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resseuse, et languissante indifférence, qui descend au plus profond abi. me; l'énergique, simple et puissanle voic catholique, qui conduit à la vie.

Après avoir prouvé que l'erreur ne pouvait offrir qu'un symbole informe, incohérent, qu'il était même impossible à l'homme de mettre en pratique, l'orateur examine la vérité catholique.

Un livre, expression calme et naive de nos symboles..., dépositaire des plas sublimes leçons qui jamais fureot données à la terre..., l'un des premiers dont votre enfance balbutia la lecture, que votre jeunesse a trop tot oublié, peut-être; il vous enseigne la grande loi, la haute destinée de l'homme... Pour m'élever au-dessus de la philosophie, de la science et du génie, et de toute législation, et de toute éloquence, je dois parler la langue la plus familière du Christianisme... Le curé de campagne demande à l'enfant : Pourquoi avez-vous été créé ? L'enfant répond : Pour con. nailre, pour aimer, pour servir Dieu; et toutes les écoles savantes, toutes les méditations des plus profonds penseurs sont à jamais convaincues d'i. gnorance et de folie... Vous cherchez la science de l'homme, vous scrutez la nature, vous recherchez péniblement les conditions du bien-être privé el social; et vous n'avez pas trouvé dans vos souvenirs cette sublime simplicité de l'enseignement catholique. Elle exprime tout cependant, lout l'homme, sa nalure, sa lin, sa loi première.

Dieu est connaissance et amour... Leterme infini de cette connaissance et de cet amour c'est Dieu même. L'être de l'homme, image de l'être divin, est tout entier destiné à connailre et à aimer l'infini... Telle est la na. ture, tel est le principe du lien religieux.

Il y a une raison que je voudrais vous faire méditer profondément. Dieu est le principe, el maitre enfin de tout ce qui existe. Principe, il donne l'être, il crée... Dieu est le maître. Certes, l'infini est roi, et roi ab. solu. Il règne, il commande, il gouverne avec la toute-puissance. Le souverain abdique-l-il, perd-il ses droits quand il les communique et les délègue? Diea cominunique et délègue la force, l'intelligence et l'être. Dieu pcul.il perdre ses droits sur l'homme ? Mailre et souverain de l'homme, Dieu a pu, a dû inême lui dicter des lois. Ces lois les connail-on ? les recherche-l-on ? Dicu a pu encore se substiluer sur la terre une autorile vi. sible, une autorité qui enseigne , juge, règle en son nom. S'il l'a voula, qui l'cn empêcha ? Il l'a pu; esl.ce bien sûr qu'il ne l'ait pas faili Et s'il la fait, quelle conséquence? Obéir.

Si l'on y réfléchissait! L'homme vivre indépendant de Dieu, c'est délire, et crime, et folie. Donc, lendre à Dieu, c'est la loi

L'orateur a terminé par cette comparaison, et par cette exhortation tout apostolique :

Quand un homme illustre dans la science eut découvert et proclamé la grande loi du monde physique , la loi de l'attraction universelle, on salua avec transport celte glorieuse conquête du génie, on l'étudia, on l'é. tudie sans cesse. De cette loi, de ce principe, on vit se dérouler comme une vaste conséquence la merveilleuse urdonnance et l'ensemble de l'univers; on y put lire l'unité, la stabilité des immenses mouvemens du système, et l'on se plut à voir cette puissanle action d'un centre dominaleur, régis. sant la couslante fidélité des corps qu'il attire.

Mais on n'y voit pas, og du moins on voulat bien rarement y voir la faible et imparfaite image des lois du monde religieux et moral. Dieu aussi apa pelle toul à lui; la grande loi des intelligences est de se mouvoir cons. tamınent aulour de ce foyer immense de lumière, de bonbeur et de vie ; et quoi qu'on en ait, mille forces régulatrices avertissent et pressent d'y tendre.

La foi déplore ces luctuations du doute, ces longues résistances, el ces dévialions honteuses subies avec le joug du vice, et ces lueurs d'espéran. ces éteintes, et ces demi-désirs élouffés, et ces craintes cachées, ce trou. ble, ce malhcur inlimes qui fatiguent de jeunes âmes égarées loin de leur route. La foi, sa fixité, sa vie peuvent seules vous rendre la lumière, la pais; vous le savez bien. Puissiez-vous encore, dans ces grands jours qui vont bientôt venir, en faire la douce expérience, et marqner encore de vos pas généreux celle voic véritable qui conduit au Dieu de toute justice el de toute saintelé.

