Images de page
PDF
[ocr errors][merged small]

# = 12 ; puis de 12 retranchez 11 , reste 1 ; c'est un marc de cuivre qu'il faut ajouter aux 1 1 marcs d'or à 24 karats, pour avoir 12 marcs d'or au titre de 22 karats.

De même si l'on a 44 marcs d'argent au titre de 12 deniers, & qu'on veuille en frapper des monnoies au titre de 1 1 deniers, on déterminera la quantité de cuivre qu'il y faut mêler, en faisant d'abord cette analogie :

I I : I2 : : 44 : x = # = 48 ; ou bien cette autre, dont les termes sont exprimés en grains, 264 : 288 :: 44 : x = 48. Ensuite on ôtera 44 de 48 & la différence 4 fera connoître qu'il faut mêler 4 marcs de cuivre avec 44 marcs d'argent à 12 deniers , pour en faire 48 marcs d'argent à 1 1 deniers ; & ainsi du reste.

L'alliage n'est pas seulement employé pour donner de la solidité aux monnoies, il l'est encore pour donner de la beauté aux ouvrages de bijouterie. « Depuis quelques années le luxe, qui rend » les Artistes inventifs, leur a fait imaginer des moyens pour » donner à l'or différentes nuances par les alliages ; on applique des fleurs & des ornemens faits avec ces ors diversement colorés, » ce qui produit une variété agréable à l'œil, mais c'est aux déens de la valeur intrinseque du métal, qui est sacrifié à la § de l'ouvrage. On ne connoît que cinq ors de couleur, » qui sont : L'or jaune, l'or rouge, l'or verd, l'or gris ou bleu & » l'or blanc. L'or jaune est l'or fin dans toute sa pureté. L'or rouge » est un or au titre de 16 karats; c'est un alliage de deux parties » d'or fin sur une de cuivre de rosette. L'or verd est aussi au titre » de seize karats ; il est fait avec deux parties d'or fin & une » partie d'argent fin. Cette proportion fournit un beau verd de » pré ; trois parties d'or fin, fur une d'argent fin, produisent un » verd feuille morte ; on aura un verd d'eau, si l'on met sept † » ties d'or fin, sur cinq parties d'argent fin. L'or gris ou bleu , » ou pour mieux dire bleuâtre , se fait quelquefois par le mélango » de l'arsenic ou de la limaille d'acier, mais le plus souvent c'est » un alliage de trois quarts d'or sur un de gros fil-de-fer doux Los » blanc est assez improprement appellé or , n'étant autre chose » que de l'argent, à moins que pour éteindre sa vivacité on oo » le mélange un peu, ce qui arrive rarement. L'or blanc se foot

[ocr errors]
[graphic]

* aussi en alliant de l'or avec beaucoup de fer; mais ce dernier * est aigre, cassant, & difficile à travailler. En changeant les pro* portions de l'alliage, on peut, de cette façon, avoir de l'or de » différentes nuances ». Dièt. Encycl. Les Monnoyeurs ne fabriquent point d'especes d'or & d'argent sans alliage ; c'est-à-dire, qu'ils mettent toujours une portion de cuivre avec ces deux métaux. Les raisons de cet usage sont la rareté des métaux précieux, la nécessité de les rendre plus durs par le mélange de quelque § étranger, & encore par ce moyen d'éviter les dépenses de la fabrication, qui se doivent prendre sur les especes fabriquées aussi bien que les droits du Prince : c'est de quoi nous allons † parler. Les frais de la fabrication des monnoies s'exprime par le mot Brassage. Brasser signifie proprement bien remuer les matieres en bain ou en fonte, afin qu'elles puissent être également fines partout. Le Brassage est un droit que le Roi accorde aux Directeurs de la monnoie sur chaque marc d'or , d'argent & de billon, mis en œuvre & fabriqué. Ce droit est aujourd'hui de cin sous pour l'or, & pour l'argent, & de six sous pour le billon. Autrefois le Directeur (que l'on appelloit Maitre), prenoit trois livres par marc d'or, & dix-huit sous par marc d'argent, dont la moitié étoit employée au déchet de la fonte, charbon, frais, &c., & l'autre moitié au payement des ouvriers. Le seigneuriage est un droit que le Roi, comme Seigneur, leve sur les monnoies ou sur les métaux monnoyés. Rendage est un terme dont on se sert ordinairement pour comprendre & exprimer conjointement le brassage & le seigneuriage. Traite est un terme plus général & qui signifie plus que rendage, parce que la traite comprend ensemble le brassage, le seigneuriage & les remedes de poids & de loi. En France, on fait monter le rendage à 3 pour cent de la valeur, ensorte que celui qui porte des matieres à l'Hôtel de la Monnoie, le poids de cent onces, & du même titre que les especes, ne reçoit que 97 onces fabriquées. Selon M. Dupré de Saint-Maur, la traite est aujourd'hui entre un seizieme & un dix-septieme du prix des matieres, observant qu'en 1719 & 172o elle étoit bien plus considérable. Le droit de seigneuriage étoit non-seulement inconnu aux Anciens, mais même sous les Romains on ne prenoit pas les frais

