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- On voit en général par ce détail élégant & pompeux de Fannius , que les divisions de la livre Romaine étoient les mêmes que

celles

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celles que Columelle attribue au jugere ; & comme en cela il est daccord avec toute l'antiquité, il est inutile de nous y arrêter davantage. Nous nous contenterons donc d'examiner quelques autres particularités , qui ne sont pas également évidente. Le talent, mot qui signifie charge ou faix , étoit, selon Fannius, le pIus grand des poids anciens , & contenoit soixante mines ou six mille drachmes ; c'est une vérité constatée par les témoignages

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teurs anciens. Mais le talent Attique, qui est celui dont tous les Ecrivains ont parlé, valoit quatre-vingts livres ou mines Romaines, comme nous l'apprenons de Tite-Live ( lib. XXXVIII. ) , lequel parlant des conditions de paix imposées à Antiochus par les Romains, dit : Argenti probi Attica talenta duodecim millia dato , intra claodecim annos , pensionibus acquis. Talentum ne minus pondo LXX - Romanis ponderibus pendat. Les Romains par le Traité avoient stipulé que l'argent seroit de bon aloi, seroit de l'argent fin, probi , & que le talent seroit de quatre-vingts livres Romaines qui en étoient la valeur légitime , pour éviter toute contestation de la part d'Antiochus, qui auroit bien pu vouloir s'acquiter en argent de médiocre qualité, & en talens affoiblis. La même évaluation résulte d'un passage de Plaute (Moslcllar. act. 3 , scen. 1, vers | o2

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Quatuor quadraginta illi debentur minæ,
TaZentis magnis totidem quot ego & tu sumus.

9o qui signisie : Il lui est dû cent soixante mines, c'est-à-dire, cent
onte livres Romaines, qui font deux talens chacun de quatre-

vingts livres.
Or puisque quatre-vingts livres Romaines valent soixante mines
oques , il en résulte que la mine Attique vaut une livre Ro-
one & un tiers, ce qui revient à cent douze deniers de quatre-
"gt-quatre à la livre Romaine , ou à cent vingt-huit deniers de
oe vingt-seize à la livre, & ce qui s'accorde parfaitement avec
o évaluations que Dioscoride, Cléopatre & Galien ont faites de
† oine Attique en drachmes ou deniers Romains. Par l'inverse,
il o évident que la livre Romaine étoit les trois quarts de la mine
oque, & par conséquent valoit soixante-quinze drachmes Atti-
os , la même livre valoit deux cents quoeving , scripules :

Il

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donc la mine Attique en valoit trois cents quatre-vingt-quatre; & la drachme Attique, qui en étoit la centieme partie , valoit trois scripules & vingt-un vingt cinquiemes ; cependant ce n'est pas le compte de Fannius, qui n'y fait entrer que trois scripules : cela vient de ce que ce Grammairien , qui n'avoit pas assez étudié les combinaisons de ses poids, a confondu la drachme Romaine de son temps, laquelle étoit le denier de quatre-vingt seize à la livre

, Romaine, & de la valeur de trois scripules , avec la drachme

Attique, qui étoit de sept vingt cinquiemes plus grande. C'est cette
même confusion qui a fait évaluer le scripule à deux oboles At-
tiques par le même Fannius , & peut - être par les Auteurs de
Galien.
Cependant on infère du calcul de Fannius, tout fautif qu'il est,
que la drachme Attique étoit composée de six oboles, ce qui est
vrai , suivant le témoignage des autres Ecrivains, de Pline, de
Pollux , de Celse , &c. Voici ce que Pline nous apprend des
poids Grecs (lib. XXI, cap. XXXIV.) : Et quoniam in mensuris
quoque ac ponderibus, crebrò Grœcis nominibus utendum est, interpre-
tationem eorum semel in hoc loco ponemus. Drachma Attica (fère
enim Zdtticâ observatione Medici utuntur) denarii argentei habet pon-
dus. Eademque sex obolos pondere efficit. Obolus X. chalcos. Mna
quam nostri minam vocant, pendet drachmas Atticas centum. Je pour-
rois observer que Pline est également dans l'erreur lorsqu'il croit
qu'il y a égalité entre le denier Romain de son temps & la drachme
Attique : car le denier du temps de Pline étoit à la taille de qua-
tre-vingt-seize à la livre Romaine ; mais il me suffit de trouver dans
cet Auteur que la drachme Attique étoit de six oboles Attiques.
Le témoignage de Celse par rapport à l'obole , sixieme partie de
la drachme , n'est pas moins précis & formel : voici ses paroles
( lib. V , cap. 17.) : Sed & antea sciri volo in unciâ pondus septem
denariorum esse : unius deindè denarii pondus dividi à me in sex par-
tes , id est, sex sextantes , ut idem in unciâ denarii habeam , quod
raeci in eo quod obolum appellant , id ad nostra pondera relatum ,

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Les Ecrivains du siecle d'Auguste nous apprennent qu'alors le poids de la livre Romaine se divisoit en quatre-vingt-quatre deniers : nous venons de voir comment Celse s'en explique ; il en parle encore dans un autre endroit en ces termes : Grœci Medici orzdera medicamentorum ad drachmas redigunt : quae quia ad denarium conveniunt (LXXXIV. enim ad libram incurrunt) pro notá Graccae drac/imae notam denarii posui , & ad ejus pondus drachmas redegi. Le témoignage de Scribonius Largus n'est pas moins précis : Erit nota denarii unius pro Gracá drachmâ : aequè enim in librâ denarii LXXXIV. apud nos , quod drachmæ apud Graecos incurrunt. S'il existoit une livre Attique égale à la livre Romaine, comme semblent l'insinuer les Métrologues de Galien , cette livre Attique devoit effectivement contenir quatre-vingt-quatre deniers Romains; mais le denier de Celse & de Scribonius Largus n'étoit pas parfaitement égal à la drachme Attique, il n'en étoit que les vingtcinq vingt-huitiemes. Au temps de Pline, la livre Romaine ne se divisoit plus en quatrevingt-quatre deniers, elle en contenoit alors quatre-vingt-seize; mais il paroit que cette mutation étoit encore récente, ce que j'infère de ce passage compilé par Pline même (lib. XXXIII, c. IX.) : Misoit denario triumvir Antonius ferrum.... alii è pondere substrahunt, clim jusium sit LXXXIV. è libris signari : c'est-à-dire, le triumvir Ântoine altéra la pureté du denier en mêlant du fer avec l'argent.... d'autres en diminuent le poids ; car il devroit n'y en avoir que quatre-vingt-quatre à la livre. Il est difficile d'assigner avec précilion l époque à laquelle le denier Romain fut réduit à la taille de quatre-vingt-seize. On verra ailleurs pourquoi j'ai appellé ce deor , denier de Néron, & l'autre qui étoit de quatre-vingt-quatre * la livre, denier de Papyrius. evenons à Fannius ; cet Auteur dit que la livre des Romains est composée de douze onces, & l'once de huit drachmes : c'est †ivre de quatre vingt-seize déniers. Il ajoute que la livre Attique o moindre, n'étant composée que de soixante-quinze drachmes. 9otte livre Attique est également celle des Romains, évaluée à oixante-quinze drachmes Attiques, ce que Fannius paroît n'avoir † compris, & ce qui lui fait dire qu'elle est plus petite que la "re Romaine. Il dit ensuite que la mine Attique est de cent drachoo , & que si de ce nombre on ôte quatre drachmes, on aura

la livre Romaine ; & que si enfin on retranche le quart de la N n ij

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