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diviseroit pour l'or, en vingt-quatre karats, ou en sept cents soi-
xante-huit trente-deuxiemes, ensorte que le karat d'or contient
trente-deux trente-deuxiemes. On est de même convenu que le
marc d'argent se diviseroit en douze deniers, ou en deux cents
quatre-vingt-huit grains , de maniere que le denier contient
vingt-quatre grains.
En Allemagne on se sert du marc de Cologne, qui se divise
pour l'or en vingt-quatre karats, ou en deux cents quatre-vingt-
huit grains, le karat contenant douze grains; & pour l'argent en
seize loths, ou en deux cents quatre-vingt-huit grains, le loth se
sous-divisant en dix-huit grains.
En Hollande le marc d'or contient vingt-quatre karats, ou
deux cents quatre-vingt-huit grains , le karat contenant douze
grains; & le marc d'argent contient douze deniers, ou deux cents
quatre-vingt-huit grains, le denier valant vingt-quatre grains.
En Angleterre on se sert de la livre de Troy, qui se divise
pour l'or en vingt-quatre karats, en quatre-vingt-seize grains, &
en trois cents quatre-vingt-quatre quarts, le karat contenant qua-
tre grains ou seize quarts, & le grain quatre quarts; & pour
l'argent la livre de Troy se divise en douze onces, ou deux cents
quarante pennys, l'once contenant vingt pennys.
En Espagne le marc d'or du Pérou contient cinquante cas-
tillans, ou quatre cents tomins, le castillan contenant huit tomins.
Le marc d'argent se divise en douze dineros, ou en deux cents
quatre-vingt-huit granos, le dineros contenant vingt-quatre granos.
En Russie l'or & l'argent s'apprécient à la livre de quatre-
vingt-seize solotnics. En Chine l'argent le plus fin est de cent
tocques.
Delà il suit que l'or le plus fin, celui où il n'entre point d'al-
liage, est en France à vingt-quatre karats, & de même en Alle-
magne, en Angleterre & en Hollande; en Espagne de cinquante
castillans, & en Russie de quatre-vingt-seize solotnics.
Le marc d'argent fin est en France, en Angleterre & en Hol-
lande de douze deniers, en Allemagne de seize loths, en Russie de
quatre-vingt-seize solotnics & en Chine de cent tocques.
Un lingot ou une piece d'or, dans laquelle il y a moitié cui-
vre ou argent, est de l'or à douze karats : & une piece d'argent
où il entre moitié cuivre ou autre matiere étrangere, est de l'ar-
gent au titre de six deniers ; par où l'on voit que ce qui constitue
la valeur intrinseque & réelle d'une piece de monnoie, c'est le
nombre des grains pesant d'or ou d'argent fin qu'elle contient.
Une piece d'or du poids d'une once à 24 karats contient 576
grains d'or en matiere pure & sans aucun alliage. Une piece d'or
du poids d'une once à 23 karats contient 552 grains d'or fin &
24 grains d'alliage. Une piece d'or à 22 karats pesant une once,
deux scripules & deux grains, est de même valeur intrinseque
que l'once d'or à 23 karats, la seule différence consistant dans
les 26 grains d'alliage qu'elle contient de plus que l'once d'or à
23 karats, & qui sont comptés pour rien. Ce n'est pas qu'un Orfé-
vre qui a besoin d'or à 23 karats pour son travail ne payât plus
cher dans le Commerce la piece d'or à 23 karats que l'autre, à
cause de toute la dépense qu'il faudroit faire pour affiner celle à 22
karats. Les mines ordinaires ne produisent point d'or au-dessus
de 22 karats , & l'emploi de l'or très-fin est rare dans le com-
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e même une piece d'argent d'une once à douze deniers con-
tient 576 grains pesant d'argent fin. Une piece d'argent du poids
d'une once au titre de onze deniers, contient H d'argent fin &
# de matiere étrangere, c'est-à-dire, 528 grains pesant d'argent
pur & 48 grains pesant de matiere étrangere.
Ce plus ou moins d'or ou d'argent pur à masse égale, ce
degré de finesse & de bonté de ces métaux, est ce qu'on appelle

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titre , comme nous l'avons dit. Ce titre varie, comme on voit ;.

