Images de page
PDF
[merged small][ocr errors]

quantité de monnoie que ces métaux qu'ils achetent n'en pourroient produire à la fabrication; par exemple, l'or à 23 # karats ne vaudroit que 792.5 livres le marc monnoyé, ce qui n'empêche pas qu'on ne l'achete jusqu'à 8o4 livres & plus ; le marc d'or à 2o karats , qui est le titre convenable pour les ouvrages de bijouterie, se vend brut jusqu'à 674 livres, quoiqu'il ne puisse produire au monnoyage que 661.25 livres. C'est presque la même chose pour l'argent. Le prix moyen de celui qu'on achete comme matiere , est 53.75 livres ; il produiroit 54.o9 livres au monnoyage. Le marc d'argent, acheté 5 1.85 livres le marc au titre de I I deniers 1 o grains, comme matiere, ne peut produire que 52.19 livres à la fabrication. Cependant l'Orfévre n'auroit point un bénéfice réel à fondre les louis , parce que contenant presque toujours un alliage d'argent, qui en rend l'or pâle, il seroit obligé de l'affiner pour y substituer du cuivre, ce qui occasionneroit des frais & des déchets considérables.

Comme cet endroit m'a présenté quelque difficulté , j'ai eu recours à M. Tillet, de l'Académie des Sciences, & InspecteurGénéral des Essais & Affinages du Royaume, qui a bien voulu me donner les instructions suivantes, que je placerai ici en entier pour la satisfaction du Lecteur.

» Epoques des diminutions successives de bénéfice qui sont résultés
» pour le Roi, après la fabrication des louis de 3o au marc,
» des écus de 8 # , telle qu'elle étoit ordonnée par l'Edit du mois
' » de Janvier 1726.

» Edit de Janvier 1726.

» Cet Edit fixoit le cours de ces louis à 2o livres chacun , & » celui des écus à 5 livres.

» Les 3o louis valoient à ce prix . . . . . 6oo liv.

» Le marc des vieux louis étoit fixé à . . . . 492

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]
[ocr errors]

» La traite à 22 # pour cent, étoit de . . .7 To
m-

» Par

[ocr errors]

» Par Arrét du 26 Mai 1726, • • .

» Les 3o louis valurent, à 24 liv. piece : . : . 72o l.
» Le marc des vieux louis . . . . . . . . . 637 1of.

[ocr errors]

» Traite à 12 # pour cent . . : . . . . . 82 I o

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

- - » Par Arrét du 15 Juin

- 1726 ,

- \ . » Les 3o louis continuerent de valoir : ; : : 72o I. » Le marc des anciens fut porté à . . . . . . 678 15 s.

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors]
[merged small][ocr errors]
[ocr errors]

» Le bénéfice de 2 # un peu moins pour cent, | » ne fut plus par conséquent que de . .. 16 liv. 12 s 2 d.

-

. » Les 8 # écus valurent toujours . . . . 49 liv. 16 f

[ocr errors]

· » Lachat du marc des anciens fut mis, y com» pris 8 d pour livre, & les frais de fabrid

[ocr errors]
[ocr errors]

» Par Arrét du 1 ; Septembre 177 12

[ocr errors]

1 » Les 3o louis valurent toujours . . . .. 72o l. » Le marc de la matiere au même titre fut porté, » en y comprenant 8 deniers pour livre, - | » à - e • • • • • - © 7o9 l. - , ) f d ' » Les frais de la fabrication sont de 2 » 3 d}7 ! o I. 3 d. - » Bénéfice à 1 # pour cent . .. . - . . 8 19 9

[merged small][ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors][merged small]

» Observations sur l'effet qui résulte du prix des matieres d'or & d'ar»gent trop rapproché, dans les tarifs des Monnoies ; de la valeur » numéraire des especes, & de la valeur courante de ces mémes ma» tieres dans le commerce.