La 6o Conférence a eu pour but de trancher la grande question entre le matérialisme et le spiritualisme, en prouvant la spiritualité de l'âme. Différens genres de preuves.

1° Par l'état présent. Cet état, en considérant tous les objets de la nature , prouve que rien n'est anéanti; tout se change et se transforme, mais rien ne se perd, rien ne rentre dans le néant; comment supposer que l'ame seule, la plus noble substance de la création, y rentrerait ? et cela dans quel moment ? Dans le moment même où l'àme, après avoir été l'esclave de la matière, vient enfin de s'en délivrer, va reprendre ses ailes, son existence spirituelle, naturelle; c'est alors que l'on voudrait qu'elle fût anéantie! Cela ne se peut.

2• La sanction que Dieu a dû ajouter pour l'exécution de sa loi, empêche aussi de supposer l'anéantissement de l'âme. Or, Tomb xvi.--.No 96. 1838.

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sans l'immortalité, plus de sanction. L'amour du beau, dü vrai, la conscience, peuvent bien diriger quelques âmes choisies; mais la masse, mais la foule, comment les contenir sans la crainte?

3. La providence de Dieu, qui voit tout, qui a dû pourvoir à la conservation de l'ordre du monde, qui doit récompenser le bien et punir le mal, doit à la créature l'immortalité de l'âme.

4° La raison de l'homme prouve elle-même, par toute la conduite de la vie, qu'il existe une immortalité. Le besoin que l'ame ressent du bonheur, et cette tendance vers l'infini; ce coeur de l'homme, que les biens de celle vie ne peuvent satisfaire ; le droit que s'attribue l'homme de récompenser et de punir, et qui serait absurde si Dieu n'avait pas établi des récompenses et des peines; tout cela prouve qu'il y a immortalité. C'est en vain que quelques-uns prétendent que la paix de la conscience est une récompense assez grande pour la vertu. Oui, sans doute, c'est une récompense, mais principalement et surtout parce qu'elle attend une autre vie. Cette paix prouve donc l'immortalité. Quant aux remords que ressent le crime, il faut entendre ici l'orateur.

Le crime, le vice, dit-il, ont leurs remords , peine réelle, inévitable si l'on veul, Remords du crime, ils ne sont pas l'ouvrage de l'impie; toujours à jamais il les aurait vaincus, s'il leur eût donné naissance : e'est la voix de Dieu qui trouble et qui menace.

Mais l'impie va mourir, que se passe-t-il doncs
Il est déchiré de craintes, de regrets, d'angoisses cruelles.

Et quel moment Dieu choisit-il pour redoubler la force du remords Le moment où le remords devient le plus inutile, si l'immortalité n'est qu'une chimère; le moment où les forfaits n'onl plus besoin de frein, parce qu'il devient impossible d'ajouter à leur nombre. Et le remords alors! Ainsi Dieu n'aura d'autre moyen pour pupir le scélérat que d'appeler l'erreur à son aide , que de l'environner de frayeurs folles et mensongères. L'instant où Dieu redoublerait ses menaces serait celui où il est près de remplir tous les voux de l'impie, en le plongeant dans le néant qui seul peut le soustraire à la vengeance divine. Ce serait dont le Dieu de l'illusion, des contradictions, du mensonge, et de l'imposture! En vé. rité l'alhéisme est préférable à ce théisme sacrilege. Remords, gage dimmortalité.

Ici l'orateur résume en ces termes tous ses argumens.

Je chéris la vertu... elle triompherait si ma puissance secondait mes væux... O Dieu, m'as-tu donc fait plus juste que toi? Je t'aime; que de combats j'ai soutenus pour toi? que de passions j'ai réprimées !... et ta m'anéantirais !... J'ai vu l'impie heureux, fier de ton oubli... Voilà ce que tu fis pour le crime!... J'ai vu le juste dans le mépris, dans l'indigence où il mourut... Voilà ce que tu fis pour la verlu! Et l'instant où le juste allait te demander sa récompense, où les forfaits des méchans appelaient ta vengeance, serait celui où tu les plongerais tous deux dans les abimes du neant..... Tu ferais donc des prodiges pour apprendre à te hair!.... Quel sera mon crime si je me dis meilleur que toil ou plutôt quel n'est pas le crime de ces hommes dont le dogme affreux m'inspire ce blasphême ?