selon les degrés de pureté du métal. Comme les opérations né-
cessaires pour l'affinage de ces métaux sont très-dispendieuses ;
l'intérêt réel d'un Etat semble exiger que les monnoies soient
frappées au titre naturel que les métaux ont ordinairement dans
l'exploitation des mines; c'est aussi à peu près le titre de la mon-
noie en France.
Les Souverains, en prescrivant des Loix séveres aux monnoyeurs
pour les engager après l'affinage & la fabrique d'une quantité de
matieres, à rendre tant d'especes de tel poids & de tel titre, ont
considéré qu'il étoit presqu'impossible aux ouvriers d'atteindre,
sans perte de leur part, au point prescrit par les Loix. Il y a tou-
jours quelques déchets dans les opérations, quelque perte de fin
parmi l'alliage ou les scories qui demeurent. On a cru qu'il étoit
juste d'avoir quelqu'indulgence à cet égard, & de regarder le titre
& le poids comme suffisamment fournis, lorsqu'ils en#ochent
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Les louis d'or de vingt-quatre livres monnoie , par exemple, sont à la taille de trente au marc & au titre de 22 karats; mais le

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le titre, lorsqu'il a fabriqué les louis d'or au titre de 2 1 karats &
# ; il n'est pas même répréhensible, lorsqu'il les fournit au titre
de 2 1 karats # ; ensorte que la tolérance est portée jusqu'à # &
même jusqu'à # de karat, sur le titre porté par la Loi.
Cette indulgence est ce qu'on appelle remede , c'est-à-dire ,
moyen pour ne point faire supporter au monnoyeur des déchets
inévitables. Il y a deux sortes de remedes, celui qu'on accorde
sur le titre & celui qu'on accorde sur le poids ; le premier se
nomme remede d'aloi, l'autre remede de poids. Il y a pareillement
foiblage d'aloi & foiblage de poids.
Remede de loi ou d'aloi à la monnoie, est , comme nous venons
de voir, une permission que le Roi accorde aux Directeurs de
ses monnoies sur la bonté intérieure des especes d'or & d'argent,
en les tenant de très-peu de chose moins que les Ordonnances ne
le prescrivent.
Remede de poids à la monnoie, est de même une permission que
le Roi accorde aux Directeurs de ses Monnoies sur le poids réel
des especes lors des comptes à la Cour. Comme il est très-diffi-
cile, quelque précaution que l'on prenne, que les especes d'or &
d'argent qui doivent être chacune d'un poids égal & d'une cer-
taine partie du marc , soient taillés si jufie chacune dans leur
poids qu'il ne s'y rencontre quelques parties de grains plus ou
moins dans un marc, on a introduit un remede de poids à l'ins-

· tar de celui de loi. Par exemple :

Nos louis d'or de 24 liv. sont à la taille de trente au marc, au titre de 22 karats, au remede sur le titre de # de karat; il peut même aller jusqu'à # , sans que le monnoyeur soit en contravention, & au remede de poids de 15 grains par marc.

Suivant ces réglemens, § marc d'or de 46o8 grains du poids de Paris pourroit se trouver réellement réduit à 4593 grains, & le titre à 21 karats #. Mais il faut faire attention que cette réduction est un extrême au-dessous duquel on ne peut descendre sans se rendre coupable, de même que le marc d'or du poids de

46o8 grains de la livre de Paris, & au titre de 22 karats juste »

