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- doigts, contenant 13o,6 lignes du pied de Paris, a été trouvé

dans les fouilles d'une ancienne Ville sur la petite montagne du

- Châtelet , entre Joinville & Saint-Dizier en Champagne , par

M. Grignon, Correspondant de l'Académie Royale des Belles

Lettres & de celle des Sciences, (Gazette de France du Vendr. 18

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On convient généralement que les lettres P. X. signifient pondo decem, dix livres d'huile qu'il devoit contenir, comme nous le verrons ailleurs. Aujourd'hui ce conge commence à se ressentir des injures du temps; on y voit des crevasses dans l'intérieur que Villalpandus , lorsqu'il l'examina , fut obligé de remplir avec de

la cire. Il falloit huit conges pour faire une amphore, & Festus

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que le pied cubique de France, rempli d'eau de riviere, pese 7o livres & #, il s'ensuit que le pied Romain auroit été de 1 1 pouces & #,, en supposant néanmoins la même pesanteur spécifique entre l'eau dont s'est servi M. Auzout, & celle qui sert d'élément à ce calcul. Au reste on conclut de ce que dit M. Auzout dans le septieme Tome , premiere Partie, pag. 325 , des Mém. de l'Acad. des Sciences, que l'eau contenue dans le conge de Farnese pesoit en eau de la fontaine de Trévi, 1o9 onces moins 24 grains, ou 1o9 onces 3 gros 24 grains : je ne sais d'où vient cette contradiction. . " - · · · · · On conserve dans le Cabinet de la Bibliothéque de sainte Géneviéve à Paris , un autre conge antique Romain ; le même M. Auzout l'a rempli d'eau de la Seine, & l'ayant pesé, il a trouvé que l'eau contenue dedans, pesoit 1 13 onces 2 gros 36 grains ; sur ce pied l'amphore auroit pesé en eau de la Seine, 56 livres & #o., qui s'évaluent à 139o pouces cubiques & #, d'où par l'extraction de la racine cubique, résulte un pied Romain de 1 1 pouces 2 lignes. Peut-être qu'en examinant de nouveau ce conge, on le trouveroit de juste mesure ; il devroit contenir 185 pouces cubiques & #, c'est-à-dire, 12 pouces cubiques de plus qu'on ne lui trouve par l'expérience de M. Auzout . " Je ne dissimulerai point qu'ayant adopté pendant quelque temps l'évaluation du pied Romain à 13o,6 lignes, j'avois toujours été choqué du peu de conformité que je trouvois entre certaines pratiques des Anciens & les nôtres , par exemple, on séme en France huit, neuf, quelquefois dix boisseaux de bled dans un arpent de cent perches quarrées de 22 pieds linéaires. Les Romains mettoient dans un jugere au moins quatre modius de semence , ordinairement cinq modius, & au plus six modius ; d'où il suit qu'à proportion nous n'aurions dû semer par arpent que cinq boisseaux#, six # pour l'ordinaire, & un peu moins de huit au plus. Comme le modius est le tiers de l'amphore, & qu'en augmentant le pied Romain, le modius croîtra comme le cube du pied, tandis que le jugere ne croîtra que comme le quarré du même pied, il est évident que par cet accroissement du pied, la quantité de la semence se trouvera augmentée aussi dans la même étendue de terrein : par exemple, en adoptant le pied Romain qui résulte du rapport donné par Héron, je trouverai que les Romains semoient au moins à raison de 5 , boisseaux de bled par arpent #o, 1)

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un pied contenant 135 # lignes , marqué au Capitole par Lucas
Paetus, comme la mesure du pied Grec ; ce pied approche beau-
coup du pied résultant du rapport donné par Héron, cependant

