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31 JANVIER.

Présidence de M. le baron de LADOUCETTB, président,

CORRESPONDANCE. — M. le maire de Cherbourg, qui avait écrit pour demander au conseil de lui faire choix d'un instituteur pour diriger une nouvelle école communale qu'il vient d'établir, annonce qu'il a trouvé un maître capable, et il remercie la Société du soin qu'elle avait donné à cette affaire.

- M. le secrétaire du Comité supérieur de Metz adresse l'extrait d'un travail sur l'état de l'instruction primaire dans l'arrondissement, adopté par le Comité et présentant toute l'authenticité désirable.

M. Carpentier, vice-président de la conférence des instituteurs de Rosières (Somme), remercie la Société des livres qu'elle a mis à sa disposition pour la bibliothèque de cette conférence,

- M. Gervais communique une lettre de M. L'Ainé, juge de paix à Sourdeval (Manche), dans laquelle il remercie la Société de sa nomination en qualité de membre correspondant, et donne en même temps quelques détails sur l'enseignement primaire et les heureux effets du prix de vertu qu'il a fondé dans les écoles du canton. M. Gervais fait connaitre que M. L'Ainé a fondé également dans les écoles de Sourdeval deux prix d'agriculture, et demande quels sont les meilleurs livres élémentaires propres à être mis dans les mains des élèves.-On lui indiquera, entre autres, le Calendrier du bon cultivateur de M. Dombasle.

- M. Piéron, député du Pas-de-Calais, recommande aux encouragements de la Société, de concert avec M. le maire de Saint-Pol, deux instituteurs qui se sont jusqu'ici distingués par leur zèle et leurs succès. OUVRAGES OPFERTS.

Les
ouvrages

suivants sont offerts à la Société :

La Grand Mère et ses petits enfants. I vol, in-18, par madame Manceau;

Livre de lecture-prononciation ; seconde édition, in-12, par M. Chappée ;

Bulletin special de l'institutrice, numéro de janvier, par M. Lévy;

Le Disciple de Jésus-Christ, numéro de février, par M.J.-M. Paschoud;

Le Moniteur de l'enseignement, numéros de 1843 et 1844, par

M. J. Guadet; Littérature des écoles normales, première partie, style épistolaire. I vol, in 18, par M. Malgras.

ADMISSION DE MEMBRE. M. Tourseiller, avocat à la cour royale, est admis membre de la Société, sur la présentation de MM. Aronssohn et Charles Malo.

RAPPORTS. — M. Aronssohn, au nom d'une commission spéciale, entretient le conseil de la visite qui a été faite à la maison de travail pour les jeunes filles, fondée par M. Rouget de l'Isle. La commission attend le rapport qui doit être fait à la Société d'encouragement sur les moyens mécaniques employés par le fondateur, et qui sortent de sa compétence, pour faire un rapport sur l'établissement de M. Rouget de l'Isle, dans le cercle des attributions de la Société,

– MM. Herpin et Demoyencourt font connaître les divers travaux de la commission qui s'occupe des améliorations de la loi sur l'instruction primaire et qui va continuer sa mission avec toute l'activité désirable.

DONS DU JURY DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE,

Première quinzaine de juillet, supplément. 19 fr. de septembre.

47 35 c. Seconde quinzaine de septembre. 43 75 Première quinzaine de novembre. i 50

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LAPPORT SUR LES TRAVAUX

DE LA SOCIÉTÉ DES ÉCOLES BRITANNIQUES ET ÉTRANGÈRES, ET SUR LES ÉCOLES PRINAIRES DES DIVERSES PARTIES DU GLOBE, PAR M. AMYOT.

MESSIEURS,

Yous m'avez chargé de vous faire connaître en abrégé le contenu du 37e rapport de la Société des écoles britanniques et étrangères, qui a paru à Londres en 1842, et que cette illustre Société vous a récemment adressé. Ce

rapport, en effet, me paraît renfermer des renseignements qui doi. vent être pour vous du plus haut intérêt. Cette Société, qui a été fondée par Lancaster même, environ dix années avant que la vôtre se fût constituée sur les mêmes bases, a précisé. ment le même but que vous : ce sont les mêmes principes, les mêmes vues qui vous dirigent, la propagation de l'instruction primaire par le meilleur mode possible d'enseignement, c'est-à-dire l'enseignement mutuel, et ce, indépendamment des différentes religions auxquelles les élèves appartiennent, en se préoccupant seulement du besoin qu'ils ont de suivre un culte. L'exposé que je vais avoir l'honneur de vous faire pourra vous donner une idée des travaux de cette Société, en vous offrant l'occasion de les comparer aux vôtres.

Un des premiers objets qui nous frappe dans ce rapport est l'état de l'instruction primaire parmi les populations d'Angleterre. Dans l'année qui a fini en juin 1839, sur 121,087 couples mariés en Angleterre et dans le

pays

de Galles, 40,587 hommes et 58,959 femmes ne savaient pas écrire, c'est-à-dire 33 p. 1oo parmi les hommes, et 49 p. 100 parmi les femmes.

Dans les cinq villes de Manchester, Liverpool, Birmingham, Salford et Bury, sur une population de 685,000 âmes où l'on compte environ 171,250 enfants de 5 à 15 ans en état de suivre les écoles, il n'y en a que 96,974 qui reçoivent le bienfait de l'instruction primaire; 74,267 en sont privés.