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est l'autre extrême au - dessus duquel il est également défen-
du de monter ; d'où il résulte que le moyen entre ces deux
extrêmes, tant par rapport au poids que par rapport au titre,
doit être réputé le point central prescrit par la Loi. Par consé-
quent le marc d'or destiné à la confection de trente louis d'or est
du poids de 46oo # grains de la livre de Paris, & au titre de 21
karats #.
D'où il résulte enfin que le marc d'or fin, c'est-à-dire, le poids
de 46o8 grains de la livre de Paris, d'or au titre de 24 karats, vaut
aujourd'hui de la monnoie de France, 793 liv. 1o sous juste.
(2899545 log. 793.5 = liv.).
Les écus d'argent de la valeur de six livres monnoie, sont à la
taille de 8 # au marc, au titre de 1 1 deniers, au remede sur le
titre de 3 grains, & au remede de poids de 36 grains par marc.
Pour s'accommoder à l'esprit de la Loi, il faut , comme dans
l'exemple précédent, prendre un moyen proportionnel, & dire,
le marc d'argent destiné à la confection de 8 # écus de six livres
est censé du poids de 459o grains de la livre de Paris, & au
titre de 1 o deniers 22 : grains.
D'où il suit que le marc d'argent fin, c'est-à-dire, 46o8 grains
du poids de Paris au titre de 12 deniers vaut 54 liv. 17 s de la
monnoie actuelle de France. (1739191 log 54.85 + liv.).
Foiblage d'aloi & foiblage de poids. C'est une diminution du
titre ou du poids au-dessous du remede ou de l'indulgence accor-
dée par les § : c'est une contravention punissable. Quand l'or
& l'argent sont considérablement au-dessous du titre prescrit par
les Loix, c'est de l'or bas ou de bas argent. Quand l'or est au-
dessous de 17 karats, on le nomme encore tenant or, s'il tire sur
le rouge ; & argent tenant or, s'il tire sur le blanc. Quand l'or est
au-dessous de douze karats, & l'argent au-dessous de six deniers,
c'est-à-dire , que l'or contient douze parties d'alliage avec douze
de sa matiere, & que l'argent contient six parties ou plus de ma-
tieres étrangeres avec six d'argent pur, ces métaux s'appellent bil-
lon, nom qu'on donne aussi à la monnoie de cuivre mêlée d'un peu
d'argent, & à toutes les monnoies, même de bon titre & de bon
aloi, mais dont le cours est défendu.
Les monnoies de billon en France sont la piece de deux sous 2
la piece de six liards, le sou; & les monnoies de cuivre sont le
sou, la piece de deux liards & le liard. Le denier n'est plus une

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monnoie réelle qu'en quelques Provinces comme en Bretagne ; à Paris on le reçoit indifféremment pour un liard , mais dans les #o le denier n'est qu'une monnoie idéale valant le tiers du 1a l Cl. La piece de deux sous est au titre de 2 deniers 12 grains; elle fut fabriquée en 1738 au remede de 4 grains sur le titre, à la taille de 1 12 pieces au marc, 4 pieces de remede sans recours de la piece au marc; les pieces d'un sou de même titre, à la taille de 224 au marc, au remede de 8 pieces. · Les liards de cuivre sont de 8o au marc, au remede de 4 pieces. Prenant le milieu , le marc de cuivre pour la fabrication de 8o liards n'est réputé par la Loi que de 4492 #, ce qui fait évaluer le marc de cuivre à 1.o2 56 liv. (oo1o995 log. 1.o256.). | Outre les monnoies réelles d'or & d'argent dont nous avons arlé, il y a encore en or le demi-louis de douze liv. monnoie & e double-louis de quarante-huit livres ; & en argent les écus de trois livres, les pieces de vingt-quatre sous, les pieces de douze sous & celles de six sous. Les pieces de 24 & de 12 sous sont au même titre & au même remede de loi que les pieces de 6 & de 3 livres; les pieces de 12 sous sont à la taille de 83 pieces, & les unes & les autres au remede de poids de 4 1 # grains par marc. Les pieces de 6 sous sont à la taille de 166 au marc, & au remede de # de 83 grains par marc. e l'appréciation que nous avons faite du marc d'or & du marc d'argent fin monnoyé, il suit que le rapport du prix de l'argent à celui de l'or est comme 1 à 14.466 (1 i 6o3 54 log. 14.466.). Le rapport du prix du cuivre est à celui de l'or comme 1 à 773.7 (2S885 5o log. 773.7.); & celui du cuivre à l'argent comme 1 à 53.48 ( 1728 196 log. 53.48.). Le rapport du prix des métaux, non-seulement a varié dans tous les temps, mais aujourd'hui encore il n'est pas le même dans les différens Etats. · En 1559 l'or étoit à l'argent en Allemagne comme 1 1 # à 1 ; en 1656 comme 14 # à 1 ; en 1667 en établissant le pied de zuina, l'or a été évalué à l'argent à raison de 1 à 13 # ; en 169o plusieurs Etats de l'Empire adopterent le pied de Leipzic, & fixerent la proportion de l'argent à l'or comme 1 à 1 5 & une fraction ; en 1738 ce pied fut reçu comme pied de l'Empire. Aujourd'hui, selon le pied de convention établi entre l'Autriche & la Baviere

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