem.

DE LA

LANGUE DE MOLIÈRE.

A, devant un infinitif, propre à, capable de, de force ou de nature à....

Cherchons une maison à vous meltre en repos. (L'ÉT. V. 3.) Je me sens un caur à aimer loute la terre. (D. Juan. I. 2.) Je n'ai point un courroux à s'exhaler en paroles vaines, (ibid. I. 3.)

Pour de l'espril, j'en ai sans doute, et du bon gout
A juger sans étude et raisonner de tout,
A faire aux nouveautés, dont je suis idolâtre,
Figure de savant sur les bancs d'un théâtre. (Mis. III. 1.)

Et la cour et la ville
Ne m'offrent rien qu'objets à m'échauffer la bile. (Ibid. I. 1.)
Monsieur n'est point une personne à faire rire. (Pourc. I. 5.)
Des ennuis à ne finir que par la mori.

(Am. Magn. I. 1.) A, devant un infinitif, pour en suivi d'un participe présent :

On ne devient guère si riche à étre honnêtes gens. (B. Gent. III. 12.) En étant honnêtes gens.

L'allégresse du coeur s'augmente à la répandre. (Éc.desfem. IV. 6.) En la répandant, lorsqu'on la répand.

Cette tournure correspond au gérondif en do, ou au supin en u des Latins, qui n'est lui-même qu'un datif ou un ablatif, l'un et l'autre marqués en français par à : vires acquirit eundo; diffunditur auditu.

Il faut avec vigueur ranger les jeunes gens,

El nous faisons contre eux à leur étre indulgents. (Ec. des f. V.7.) En leur étant indulgents.

Votre choix est tel,
Qu'à vous rien reprocher je serois criminel.

(Sgan. 20.) En vous reprochant rien, si je vous reprochais rien.

A, devant un infinitif, marque le but:
...Un cæur qui jamais n'a fait la moindre chose
A mériter l'affront où ton mépris l'expose.

(Sgan. 16.) Pour mériter, tendant à mériter.

Si c'étoit une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton. (G. D. I. 3.)

Lorsque si généreusement on vous vit prêter votre témoignage à faire pendre ces deux personnes qui ne l'avoient pas mérité. (Pourc. I. 3.)

Ah! c'est ici le coup le plus cruel de tous,
Et dont à s'assurer trembloit mon feu jaloux. (Amph. II. 2.)
La chose quelquefois est fåcheuse à connoître,
Et je tremble à la demander.

(ibid. II. 2.)
A, devant un infinitif, au point de , jusqu'à :
La curiosité qui vous presse est bien forle,
M'amie, à nous venir écouter de la sorte!

(Tart. II. 2.) -A, devant un infinitif, par le moyen de :

Et que deviendra lors cette publique estime
Qui te vante partout pour un fourbe sublime,
Et que tu t'es acquise en tant d'occasions ,
A ne t'étre jamais vu court d'inventions !

(L'Et. III. 1.) - A supprimé. . Voyez PREPOSITION supprimée.

A datif, redoublé surabondamment:
Et je le donnerois à bien d'autres qu'à moi,
De se voir sans chagrin au point où je me voi. (Sgan. 16.)
Que de son cuisinier il s'est fait un mérite,

Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite. (Mis. II. 5.) L'on prescrit aujourd'hui de dire à bien d'autres que moi.... C'est à sa table que l'on rend visite, sous prétexte que les deux datifs font double emploi; mais cette façon de parler est

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