Éloge du bourgeois français

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Grasset, 1924 - 348 pages
 

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Fréquemment cités

Page 111 - Les renseignements sur la position influente que notre père et que toi a eue et as à Rouen sont tout ce qu'il ya de meilleur ; on avait cru s'attaquer à un pauvre bougre, et quand on a vu d'abord que j'avais de quoi vivre, on a commencé à ouvrir les yeux. Il faut qu'on sache au Ministère de l'Intérieur que nous sommes, à Rouen, ce qui s'appelle une famille, c'est-à-dire que nous avons des racines profondes dans le pays, et qu'en m'attaquant, pour immoralité surtout, on blessera beaucoup...
Page 157 - Tout ce que je pourrai ; car j'ai toutes les envies du monde d'être savant; et j'enrage que mon père et ma mère ne m'aient pas fait bien étudier dans toutes les sciences, quand j'étais jeune.
Page 138 - Puis le festin royal, sous le regard attentif et respectueux des chacals. Lorsque le lion a le ventre plein, les chacals dînent. Croyezvous que ceux-ci seraient mieux nourris si le lion partageait sa proie en autant de morceaux que de convives, et s'en réservait un maigre quartier? Pas du tout! Ce lion doucereux ne serait plus le lion...
Page 29 - Loyseau, ont • qualité d'hon• neur, étant qualifiés honorables hommes, honnêtes personnes, et bour• gvois des villes, qualités qui ne sont attribuées ni aux laboureurs, ni • aux sergents, ni aux artisans et moins encore aux gens de bras ». — Sur l'autorité paternelle et la discipline domestique dans ces vieilles familles bourgeoises, voir l'histoire de Beaumarchais et de son père (Beaumarchais, par M.
Page 154 - Lui, marchand? C'est pure médisance, il ne l'a jamais été. Tout ce qu'il faisait, c'est qu'il était fort obligeant, fort officieux ; et comme il se connaissait fort bien en étoffes, il en allait choisir de tous les côtés , les faisait apporter chez lui , et en donnait à ses amis pour de l'argent.
Page 138 - ... s'en réservait un maigre quartier! Pas du tout!... Ce lion doucereux ne serait plus un lion, à peine un caniche d'aveugle!... Je le vois s'arrêtant d'égorger au premier cri d'angoisse et léchant les plaies de sa victime. Parlez-moi d'un animal féroce, ardent à la curée, ne rêvant que meurtre et boucherie. Celui-là, quand il rugit, les chacals se passent la langue sur les lèvres... Le superflu du lion cruel est plus abondant que les prodigalités du lion généreux...
Page 176 - Marie, prévôt des marchands, est venu le planter devant la maison de Dieu, Notre Seigneur. Jeune homme, il a fallu à cet arbre plus d'un siècle avant de posséder ce tronc robuste, ces branches vigoureuses, dont les feuilles épaisses forment un dôme de verdure; eh bien, prenez une cognée, et vous pourrez abattre en quelques instants ce bel arbre qu'un siècle a mis de la peine à produire. Ainsi des institutions humaines. Avant de prendre la cognée, réfléchissez...
Page 138 - On raconte qu'au fond du désert des nuées de chacals suivent le lion pour dévorer les restes de son carnage. Trop faibles pour attaquer le buffle, trop lents pour prendre les gazelles, tout leur espoir est dans la griffe du roi. Dans sa griffe, entendez-vous ! Au crépuscule, il quitte son repaire, et parcourt les savanes, rugissant de faim, cherchant sa proie. La voici ! Alors, les bonds prodigieux, la lutte furieuse, les mortelles étreintes, le sol rouge...
Page 40 - ... sociale, totale ou partielle, directe ou indirecte, et qui, en bénéficiant de certains loisirs, consacre son activité directrice soit à l'agriculture, soit au commerce, soit à l'industrie, soit aux carrières libérales, y compris l'armée. On est bourgeois par ses parents, par sa manière de manger, de boire, de se loger, de se vêtir, par la nature de ses revenus, par l'éducation qu'on a reçue, par les efforts que l'on...
Page 138 - Alors les bonds prodigieux, la lutte furieuse, les mortelles étreintes, puis le festin royal sous le regard respectueux des chacals. Lorsque le lion a le ventre plein, les chacals dînent. Croyez-vous que ceux-ci seraient mieux nourris, si le lion partageait sa proie en autant de morceaux que de convives et s'en réservait un maigre quartier? Pas du tout !.. Ce lion doucereux ne serait plus un lion, à peine...

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