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permettre ces mêmes choses et ces mêmes usages, qui ont été psi long-tems l'objet de leurs impies et ridicules dédains ! De » quel nom appeler de si bizarres contradictions ? L'on avouera p pourtant que'si, en agissant de la sorte, les écrivains vaudois one se montrent ni constans dans leurs doctrines, ni conséquens dans leurs principes et leur conduite, ils s'assurent du moins, » comme l'on voit, l'avantage de pouvoir coustamment déclamer ocontre l'une ou l'autre des autorités qui gouvernent la société. » Pendant trois siècles, on insulte l'Eglise qui autorise des usages » qu'on traite de superstitieux; et pendant trois autres siècles, » on se déchaîne contre l'autorité qui ne veut pas permettre » qu’on adopte enfin ces mêmes usages , et qu'on se souille de • ces superstitions ! »

Tel est le résumé des Recherches historiques sur l'origine des Vaudois. Nous ne croyons pas trop dire, en aflirmant, que c'est là une auvre complète dans son genre. La matière y est épuisée ; et, par la rigueur de la méthode, comme par la lucidité et la fermeté du langage, elle rappelle les grands controversistes du 17e siècle. L'auteur, malgré son habitude d'être toujours grave et sérieux, n'a pu quelquefois se défendre de railler vivement ses adversaires. Mais bien loin de trouver qu'il ait rien dit qui soit indigne de son sujet, ou de son haut caractère , nous oserons lui représenter que, s'il y a un défaut dans son livre, c'est d'en tasser trop de preuves, de trop s'arrêter à des chicanes, de pe pas se contenter de dévoiler et d'abattre l'erreur, mais de la pourchasser, avec une patience quelquefois surabondante, jusqu'en ses moindres subterfuges ; en un mot, d’être trop concluant. Heureux, et trois fois heureux défaut, qu'il serait fort à désirer de pouvoir reprocher à tous ceux qui s'occupent de recherches historiques, ou même à tous ceux qui prétendent au titre d'apologistes de la vérité !

A. COMBEGUILLES.

· L'auteur de ces excellentes Recherches est Mgr. Charvaz, évêque de Pignerol. Nous conformant à sa demande, nous avions consenti à ne pas le nommer ; mais l'Ami de la Religion ayant levé le voile qui le couvrait, nous n'arons pas voulu priver nos abonnés du plaisir de le connaître.

(Note du Directeur.)

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ANTÉRIEURS A TY-KO OU NOÉ, ET A CHUN SON CONTEMPORAIN,

Patriarches dont les listes sont conservées en Chine, et qui, se succédant de

père en fils pendant neuf ou dix générations jusqu'au déluge, nous' font remonter d'une manière certaine de Noé ou Ty.ko à Adam ou Hoang-ly.

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II SECTION Hoang-ty est le premier homme, d'après le Sse-ky,-le Tsou-chou --- et le

Ly-tay-ki-ssé. - Fils de Hoang-ty comparés aux fils d'Adam. Preuve que Chao-hao est Caïn; que Tchang-y est Seth. - Tra. ditions au Mexique au sujet de Seth. – Suite des autres patriarches comparés aux empereurs chinois. – Preuves convaincantes. - La ville bâtie

par Caïn a servi d'origine à toutes les fables sur une ville bâtie par le premier meurtrier. – Pourquoi quelques historiens placent Fo-hi et Chin-nong avant Hoang-ty ou le premier homme.-Fo-hi est Abel. Importante remarque sur les anciens calendriers. - Origine de la fable de Jupiter détrônant son père Saturne. - Traditions sur la chute originelle,

Louy-tsou est le nom d'Eve. - Récapitulation et conclusion. Trois tableaux.

