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la page r 13 ) & il mourra même beaucoup plutôt que le premier. II en arrive autant aux jeunes Mûriers, dont on - auroit établi la Pépiniere dans un terrein où quelque gros Mûrier seroit mort : ils semblent y contracter le germe de la maladie, qu'ils portent dans les meilleures terres où l'on les plante.

Pour corriger le vice de ces terreins & rendre la même place propre à une seconde plantation, nos Cultivateurs se contentent d'y creuser un large trou, dont ils làiflent la terre exposée pendant un an aux influences de l'air : lc jeune Mûrier qu'on y plante profite , tandis que ces racines font entourées de cette terre remuée & long-tems exposée : mais lorsqu'elles paílènt audelà , il commence à se dessécher.

La maladie , qui selonl'opinion vulgaire avoit d'abord été produite par le vif-argent, dans les premiers arbres qui en étoient morts, se communique, dit-on , aux autres par les vieilles racines infectées, qui restent en terre, il faudroit donc éplucher ces racines dans toute l'étendue que celles dunou

veau plant pourront dans la suite occuper, comme on l'a pratiqué dansle trou, où il doit être planté ; car en mêmetems, on défonceroit profondément le terrein; on expoferoit Ces différentes parties aux influences de l'air ; elles se pénétreroient de nouveaux sucs, dont la disette, est probablement ce qui nuit le plus à ces secondes plantations.

Ce n'est; pas que le terrein où un gros Mûrier fera mort, soit absolument épuisé de sucs propres à la végétation , puisqu'il vient d'autres plantes dans le terrein, qu'on suppoferoit le plus épuisé; ni même que ces plantes ayent des sucs affectés , que tout autre esspéce ne s'approprie pas: car cette propriété est une chose pour le moins fort douteuse; toute la différence vient, je crois non de la qualité, des sucs nourriciers, mais de la quantité qu'une esspéce d'arbre consumera plus qu'une autre dans un tems déterminé.

Un Prunier , ou tout autre arbre fruitier , viendra très-bien à la place d'un Mûrier mort : mais le prunier a beaucoup moins de racines & croît plus lentement, que le Mûrier greffé de belle espéce & cueilli chaque année; il consume donc moins dans un tems donné; & la terre a toujours dequoî fournir à cette foible consommation, qui se fait peu-à-peu & à la longue; elle a le tems d'en préparer une nouvelle, ou de se féconder de plus en plus; il n'en est pas de même du Mûrier , ou de tout autre arbre auísi vorace à qui il faut une provision d'alimens prompte & abondante.

Pour m'afsûrer au reste , si les racines des Mûriers morts pouvoient influer sur la santé de ceux qui les remplacent ; je fis enterrer des paquets de ces racines au pié de deux jeunes Mûriers , que je resois planter dans une terre neuve & nullement infectée: je ne m'apperçus pas cependant dans la suite qu'ils se trouvaílènt plus mal de ce voisinage.

Au surplus , pour acquerir quelque certitude , tant sur l'origine de cette maladie , que sur fa propagation ; il faudroit plus d'expériences & d'observations que je n'en ai pu faire. FIN.

I

OBSERVATIONS

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L'ORIGINE

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Par Mr. l'Abbé B O I s s IE R DE Sauvage S~ de la SociétéRoyale des Sciences de Montpellier; Membre de l'Académie Impériale Physico- Botanique Sc de celle des George-Fili de Florence.

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A N I S M E S ,

Chez G A U D E , Libraire.

M. DCC. LXI1I. 'Avec Approbation & Privilège de l'Académie.

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