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neiges de la Russie. Ce qui reste de ses vieux bataillons est ramené à marches forcées par toute l'Europe liguée contre lui. Il faut céder : il donne la liberté à son captif. A travers toutes les armées qui s'ébranlent, le successeur de Pierre va reprendre sa place; parti de Fontainebleau le 23 janvier 1814, il fait son entrée triomphale à Rome le 24 mai suivant.

Nous ne suivrons pas ići la marche des événemens, connus de tous nos lecteurs. C'est dans l'ouvrage qu'il faut voir quels nouveaux chagrins suscitèrent à Pie VII, et le retour de Bonaparte, et les différentes révoltes de l'Italie, et les inquiètes et hautaines prétentions des princes fils soumis de l'Eglise ; nous ne citerons plus que le concordat conclu le 11 juin 18:17, lequel est encore celui qui régit l'Eglise de France. Voici cette pièce :

CONCORDAT DE 1817.

« Au nom de la très-sainte et indivisible Trinité.

» Sa Sainteté le Souverain Pontife Pie VII, et Sa Majesté très-chré. tienne, animés du plus vif désir que les maux qui depuis tant d'années affligent l'Eglise, cessent entièrement en France, et que la religion reprenne dans le royaume, son ancien éclat, puisqu'enfin l'heureux relour du petit-fils de saint Louis sur le trône de ses aieux, permet que le régime ecclésiastique y soit plus convenablement réglé, ont, en conséquence, arrêté de faire une convention solennelle, en se réservant de pourvoir ensuite plus amplement, et d'un commun accord, aux intérêts de la religion catholique. En conséquence, Sa Sainteté le Souverain Pontise Pie VII a nominé pour son plénipotentiaire son éminence monseigneur llercule Consalvi, cardinal de la sainle Eglise romaine, diacre de Sainte-Agathe ad suburram, son secrétaire d'Etat, et Sa Majesté le roi de France et de Navarre, son excellence M. Pierre-Louis-Jean-Casimir, comte de Blacas, marquis d'Auips et des Rolands , pair de France, grandmaitre de la garde-robe , son ainbassadeur extraordinaire et plénipotentiaire près le Saint-Siége.

• Lesquels , après ayoir échangé leurs pleins pouvoirs trouvés en bonne et due forine, sont convenus des arlicles suivans :

Art. ler. Le concordat passé entre le Souverain Pontife Léon X et le roi de France François ser est rétabli '.

Nous voulions citer tout au long le Concordat conclu entre Léon X et François lor : mais quoiqu'il soit rétabli par cet article, il est vrai de dire qu'il n'y a qu'un seul point qui soit réellement en vigueur en ce moment; c'est celui qui, au reste, était aussi compris dans le Concordat de Tome xyi.--Nos 91-92. 1838.

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vées ,

» Ari. II. En conséquence de l'article précédent, le concordat du 15 juillet 1801 cesse d'avoir son effet.

» Art. III. Les articles dits organiques, qui furent faits à l'insu de Sa Sainteté et publiés sans son aveu, le 8 avril 1802, en même tems quc ledit concordat du 15 juillet 1801, sont abrogés, en ce qu'ils ont de contraire à la doctrine et aux lois de l'Eglisg.

» Art. IV. Les siéges qui furent supprimés dans le royaume de France par la bulle de Sa Sainteté du 29 novembre 1801, seront rélablis en tel nombre qui sera convenu d'un commun accord, comme étant le plas avantageux pour le bien de la religion.

» Art. V. Toules les églises archiepiscopales et épiscopales du royaumo de France , érigées par ladite bulle du 29 novembre 1801 , sont conserainsi que

leurs titulaires actuels. · Art. VI. La disposition de l'article précédent relatif à la conservation desdits titulaires actuels dans les archevêchés et évêchés qui existent maintenant en France, ne pourra empêcher des exceplions particulières , fondées sur des causes graves et légitimes, ni que quelques-uns desdits titulaires acluels ne puissent êlre transférés à d'autres siéges. » Art. VII. Les diocèses , tant des siéges actuellement existans

que

de ceux qui seront de nouveau érigés, après avoir demandé le consentement des titulaires actuels et des chapitres des siéges vacans, seront circonscrits de la manière la plus adaptée à leur meilleure administration.

