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Plusieurs des caracteres précédens ne se trouvent que dans les · inscriptions gravées sur d'anciens monumens, & dont on trouve d'amples collections dans les Ouvrages de Gruter, de Villalpandus, de Reinesius & Despon.

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POIDS ET MONNOIEs D E S A N C I E N S P E U P L E S E T D E S M O D E R N E S.

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L, recherche des mesures de l'antiquité est un problême compliqué qui a exercé la sagacité d'un grand nombre de Savans. Pour le résoudre il falloit avant tout en bien saisir les données & l'ensemble. Les mesures de longueur chez les Anciens font retrouver celles de continence, parce que la cubature du pied ou de la coudée étoit l'étalon ou le métrétès, auquel se rapportoient toutes les mesures destinées à contenir les fruits & les li#ueurs. De même la cubature du pied ou de la coudée, suppoo remplie d'huile ou de mercure, comprenoit un certain nom"e de fois le poids principal en usage chez chaque peuple. os monnoies étoient fabriquées comme partie aliquote de la livre

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ou de la mine. Tous ces rapports nous ont été conservés par les
Ecrivains anciens dans les Ouvrages desquels on les trouve épars.
D'où il suit que connoissant le pied ou la coudée d'une Nation
de l'antiquité, on en déduit les vases ou mesures de continence,
les poids & la valeur des monnoies; & réciproquement que con-
noissant le poids des monnoies d'une Nation de l'antiquité, on
retrouve son poids principal, puis la capacité de ses vases, &
enfin ses mesures linéaires. Toutes ces choses se serviront de preu-
ves mutuelles dans cet Ouvrage.
Mais un point qui a paru plus difficile dans cette matiere,
ç'a été d'assigner avec précision le rapport des mesures & des
oids de l'antiquité avec ceux qui sont aujourd'hui usités dans
es différens Etats de l'Europe. On n'avoit pas encore bien vu
que les anciennes mesures avoient été étalonnées sur un protype
invariable , pris dans la nature même , & auquel nos mesures
actuelles ont également un rapport connu. L'Egypte conservoit
le module authentique de cette mesure universelle , & c'étoit à
ce module que les Grecs, comme Pythagore, confrontoient &
justifioient leurs mesures qui devoient y avoir un rapport fixe &
assigné. C'est donc sur cet étalon inaltérable qu'il faut mettre en
parallele les mesures de l'antiquité avec les nôtres, & pour cons-
tater que les Anciens ont été exacts dans la vérification de leurs
mesures sur cette mesure fiducielle, nous ferons intervenir en
preuves les mesurages divers des monumens anciens actuellement
existans.
Le protype ou étalon naturel auquel les Anciens avoient rap-
porté leurs mesures, est la mesure de la terre. La grandeur con-
nue d'un degré de méridien terrestre n'est gueres propre à fixer
invariablement la valeur absolue d'une mesure, que la longueur
du pendule si vantée de nos jours. Analysons ces deux moyens,
& voyons quel degré de précision on peut obtenir de l'un plutôt
que de l'autre. Voici d'abord une Table des longueurs du pen-
dule qui bat les secondes sous différentes latitudes, suivant les
expériences des plus célebres & des plus exacts Observateurs.

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M. de la Lande qui me fournit ces résultats , remarque dans son Astronomie que les observations du pendule ont besoin de diverses corrections, relativement à la § qui dilate les instrumens à la résistance de l'air, & à la hauteur du niveau de la mer ; M. Bouguer trouve avec ces corrections que le pendule sous l'équateur doit être de 36 pouces 7.2 1 lignes , & pour Paris de 36 pouces 8.67 lignes. Nous employerons néanmoins ces longueurs comme si elles étoient corrigées ; cette négligence même nous sera favorable, en ce que la différence de la longueur du pendule en Laponie en doit être moins grande dans le parallele que nous voulons faire.

Si donc l'on prend pour mesure primordiale & fiducielle de chaque pays, la longueur du § qui bat les demi-secondes de temps, c'est-à-dire, celle qui fait 1728oo oscillations depuis on passage du soleil au méridien jusqu'au passage suivant , ou bien dans l'espace de 24 heures ; cette mesure sera le quart du Pendule qui bat les secondes, & vaudra sous l'équateur 1o9.77 lignes du pied de Roi ; à Paris 1 1o.17 lignes, & sous le cercle Polaire 1 1o.29. Les différences entre ces mesures linéaires sont ou considérables, mais elles le seront un peu davantage entre ours quarrés, & encore plus entre leurs cubes. Supposons donc o, la matrice pour les mesures de capacité dans chaque pays # la cubature de la longueur du pendule qui bat les demi seconoi il en résultera que i oo boisseaux, setiers ou muids de Paris o feront 1oo,34 sous le cercle polaire, & n'en feront que 98.92 sous l'équateur. Cette différence, la plus grande possible, ne seroit oune considération dans le Commerce, & pourroit être néÊ"8ée. Il seroit donc suffisant pour l'uniformité générale des mesures, qu'elles fussent réglées de la même maniere sur la longueur du pendule, particuliere à la latitude de chaque pays.

Déduisons présentement une mesure fiducielle de la grandeur des degrés des méridiens de la terre. Voici plusieurs degrés mesurés avec tout le soin & l'habileté possibles par les Géometres modernes les plus renommés. J'en tire les valeurs de l'Astronomie de M. de la Lande.

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