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avoient mangé , ne parut cependant pas s'en reílèntir, & je ne pus voir Tans un peu de dépit t qu'ils continuaílènt dans la suite à le bien porter.

On auroit bien tort cependant de s'écarter pour cela , des régles ordinaires &c de trop compter sur de pareilles exceptions , que certaines circonstances peuvent favoriser. Je n'ai cité les deux exemples précédens , que pour montrer jusqu'où l'on peut hazarder, lorsqu'on y est forcé par le besoin :car d'ailleurs tout retentit dans nos atteliers d'exemples contraires à ceux-ci ; c'est-à-dire , d'éducations qui ont peri & dont on ne pouvoit raisonnablement attribuer la perte, qu'à un repas de feuille 'échauffée.

De la feuille de mûrier mouillée.

La feuille la plus faine par l'espéce , &c la mieux conditionnée, peut devenir nuisible , si l'on la sert aux Vers à foie lorsqu'elle a été mouillée, soit par la pluye , soit par la rosée, soit

enfin par la miélée. Nous allons exa-
miner séparément avec quelque éten-
due , -ces trois sortes de mouillures ,
qui font bien souvent un poison mor-
tel pour les Vers à foie.

De la feuille'mouillée par l'eau
de pluye.

II est peu d'années où l'on ne fasse la fâcheuse expérience qu'un ou deux repas de feuille mouillée , rendent les Vers à foie plus ou moins malades, les tuent quelquefois font perir la. chambrée entiere. Cet effet n'est cependant pas constant , & il est arrive quelquefois que des Vers à foie ont fait impunément de pareils repas: cette différence d'effets peut venir du tempérament plus ou moins robuste de ees Infectes: mais il est certain aussi , qu'elle se prend de la différente qualité de l'eau de pluye. De l'eau J'ai fait deux ou trois fois l'épreuvc «uisibT de servir à mes Vers de la feuille légéauï vers rement arrosée , ou plutôt afperíéc

* foie. , „ , . r _ . .r , .

avec de ieau de pluye, & je vis clair • (37)

tement, que certaines pluyes ne leur íaisoient point de mal; tandis que <Tautres les tuoient; il venoit à ces derniers, d'abord après avoir mangé > «ne goutte de liqueur brune à la bouche , qui est le signe ordinaire lorsqu'ils font empoisonnés. J'eus une année de deux eaux de pluye tombées en différens tems; j'en arrosai deux paquets de feuilles séparées, & un troisième le sut avec de l'eau de puits : les Vers qui mangérent de ce dernier 8£ d'un des deux autres rendirent la plûpart la goutte brune t & périrent ; ceux qui avoient mangé de l'autre paquet , n'eurent point de mal : les uns & les autres étoient de même âge , élevés ensemble & jouiílant, selon les apparences , d'une santé égale.

II n'y a pas de doute que les eaux de pluye, ne différent les unes des autres , selon la nature des lieux d'où s'élevent les vapeurs , qui en font la matière : c'est de-là qu'elles tirent leur bonne y ou leur mauvaise qualité- On pourroit les diviser à cet égard en deux espéces, sçavoir, en pluyes de terre & en pluyes de mer.

D«pia- Les premieres, tirent communément rage$.° leur origine des mêmes lieux où elles retombent, &. l'on peut supposer qu'elles íont ou mal saines ou íalubres íelon que le Pays est couvert de Marais , ou arrolé par des Rivières & íelon la nature des exhalaisons qui s'élevent des plantes, des animaux & des minéraux que la Terre renferme. Ces pluyes locales , connues sous le nom de pluyes d'orage, viennent subitement par un tems chaud , fort souvent calme; & sont portées sur de gros nuages, qui ne couvrent qu'une partie de l'horison; les éclairs & les tonncres marchent quelquefois à leur suite & elles parient enfin aussi promptement qu'elles étoient venues, cespiu- L'autre espéce de pluye , dont la

yesap- Mer sournit la matière par les vapeurs

port* s . (. r r

p" le qui s en elèvent & qm est , & plus SuTou abondante, & de plus de durée que Marin. jâ prcrruere t nous est le plus souvent apportée par le vent de Sud, que nous appellerons, pour abréger, le Marin, du nom vulgaire du Pays ; & la pluye qu'il améne, pluye de Marin. .

L'eau la plus pure, telle qu'on croit communément que l'est celle de pluye, contient des Elémens qui lui font étrangers , fçavoir y des sels , des huiles 8c d'autres principes qui changent fa qualité primitive : il est même très probable qu'un plus grand degré de chaleur , dont la terre est plus susceptible <jue l'eau [a] à raison de sa plus grande densité, doit faire élever de la premiere des exhalaisons plus grossières &C plus abondantes, lesquelles venant à se mêler avec les vapeurs qui retombent en pluye , altéreront plus sensiblement celle-ci, la rendront plus ou

(st) Mr. Coílìgni correspondant de l'Açadémie des Sciences , a remarqué plusieurs foi* en paíïant la ligne, fur un Vaiûeau qui faiíbit voile pour les Ifles de France, que la liqueur du Thermométre de Mr. de Reaumur ne montoir guere au-delà du vingt-cinquième degré de chaleur ( qui est celle de nos Étés ordinaires ) tandis que dans l'in'térieur des Terres , fous la Zone torride , les chaleurs ordinaires passent le trente - huitième degré. L'eau ne renvoie pas autant de chaleur que la Terre ; parce qu'elle ne fçauroit en prendre autant.- -

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