» Art. VIII. Il sera assuré à tous lesdits siéges, tant esistans qu'à ériger de nouveau, ne dotation convenable en biens-fonds et en rentes sur l'Etat , aussitôt que les circonstances le permettront, et, en altendant, il sera donné à leurs pasteurs un revenu suffisant pour améliorer leur sort. - Il sera pourvu également à la dolation des chapitres, des cures et des séminaires, tant existans que ceux à établir.

Art. IX. Sa Saioleté et Sa Majesté très-chrélienne connaissent tous les maux qui affligent les églises de France ; elles savent également combien la promple augmentation du nombre des siéges qui existent maintenant, sera utile à la religion. En conséquence, pour ne pas retarder un avantage

1801, par lequel le droit d'élection dont jouissaient les Chapitres, en vertu de la pragmatique sanction, est supprimé, et la nomination des Evêques dévolue au Roi, qui les présente au Pape, lequel, après information préalable, donne l'institution canonique. Quelques communautés seules, telles que les Lazaristes, les Sæurs de Charité , etc., conservent le droit d'élire leurs supérieurs. Il faut voir dans M. Artaud par quelles petites raisons on insista, auprès de Pie VII, pour faire octroyer le concordat de 1801. L'on tint beaucoup à ce qu'il y eût apparence que rien de ce qui s'était fait sous le règne de Napoléon n'avait été fait selon le droit.

Sussi éminent, Sa Sainteté publiera une balle pour procéder sans retard à l'érection et à la nouvelle circonscription des diocèses.

» Art. X. Sa Majesté très-chrétienne, voulanl donner un nouveau lé. moignage de son zèle pour la religion, emploicra, do concert avec le Saint Père, lous les moyens qui sont en son pouvoir pour faire cesser lo plutôt possible les désordres et les obstacles qui s'opposent au bicn de la religion et à l'exécution des lois de l'Eglise.

» Art. XI. Les territoires des anciennes abbayes , dites nullias , seront unis aux diocèses dans les limites desquels ils se trouveront enclavés à la nouvelle circonscription.

» Art XII. Le rétablissement du concordat, qui a été suivi en France jusqu'en 1789 (stipulé par l'art. [** de la présenle convention), n'entral. Bera pas celui des abbages, pricurés et autres bénéfices qui existaient å cette époque. Toutefois ceux qui pourraient être fondés à l'avenir, seront sujets aux réglemens prescrits dans ledit concordat.

» ART. XIII. Les ratifications ae la présente convention seront échangées dans un mois , ou plutôt, si faire se peut.

» Art. XIV. Dès que les ratifications auront élé échangées , Sa Sainteté confirmera par une bulle la présente convenlion, et elle publiera aussitôt après une seconde bulle pour faire la circonscription des diocèses.

- En soi de quoi les plénipotentiaires respecliss ont signé la présenle convention, et y ont apposé le cachet de leurs armes. » Fait à Rome, le 11 juin mil huil cent dix-sept.

» Hercule Card, CONSALVI, -- BLACAS D'AULPS. » Telles sont les principales pièces officielles qui se trouvent dans l'ouvrage de M. Artaud. C'est dans le livre même qu'il faut lire toutes les notes diplomatiques qui dévoilent au lecteur le secret de tous les grands événemens qui ont illustré, et affligé le plus souvent, le règne de Pie VII.

C'est à la suite d'une chute arrivée le 6 juillet 1823, que ce saint pontife termina sa vie le 20 août suivant, âgé de 81 ans et 6 jours, après un règne de 23 ans 5 mois et 6 jours.

A. BONNETTY,

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Art chrétien.

