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Parmi les monnoies contenues dans cet abaque ou échiquier , il y en avoit de réelles ou effectives, & d'imaginaires ou de compte seulement. L'as étoit une piece de monnoie réelle, & on conserve à la Bibliothéque du Roi , des semis , des triens, des quadrans, des sextans & des onces. On reconnoît ces monnoies aux notes qu'elles portent, & qui servent à les caractériser ; elles sont de différens poids , conformément aux variations que subit la monnoie Romaine : ainsi plusieurs monnoies de ce numéraire étoient réelles ; mais on ne peut douter qu'il n'y en eût également d'imaginaires. Quoi qu'il en soit, lorsque les valeurs des choses , les recettes & les dépenses dans les mémoires & les registres se comptoient à ce numéraire ; les sommes des articles particuliers, aera singula, se marquoient avec les notes correspondantes à la dénomination de chaque efpece contenue dans l'abaque, puis on ajoutoit ces figures ensemble pour avoir la somme entiere des sommes partielles du registre. Nous pouvons nous donner un exemple de cette addition sur les notes même de l'abaque; nous pouvons ajouter ensemble toutes les notes qu'il contient , & en faire la somme : pour cela, je considere que le scripule est un douzieme de semionce , la sextule quatre douziemes, le sicilique huit douziemes ; je les ajoute , & leur somme est dix-neuf douziennes ou dix-neuf scripules. J'en écris un ainsi B , reste dix - huit douziemes que je

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opérations de l'arithmétique des Romains, qui # partie de C C

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leur éducation, & auxquelles on les obligeoit de s'exercer dès la plus tendre jeunesse.

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Cicéron (Orat. pro C. Quintilio.) parle de ces calculs faits par les numéraires érariaire & denariaire ; & comme dans les affaires contentieuses on avoit besoin d'hommes experts , & revêtus de l'autorité publique, pour liquider les intérêts des parties, on voit clairement, en cet endroit de Cicéron , que c'étoient les Questeurs qui avoient à Rome la charge de reviser les comptes faits par des particuliers qui n'étoient pas avoués juridiquement pour cela. C'est ainsi que dans les Villes bien policées il y a des pers sonnes préposées pour la vérification des comptes difficiles, & des zygostates ou peseurs publics , afin que les citoyens peu versés dans les combinaisons un peu délicates, ne soient pas les victimes de leur ignorance. A

Le nombre de douze avec ses sous-divisions paires & impaires, exprimées par deunx, dextans, &c., étoit fort à la mode chez les anciens Romains ; c'est qu'il leur procuroit une grande facilité dans leurs opérations numéraires ; nous l'avons vu appliqué au pied, au jugere, aux mesures de capacité, aux poids & aux monnoies, toutes quantités susceptibles du calcul fait avec les notes de l'abaque ci-dessus. Ils ne s'en tenoient pas là ; tout héritage étoit considéré comme un as , & les legs testamentaires comme des parties de cet as. Cicéron (Pro Cœciná , n°. 6.) parlant du testament d'une femme qui avoit institué Licinius, #§ & Albutius ses héritiers, dit que le premier y avoit part pour onze onces & demie, le second pour deux sextules, & le troisieme pour une sextule : Facit (mulier) haeredem ex deunce & semunciá Licinium, ex duabus sextulis M. Fulcinium ...... Albutio sextulam aspergit. Ces portions réunies font l'as ou l'héritage entier, parce que trois sextules font la demi-once qui manque à onze onces & demie pour compléter douze onces.

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| Teruncius . . . . . . . |HS T

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