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Toutes ces monnoies ont été des especes réelles, chacune dans leur temps, & dans d'autres temps n'ont été que numéraires & de compte. Par l'Ordonnance de Philippe le Bel, du mois de Juillet 13 13 , il est fait défenses à tous de ne faire achats & payemens de marchandises ou aucuns contrats, sinon à sous & livres tournois, & au parisis. Cette Ordonnance fut depuis confirmée par celles des années 1 343 & 1 347. Mais Henri III ordonna, par Edit du mois de Septembre 1 577, que tous les comptes seroient faits par écus d'or sol, qu'il évalua à 6o sous piece , & que tous actes & contrats seroient faits , dressés & conçus en écus d'or, lesquels néanmoins pourroient être payés en toute sorte d'especes d'argent & de billon ayant cours. Cet Edit ne fut exécuté que jusqu'au mois de Septembre 1 6o2, à cause des grands inconvéniens qui en étoient arrivés, & qui obligerent Henri IV d'abroger cette maniere de compte par écus d'or sol , & de rétablir l'ancienne maniere de compter par sous &

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Enfin le numéraire par parisis & tournois a été abrogé par l'Ordonnance du mois d'Avril 1667, par laquelle Louis XIV ordonna qu'à l'avenir les sommes seroient exprimées dans les Jugemens, conventions & autres actes, par deniers , sous & livres, & non par paJ'lflS Oll t8t/r/7OlS.

On se sert néanmoins encore aujourd'hui du terme de parisis dans les Ordonnances des Aides, pour exprimer un quart en sus du droit porté par ces Ordonnances ; souvent il y est fait mention du parisis, sol & six deniers pour livre. Pour évaluer le droit ainsi énoncé, on en prend le quart pour le parisis, puis on l'y ajoute; ensuite on prend le vingtieme de cette somme pour le sol, & on l'y ajoute de même ; enfin on prend le quarantieme de cette nouvelle somme pour les six deniers, & on l'y ajoute encore. Par exemple, soit un droit de 4 liv. = a, à percevoir sur une mar

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au premier de Janvier, par l'Ordonnance de Roussillon, en 1564. Le point précis du commencement des années en France n'a as moins varié que l'époque d'où l'on est parti pour en compter † nombre. On trouve divers commencemens d'années qui ont été en usage en différens temps, & quelquefois en même temps parmi les François. Sous les Rois de la race Mérovingienne , l'année civile commençoit du jour de la revue des troupes, qui étoit le premier de Mars ; sous les Rois Carlovingiens, § COnnnneIlçoit le jour de Noel, c'est-à-dire le 25 de Décembre. Si on l'avoit fait commencer quatre jours plutôt, savoir le 2 1 du même mois, & qu'on y eût placé le premier de Janvier, alors le retour tant de l'année que des mois auroit accompagné le retour du soleil vers nous ; il en seroit résulté quelques avantages, & une parfaite conformité entre le mouvement annuel du soleil & la révolution de l'année civile. Sous les Capétiens, l'année commençoit le jour de Pâques ; desorte que cette fête étant mobile , le commencement de l'année varioit depuis le 22 Mars jusqu'au 25 Avril, ce qui étoit sujet à beaucoup d'inconvéniens. A l'égard de l'année Ecclésiastique , le Clergé de France l'a toujours fait commencer au premier Dimanche de l'Avent. Outre les commencemens d'années fixés au premier de Mars, au 25 Décembre & à Pâques, il y en a eu d'autres , celui fixé au premier de Janvier, & celui fixé au 2; de Mars , ce qui fait au moins cinq époques différentes qui ont servi à fixer le commencement de l'année. 1°. Année commençant au premier de Mars. C'est à ce jour que les premiers Romains firent commencer leur année, usage que les Vénitiens ont conservé jusqu'à présent. On trouve des preuves dans Grégoire de Tours & dans d'autres Ecrivains des sixieme & septieme siecles, que les François de ce temps-là prenoient, ainsi que les Allemands, les uns le premier de Mars , & les autres le premier de Janvier pour le commencement de l'année. L'année s'ouvroit encore par le premier de Mars en 755, comme il paroit par un statut du Concile de Vern, tenu en France cette année-là. · 2°. Année de la Circoncision, ou du premier de Janvier. On a des preuves que dès les premiers siecles de la Monarchie , on commençoit en France comme en Italie depuis Numa, en Allemagne, en Hongrie & en Suisse, l'année par le premier de Janvier Mais quelques Ecrivains, quoiqu'en petit nombre, en ouvrant l'année

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par ce jour, paroissent avoir anticipé d'un an entier sur notre
maniere de compter , en datant, par exemple , dès le mois de
Janvier 1 1 o3 , lorsque nous ne comptons que l'an 1 1o2. Ce com-
mencement d'année ne fut fixé invariablement & généralement en
France que par l'Ordonnance de Charles IX, donnée à Perpignan
en 1564. Le Parlement s'opposa d'abord à ce réglement, & ne
consentit à l'enregistrer que l'an 1567 ; il suivoit encore l'ancien
style qui faisoit commencer l'année à Pâques, en l'an 1566, qui
n'eut que 8 mois 17 jours, depuis le 14 Avril jusqu'au 31 de Dé-
cembre. Les pays voisins de la France firent, à son exemple, les
uns plutôt, les autres plus tard, la même réforme dans leur Ca-
lendrier. Les Pays-bas en 1575 , l'Espagne en 1 576, la Lorraine
en 1579. Quant aux Hollandois, ils avoient réglé cette législation

avant la France, & dès l'an 1532.
3°. Année de l'Incarnation, de la Conception , de l'Annonciation ,
de Grace ou de Trabéation , commençant le 25 de Mars. Elle fut en
usage en France dès l'an 743. On la retrouve dans les fastes de
l'Auvergne, du Languedoc , du Dauphiné , de la Provence , de
la Franche-Comté, de la Champagne à Rheims & à Soissons,
d'Angleterre, d'Arragon , de Florence, de Lausane , de Treves
& de Cologne. On la commençoit trois mois moins sept jours
après notre premier de Janvier dans le Querci , le Rouergue &
le bas Limosin ; ailleurs elle commençoit neuf mois & sept jours
avant notre premier de Janvier, comme en Italie où on l'appel-
loit le # Pisan. On s'est servi de ce calcul Pisan en France,
sous le Roi Robert, vers l'an 999, comme on le prouve par le
Capitulaire de Saint-Maur-des-Fossés, par une Charte originale de
ce Roi pour l'Abbaye de Saint-Pierre de Châlons-sur-Marne, par
une autre pour l'Abbaye de Coulombs, & par la Vie du Roi
Robert, écrite par Helgaut. On trouve aussi des preuves de cet
usage dans une Charte originale du Roi Henri I pour l'Abbaye
de la Chaize-Dieu en Auvergne, &c. Dans nos Chartes & nos
Chroniques, les Ecrivains datent tous de l'année de l'Incarnation,
sans marquer s'ils la commencent le 25 de Mars , neuf mois &
sept jours avant nous, ou trois mois moins sept jours après nous ;
ou le premier de Janvier avec nous, ou un an avant nous; ou le
pre rmier de Mars, ou à Noel ou à Pâques. :
4-o. Année de la Nativité ou de Noel, commençant le 25 Dé-
cem bre, On fait voir qu'elle a été en usage dès le # de Char-

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