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sur l'étalon du Cabinet de la Cour des Monnoies de Paris. II
sert à étalonner tous les poids dans le ressort & l'étendue de ces
Monnoies.
Ce poids original de la Monnoie a toujours été estimé de telle
conséquence, qu'en l'an 1494 , le sixieme du mois de Mai , le
Parlement ordonna que le poids de marc du Châtelet seroit éta-
lonné sur celui de la Chambre des Monnoies, sur lequel tous
Changeurs, Orfévres & autres usant de poids de marc pour §
ser or & argent, seroient aussi tenus de les faire étalonner ; faisant
défenses de s'en servir qu'ils n'eussent été étalonnés , sur peine
d'amende arbitraire, & de punition corporelle en cas de récidive.
Cet Arrêt fut ainsi rendu, sur ce que les Changeurs & Orfévres
de Paris, & autres trafiquans en or & en argent, avoient diffé-
rens poids de marc, les uns plus forts, les autres plus foibles; &
que celui du Châtelet n'étoit pas conforme au poids original de
la Chambre des Monnoies.
En exécution de cet Arrêt, Maître Nicolas Robillets, Exami-
nateur au Châtelet, se transporta en la Chambre des Monnoies
le Mardi 26 du même mois, « à la requête du Procureur du Roi,
» de l'Ordonnance de honorable homme & sage Maître Jean de
» la Porte, Lieutenant-Criminel de la Prévôté de Paris, où ayant
» présenté une pile de trente-deux marcs dont on se servoit au
» Châtelet, elle fut étalonnée sur le poids original par deux Maîtres
» Jurés-Balanciers, en présence de Sire Nicolas Potier, Germain
» le Maçon , & Gilles Enjorant , Généraux des Monnoies, ainsi
» qu'il est énoncé au procès-verbal qui en fut dressé , dont j'ai
» expédition. Signé, CHARLORGNE, Greffier.
» L'Empereur Charles-Quint envoya aussi à la Chambre des
» Monnoies, en l'année 1529 , Maître Thomas Grammaye, Con-
» seiller & Général de ses Monnoies , pour faire étalonner un
» poids de deux marcs , dont on se servoit ès Monnoies de ses
» Pays-bas ; ce que cette Chambre fit faire, suivant les ordres du
» Roi François I : & comme ce poids de marc fut trouvé trop
» fort de vingt-quatre grains par marc, il fut réduit au même pied
» que le poids original , sur lequel l'Empereur l'avoit envoyé éta-
» lonner. La même Chambre fit aussi faire, suivant les ordres du
» Roi, trois poids de laiton, sur lesquels les armes du Roi furent
» empreintes d'un côté, & celles de l'Empereur de l'autre, & les
» fit étalonner sur le poids original, en § de ce Général en-

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* ceux de Paris, en notre Cour des Monnoies ; & co#des autres - 1j