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cubature de ce pied , & qu'on la suppose remplie d'huile, on
n'en déduira le denier consulaire que de 73 grains & #, & le
denier Impérial de 64.1 1 grains seulement, on trouveroit encore
moins par le poids du mercure. Or comme dans une recherche
de cette nature, nous ne pouvons nous flatter d'avoir rencontré
la vérité , qu'autant que nous aurons trouvé le moyen de faire
accorder parfaitement toutes les autorités de l'antiquité ; & parce
que cet accord parfait est la preuve incontestable & démonstrative
de la solidité de nos combinaisons & de nos évaluations, on ne
eut se refuser à admettre le rapport du pied Romain au pied Phi-
§ , donné par Héron , dans toute sa rigueur & sans en rien
rabattre ; car il est d'une précision étonnante, leve toutes les dif-
ficultés qui avoient paru insurmontables aux Savans, & fait un
systême géométriquement lié de tous les passages des anciens Ecri-
vains, sur la matiere des mesures, des poids & des monnoies.

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Mais quel parti prendre sur tant de pieds anciens que l'on croit être des copies fidelles du pied Romain , faudra-t-il les rejetter absolument ? non. Héron vivoit cent vingt ans avant l'Ere vulgaire, & par conséquent au temps de la République ; il nous a donné le vrai rapport du pied Romain, tel qu'il étoit alors avec les mesures de #§ ; ce rapport changea dans la suite, le pied Romain fut altéré & devint plus court : il me semble que l'on peut prouver cette assertion , & que le pied Romain étoit déja moins

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On lit dans le même M. Rollin qu'Auguste n'osa entreprendre de transporter à Rome un autre obélisque d'une grandeur énorme qui avoit été construit sous Ramessés ; il avoit de hauteur , selon M. le Beau (Hist. du Bas-Emp. lib. IX, art. XXVII.), cent trentedeux pieds : ce doit être un de ceux dont Pline (lib. XXXVI, c. VIII.) parle en ces termes : Ramises autem is, quo regnante , Ilium captum est, quadraginta cubitorum (lise7 centum quadraginta). Idemque digressus indè, ubi fuit Mnevidis regia , posuit alium, longitudine undevicenis pedibus per latera cubitis quatuor. Si 14o coudées ou pieds géométriques valoient 132 pieds Romains, il s'ensuit que dans le Bas-Empire, le pied Romain ne valoit plus que 1 3o.74 lignes du pied de Roi. Cet obélisque devroit avoir 1 19.84 pied de Roi, à raison de 1 4o pieds géométriques. On assure que c'est le même obélisque que Sixte V a fait rétablir & dresser dans la Place de Saint-Jean-de-Latran. - · Mais une observation qui peut servir à prouver que les anciennes mesures Romaines avoient été altérées & négligées, c'est que sous Valentinien , Valens & Gratien, en 367 ( Hist. du Bas-Emp. liv. XVII, art. XlV.), Prétextat, Préfet de Rome, fut obligé de rétablir dans tous les quartiers de cette Ville , de nouveaux étalons pour fixer les poids & les mesures, & contenir la mauvaise foi des Marchands. | L'ancien pied Romain se retrouve aujourd'hui en Angleterre, en Autriche , en Boheme, en Danemarck, dans le Holstein, dans le Ponthieu en Picardie, en Russie, introduit par le Czar Pierre le Grand sous le nom de pied d'Angleterre , en Suisse, & dans les Villes suivantes : Anspach , Augsbourg , Bâle, Berlin, Berne, Besançon , Copenhague, Dieppe, Dijon , Hall en Saxe , Kœnigsberg, Leyde, Mayence, Midelbourg, Nuremberg pied de ville, Prague, Rome, Roterdam , Turin, Vienne en Dauphiné, Zurich, & ailleurs, avec quelques diminutions ou augmentations. On peut encore dire que c'est le pied Rhinlandique. | | Plusieurs mesures d'aunages sont composées de pieds Romains anciens ; il y en a une d'un † à Florence & à Livourne ; une de deux pieds Romains à Aix- a-Chapelle, Alexandrette, Ancone, Berg en Norvege, en Boheme, à Bologne, Brescia, Breslau , Copenhague, Cremone ; Damas, Saint - Gall , Lentzbourg en Suisse, Lucques, Saint-Malo, Mantoue, Milan, Modene, Nancy, Nantes, Novare, Parme, en Piémont, en Pologne, à Prague,

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