Images de page
PDF
ePub

texte qu'elles étaient datées ou délivrées par tel bibliothécaire.' C'est une règle constanle depuis le 6° siècle écoulé jusqu'au 12e juclusivement. Les chanceliers eux-mêmes prenaient celto qualité; mais, depuis Célestiu II, on n'en voit plus d'exemple. On atirait lieu de tenir pour suspeclc une bulle non originale expédiée par un bibloibécaire distingué de celui qu'on saurait, par des monumens certains, avoir été revèlu de cette dignité, qui n'eut lieu que jusqu'à la fin du 12° siècle toät au plus.

BILL, en latin Schedula, est un terme fort usité en Arigleterre; depuis long-tems on y appelait billæ les requeles présentées au roi On donne encore cc nom aux actes d'imposition, de recrue, d'épargne et à plusieurs autres. Pour rendre ce mot en lalir', on s'est servi de billa, billela, billetus, ou bulleta, bollela. La der:ière espression est un des noms qu'on dounc aux billets délivrés aux troupes pour leur élape.

BILLETS DE MORT. Les communautés ecclésiastiques qui avaient formé entre clles des sociétés de prières s'envoyaient réciproquement les noms et qualités des chanoines ou moines décédés depuis peu. On appelait ces billets mortuaires au 11. siècle, lilleræ currertes, el dans la suite, brevia mortuorum, breves de defunctis, ou simplement breres. On conserve dans plusicurs archives d'antiques rouleaux en vélin, o'i sont écrils les noms des défunts de certaines coinmunautés pendant des siècles entiers.

BISSEXTILE. L'année solaire, c'est-à dire la course ou la révolution du soleil d'un point fixe à ce même point, comprend l'espace de 365 jours 5 heures et 49 minutes. Ces 5 licures 49 mimules forment, au bout de 4 ans, 1 jour presque entier; ct alors l'année se trouve composée de 366 jours, l'on nomine l'année bissextile : ce jour surnuméraire est placé dans le mois de sévrier. Les Romains lui donnaient à peu près la même place que nous; ils redoublaient le sixième des calendes de mars, bis sexto kalendas martias; d'où est venu notre mot lissextile. Ce jour passait chez eux pour un jour malheureux : Ammien Marcelliu dit que Valentinien n'osait sortir le jour du bissexte. Voir Année.

BLAISE (ordre de St.-), établien Arménie pour faire la guerre aux Infidèles, qu'ils parvinrent à chasser du royaume. Ces che

el c'est ce que

valiers, qui portaient l'habit bleu et la croix d'or, au centre do laquelle se voyait l'image de saint Blaise, évêque de Sebaste en Arménie, étaient de deux sortes; les uns, véritables religieux, exerçaient le service divin et prêchaient l'évangile; les autres combattaient et faisaient la guerre aux Infidèles. Cet ordre fut aboli en Arménie, lorsque la religion chrétienne y fut persécutée par les Musulmans '.

BLANCS MANTEAUX, nom donné aux religieux de l'ordre des Serviles, ou serviteurs de Marie, à cause des manteaux blancs qu'ils portaient. Ils suivaient la règle de saint Augustin, avaient été fondés à Marseille, et confirmés en 1 257 par le pape Alexandre IV. Leur monastère situé à la rue dire des Blancs Manteaur , donna son nom aux Guillemites, auxquels il fut cédé en 1298, quoiqu'ils eussent des manteaux noirs, et aux Bénédictins de Cluni, en 1618, bien qu'ils fussent aussi habillés de noir. Les Bénédictins de St.-Maur en étaient en possession en 1789.

BLASON. Voyez ARMOIRIES.