» Villes , aux plus prochaines Monnoies de leurs demeurances ; » aux remedes sur le fort & foible contenus en l'Ordonnance de ' » I 5 I O ». Celle de l'an 1567 est aussi conçue en ces termes : « Auxquels Gardes pour chacune pile d'un ou plusieurs marcs, » avec toutes les parties ou diminutions ; & aussi pour chacune » garniture du § , fourni de poids des especes ayant cours » en notre Royaume , qu'ils auront étalonnés comme dit est , or» donnons trois deniers tournois qui leur seront payés par l'ouvrier , » & Marchands desdits poids , trébuchet & balances : défendant » auxdits Gardes d'en prendre ni exiger autres plus grands sa» laires ». Mais il y a une Ordonnance de l'an 1641 qui porte en termes exprès : « Les Balanciers , Marchands, Fondeurs, & toutes autres per» sonnes feront étalonner, ajuster, & marquer au Greffe de notre » Cour des Monnoies les poids dont ils se voudront servir, aux» quels notre poinçon sera appliqué gratuitement ; leur défendant » de se servir d'aucun autre poids, à peine de confiscation des » poids, & de 2oo livres d'amende ». Et enfin Louis XIV ordonna, le 2o jour de Septembre 1689, · que le Fermier du droit de marque sur l'or & l'argent, sera tenu de se servir dans l'Argue de Lyon, de poids échantillés (étalonnés) sur la matrice du poids de marc, étant au Greffe de la Monnoie de Lyon , sans en pouvoir tenir d'autres, à peine de mille livres d'amende. A permis à cet effet au Commissaire-Général de la Cour des Monnoies de faire la vérification desdits poids, quand il le jugera à propos ; & ordonne en outre que le Commissaire-Général de la Cour des Monnoies aura jurisdiction & inspection sur tous les poids de marc servant à peser l'or & l'argent monnoyé ou non monnoyé ; & le Consulat de Lyon, sur les poids servant à peser toutes autres sortes de marchandises. ( Boizard , Traité des Monnoies, I. Partie, Chap. XXVI. ) Le même Roi ayant désiré que le poids de marc dont on se servoit dans les Pays conquis, fût égal à celui du reste du Royaume, envoya en 1686 le sieur de Chaffebras, Député & Commissaire pour cet établissement. Les anciens étalons, qu'on nommoit poids dormans, lui ayant été représentés, comme il paroît par son procès-verbal, & ayant été trouvés en quelques lieux plus forts, & dans d'autres plus foibles que ceux de France, furent déformés & brisés, & d'autres établis en leur place, pour être gardés à la Monnoie de Lille, & y avoir recours à la maniere observée dans les autres Hôtels des Monnoies du Royaume. Ces nouveaux étalons sont époinçonnés & marqués de L couronnée de la Couronne impériale de France, & continuent d'y être appellés poids dormans , comme les anciens qui avoient pour marque un soleil , au-dessus duquel étoit une fleur de lis. , Les poids de Paris & de presque tout le Royaume sont le millier, qui contient 1o quintaux ou 1ooo livres; le quintal, qui contient 1 oo livres5 la livre, qui contient 2 marcs, 4 quarterons, 1 6 onces, 128 gros ou drachmes, 384 deniers ou scrupules, 92 16 grains ; le marc, qui contient 8 onces, 64 gros, 192 deniers, 46o8 grains. Marc s'entend aussi d'un poids de cuivre, composé de plusieurs autres poids emboîtés les uns dans les autres, qui tous ensemble ne font que le marc, c'est-à-dire, huit onces, mais qui, séparés, servent à peser jusqu'aux plus petites diminutions du marc. Ces parties du marc faites en forme de gobelets ou de cones tronqués non solides, sont au nombre de huit, y compris la boîte qui les enferme tous, & qui se ferme avec une espece de mentonniere à ressort, attachée au couvercle avec une charniere. Ces huit poids vont toujours en diminuant, à commencer par cette boîte qui toute seule pese quatre onces, c'est-à-dire , autant que les sept autres; le second est de deux onces, & pese autant que les six autres ; ce qui doit s'entendre, sans qu'on le répéte , de toutes les diminutions suivantes, hors les deux dernieres ; le troisieme pese une once ; le quatrieme, une demi-once ou quatre gros; enfin le septieme & le huitieme, qui sont égaux , chacun un demi-gros, c'est-à-dire, un denier & demi ou trente-six grains, à compter le gros à trois deniers, & le denier à vingt-quatre grains. Ces sortes de poids de marc par diminution, se tirent tout fabriqués de Nuremberg; mais les balanciers de Paris & des autres Villes de France, qui les font venir pour les vendre, les rectifient & ajustent, en les faisant vérifier & étalonner sur le marc original, & ses diminutions Pareilles, gardés dans les Hôtels des Monnoies. Par Lettres-Patentes du Roi, données à Versailles le 12 Septembre 1778 , & registrées en Parlement, il est ordonné 1° qu'à oompter du premier Octobre suivant, toutes les mesures à grains & des liquides, en usage dans le commerce de Versailles, seront réglées sur celles qui sont employées pour le commerce de Paris ; avec défenses à toutes personnes d'employer celles qui sont connues sous les dénominations de Versailles, Saint-Denis, ou autres quelconques ; 2°. qu'à l'effet de ce que dessus, il sera fondu des mesures-matrices en cuivre , tant pour les grains que pour les liquides, aux frais du Domaine du Roi ; de la conformité desquelles avec celles de Paris, sera dressé procès verbal par le Bailli, Lieutenant-Général de Police, ou le Lieutenant au Bailliage, en pré· sence du Procureur du Roi, de six Maîtres de la Communauté des Marchands, Aubergistes, Cafetiers, & de pareil nombre de Marchands de Grains & Grenailles , lesquels seront nommés par ledit Bailli, ou Lieutenant ; & seront ensuite lesdites mesures déposées au Greffe du Bailliage Royal, pour servir à l'étalonnage des mesures appartenantes aux particuliers dans toute l'étendue desdites Ville & Bailliage. Le tonneau dans la Marine est, pour les marchandises d'œuvre de † , de 2ooo livres pesant ; & pour lés marchandises qui se mesurent au volume, de 42 pieds § , faisant 15 12 pintes ou 1 1 3 # boisseaux de Paris. Pour connoître le port & la capacité d'un Navire, c'est-à-dire, le nombre de tonneaux de mer qu'il contient, il faut prendre la longueur du Vaisseau depuis l'estambord jusqu'à l'estrave; mesurer ensuite la largeur : 1°. à chaque bout, à la distance de huit pieds ou environ de l'estambord & de l'estrave ; 2°. au milieu de la profondeur, pour avoir la largeur réduite ; & de ces deux différentes largeurs, en faire une justifiée ou moyenne ; enfin mesurer la hauteur : 1°. au milieu vers le mât ; 2°. à chacun des deux bouts, en prenant depuis la carlingue ou contre-quille, jusques sous le ban ; 3°. au-dessus entre les deux ponts ; puis réduire ces trois hauteurs pour en avoir une justifiée ou moyenne : après cela multiplier la longueur par la largeur justifiée, & le produit par la hauteur aussi justifiée, & diviser le dernier produit par 42 pieds : le quotient de la division exprimera le nombre de tonneaux que contient le Navire. Après ces définitions de nos mesures , je me crois obligé de rendre compte de la méthode que j'emploierai dans mes calculs. Il est évident que si les rapports des mesures & des monnoies étrangeres avoient pu s'exprimer en nombres entiers & sans fractions,

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