Coup-d'oeil sur les patois vosgiens

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Editeur non identifié, 1864 - 113 pages
 

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Expressions et termes fréquents

Fréquemment cités

Page 22 - C'est un terme de. vénération qui ne s'adresse guère qu'aux vieillards et ne rappelle pas une idée de parenté. Le patois franc-comtois oncliot et le mot anglais nncle s'emploient clans le même sens. On a passé ainsi de l'idée de parenté à celle de vénération. Par un raisonnement inverse, le patois vosgien a donné à un terme de respect un sens de parenté, il désigne l'oncle par le mot nonon.
Page 25 - Ce mot se trouve sous la forme hranne et rhanne dans le tit. 2 de la loi Salique ; mais une édition germanique donne la leçon rhan. On l'interprète en général dans le sens de troupeau de porcs, mais il donne lieu à une controverse qui n'est pas encore terminée. Un commentateur des termes de la loi Salique avait déjà fait remarquer que les campagnards mettent les porcs en rhan pour les engraisser, le mot français est féminin comme notre mot patois, qui pourrait très bien servir à expliquer...
Page 23 - Or nonnus se disait des religieux âgés ; c'était un terme d'affection filiale (règle de st ïtenoit), qui a été remplacé par la locution mon révérend père. Nonne signifiait primitivement mère ; il n'en est resté que les termes nonne, nonnain qui rappellent chez nous des idées peu sévères. En italien wmno et nonna veulent dire grand'père et grand'mère (Coup d'ail p.
Page 22 - Sens a chercher. dérivé d'avunciUus n'existe pas dans notre patois. Nous y trouvons le mot oncla, mais plus souvent avec le sens de vénérable, de vieux, de père. C'est un terme de vénération qui ne s'adresse guère qu'aux vieillards et ne rappelle pas une idée de parenté. Le patois franc-comtois oiicliot et le mot anglais uncle s'emploient dans le même sens.
Page 30 - Le vieux français disait raffer avec le même sens ; en basse latinité reffare (ce mot est dans la loi salique. Les étymologistes qui visent trop le latin partout voudraient tirer ces mots de rapere ; nous leur trouvons plus d'analogie avec les mots correspondants des idiomes germaniques : allem. raffen, anglo-saxon riefen, suédois ro/fa ». Voy.
Page 13 - Gaton en parle, RR, 23, ce qui prouve que ce mot appartenait au Gaulois italique. Dans la vie de saint Rémy (Bolland., 13 janv.), Benna est un grand vase ou panier dans lequel on mettait des denrées et des bouteilles de cervoise. Un bas-relief gallo-romain de Dijon représente un de ces paniers posé sur des roues et attelé de deux chevaux ; c'est la banne de nos charbonniers. Bonnette, Benaton, etc. , corbeille, panier, sont restés dans le patois bourguignon ; voy. l'histoire fort intéressante...
Page 37 - Aumiine, expression abstraite tirée du grec, qui ne le reconnaîtrait guère, est devenu dans notre langue rustique une aumonde, une amande, comme si le premier qui le répéta avait voulu exprimer par un mot, sans doute mal saisi par l'oreille, et sans signification, d'ailleurs, par luimême, toute la formule de la charité ». AUM'HÊYB (ô-m'-rè-y') Amerey, section de la commune de Xertigny.
Page 110 - Le superlatif s'obtient en plaçant la syllabe très, du grec tptï;, comme le prétendent Estienne et Joachim Périon; mais M. Chevallet dérive notre adverbe très de la préposition latine trans (au delà). C'est aussi l'opinion de ML Feugère, dans son édition de Henri Estienne, de M. Ampère, dans son Histoire de la formation de la langue française, de M. Egger, dans ses Notions élémentaires de grammaire comparée, p. 93, et de Max Millier, dans ses Leçons sur la science du langage, p....
Page 83 - Avec (pendant) l'hiver tout fîélc; les plus belles fleurs n'ont qu'une saison. Prenez mon cœur et vous verrez : les hivers n'y feront rien. Je veux essayer une fois pour voir si vous prisez (aimez) plus quelque chose qui ne dure pas toujours.

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