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Mais, au fond, ce n'est ni l'ultramon- | lement. Telle est en effet la conclusion tanisme ni le gallicanisme qui était en- à laquelle il est arrivé, comme nous gagé dans cette affaire, c'est la foi ca- l'apprennent plusieurs phrases déploratholique elle-même, ce sont les principes blement significatives de son dernier fondamentaux, universellement recon

manifeste. nus, pour la défense desquels Bellarmin Mais la tradition catholique étant écaret Bossuet se donnent la main. Qu'a fait tée, il faut donc, suivant lui, si l'on veut le Saint-Siége ? Il a d'abord condamné les rester chrétien, se jeter dans le protesdoctrines de M. de Lamennais, et en par- tantisme? Non : « le christianisme auquel ticulier les principes sur lesquels re- « reviendront les peuples ne sera rien posent ses doctrines politiques : en con- « non plus qui ressemble au protestanséquence de ce jugement, le Saint-Siege « tisme, système bâtard , inconséquent, n'a pas voulu accepter, dans la déclara- « étroit (1). » tion rédigée par M. de Lamennais, une Pourtant on n'a jamais connu que clause qu'il n'y avait insérée que pour se deux voies pour arriver à la connaissance réserver le droit de reproduire des doc- de la foi chrétienne: il a toujours fallu trines qu'il prétendait être uniquement opter entre la tradition catholique et relatives à l'ordre purement temporel, l'interprétation privée de l'Ecriture, qui mais que le souverain pontife condam- constitue le protestantisme. Personne nait comme contraires aux maximes ca- n'a insisté plus fortement et plus constholiques. Le refus de cette clause était, |tamment que M. de Lamennais sur cette de la part de Rome, un acte de gouver- inévitable alternative. Aujourd'hui il nement, qui était lui-même la suite né- prétend avoir découvert un milieu qu'il cessaire du jugement doctrinal qui avait avait déclaré jusque-là insaisissable, précédé. On ne saurait donc voir un excès chimérique, absurde : le vrai christiade pouvoir dans la conduite du Saint- nisme, c'est l'Evangile interprété par les Siége, qu'en déniant à l'autoritéspirituelle peuples. . le droit de prononcer sur les doctrines Nous retrouvons ici le caractère de la sociales qu'elle juge contraires à la tra- nouvelle hérésie que nous avons signalé dition de l'Église, droit qu'aucun catho-précédemment. L'Evangileinterprété par lique, ultramontain ou gallican, ne lui a les peuples, sans la hiérarchie et contre jamais contesté : le mettre en doute, ce la hiérarchie, ne ressemble en rien assuserait en effet refuser de reconnaître rément au catholicisme : ce système rel'Église le droit d'interpréter le décalo- ligieux s'efforce d'un autre côté de se ségue lui-même, car je ne sache rien qui parer de la réforme protestante, ait un rapport plus direct à l'ordre so- prétexte qu'il substitue à l'interprétacial que ce précepte : tu ne voleras pas tion individuelle une espèce d'interpréle boeuf de ton voisin.

tation populaire. Il ne s'agissait donc point, comme Je n'hésite pas à le dire : vouloir avec M. de Lamennais le suppose dans le pas- une pareille conception retenir un symsage que nous avons cité, d'une notion bole quelconque de foi chrétienne, dans toute nouvelle du catholicisme , jusque- le sens ordinaire du mot, ce serait la là complétement ignorée, et qui lui se- plus hardie gageure contre la foi et la rait apparue tout-à-coup à l'occasion de raison, le plus hautain et le plus impuisla conduite du Saint-Siége envers lui : il sant défi que l'esprit de système ait jeté s'agissait de l'ancienne et perpétuelle au bon sens. notion de la religion catholique, de la Nous le verrons dans les chapitres notion qu'en a quiconque a lu une li- suivans. gne du catéchisme. C'est contre elle qu'il

L'ABBÉ PH, GERBET, s'est révolté et il ne pouvait persévérer dans sa résistance sans l'abjurer formel- (1) Page 303.

sous

SCIENCES SOCIALES.

DE

COURS SUR L'HISTOIRE

Les divers états politiques commençaient à se former dans des proportions

et des limites plus conformes à leurs L'ÉCONOMIE POLITIQUE.