DE L'ÉTAT ACTUEL DE L'ART RELIGIEUX EN FRANCE,

INTRODUCTION AUX MONUMENS DE L'HISTOIRE DE SAINTE

ELISABETH,

Par M. le comte de Montalembert.

Quelques monumens chrétiens de la France. - Confusion dans les

artistes qui s'occupent de l'art religieux. -De quelques artistes hommes d'avenir. Adversaires de l'art chrétien. - De l'influence du clergé sur les monumens de l'art.-—Réponse à quelques objections. - Détails sur les monumens de Sainte-Elisabeth.

M. le comte de Montalembert vient de publier sur l'état de l'art religieux en France, un travail empreint de ce zèle de chrétien et d'artiste, qu'on lui connait pour tout ce qui tient à la réhabilitation de l'art religieux et à l'exclusion de l'art païen de nos musées et de nos églises. Nous qui les premiers avons élevé la voix en 1830, pour réclamer coutre le paganisme qui régnait dans notre littérature et dans nos arts ', qui n'avons pas craint de heurter certains préjugés, répandus même parmi nos amis, en faisant remarquer l'impulsion meilleure donnée aux arts; il nous appartient de citer ici quelques-unes des pages éloquentes de M. de Montalembert. Ces pages forme. ront le complément d'un premier travail du même auteur, sur le même sujet, que nous avons inséré presqu'en entier dans un de nos précédens numéros".

Le travail que nous allons analyser aujourd'hui sert d'introduction aux monumens de sainte Elisabeth; magnifique album, qui

1 Voir l'art. sur le Romantisme dans ses rapports avec le Catholicisme, dans le tome 11, p. 364.

. Voir le No 23, t, vi.

complétera l'histoire que M. de Montalembert a consacrée à cette chère sainte, et dont nous avons déjà parlé ".

Dans ce nouvel opuscule, M. de Montalembert commence par constater le progrès qui s'est fait dans ces derniers tems, soit dans les esprits, soit dans le gouvernement, pour les recherches des vieux monumens chrétiens de notre histoire, recherches qui, bien continuées, doivent amener la rehabilitation de l'art catholique en France. Il faut voir comment il parle de ces découvertes, et combien grands sont les trésors qui étaient ensevelis dans nos archives.

« Dans ces recherches, dit-il, on a reconnu, avec surprise et admiration, que la France renfermait encore dans ses villes de province des cathédrales plus belles, malgré le triste dénuement des unes et le fard ridicule des autres, que les plus célèbres cathédrales de l'Angleterre. On a trouvé dans la poudre de ses bibliothèques des poèmes plus originaux, plus inspirés que les épopées les plus populaires de l'Allemagne. On a vu encore les manuscrits de ces poèmes souvent ornés de miniatures plus fines, plus gracieuses que les plus vantées du Vatican. On est arrivé ainsi à comprendre et à découvrir que, même en France, il avait existé un autre art, une autre beauté que

la beauté matérialiste de l'art païen du siècle de Louis XIV et de l'empire. Cette découverte renfermait implicitement celle de l'art religieux

» Nous n'hésitons pas à employer ce mot de découverte, parce qu'une réhabilitation aussi complète, aussi fondamentale, que celle qui est exigée par l'art religieux, vaut bien l'invention la plus difficile. Malheureusement cette découverte n'a guère été faite que par

des
gens
de lettres ou des voyageurs.

La faire

pas: ser dans la vie pratique, la faire reconnaître par les artistes ou ceux qui aspirent à le devenir, la faire comprendre par ceux qui commandent ou qui jugent les æuvres dites d'art religieux, c'est là le difficile; mais c'est aussi là l'essentiel ; car, à l'heure qu'il est , il n'y a pas d'art religieux en France : et ce qui en porte le nom n'en est qu'une parodie dérisoire et sacrilége.

C'est à aider et à populariser ces découvertes que M. de Mon

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· T. xii, p. 360 et XIV, p. 157.

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