[ocr errors]

de fabrication, comme la plupart des Princes font aujourd'hui ; l'Etat les payoit au particulier. Celui qui portoit une livre d'or fin à la monnoie, recevoit 72 sous d'or fin, qui en étoient la valeur.Ainsi l'or & l'argent en masse, ou converti en monnoie, étoient de même valeur. L'Angleterre aujourd'hui encore ne prend aucun profit sur les monnoies pour le seigneuriage & le brassage ; la fabrique en est défrayée par l'Etat, ce qu'on regarde comme

une excellente vue politique. Il est difficile , dit M. le Blanc, de marquer quand nos Rois

ont commencé à lever le droit de seigneuriage sur leurs monnoies, ou pour mieux dire, sur leurs sujets. Nous n'avons rien sur cela de plus ancien, qu'une Ordonnance de Pepin, où il est dit, que le Monétaire rendra à celui qui apportera une livre d'argent à la monnoie pour la fairemonnoyer, 2 1 pieces, ou 21 sous, & qu'il retiendra le vingt-deuxieme, ces sous étant alors à la taille de 22 au marc. Il a apparence que les Rois de la premiere race en avoient joui, n'étant pas vraisemblable que Pepin eût osé, dans le commencement de son regne , imposer un nouveau tribut sur les François qui venoient de lui donner la couronne. Dans ce qui nous refte d'Ordonnances des Rois de la seconde race, pour les monnoies, il n'y est fait aucune mention de ce droit. Cependant la donation que Louis le Débonnaire fit à S. Médard de Soissons, du pouvoir de battre monnoie, fait voir que l'on en tiroit quelque profit, puisqu'il dit qu'il accorde ce droit § être employé au service qui se faisoit en l'honneur de saint Séastien. Monetam publicam cum incudibus , & trapezatum perpetuo famulatu sacris ipsius (sancti Sebastiani) deservituram subdidit. Charles le Chauve accorda le même privilége aux Evêques de Langres; & il paroît, par les termes de cette concession, que la monnoie produisoit quelqu'utilité à ceux qui avoient droit de la faire battre. Ad utilitatem jam prœdictarum Ecclesiarum , earumque Rectoris provisionem volumus pertinere. Enfin ce droit de seigneuriage est clairement marqué dans une donation que Charles le Simple fit à la Chapelle de S. Clément, de la dixieme & neuvieme partie du revenu, qu'on appelloit monéage, de la monnoie qui se fabriquoit dans le palais de Compiegne : De moneta ejusdem Palatii decimam & nonam partem.

Sous la troisieme race, Henri I donna à Saint-Magloire, la

, monnoies d'or.

la dixme de tous les revenus qu'il tiroit de Marino portu Masterioli Castri, excepté la dixme de la monnoie qu'il avoit déja accordée à quelque autre. Mais ce droit, qui est quelquefois appellé Monetagium, est trèsbien prouvé dans un bail que Philippe-Auguste fit l'an 12o2 , de la monnoie de Tournai : Nos habebimus tertiam partem Monetagii quod inde exiet. Les deux autres tiers devoient appartenir à un autre ; ce qui le prouve parfaitement, c'est que Philippe-Auguste acquit d'un certain Evrard des Vignes, un second tiers des émolumens de cette monnoie de Tournai. On pourroit justifier par plusieurs autres titres, que non-seulement nos Rois de la troisieme race, mais aussi les Seigneurs particuliers qui jouissent du droit de faire battre monnoie en France, ont laissé cette taille ou taxe sur leurs monnoies : mais il est plus à propos de chercher en quoi consistoit ce droit. Depuis Pepin, qui prenoit la vingt-deuxieme partie de douze onces, nous ne savons point ce que ses successeurs, jusqu'à saint Louis, prirent sur les monnoies, pour leur droit de seigneuriage, & pour les frais de la fabrication : il est difficile de dire à quoi se montoit l'un & l'autre ; car cela a fort varié sous tous les regnes , même sous ceux où les monnoies n'ont point été affoiblies, & où elles ont été bien réglées. Ce que saint Louis leva sur ses monnoies, nous peut servir en quelque façon de regles , puisque toutes les fois qu'elles tomberent dans le désordre sous ses successeurs, ce qui arriva souvent, les peuples demanderent toujours qu'on les remît au même état qu'elles étoient du temps de saint Louis. Ce sage Prince avoit fixé le prix du marc d'argent non ouvré à 54 sous 7 deniers tournois, & il le faisoit valoir 58 sous étant converti en monnoie, de sorte qu'il prenoit sur chaque marc d'argent, tant pour son droit de seigneuriage que pour les frais de la fabrication 3 sous 5 deniers : c'est-à-dire, quatre gros d'argent, ou la seizieme partie du marc hors d'œuvre, à peu près comme aujourd'hui. On prenoit aussi à proportion un droit sur les monnoies d'or : jusqu'ici on n'a pu découvrir à quoi il montoit sous saint Louis. On peut voir par la comparaison du marc de fin ouvré, avec le marc de fin hors d'œuvre , dont on trouvera le rapport dans les tables de M. le Blanc, ce que ses successeurs ont levé, tant sur le monnoies d'argent que sur les

[ocr errors]
[graphic]
[merged small][ocr errors]
[graphic]
« PrécédentContinuer »