élémens constitutifs. Les principes fondamentaux de la société européenne,

déjà entrevus et appréciés, n'étaient plus NEUVIÈME LEÇON.

contrariés que par quelques ambitions

fières et hautes sans doute, mais dont Influence de la réforme religieuse de Luther sur l'économie politique.

l'excès eût été nécessairement modéré

tot ou tard par le développement des L'étroite et indissoluble union de toutes intérêts généraux des peuples et des soules vérités ne permet point de considérer verains. Le temps était passé des guerres isolément et sous l'unique point de vue qui entraînaient à leur suite l'envahissede l'économie publique, le grand événe- ment, l'extermination ou l'esclavage des ment de la réformation de Luther. Cette populations vaincues. Grâce au catholirévolution, en effet, ne fut pas seule- cisme, des droits contestés pouvaient ment religieuse, elle ébranla tous les seuls etre l'occasion ou le prétexte de fondemens sur lesquels reposait l'ordre ces luttes qu'il n'approuvait jamais, et social établi par le christianisme ; le que le plus souvent il pärvenait à conmouvement qu'elle imprima au monde cilier et à éteindre. De grands événemoral n'est même point encore arrêté. mens, des découvertes d'une immense On comprendra donc qu'en cherchant à portée, en changeant le système même apprécier l'influence de la réforme sur de la guerre, avaient ouvert mille routes l'économie politique, nous ayons besoin nouvelles à l'industrie, et donné à l'inde jeter un regard sur l'état de l'Europe telligence humaine une activité inconà l'époque où Luther proclama ses nou- nue. Toutes les sciences se dégageaient à velles doctrines, et de puiser dans les l'envi de cette scholastique vaine et bifaits et dans des témoignages histori- zarre qui avait régné si impérieusement ques irrécusables les moyens de juger dans les écoles. La philosophie cathoéquitablement les motifs et les consé- lique dominait toujours néanmoins touquences d'une aussi grave perturbation tes les croyances, et l'Europe chrétienne sociale.

ne cessait de la regarder comme la grande Lorsque Luther entreprit une lutte bienfaitrice du genre

humain. dont lui-même était bien loin de calcu- Toutefois, et l'impartialité historique ler la portée et les funestes résultats, la fait un devoir de l'avouer, le clergé, à politique tendait à briser chaque jour cette époque, exigeait dans la discipline davantage l'écorce rude et grossière de ecclésiastique une réforme qu'appelaient la vieille féodalité, à placer les peuples de leurs veux les prélats catholiques les sous la protection du principe monar- plus éclairés, les plus pieux et les plus chique, et à les conduire graduellement prudens. L'immense opulence du clergé, dans les voies de la légalité, de la li- | fruit de ses travaux et de ses inestimables berté et du bien-être. Depuis l'invasion services, mais détournée de sa destinade Constantinople par les Turcs , l'Eu- tion primitive, avait été fatale à la vertu rope n'avait, à proprement parler, qu'un de quelques uns de ses membres les plus ennemi extérieur à combattre, et elle élevés. L'exemple de leur relachement, comprenait davantage la nécessité de leur recherche des vanités mondaines, faire taire les longues dissensions qui leur intervention dans le champ de la l'avaient agitée.

politique et leur(); upation de la

Mais, au fond, ce n'est ni l'ultramon- lement. Telle est en effet la conclusion tanisme ni le gallicanisme qui était en- à laquelle il est arrivé, comme nous gagé dans cette affaire, c'est la foi ca- l'apprennent plusieurs phrases déploratholique elle-même, ce sont les principes blement significatives de son dernier fondamentaux, universellement recon- manifeste. nus, pour la défense desquels Bellarmin Mais la tradition catholique étant écaret Bossuet se donnent la main. Qu'a fait tée, il faut donc, suivant lui, si l'on veut le Saint-Siége ? Il a d'abord condamné les rester chrétien, se jeter dans le protesdoctrines de M. de Lamennais, et en par- tantisme? Non : « le christianisme auquel ticulier les principes sur lesquels re- « reviendront les peuples ne sera rien posent ses doctrines politiques : en con- « non plus qui ressemble au protestanséquence de ce jugement, le Saint-Siège « tisme, système bâtard , inconséquent, n'a pas voulu accepter, dans la déclara

« étroit (1), » tion rédigée par M. de Lamennais, une Pourtant on n'a jamais connu que clause qu'il n'y avait insérée que pour se deux voies pour arriver à la connaissance réserver le droit de reproduire des doc- de la foi chrétienne: il a toujours fallu trines qu'il prétendait etre uniquement opter entre la tradition catholique et relatives à l'ordre purement temporel, l'interprétation privée de l'Ecriture, qui mais que le souverain pontife condam-constitue le protestantisme. Personne nait comme contraires aux maximes ca- n'a insisté plus fortement et plus constholiques. Le refus de cette clause était, |tamment que M. de Lamennais sur cette de la part de Rome, un acte de gouver- inévitable alternative. Aujourd'hui il nement, qui était lui-même la suite né- prétend avoir découvert un milieu qu'il cessaire du jugement doctrinal qui avait avait déclaré jusque-là insaisissable, précédé. On ne saurait donc voir un excès chimérique, absurde : le vrai christiade pouvoir dans la conduite du Saint- nisme, c'est l'Evangile interprété par les Siége, qu'en déniantà l'autoritéspirituelle peuples. le droit de prononcer sur les doctrines Nous retrouvons ici le caractère de la sociales qu'elle juge contraires à la tra- nouvelle hérésie que nous avons signalé dition de l'Église, droit qu'aucun catho- précédemment. L'Evangileinterprété par lique, ultramontain ou gallican, ne lui a les peuples, sans la hiérarchie et contre jamais contesté : le mettre en doute, ce la hiérarchie, ne ressemble en rien assuserait en effet refuser de reconnaître rément au catholicisme : ce système rel'Église le droit d'interpréter le décalo- ligieux s'efforce d'un autre côté de se ségue lui-même, car je ne sache rien qui parer de la réforme protestante, sous ait un rapport plus direct à l'ordre so- prétexte qu'il substitue à l'interprétacial que ce précepte : tu ne voleras pas tion individuelle une espèce d'interpréle boeuf de ton voisin.