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La généalogie qui, du Déluge arrivé sous Tv-ko, va nous amener à reconnaître dans les livres chinois Adam , Cain, Abel Seth et Enos, avec une parfaite certitude, grâce au fil conducteur

que nous offrira le livre de Moïse, a été publiée dès l'année 1770 dans l'édition française du Chou-king. On la trouve en outre dans les tables généalogiques du Ly-tay-ky-sse, et dans

· Voir le 1er article dans le N° 89, t. xv, p. 380. . C'est un ouvrage en 100 volumes, petit in-folio, sorti des presses ime périales de Pé-kin, et contenant l'histoire de l'empire depuis Yao (2357) jusqu'à Kien-loung (1736 de notre ère), dans le genre des tablettes du président Hénault, ou de l'Allas de M. le comte de Las-Cases.

toutes les éditions originales du Chou-king; nous la possédions nous-même, soit dans la traduction française, soit en chinois; mais nous fûmes assez long-tems sans en concevoir la haule importance, et il faut que la vérité ait bien de la peine à se faire reconnaître, pour que ni M. Pauthier, ni M. Davis, sinologues instruits , et auteurs d'ouvrages étendus sur le céleste Empire, n'aient pas fait attention à ce que nous avions dit de cette généalogie dès 1826.

Qu'on ouvre le Discours préliminaire du Chou-king', et l'on trouvera ' une table généalogique des patriarches et des trois dynasties qui successivement ont gouverné l'Asie, table qui n'est autre chose que l'histoire du monde antique depuis Adam ou Hoang-ty jusqu'à l'époque de Ping-rang, le roi pacifique (de la dynastie des Tchéou de 770 à 719), ou de Salmanasar, auquel répond ce prétendu empereur de la Chine.

Nous l'avons indiqué ailleurs; mais ici, nous devons plus spécialement insister sur la partie qui forme la tête de cette table précieuse, extraite, sans aucun doute, du Sse-ky de SSE-NAtsien', l'Hérodote de la Chine, et qui commence, comme

il le fait dans son histoire, pour laquelle il fut environné de tous les secours possibles, par Hoang-ty, c'est-à-dire le Patriarche Rouge, ou Adam 3.

Un premier homme, et non plusieurs, était donc admis par Sse-ma-tsien; et, quand il commençait son histoire à cet homme de Terre-jaune ou couleur orangée (Hoang if en chinois), il ne

l'incen

· Page cxxxi.

· Sse-ma-tsien, né vers l'an 145 avant J.-C., rédigea, vers l'an 104, le Sse-ki, ou mémoires historiques, dans lequel il essaie, à l'aide de frago mens d'anciens mémoires, de refaire la chronologie anéantie par die des livres en 213. Il est divisé en 137 livres et en cinq parties. – 16 Chronique impériale, de Hoang-ly ( 2697 avant J.-C.) à Fligo-wu. ( 140-86 avant J.-C.), en 12 livres, dont les deux derniers sont perdus. 20 Tableaux chronologiques, en 10 livres, dont le 10e est perdu. 30 Traité des huit branches des sciences, en 8 livres. 40 Histoires généalogiques des familles , en 30 livres. 5° La géographie étrangère, en 70 livres.

3 Pour mieux comprendre la suite de nos démonstrations, voir le lableau 1, et surtout le tableau III, qui se trouvent à la fin de cet article,

faisait que suivre l'usage commun à tous les auteurs orientaux et musulmans, de commencer toutes leurs histoires anciennes par Adam, le père vénéré de la race humaine.

Il composait ce livre,en effet, vers l'an 156 avant Jésus-Christ, à l'époque de la dynastie puissante des Hans, qui avait pénétré par ses généraux jusque vers la mer Caspienne, et avait dû en ramener des Syriens et des Sabéens. L'auleur inconnu du TsouChou (chronique fort curieuse, découverte 265 ans avant notre ére, dans un tombeau où elle était cachée, écrite sur des tablettes de Bambou , et qui n'avait pu être remaniée et mutilée par Confucius), commence également cette histoire du monde, par Hoang-ty, et ne mentionne pas plus que la table généalogique dont nous nous occupons, ni Fo-hy, ni Chin-nong, que des auteurs modernes ont seuls placés avant Hoang-ty.

