La France au Rwanda (1990-1994): entre abstention impossible et engagement ambivalent

Couverture
Peter Lang, 2007 - 533 pages
Le 1er octobre 1990, le retour armé des anciens réfugiés rwandais réunis au sein du Front patriotique rwandais (FPR) marque l'entrée en guerre du Rwanda. Une sale guerre, au cours de laquelle la France sera militairement présente, et qui trouve son épilogue en juillet 1994 à la faveur de la victoire du FPR. Entre-temps, la guerre d'usure menée par le FPR, les manipulations de l'ethnicité orchestrées par le régime Habyarimana, la stratégie du chaos poursuivie par les faucons des deux bords, et surtout le génocide perpétré par les extrémistes hutu, ont causé la mort de plus d'un million de personnes.
Le propos de cet ouvrage est de décrire, d'analyser et d'expliquer le processus de prise de décision ayant conduit le président Mitterrand à engager l'armée française au Rwanda entre 1990 et 1994. L'étude menée ici récuse, avec rigueur scientifique, à la fois ceux qui encensent la politique de la France et ceux qui la condamnent sans discernement et évoquent une « complicité » de la République française dans le génocide. De toute évidence, entre les conclusions de la Mission d'information et celles des censeurs, exégètes et autres sycophantes de la politique africaine de la France, les divergences d'analyse sont d'envergure. Il importe donc de les décrypter pour en apprécier la pertinence. Quelles étaient les motivations réelles de la présence française au Rwanda ? Au-delà du constat d'échec de cette politique rwandaise, quels facteurs ont contribué in fine à ruiner les effets de la politique prônée par François Mitterrand ? Quel crédit enfin accorder aux accusations de « complicité de génocide » proférées à l'encontre des soldats de l'opération Turquoise ? La France serait-elle « la seule nation coupable parmi les nations saintes et pures » ?
 

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1-Monsieur Lanotte affirme, pages 178 à 181, que le témoignage de mon épouse n'est pas crédible. A ce sujet lire cette analyse et le courrier que je lui ai envoyé :
http://cec.rwanda.free.fr
/documents/Publications/Notes/Immaculee.html
2-Monsieur Lanotte affirme dans sa note 489 page 465 que, selon Pierre Péan et le Colonel Rosier, je fais une mauvaise interprétation des raisons pour lesquelles le COS fut envoyé à Bisesero. Je pense en effet que le Cos fut envoyé dans cette région pour nettoyer une poche de résistance que l'Etat-major français considérait comme étant une avancée du FPR. La lecture du compte-rendu du Conseil restreint de défense du 29 juin 1994 montre que le chef d'Etat-major de l'armée française parle de "maquis Tutsi" attaqué par des "milices hutues" dans la zone Turquoise. Ce jour là, officiellement, l'armée française prétend qu'elle ne savait pas que c'étaient des rescapés Tutsi qui étaient attaquées par les milices, elle l'aurait appris le lendemain,... mais pense que c'est le "FPR-Tutsi". C'est le langage qu'elle tient devant Mitterrand ce jour là et celui que les officiers embarrassés tiennent sur le terrain face à Léotard qui est devant Bisesero le même jour, mais que les journalistes présents contestent devant le ministre.
Selon les députés français et la revue Képi blanc, le Colonel Rosier était chargé de la zone "sud" de Turquoise, autour de Gikongoro-Butare. Il est donc étrange qu'il y soit allé depuis Cyangugu en passant par Kibuye, c'est à dire plein nord de la zone, au lieu d'aller vers l'ouest-sud-ouest.
Donc clairement mon interprétation était juste, le COS a été envoyé en avant pour "nettoyer le terrain". A Bisesero, il a identifié le "maquis Tutsi", sinon il aurait été directement envoyé vers Gikongoro qui était la zone "normale" du Colonel Rosier et de ses troupes du COS. Monsieur Lanotte ne disposait peut être pas des archives de Mitterrand, mais Pierre Péan affirme qu'il en disposait. Ce dernier a malgré tout maintenu la version militaire que Monsieur Lanotte a gobée gentiment. La CEC avait donc touché du doigt un point crucial de la stratégie française pendant Turquoise. Ce n'est probablement pas Mitterrand (ou Balladur) qui a discerné que le "maquis Tutsi" de Bisesero devait être réduit par le COS avant l'arrivée du Colonel Sartre qui commandait cette zone, mais ses informateurs : l'Etat-major. Le reste est l'auto-défense de l'armée, et de ses porte-plumes, ... qui n'assume pas ce qu'on lui a demandé de faire au nom du Président de la République.
http://cec.rwanda.free.fr/documents/Bisesero-Turquoise.pdf
Emmanuel Cattier
 

Table des matières

Préface
15
Première partie
43
La Révolution sociale et ses conséquences
49
La Seconde République rwandaise 19731990
59
De linvasion frontale à la guerre dusure
73
Le changement de stratégie opéré par le FPR
79
Le processus dArusha
92
Lintervention française
133
La France et le deuxième conflit rwandais
267
Rwanda avriljuillet 1994 un génocide à huis clos
293
La France face au génocide
343
La prise de conscience
375
Conclusion générale
489
Une responsabilité française?
504
Sources et repères bibliographiques
515
Table des cartes
533

Les enjeux du soutien français
193

Expressions et termes fréquents

À propos de l'auteur (2007)

L'auteur : Docteur en Sciences politiques (relations internationales), spécialiste de l'Afrique centrale, Olivier Lanotte est chercheur au Centre d'études des crises et des conflits internationaux (CECRI) de l'Université catholique de Louvain. Il a publié aux éditions Complexe/GRIP La Belgique et l'Afrique centrale de 1960 à nos jours (2000) (avec C. Roosens et C. Clement) et Guerres sans frontières en République démocratique du Congo (2003).

Informations bibliographiques