BOLLANDISTES. Auteurs de la plus vaste collection de Vics des Saints , qui existe, sous le nom de Acta sanctorum. La première partie de ce travail fut commencée par le père Heribert Rosweide, jésuite, lequel mourut en 1629, n'ayant pu que préparer de nombreux matériaux. Il eut pour successeur le père Jean Bolland ou Bollandus, qui publia en 1643 les deux premiers volumes de la collection, contenant les saints de janvier, et donna son nom à tous ceux qui ont travaillé avec lui ou après lui à cette collection. A la destruction de la compagnie de Jésus, il en avait déjà paru 45 volumes. A cette époque, les Bénédictins d'abord, puis Louis XVI, voulurent acheter le matériel et les matériaux de cette grande entreprisc; mais les uns et les autres échurent à Godefroy Herman, abbé de Prémontrés de Tongres, qui cependant n'en fit paraitre aucun volume. Lors de l'entrée des Français en Belgique en 1794, tout fut brûlé, caché ou dissipé. Quelques matériaux furent portés en Westphalie. En 1801, 1803 et 1810, le gouvernement français voulut reconstituer la société des Bollandistes; mais alors on ne savait pas cù

و

· Favin, Theatre d'honneur et de chevalerie.

étaient les manuscrits. Depuis, the partie fut retrouvée, et placée dans la Bibliothèque royale de Bruxelles. Elle y reposait ignorée, lorsqu'en 1836 une Société hagiographique s'établit à Paris, ct annonça le projet de continuer les Bollandistes. Les Belges furent piqués d'honneur; le gouvernement songea à continuer ce grand travail, et jcta naturellement les yeux sur les jésuites. Les PP. J. B. Bocne, Jo. Vandermoere, Pr. Coppens, Jos. Van Hecke voulurent bien se charger de ce travail. Ils y consacrent leuriems en ce moment, et viennent de faire paraitre un aperçu de l'état de cette publication, et de ce qui reste à faire '.

BONNET. On ignore si, dans les premiers tems, l'usage était, chez les peuples de l'Asie, que les hommes se couvrissent la tête ; on voit seulement dans quelques occasions les femmes se voiler, Les Babyloniens portaient pour bonuet une espèce de foque ou turban; les Mèdes se couvraient la léle d'une tiare ou espèce de bonnel magnifique. Les Grecs et les Romains allaient ordinairement la tête nue; mais leurs femmes ne paraissaient jañais en public que couvertes d'un voile, ou, pour mieux dire, d'une espèce de mante qui se mettait par dessus la robe, et s'attachait avec une agrafe. Les Athéniens, au rapport d'Elien, frisaient leurs cheveux et y entremélaicnt des cigales d'or. Quelquefois ils porlaient une espèce de bonnet appelée pilion, d'où est venu pileus des Latins. Les Romains, quand il faisait trop chaud ou trop froid , se couvraient la tête d'un pan de leur toge qu'ils relevaient par derrière. Ils ne portaient les bonnets ou les capuchons que pour marcher la nuit. En voyage, ils sc couvraient la tête d'une façon de bonnet ou chapeau nommé petasus, pétase ; il était aussi en usage chez les Grecs. Ce perase avait les bords rabattus, mais plus étroits que ceux de nos chapeaux. L'époque de l'usage des bonnets et des chapeaux, on France, se rapporte à l'an 1449; ce fut à l'entrée de Charles VII à Rouen que l'on commença à en voir : on s'était jusqu'alors servi de chaperons ou de capuchons. M. Legendre en fait remonter l'origine plus haut : on commença , dit-il, sous Charles y à rabattre sur les épaules les angles des chapercns, et à

* Voir la brochure ayant pour titre De prosecutione operis Bollandiani quod dcta sanctorum inscribitur, 1838.

ment que

couvrir la tête de bonnets qu'on appela mortiers, lorsqu'ils étaient de velours; et simplement bonnels, s'ils étaient faits de laine. Le mortier était galonné; le bonnet au contraire n'avait pour orne

deux espèces de cornes fort peu élevées, dont l'une servait à le mettre sur la tele, et l'autre à se découvrir. Il n'y avait que le roi, les princes et les chevaliers qui portassent le mortier. Les anciens vitraux de la Sainte-Chapelle de l'aris représentaient le roi saint Louis avec le mortier sur la têle. Les miniafures de divers manuscrits montrent Louis XI avec cetle coiffure, précédemment adoptée par les princes de la maison de Bourgogne. Le bonnet élait non-seulement l'habillement de tèle du peuple, mais encore du clergé et des gradués ; au moins fut-il substilué parmi les docteurs, bacheliers, elc., au chaperon qu’on portait auparavant comme un camail ou capuce, et qu'on laissa depuis ftler sur les épaules. D'ailleurs la formo des bonnets a éprouvé beaucoup de variations selon les différeus tewis.