Dans le district de Cornwal, sur une population ouvrière employée dans les mines, de 51,500 âmes, 1,086 enfants måles seulement et 528 filles reçoivent l'instruction primaire. Il y en a au moins 6,803 qui en sont privés. Un grand

ne

nombre d'adultes n'y savent ni lire ni écrire; un très-petit nombre de femmes sont en état de le faire. C'est rarement qu'une femme arrive en âge d'être mariée sachant faire ses habits; souvent elle sait

pas

même coudre. On fait remarquer cependant que la population, dans ce pays, est trèsintelligente.

Dans le comté de Norfolk, très-peu d'adultes de 20 à 50 ans savent lire et écrire. Une femme a officié comme clerc dans une paroisse, les deux dernières années, parce qu'il ne s'y trouvait pas un seul homme qui sût lire. Dans une paroisse de 200 habitants, il n'est pas rare de trouver le clerc seul sachant lire, et cet état d'ignorance s'étend même aux classes plus élevées de la société. Dans des villes de 2 ou 4,000 habitants, on voit quelquefois les principaux commerçants sachant à peine signer leur nom. Du reste, l'état moral de ce pays est signalé comme étant des plus déplorables par la perversité de la jeunesse, l'indiscipline et la grossièreté des habitants.

Pour combattre ce 'défaut d'instruction dans les popula. tions de la partie la plus riche et la plus civilisée des trois royaumes, la Société des écoles britanniques et étrangères s'efforce d'abord de détruire un reste de préjugé dont elle signale encore l'existence, mais qui tend à disparaître de plus en plus, et qui consiste à penser que l'instruction corrompt les moeurs publiques. On cite, à ce sujet, le passage d'un poëte anglais qui faisait dire à l'un de ses personnages : « Tu as traîtreusement corrompu la jeunesse du royaume en érigeant une école de grammaire et en répandant l'usage des livres là où nos pères n'en connaissaient pas d'autres que

marque et la taille. » Au surplus, un fait qui montre que le crime est, en général, associé à l'ignorance, c'est que, sur 710 femmes arrêtées à Londres par la police, on a remarqué que 22 seulement savaient lire et écrire, et qu'une seule avait reçu une éducation supérieure. Dans le rayon de Brighton (North Lane), sur 846 personnes accusées du crime de felonie, 48 seulement savaient lire et écrire, et 18 seulement avaient quelques notions de religion.

Vous savez, messieurs, qu'en Angleterre l'action du gouvernement pour la propagation de l'instruction primaire est à peu près nulle et consiste seulement en secours et encouragements accordés aux associations des citoyens charitables

la

qui s'occupent spécialement de cet objet. Cela tient à un état particulier de l'organisation civile et politique du pays, où une aristocratie, jalouse du gouvernement et plus puissante que lui, veut tout faire par elle-même en même temps que ses grandes richesses lui en fournissent les moyens. C'est donc uniquement sous l'empire de l'impulsion donnée par les citoyens et les associations qu'ont lieu les progrès de l'instruction primaire en Angleterre. Ces progrès sont lents, mais réels : 55 écoles nouvelles ont été ouvertes dans le cours de l'année précédente. A Windsor, un riche particulier a donné 3,750 fr. (150 l. st.) pour la construction d'une salle d'école; et, à Lynn, la nouvelle salle était à peine ouverte, que le nombre des élèves avait atteint déjà le maximum de ce qu'elle pouvait contenir : ce qui tend à prouver que c'est surtout le manque d'écoles qui est la cause de l'état d'ignorance du pays, plutôt que la négligence à s'instruire.

Au nombre des moyens d'action directs de la Société dont j'ai l'honneur de vous entretenir, il faut placer en première ligne les deux écoles modèles, l'une de garçons, l'autre de filles, qu'elle tient à ses frais à l'instar de vos deux écoles de la Halle-aux-Draps, et je ferai remarquer, en passant, que

le nombre des élèves dans ces deux écoles est à peu près égal à celui des vôtres, savoir : 682 garçons, 450 filles, non pas présents, mais admis dans le cours de l'année; ce qui donne, est-il dit, un total de 52,828 élèves admis depuis la fondation de ces écoles, qui remonte à une trentaine d'années.

Il est inutile de vous dire, messieurs, que, dans ces écoles, le système de l'enseignement mutuel ou de la méthode lancasiérienne est suivi dans ce qu'il a de plus parfait sans doute aux yeux de la Société. Son but est d'y montrer à tous les yeux les résultats pratiques de ce mode d'enseigne ment, et le rapporteur se borne à dire éloquemment à ce sujet : « Venez et voyez, » Vous pouvez en dire autant, messieurs, des deux écoles que vous entretenez et de toutes celles de la capitale qui peuvent être offertes aussi comme des modèles au reste de l'Europe, et même avec un degré de supériorité incontestable, suivant tous les rapports qui nous sont faits.

La Société anglaise possède en outre une école normale de 221 élèves, dont 117 garçons et 104 filles, où l'on s'applique à former des maîtres et des maîtresses pour en fournir aux besoins des populations et des écoles. Håtons-nous de

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