tation populaire. Il ne s'agissait donc point, comme Je n'hésite pas à le dire : vouloir avec M. de Lamennais le suppose dans le pas- une pareille conception retenir un symsage que nous avons cité, d'une notion bole quelconque de foi chrétienne, dans toute nouvelle du catholicisme , jusque- le sens ordinaire du mot, ce serait la là complétement ignorée, et qui lui se-plus hardie gageure contre la foi et la rait apparue tout-à-coup à l'occasion de raison, le plus hautain et le plus impuisla conduite du Saint-Siége envers lui : il sant défi que l'esprit de système ait jeté s'agissait de l'ancienne et perpétuelle au bon sens. notion de la religion catholique, de la Nous le verrons dans les chapitres notion qu'en a quiconque a lu une li- suivans. gne du catéchisme. C'est contre elle qu'il

L'ABBÉ PH, GERBET. s'est révolté et il ne pouvait persévérer dans sa résistance sans l'abjurer formel- (1) Page 303.

SCIENCES SOCIALES.

DB

COURS SUR L'HISTOIRE

Les divers états politiques commençaient à se former dans des proportions

et des limites plus conformes à leurs L'ÉCONOMIE POLITIQUE.

élémens constitutifs. Les principes fondamentaux de la société européenne,

déjà entrevus et appréciés, n'étaient plus NBUVIÈME LEÇON.

contrariés que par quelques ambitions

fières et hautes sans doute, mais dont Influence de la réforme religieuse de Luther sur l'économie politique.

l'excès eût été nécessairement modéré

tôt ou tard par le développement des L'étroite et indissoluble union de toutes intérêts généraux des peuples et des soules vérités ne permet point de considérer verains. Le temps était passé des guerres isolément et sous l'unique point de vue qui entraînaient à leur suite l'envahissede l'économie publique, le grand événe- ment, l'extermination ou l'esclavage des ment de la réformation de Luther. Cette populations vaincues. Grâce au catholirévolution, en effet, ne fut pas seule- cisme, des droits contestés pouvaient ment religieuse, elle ébranla tous les seuls etre l'occasion ou le prétexte de fondemens sur lesquels reposait l'ordre ces luttes qu'il n'approuvait jamais, et social établi par le christianisme ; le que le plus souvent il parvenait à conmouvement qu'elle imprima au monde cilier et à éteindre. De grands événemoral n'est même point encore arrêté.

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des découvertes d'une immense On comprendra donc qu'en cherchant à portée, en changeant le système même apprécier l'influence de la réforme sur de la guerre, avaient ouvert mille routes l'économie politique, nous ayons besoin nouvelles à l'industrie, et donné à l'inde jeter un regard sur l'état de l'Europe telligence humaine une activité inconà l'époque où Luther proclama ses nou- nue. Toutes les sciences se dégageaient à velles doctrines, et de puiser dans les l'envi de cette scholastique vaine et bifaits et dans des témoignages histori- zarre qui avait régné si impérieusement ques irrécusables les moyens de juger dans les écoles. La philosophie cathoéquitablement les motifs et les consé- lique dominait toujours néanmoins touquences d'une aussi grave perturbation tes les croyances, et l'Europe chrétienne sociale.

ne cessait de la regarder comme la grande Lorsque Luther entreprit une lutte bienfaitrice du genre humain. dont lui-même était bien loin de calcu- Toutefois , et l'impartialité historique ler la portée et les funestes résultats, la fait un devoir de l'avouer, le clergé, à politique tendait à briser chaque jour cette époque , exigeait dans la discipline davantage l'écorce rude et grossière de ecclésiastique une réforme qu'appelaient la vieille féodalité, à placer les peuples de leurs veux les prélats catholiques les sous la protection du principe monar- plus éclairés, les plus pieux et les plus chique, et à les conduire graduellement prudeus. L'immense opulence du clergé, dans les voies de la légalité, de la li fruit de ses travaux et de ses inestimables berté et du bien-être. Depuis l'invasion services, mais détournée de sa destinade Constantinople par les Turcs, l'Eu- tion primitive, avait été fatale à la vertu rope n'avait, à proprement parler, qu'un de quelques uns de ses membres les plus ennemi extérieur à combattre, et elle élevés. L'exemple de leur relâchement, comprenait davantage la nécessité de leur recherche des vanités mondaines, faire taire les longues dissensions qui leur intervention dans le champ de la l'avaient agitée.