Les banqueroutiers depuis la fin du 16° siècle, jusqu'au commencement du 18%, étaient obligés de porter un bonuet vert, lequel les mellait à couvert des huissiers.

BONNETS CARRÉS DU CLERGÉ. Le bonnet carré ou plutôt pyramidal, tel que le porte le clergé, ne dale que du 10° siècle. Dans les autres parties de la chritienté, et dans plusieurs communautés de la France, sa forme était vraiment carrée.

BON PASTEUR (la maison du), sondée par M** de Combé, protestante convertie et morle en 1692, était composée, 1. de sæurs dont la conduite a toujours élé régulière, 2° de filles nitentes, retirées d'une mauvaise vie. Leur règle n'était pas

fort dure, et elles comptaient un grand nombre de maisons en France avant leur destructions.

BON-SAUVEUR (les filles du), fondées à Caen en 1920, par AI". Aure Leroy; approuvées par lettres-patentes du roi en 1734, et du parlement en 1751. Leur premier soin fut de soigner les femmes malades et aliérsées ; 'expulsées en 1795, elles furent réunies de nouveau et réorganisées en 1805. En 1817, elles éla. blirent dans leur maison un institut de sourds-mucts; en 1818

[ocr errors]

elles admirent les hommes aliénés. Il y a en outre dans leur maison une espèce de dispensaire, où l'on donne les premiers soins aux malades et aux blessés qui se présentent, un pensionnat de jeunes personnes et une école gratuite; c'est une congrégation tout à la fois enseignante et hospitalière.

BON-SECOURS (saurs); établies en 1810 à Aurignac, dio cèse de Toulouse, par une association de dames, dans le but de donner à la jeunesse une instruction chrétienne, et de servir les pauyres malades ; elles furent approuvées en 1814 par l'archevêque de Toulouse; il y a aussi des hospitalières du même nom dans le diocèse de Cambray.

BONS HOMMES, religieux anglais, fondés en 1259 par le prince Edmond, suivant la règle de S. Augustin , et portant un habit bleu. Les Minimes eurent aussi en France le nom de Bonshommes , parce que Louis XI appelait souvent bon-homme saint François de Paule. Il ne faut pas les confondre avec une secte d'Albigeois qui s'appelaient aussi Bons-hommes '.

BOUCLIER. «Ce mot vient, dit le P. Labbe', de boucle, buccula ; non pas, ajoute-t-il, parce qu'on couvrait le bouclier de boucles, mais parce qu'il était attaché au bras par une boucle, ou plutôt parce que l'on passait le bras dans une boucle ou gros anneau pour le tenir ferme et serré. Ancile scuti buccula intus, quâ ab intus tenetur, dit Isidore dans ses Gloses. » Suivant d'autres savans, bouclier, dérivé de buccularium, vient aussi du latin buccula; mais ils donnent à buccula une autre signification qui reviendrait à celle de bosse, relief : c'est, disent-ils, parce qu'on représentait sur les boucliers des têtes ou gueules de gorgone, de lion ou d'autres animaux. Le bouclier, symbole de la protection que les princes doivent à leurs sujets , se trouve depuis Constantin sur la plupart des médailles impériales postérieures aux Antonins, orné de diverses figures, et du monogramme de Jésus-Christ. Les princes le tiennent toujours de la main gauche. On le voit sur quelques sceaux de la seconde race, et il

و

1

Polydorus Virgilius, Hist. d'Angl,, liv. xvi.--Spada ad annum, 1259,

[ocr errors][merged small][merged small][merged small]
« PrécédentContinuer »