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bois & l'écorce , où le vuide a éte trop large & trop exposé.

Les loins que les greffes exigent, Soir«p0ur en conserver la pouflè, ne font

pour con-f . I _'

server les qu'un amusement. On les visite quinze grí ou vingt jours après l'opération y pour ébourgeonner le sauvageon, qui aura poussé tout au tour & obliger la séve à n'enfiler que les bourgeons de la greffe. II ne faut cependant retrancher toút le sauvageon , que lorsque fa pousse & celle de la greffe font trop foibles; fi celle-ci étoit vigoureuse , il vaudroit mieux laisser cinq s ou six brins de l'autre & choisir les plus menus : ces brins partageront les courans de la séve , qui pourroit nuire aux greffes , si elle y abordoit avec trop d'avance. On ne laiílèce sauvageon , que jusqu'à ce que Je jet principal ait pris quelque consistance.

Cette pratique est plus néceílaire , lorsque la plantation est exposée à de grands vents , les brins du sujet en affoibliront les coups autour de la greffe, & lui pourront même servir de Tu• (87)

teurs , que quelques-uns attachent aux tiges dont les jets s'élevent beaucoup. Les greffes pourront pouílèr impunément fous cet abri , fans qu'il íoit besoin , pour prévenir les accidens , d'en pincer la pointe herbacée , lorsqu'elle paíle au-de-là d'un pié de hauteur.

Outre ces petits foins; s'il vient à pleuvoir , lorsque les greffes ont commencé à bourgeonner , on ne sçauroit mieux faire,que d'y donner un coupd'œil , dans les premiers intervalles où la pluye permettra de sortir ; c'est le moment favorable , pour prendre sur le fait & pour donner la chaíle aux limaçons, qui ravagent la pou île des jeunes Mûriers. On feait que ces animaux prennent ce tems pour fe mettre en campagne; & l'on dirait qu'au moyen de leurs lunettes ils découvrent de loin la moindre verdure , qui commence à poindre au haut de nos jeunes entes; ils ne manquent pas au moins de s'y traîner, s'il y en a dans le voisinage &. d'attaquer de préférence les bourgeons francs dont ils broutent le cœur &c qu'ils font perir.

Cet avis regarde sur-tout les Cul, tivateurs dont les Mûriers íont plantés dans un .terrein frais & près des murs à pierre séche, qui sont l'habitation ordinaire de ces animaux malfaisans.

De la taille des Mûriers de tige.

Sous ce terme général de taille , qui désigne un retranchement quelconque fait aux branches d'un arbre , nous comprendrons, i°. La taille proprement dite. i°. L'émondage. j°. Le ravalement & le récepage.

On taille les Mûriers dans leur jeunefle pour leur donner une certaine forme; on les émonde dans un âge plus avancé , en coupant les menues branches qui le déparent, ou qui leur nuisent; & lorsqu'on a long-tems négligé de la faire , il faut quelquefois én venir à ravaler Icsgroílès brapehes, en les accourcilïant simplement ;,ou bien a en élaguer quelqu'une páríe'pié.On étête enfin , jou l'on récepe' les Mûriers qu'on ne peut rétablir-autremen a

Cejs^difFérentes opérations font les plus eílèntielles de la culture des Mûriers , après qu'ils font greffés &c plantés à demeure; & ne font qu'imparraitement supp éés par les labours, les engrais & les autres moyens usités pour favoriser la végétation. L'effet qu'elles produisent est de donner une nouvelle activité à la séve , de l'obliger à s'ouvrir des routes plus aisées, & de faire poufler à l'arbre de plus beaux ícions, qui rendent avec usure le profit des branches , que l'outil doit emporter. II s'agit feulement de bien connoître celles-ci; & nous nous flattons, que les instructions suivantes pourront y contribuer , en mettant les commençans sur les voyes. •'

Dans les difFérens retranchemens, r>eia qu'un habile Emondeur fait sur les Mû-tlille riers , il se propose de faire pouílèr à nwnt ces arbres le plus de branches à bois Ke' qu'il est possible , pour augmenter le produit de la feuille : mais le but particulier de taille , proprement dite s est de donner à l'arbre une forme avantageuse , qui le rend en même

tems , accessible aux Cucilleurs.

C'est en greffant le Mûrier qu'il faut prévoir , comme nous l'avons vu ailleurs , la forme que fa tête doit avoir,, pour disposer les greffes en conséquence , celle qu'on donne aux arbres fruitiers en buisson , qui est arrondie endehors , 6c évasée cn-dedans est la plus commode pour le Cueilleur de feuille, qui n'étant point embarrassé par les branches qui feroient au milieu, peut avec facilité porter la main sur celles qui l'entourent, fans trop les violenter pour y atteindre.

Cette forme d'ailleurs est la plus avantageuse à l'arbre ; en ce qu'elle expose mieux les feuilles à l'action de l'air & du soleil , qui leur font fi salutaires, & qu'elle contribue à faire diítribuer la séve, ou la nourriture des branches , sur toutes également: lorsqu'un Mûrier s'élance trop d'un côté par quelque* branche gourmande M tout le reste languit & s'en restent.

On a dû faire un plus grand nombre de greffes , qu'on n'en laiílera subsister dans la suite , pour suppléer ceL

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