politique et leur 6) upation de la souveraineté temporelle, avaient altéré effaçaient dans la Péninsule ibérique les la confiance des peuples, amené le dé- causes et les traces de longues agitations, sordre au milieu des plus saintes insti- et la découverte d'un monde nouveau tutions et porté une fâcheuse atteinte à ouvrait devant elle une source féconde la morale publique.

de richesses. Les factions qui avaient Depuis long-temps déjà , des plaintes plongé l'Angleterre dans trente années plus ou moins amères, plus ou moins de guerre civile, semblaient avoir étouffé déguisées contre le faste des prélats, l'or- leurs haines depuis l'avénement des Tugueil, l'ignorance et la sensualité qui dor au trône. Le repos de l'Italie était régnaient dans quelques abbayes de attaché à celui des autres états. On était moines, perçaient dans une foule d'é- donc arrivé à l'une de ces phases sociales crits sérieux ou frivoles. Le clergé ca- où les intelligences qui guident les peutholique en se laissant entrainer au tor- ples pouvaient les diriger sûrement dans rent du siècle, avait abdiqué en quelque une voie d'amélioration et de progrès, sorte son mandat providentiel ; il ne et où le retour du clergé vers les prinmarchait plus, comme autrefois, à la cipes primitifs du catholicisme devenait tête de la philosophie et de la civilisa- facile autant que nécessaire. tion. Le pouvoir civil lui avait ravi sa Quelque grands toutefois qu'eussent suprématie naturelle; mais cette faute été les désordres des Borgia et des La provenait de l'abandon des principes du Rovère, quelque acérées que fussent catholicisme, de l'inobservation des lois les plaintes élevées contre les abus du canoniques et de l'abus des plus pieuses clergé, le catholicisme n'avait pourtant croyances. Le remède appartenait donc encore reçu aucune atteinte grave dans aux conciles qui avaient réglé le gou- son essence même. Les sectes diverses vernement du royaume spirituel avec

qui s'étaient détachées de l'Eglise, et une si admirable sagesse ; aussi était-ce plus tard Wiclef , Hus et Jérôme de à ces saintes assemblées qu'en appe. Prague, n'avaient laissé dans les esprits laient les amis éclairés de la religion et momentanément égarés qu'un souvenir de l'Église.

de pitié, plutôt qu'une sympathie d'erParmi les causes qui avaient fait naître reur et de prosélytisme. ou étendu au sein du clergé des abus

Dès les temps les plus reculés, le siège justement condamnables, on peut placer de Rome était toujours demeuré le centre à bon droit les discussions politiques de communion et le premier de tous les des princes et la multiplicité de leurs siéges; c'est toujours à ce tribunal que se intérêts différens, auxquels les troubles portaient les causes des grands siéges, civils étaient trop souvent favorables; qui n'avaient d'autre supérieur que le mais la paix et le retour de l'ordre de- souverain pontife. Dans toute la chrévaient amener naturellement l'attention tienté, on avait constamment admis un sur les moyens d'effectuer sagement une même ministère, une hiérarchie d'évéréforme disciplinaire dans le véritable ques, de prêtres et de diacres. Le mode intérêt du catholicisme: or, à l'époque de célébration des saints mystères, les dont nous parlons, le calme semblait prières, la forme du culte , remontaient prêt à renaitre dans la chrétienté, que aux premiers siècles de l'Eglise. Quant l'invasion récente de l'empire d'Orient aux mystères et aux dogmes qui forment tenait désormais plus attentive et plus l'économie même de la religion, iis se unie. En France, tous les grands vassaux trouvaient incorporés indissolublement étaient rentrés dans la dépendance des au christianisme dès sa naissance, et rois, et à peine quelques parcelles de nulle pensée, quelque audacieuse qu'elle territoire demeuraient encore sous la pût être, n'aurait songé à les séparer. domination anglaise. En Allemagne, la Le dogme de la chute originelie (qui paix éternelle , signée par Maximilien, seul peut expliquer la double nature de replaçait entin les droits respectifs des l'homme, la nécessité d'une expiation, états sous l'égide des lois. L'expulsion et par conséquent la nécessité des vertus des Maures de l'Espagne, et la réunion religieuses et des bonnes æuvres) était des couronnes d'Aragon et de Castille, de tous les temps, comme il sera tou

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