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[7o] - • t .dans une température du dix-huit au vingtième degré du Thermométre , que se trouve la juste mesure de froid.& de chaud que doit avoir la freze , qui ne dure alors que quatre à cinq jours &c l'âge entier neuf à dix. -, Le Magnaguier a beaucoup moins aes^fan * lutter contre le froid , que contre Uurs'sorunc ^one chaleur de l'air ou de l'Athìej yers mosphère; l'effet de celle-ci n'est pas às0ie* seulement d'abréger la durée de la •freze; elle affoiblit le ressort de l'air, pour une trop grande raréfaction , elle le détruit en partie , par les vapeurs • & les exhalaisons qu'elle y éleve; l'air devient alors mal-sain pour tous les animaux, mais beaucoup plus encore pour les Vers à soie, il relâche leurs fibres , il leur òte une tension qui leur est plus néceflaire qu'à aucun autre; la langueur , la perte de l'appétit, une couleur tannée qui se répand sur la peau de l'Insecte, sont les suites ordinaires de cette température de l'air, ou de la chaleur qui l'occasionne; mais ce ne sont pas les seules; elle dispose encore à la pourriture les humeurs des

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Vers à foie , qui font menacés de la

jauniíîè,dont nous parlerons dans peu: maladie mortelle que la chaleur détermine St dont elle accélére les effets , dans les Vers qui en font déjà attaqués.

Nous verrons ailleurs ce qu'il convient de faire aux Vers à foie sur qui l'on apperçoit les premiers signes des désordres que cause la chaleur ; mais en attendant, qu'on fe garde bien d'user d'un reméde que j'ai oui fort vanter pour ranimer í'appétit languiflant des Vers à foie. Ce reméde, que j'ai eílayé, consiste à afperfer de bon vin les Vers, & la feuille de leurs repas ; le petit nombre de ceux que j'avois exposés à cette épreuve , n'eue pas plutôc avalé la fatale liqueur, que la goutte brune leur vint à la bouche s St ils périrent. Ce ícroit tout autre chose , si le Ver seul, étoit asperfé de vin , ou de tinaigre.

L'espécc de chaleur dont nous parlons est tout autrement fâcheuse pour les Vers à foie lorsqu'elle est renfermée dans un attelier, bas, mal exposé; ou bien, trop rempli de Vers & bouché de toute part ; soit qu'elle soit produite par le feu qu'on y fait; soit qu'elle vienne du dehors &c qu'elle soit du nombre de celles qui arrivent subitement, qui précédent, ou qui accompagnent un orage par un tems calme. De1j Cette température connue chez les Toufe. Magnaguiers sous le nom de Toufe , est Te fléau le plus ordinaire des Vers à soie dans le dernier âge : elle fait tout périr dans un attelier , si elle y subsiste long-tems; les Vers s'en ressentent moins , si elle est de peu de durée , mais cependant ils s'en reflèntent.

Nous avons parlé ailleurs d'une forte de Toufe qui consiste dans une chaleur forte, renfermée & séche telle que celle du feu , qui rend paffîs les Vers , sur qui elle vient à se rabattre. La Toufe dont noiis parlons ici , occasionnée princìpalement par les chaleurs du dehors, dans la saison où cet âge se rencontre & qui produit sur les Vers à foie, des effets tout différens de la premiere doit être d'une autre nature : elle consiste, selon toute apparence, nonseulement dans une chaleur renfermée, mais de plus, humide & mêlée d'exhalaisons , qui peuvent s'élever du dedans , au-dehors de l'attelier; sur-tout d'une litiere épaissie, très disposée à l'efferveseence & à la pourriture.

On ne juge point par le Thermométre de la qualité dont Tair est alors affecté , cet instrument ne marque que les degrés de chaleur ; & une forte chaleur n'est pas toujours accompagnée de Toufe, on ne connoît celleci j que par le sentiment : on est saisi en entrant dans l'attelier d'une odeur plus ou moins forte de relant; l'air y est croupiílànt & fans ressort ; la respiration n'y est pas absolument gênée, mais elle n'est point satisfaite, comme elle le seroit au grand air libre , ou renouvellé.

La Toufe varie , comme nous l'avons dît, ses effets sur les Vers à foie selon sa durée , son intensité & d'autres circonstances qui peuvent s'y joindre; les Vers ne font quelquefois que maladifs, languìûans» fans appétit & de couleur tannée ou blafarde; mais il leur arrive auílì de tomber dans une maladie appellée la Muscardine , sur laquelle il est à propos de nous arrêter.

De la Muscardine.

sympt" ^n conno't leS Vers atteints de cette nu. maladie , d'abord à des points noirs répandus sur difTérens endroits de la peau ; quelquefois auífi les symptômes commencent par des taches livides, ou noirâtres au sommet de la tête, à la naiílance des jambes, autour des stigmates : ces taches sont suivies d'une teinture tantôt de jaune d'ocre , tantôt rougeâtre, tirant sur le canelle; ce qui a fait nommer les cadavres de ces Vers , des Canélas ; ( car lorsqu'ils sont canélàs , ils sont déjà morts; ) cette couleur se communique de proche en proche & gagne toute la peau ; les pattes des canélas ne sont point retirées. en-dedans , comme dans les Gras & les Jaunes; leur corps , au lieu de pourrir & de puer , comme ceux de ces derniers t commence à fe durcir , les

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