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abusé dans cette circonstance , témoigna bautement l'indignation que ce crime lui inspiroit, et la fureur aveugle de l'esprit de parti ne s'est même jamais permis de le lui imputer",

* Une opinion très-accréditée a attribué ce crime au directoire exécutif lui-même. Elle ne se fonde cependant que sur des faits controuvés ou dénaturés, et sur la maxime

que celui- là doit être regardé comme l'auteur d'un crime qui en a profité; or, il est sûr que le directoire exécutif a tiré de celui-là un parti merveilleux en excitant l'enthousiasme des François. Mais cette circonstance prouve seulement que les auteurs de ce forfait n'ont pas réfléchi aux conséquences qui en résulteroient; et, en effet, l'aveugle passion ne calcule pas. Il est probable que si le directoire exécutif eût encore existé à l'époque où la paix fut rétablie entre la France et l'Autriche, il auroit exigé une réparation solennelle pour la violation du droit des gens qu'on s'étoit permise contre ses ministres, hommes à la vérité peu estimables, mais revêtus d'un caractère public. Mais le gouvernement qui remplaça les pentarques, n'étoit pas fâché d'imprimer cette tache à leur mémoire, comme si leurs actions n'avoient pas suffi pour les rendre exécrables. .

Nous permettra-t-on d'énoncer ici l'opinion de quelqu'un qui a été à même d'observer ce qui s'est passé au congrès de Rastadt ? Cet observateur pense que l'assassinat des ministres de France pourroit n'avoir été ordonné par personne, mais avoir été l'effet d'un malentendu. Ne se pourroit-il pas, demande-t-il, qu'un homme d'un caractère énergique et violent, accoutumé aux entreprises hardies, ayant à venger des injures personnelles, et voulant en même temps procurer à sa cour la connoissance de papiers importans dont on pensoit que

les ministres de France étoient porteurs, eût chargé un

C'est par une si triste catastrophe que finit le congrès de Rastadt. Cette réunion solennelle n'a produit aucun bien. Le gouvernement françois , dont les agens déployèrent une morgue révoltante, qu'ils prenoient pour

de la

grandeur, s'y est fait détester, et a jeté le germe d'une haine nationale, dont la France ressentira long - temps les funestes conséquences. L'histoire nommera avec un juste blâme les noms des directeurs et des ministres qui ont cru que la victoire permettoit d'avilir, parce qu'il étoit vaincu , un peuple bon, loyal , probe et instruit ; mais avec l'impartialité qui la caractérise, elle vouera aussi au mépris de la postérité les noms de ceux qui, par de viles adulations, ont déshonoré le caractère allemand, ou qui, par intérêt personnel et dans l'espoir de participer au butin, ont entretenu dans l'esprit des agens de la république françoise le projet de bouleverser la constitution germanique: Mais il est temps de quitter ce théâtre de crimes, d'intrigues et de bassesses.

Nous ajouterons seulement qu'aussitôt que, par la retraite du comte de Metternich , le con officier subalterne de la commission d'enlever ces papiers, en se servant de termés qui pouvoient paroître à un soldat grossier une autorisation à faire plus qu'on ne lui demandoit? Cette supposition expliqueroit la conduite du gouvernement autrichien, qui, après avoir fait prendre sur cet événement des informations juridiques, en conséquence d'un conclusum de la diète, du 9 août 1799 , étoufla subitement l'affaire.

grès de Rastadt se trouva dissous , et qu'il ne resta plus d'espoir aux François de ramener l'Autriche à des sentimens pacifiques, ils communiquerent aux ministres de Prusse et la convention secrète de Rastadt, du 1.er décembre 1797, et les articles secrets du traité de CampoFormio, dont ces derniers avoient vainement essayé jusqu'alors de se procurer la connoisCHAPITRE XX VIII.

sance.

Convention de Paris, du 30 septembre

1800, entre la France et les ÉtatsUnis d'Amérique.

mérique.

Origine der die Les contestations entre la France et les ÉtatsElcan Und Unis d'Amérique que termina le traité de 1800,

remontent à l'année 1797 , et furent occasionnées

par la jalousie que le directoire exécutif de la république françoise conçut de la bonne intelligence qui régnoit entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Le 2.e article du traité d'amitié et de commerce qui fut conclu le 6 février 1778, à Paris, entre le roi de France et la nouvelle république qu'il prenoit sous sa protection , porte ce qui suit: « Le roi T. Ch. et les États-Unis s'engagent mutuellement à n'accorder aucune faveur particulière à d'autres nations , en fait de commerce et de navigation , qui ne devienne aussitôt commune à l'autre partie; et celle-ci jouira de cette faveur gratuitement, si la concession est gratuite, ou en accordant la même compensation, si la concession est conventionnelle. « L'art. 23 du même traité reconnoît entre les deux puissances contractantes le droit du pavillon neutre

en temps

de
guerre,

et la liberté du commerce avec l'ennemi, à l'exception des marchandises de contrebande, qui sont nommément relatées dans l'art. 24.

La convention nationale ayant déclaré la guerre

à la Grande - Bretagne, George Washington, président des États-Unis d'Amérique, publia, le 22 avril 1793, une déclaration de neutralité, portant que tout citoyen des ÉtatsUnis qui s'exposeroit à des punitions ou à la confiscation de ses marchandises ou bâtimens, en transportant à l'une des puissances belligérantes des articles censés de contrebande

par l'usage moderne des nations, n'obtiendroit aucune protection des États-Unis contre une telle punition ou saisie.

A l'abri de cette neutralité, il s'établit un commerce fort actif entre la Grande-Bretagne et les États-Unis d'Amérique, qui tronverent en Angleterre un marché avantageux pour les productions de leur sol. L'intérêt rapprocha deux peuples qui, dix ans auparavant, s'étoient fait une guerre acharnée. Il fut conclu, le

19 novembre 1794, à Londres, un traité d'amitié, de commerce et de navigation, que lord Grenville signa au nom de la Grande - Bretagne; John Jay, chef de la justice et envoyé de la république, le signa au nom de celle-ci 1.

Ce traité renferme 28 articles fort longs et très-détaillés, dont nous ne donnerons que les

MARTENS, Recueil, T. VI, p. 336.

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