Au moins , si Dieu se fût moalré favorable à la vertu, s'il avait pris soin d'en applanir les voies; mais il a donné au vice tous les attraits, tous les obstacles à la vertu. Veux-tu être méchant, ô homme! l'auteur de la pature a lout fait pour toi... Laisse éclore dans ton cæur le germe d jamais fécond des passions... Vois au contraire ce que Dicu a fait pour t'éloigner de la vertu... il en a hérissé loutes les routes d'épines et de difficultés...; au dedans les passions, les désirs effrénés ; au-dehors les mó. pris, les persécutions, les piéges : et Dieu se ferait un plaisir cruel de la laisser sans espoir ! Au lieu d'animer le juste par ses promesses, il lui annoncerait qu'à la mort ses peines, ses travaux, ses combats , tout est perdu !... Le tyran le plas féroce, en fondant un endpire, eût-il fait davanlage en faveur da crime? eût-il moins fait pour la vertu? Donc il y a une aulre vie. Enfin l'orateur tire une preuve d'une raison d'où on ne l'at

du suicide. Le suicide! mais c'est une protestation de matérialisme et de néant. Il dit : Plus rien après la vie; mourons.

Il dit bien plutôt : Pas de bonheur dans la vie, ce n'est que chagrin et infortune; mourons.

Point de bonheur dans cette vic, el mon âme en est altérée ; c'est une soif qui la dévore, qui doit être satisfaite, que Dieu me donne, qu'il doit remplir; ailleurs donc.

Mais l'Insensé ne peut pas alteudre; il ne veut pas souffrir; il usurpe le droit de donner la mort qui ne lui appartint jaipais. Son crime consommé échappe dans le tems à la peinc; la peine doit atteindre le crime; plus dans la vie, celle vie a cessé par l'acle même coupable; ailleurs donc encore la peine.

Enfin une dernière considération, c'est que si, réveillant les

tendait pas,

générations éteintes, et sépara'nt les bons d'avec les méchans, on demandait à chacun ce qu'il désire sur l'immortalité, nul doute que les bons ne la désirassent, et que les méchans ne dissent : périsse notre âme. Que l'on choisisse quel doit être le sentiment le plus vrai : celui des bons ou celui des méchans ?

Enfin dans la 7 Conference, M. de Ravignan a traité des caractères de l'enseignement religieux.

Il y a besoin religieux ; donc il faut un enseignement religieux, et dans cet enseignement certains caractères doivent se rencontrer, afin que l'homme puisse reconnaître le vrai s'éclairer de sa lumière. Ces caractères hors de la foi sont absens. Ils sont présens dans la foi catholique. De sorte que tous les efforts de l'homme n'enseignent pas, et que le catholicisme seul enseigne l'humanité.

Après avoir ainsi exposé le sujet de sa conférence, l'orateur montre dans sa première partic, quels sont les caractères de l'enseignement religieux.

Ces caractères sont principalement : puissance de vérité, certitude d'autorité. La puissance de la vérité se prouve principalement en ce que les enseignemens de la religion, seuls, sont capables de résoudre toutes les difficultés de notre position sociale et individuelle ; l'irrésolution, le doute, la fin de l'homme, la base de la morale, le besoin d'enseignement, etc., tout cela est parfaitement résolu par l'enseignement de la religion.

La certitude d'autorité est prouvée par la nécessité de ce même enseignement, qui ne peut être autre pour la masse du peuple. Les philosophes ont beau faire prévaloir leur enseignement rationel , leur examen , leurs discussions; les masses ne peuvent être enseignées que comme les enfans; or l'enseignement catholique est le seul qui convienne aussi bien aux masses qu'aux individus.

Dans la seconde partie, M. de Ravignan a prouvé la nécessité de l'enseignement religieux par l'impuissance ou a été l'esprit humain, pendant 60 siècles, de rien établir de solide, rien qui satisfit sa raison ou son cæur. Or, cet admirable enseignement se résume en quelques mots : un Dieu unique, principe el fin de l'âme; une âme libre, immortelle, réparée, secourue de Dieu. Voilà que tout est établi, et cela ne change pas. Que l'on sorte

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