Poésies complètes de Saint-Beuve ...

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Charpentier, 1845 - 476 pages

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Page 29 - Rime, qui donnes leurs sons Aux chansons , Rime, l'unique harmonie Du vers, qui, sans tes accents Frémissants, Serait muet au génie ; Rime , écho qui prends la voix • Du hautbois Ou l'éclat de la trompette , Dernier adieu d'un ami Qu'à demi L'autre ami de loin répète...
Page 284 - Mais j'ai appris d'un saint homme dans notre affliction qu'une des plus solides et plus utiles charités envers les morts est de faire les choses qu'ils nous ordonneraient s'ils étaient encore au monde, et de pratiquer les saints avis qu'ils nous ont donnés, et de nous mettre pour eux en l'état auquel ils nous souhaitent à présent. Par cette pratique, nous les faisons revivre en nous en quelque sorte, puisque ce sont leurs conseils qui sont encore vivants et agissants en nous...
Page 245 - Car c'est assez pour moi de mon âme à porter, Et, faible, j'ai besoin de ne pas m'écarter. Vous me trouverez donc, en larmes, en prière, Adorant du dehors l'éclat du sanctuaire, Et, pour tâcher de voir, épiant le moment Où chaque hôte divin remonte au firmament. Et si, vers ce temps-là, mon heure est révolue, Si le signe certain marque ma face élue, Devant moi roulera la porte aux gonds dorés, Vous me prendrez la main, et vous m'introduire/.
Page 365 - Dussé-je, au bout de tout, ne trouver presque rien: C'est mon mal et ma peine, et mon charme aussi bien. Pardonne, je m'en plains, souvent je m'en dévore, Et j'en veux mal guérir,... plus tard, plus tard encore...
Page 75 - Qui d'un cloître désert , d'une tour sans vassaux , Solitaire habitante, erre sous les arceaux, Disant un nom; descend aux tombes féodales; A genoux, de velours inonde au loin les dalles, Et, le front sur un marbre, épanche avec des pleurs L'hymne mélodieux de ses nobles malheurs. Non;— mais, quand seule au bois votre douleur chemine, Avez-vous vu là-bas, dans un fond, la chaumine Sous l'arbre mort? auprès, un ravin est creusé; Une fille en tout temps y lave un linge usé.
Page 127 - L'insouciance et la profusion qui donnent une allure si particulière aux larges périodes de notre poète, cette foule de participes présents tour à tour quittés et repris, ces phrases incidentes jetées adverbialement, ces énumérations sans fin qui passent flot à flot, ces si, ces quand, éternellement reproduits, qui rouvrent coup sur coup des sources imprévues, ces comparaisons jaillissantes qu'on voit à chaque instant éclore et se briser comme un rayon aux cimes des vagues ; tout cela...
Page 353 - Appartenaient à l'un, au plus harmonieux. L'autre à de beaux élans vers la sphère sereine Mêlait le goût du cirque et de l'humaine arène ; Et pour témoins, au fond, les lutins familiers, Le moyen...
Page 138 - Tandis que chacun de ces objets du paysage reste fixe en son lieu et s'inquiète peu des autres, que la tour féodale dédaigne le vallon , et que le vallon ignore le coteau, la rivière va 'de l'un à l'autre, les baigne sans les déchirer, les embrasse d'une eau vive et courante , les comprend, les réfléchit; et, lorsque le voyageur est curieux de connaître et de visiter ces sites variés , elle le prend dans une barque ; elle le porte sans secousse , et lui développe successivement tout le...
Page 195 - Hélas ! pensai-je alors, la tristesse dans l'âme, Humbles hommes, l'oubli sans pitié nous réclame, Et, sitôt que la mort nous a remis à Dieu, Le souvenir de nous ici nous survit peu ; Notre trace est légère et bien vite effacée ; Et moi, qui de ces morts garde encor la pensée, Quand je m'endormirai comme eux, du temps vaincu...
Page 76 - Et l'arbuste en naissant fut atteint de la grêle. Elle file, elle coud, et garde à la maison Un père vieux, aveugle et privé de raison. Si, pour chasser de lui la terreur délirante, Elle chante parfois, une toux déchirante La prend dans sa chanson, pousse en sifflant un cri Et lance les graviers de son poumon meurtri. Une pensée encor la soutient; elle espère Qu'avant elle bientôt s'en ira son vieux père. C'est là ma Muse, à moi : ma Muse pour toujours...

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