» D'après ce qui est exposé, dans le Mémoire ci-joint, sur la » variation du prix des matieres d'or & d'argent reçues aux Hôtels » des Monnoies, depuis 1726 jusqu'en 1777, pour y être conver» ties en especes, on voit que, par une augmentation successive - » de la valeur de ces matieres, le bénéfice du Roi , qui étoit, au » mois de Janvier 1726, de 1o8 livres par marc d'or monnoyé , » & de 7 livres 1o sous par marc d'argent , ne se trouve plus, » en 1777, que de 4 livres 12 sous 9 deniers par marc d'or, & » de 6 sous 1 denier par marc d'argent. . • · » Si on doit regarder comme trop considérable ce bénéfice » porté jusqu'à près de 22 pour cent, ainsi qu'il le fut au com» mencement de 1726, on remarquera sans doute qu'il devient » trop modique aujourd'hui, tant parce qu'il ne suffit pour cou» vrir les dépenses attachées à la partie des monnoies , que par » les inconvéniens qui résultent du prix des matieres brutes trop » rapproché de la valeur de ces mêmes matieres monnoyées. » Le prix des matieres d'or & d'argent augmente dans le com» merce en raison de celui qui est établi au change des Hôtels » des Monnoies. Si le commerce en effet n'excédoit pas, dans » l'achat des matieres ou des especes étrangeres, la valeur déter» minée par les tarifs, elles abonderoient aux Hôtels des Mon» noies, par la raison bien décisive de la sûreté & de la promp» titude § paiemens. Dès-lors le commerce d'orfévrerie & tous » ceux où l'or & l'argent sont employés, manqueroient d'un ali» ment nécessaire ; & l'interruption du travail des artistes en ce » genre seroit plus †o à l'Etat , que ne seroit au Roi » une abondante fabrication. » Aussi l'Administration a-t-elle été toujours très - attentive à » tenir l'or & l'argent , dans les tarifs des monnoies, au-dessous

[ocr errors]

» du prix courant de ces matieres. dans le commerce, afin que » le surhaussement qui pouvoit avoir lieu , n'eût d'autre cause que » la rareté de ces matieres, ou une consommation considérable » dont le commerce auroit profité. » En même temps que l'Administration s'est occupée à tenir » les matieres brutes d'or & d'argent, dans les tarifs des mon» noies , au-dessous du prix ordinaire du commerce , elle a eu » soin que la valeur numéraire des especes fût contenue dans cer» taines bornes, & que le droit de seigneuriage, en procurant » un bénéfice modéré au Roi , fût tel cependant que, joint au » prix de la matiere brute, suivant le tarif, il fût un peu supé» rieur à la valeur de la matiere brute dans le commerce , & » ses vues étoient d'empêcher qu'on ne fondit les especes ; in» convénient qui doit nécessairement arriver lorsqu'un marc d'ar» gent brut, au titre des écus, est parvenu à la valeur du marc » d'argent monnoyé. , • : ' . . » Le haut prix des matieres peut être occasionné par une grande » consommation qu'on en a faite , ou par leur rareté proprement » dite. Il paroît que c'est aujourd'hui le peu d'abondance des » piastres qui en a fait monter la valeur. Celles aux deux gloX) § , dont le titre est précisément celui des écus de 6 livres, » va jusqu'à 49 livres 15 sous, & même 5o livres par marc ; & » comme les matieres prennent, dans le commerce , un certain » niveau pour le prix relatif à leur valeur intrinseque , l'argent » au titre de la vaisselle, qui est de 13 grains de fin plus fort » que celui de ces piastres, se trouve parvenu de son côté à 53 » livres 5 sous par marc , c'est-à-dire , à une livre cinq sous de » plus qu'il n'est couramment. : » On vient de remarquer que le prix du marc des piastres aux » deux globes roule actuellement sur 5o livres. Un marc d'écus » neufs de 6 livres, sorti de la Monnoie de Paris , avec très» peu de foiblage de poids, composé de huit de ces écus & de » trois-dixiemes d'écu , & au même titre que ces piastres , ne » vaut que 49 livres 16 sous. Voilà donc le moment où l'on » peut fondre les especes , même avec un léger avantage, surj» tout en choisissant les écus les plus forts, & avec une sûreté » pour le titre que ne présentent pas quelquefois les lingots d'ar» gent qui sont vendus dans le commerce. » Le prix des piastres n'est monté si haut que successivement ;

« PrécédentContinuer »