L'entrée en bourgeoisie des Juifs allemands ou le paradigme libéral 1800-1933

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Presses Paris Sorbonne, 2005 - 425 pages
En Allemagne, l'histoire de la communauté juive a pu paraître comme l'exemple d'une parfaite assimilation économique et culturelle. Ne serait-ce pas, simplement, qu'une partie importante de celle-là, prise dans une spirale ascensionnelle liée à des causes historiques et économiques, s'était fondue dans la classe bourgeoise, à laquelle elle avait assez naturellement emprunté son habitus ? Cette hypothèse traditionnellement retenue peut expliquer certains phénomènes généraux, mais elle ne rend pas compte des rapports complexes entre minorité et majorité, de la persistance, aussi, d'un mode de vie communautaire, quand le lien religieux est distendu, du fossé entre le discours bourgeois libéral de la majorité et celui de la minorité. Tel qu'il est, ce modèle ne peut rendre compte de la fin tragique des juifs d'Allemagne et d'Autriche. En s'appuyant sur le type idéal du comportement libéral à l'âge triomphant de l'utopie bourgeoise, on constate combien ces valeurs ont pu être intériorisées par la minorité et on mesure par comparaison, à des époques différentes, l'écart entre l'habitus juif et l'habitus allemand d'une même classe sociale. La partie la plus dynamique de la communauté juive allemande ne s'était pas vraiment assimilée à une catégorie sociale aux contours bien définis, elle avait transformé les valeurs de l'utopie bourgeoise, en préservant, plus longtemps, le message humaniste et libéral que la bourgeoisie allemande, convertie au social-darwinisme du Reich wilhelminien, avait abandonné.
 

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