Hoang-ty, dans cette table précieuse et dans les plus auciennes histoires composées en Chine, est donc mis à la première place. Deux fils sont donnés à ce premier homme; l'ainé, qui est celui qui lui succède, est nommé Chao-hao , par opposition à un autre personnage, Tay-hao , qui ne peut être qu'Abel ; car Tay signifie très-grand , et est en opposition avec Chao, qui signifie petit, ou inférieur en qualité, et Tao est commun aux deux noms.

Mais l'autre nom de Chao-hao est 玄 Hien Phiao ', c'estd-dire le noir vociférateur; et, dans

ce nom, nous commençons à voir des traits, qui conviennent à Caïn, après son fratricide.

Enfin, dans le discours préliminaire du Chou-king', où son histoire est donnée en abrégé, il est nommé aussi-bien qu'un de ses fils #7 Tchy, qui signifie avidité, acquérir, posséder ; qui, avec le symbole oiseau, donne le noin des oiseaux de proie, et qui nous rappelle ainsi, toute l'opposition que S. Augustin : signale sans cesse entre la race avide et injuste de Cain et celle des fils vertueux de Seth, races dont l'opposition est aussi signalée dans

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Ce caractère Hiao, est aussi écrit ou du moins prononcé Tun, par fois. Page cxxxvII. s Cité de Dieu.

"I'p Cain, en hébreu vient de tap acquérir, posséder, jouir, ou de XJp, envier. TOMB XVI.--.No 91-92. 1838.

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ļa Bible ', quand elle décrit, comme nous l'avons vu précédemment, les crimes de l'Injuste, crimes qui ont amené le Déluge.

Tout porte donc un caractère sombre, dans cette histoire du premier meurtrier, parmi les hommes.

Si un élément devient son symbole, c'est le métal, soit le fer, soit l'or Kin; ce qui nous rappelle les richesses des Atlantes, punis à cause de leurs crimes, nous rapporte Platon. S'il compose une musique, c'est la musique Ta-yuen, ou celle du grand abîme. S'il a des ministres, ce sont les 7 Kicou Fly ou les neuf noirs, espèce de démons, compagnons de Tchy-yeou , que nous verrons étre Satan , l'adversaire de Hoang-ty, ou Adam. Sous ce Chao- hao, enfin, ces Kicou-ly excitent des troubles,corrompent » les meurs; la justice est bannie, on ne voit que des fourbes et des magiciens, tout était déjà dans la confusion 3.,

Mais, à ce règne désastreux, succéde un prince qui gouverne avec justice, qui répare les désordres causés par les Kieou-ly, c'est-à-dire les Dives, les Démons des Parses; qui fait régner la paix, établit un calendrier, rétablit le culte religieux, en instituant des officiers ou des prêtres , qui y présidaient.

Et ce prince 4, n'est pas le fils de Chao-hao , mais est le fils de son frère Tchang Y, dont le nom signifie celui qui est de BONNE VOLONTé, dont le petit nom est Fi Chy, c'est-à-dire : pierre, borne , stabilité. Ce frère de Cain ne peut donc être que Seth, dont le nom offre aussi ces idées de stabilité , et auquel l'Evangile a fait une allusion évidente, quand il fait dire à Jésus-Christ, en parlant à saint Pierre, tu es pierre : c'est-à-dire tu es un Seth nouveau, et sur toi j'appuierai mon Eglise; l’Eglise, en effet, remontant par Seth jusqu'à Adam.

La fable elle-même nous mentionne encore ce non si remarquable, quand elle nous montre Noé et sa femme, sous les

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Sagesse, ch... · Dans le 1er article, t. xv, p. 392. s Discours préliminaire du Chou-king , p. cxxxvij. 4 Voyez Chou-king, id., p. cxxxvij et cxxxviij.

5 On traduit le nom de nu Seth par posé, mis, fixe, de nou metlre, élablir; Court de Gebelin a montré que, dans toutes les langues, ces deux consonnes ST offraient les idées de stabilité, stèle , statue , etc.

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