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sont d'avis que je fasse mes comparaisons sur ces titres, mais en ne comprenant que la moitié des remedes de poids permis par l'Edit de 1726.

Par Arrêt du Conseil, du 27 Septembre 1771 , & LettresPatentes sur icelui , le prix du marc d'or au titre de 2 1 karats # est fixé, pour être reçu comme matiere aux Hôtels des Monnoies, à 7o9 livres ; & le prix du marc d'argent au titre cidessus de 1o deniers 2 1 grains, à 48 livres 9 sous. L'observation de cet Arrêt ayant été interrompue à différentes reprises, a été remise dans toute sa vigueur par une Lettre de M. Necker. Nous placerons donc encore ici les calculs suivans , qui sont ceux du moment.

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1741722 log. 55.17 + livres , valeur du marc d'argent fin monnoyé.

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2894648 log. 784.6 = livres, valeur du marc d'or fin brut. 1728o45 log. 53.46 + livres, valeur du marc d'argent fin brut. 1 161368 log. 14.5 , proportion des métaux monnoyés. 1 1666o3 log. 14.676 - proportion des métaux bruts.

Ces calculs sont faits précisément dans la supposition que nos louis d'or sont fabriqués au titre de 2 1 karats # , sans remede de loi, mais avec un remede de poids de 1o grains par marc, au lieu de 15 , dont on comprend la moitié : & de même que nos écus de 6 livres sont au titre de 1o deniers 2 1 grains, sans remede de loi, mais avec un remede de poids de 36 grains, dont

on comprend la moitié dans le calcul.

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conque, calculée comme monnoie , tel qu'on le trouvera dans nos Tables , en son prix comme matiere pour être o† à l'Hôtel de la Monnoie , on pourra faire usage des logarithmes suivans.

— 1991558 log c.98o7 , qu'il faut ajouter au logarithme des especes d'or.

— 1986366 log o.9691 , qu'il faut ajouter au logarithme de l'espece d'argent. "

Comme on pourroit s'aviser de refaire ces calculs pour les vérifier d'après leurs élémens, nous jugeons à propos d'avertir qu'on y rencontrera une très - légere différence que nous avons cru pouvoir sacrifier à la commodité d'avoir des nombres ronds, dont on pût faire usage, même sans le secours des logarithmes. On sait #ailleurs qu'il y a un peu d'arbitraire dans l'évaluation du marc d'or & d'argent , occasionné par l'impossibilité de fabriquer la monnoie à des poids & à des titres rigoureusement exacts. Nos résultats sont ici que le marc d'or monnoyé au titre de 24 karats, vaut 8oo livres juste , & que le prix de l'argent monnoyé est à celui de l'or, comme 1 à 14 # juste : telle est la base du calcul qui servira pour nos évaluations.

Les principes que nous avons exposés pour servir de base à l'évaluation des monnoies , sont reçus & connus de tout le monde , & ils seront suffisans, dans le cas où il s'agira de réduire simplement, poids pour poids, une espece quelconque ancienne ou étrangere , d'or ou d'argent , pour en connoître la valeur intrinseque, relativement à une espece ayant cours actuellement, & contre laquelle on voudroit l'échanger au pair , ce

ui doit se rencontrer bien rarement , ou plutôt jamais, en fait † monnoies anciennes. Mais lorsqu'il s'agit de considérer les monnoies anciennes ou étrangeres comme mesures comparatives du prix des choses commerçables , & d'en comparer le numéraire à un numéraire monétaire ayant cours , & actuellement existant, il y a une théorie accessoire plus métaphysique , dont les Ecrivains sur cette matiere n'ont point parlé , quoiqu'elle soit absolument nécessaire pour déterminer le vrai rapport d'un numéraire monétaire ancien ou étranger , à un numéraire national existant. Analysons & développons cette théorie.

Si un métal unique étoit employé pour servir de mesure comparative & appréciative des choses qui entrent dans le commerce, le rapport de la monnoie d'un temps à celle d'un autre temps, ou d'une Nation à celle d'une autre Nation , consisteroit uniquement dans celui du poids de ces monnoies ; ensorte que pour faire cette comparaison on se serviroit des seuls principes exposés plus haut.

Si employant deux métaux pour la confection des monnoies, & pour tenir lieu de mesure appréciative , on leur conservoit dans tous les temps & dans tous les pays le même rapport de valeur, ensorte que la même proportion régnât toujours entre leur prix ou leur estimation § ; dans ce cas , comme dans le précédent, le rapport de la monnoie d'un temps à celle d'un autre temps, ou d'un pays à celle d'un autre pays, seroit exprimé essentiellement pour chaque métal parallele & homogene , par le poids des monnoies qui en seroient fabriquées , & les principes ci-dessus exposés seroient toujours suffisans.

* Ce seroit la même chose encore si trois métaux , ou davantage, étoient employés pour la fabrication des especes dans une proportion constante , uniforme & invariable ; le rapport de deux especes faites d'un même métal, consisteroit toujours uniquement & essentiellement dans leur poids.

Mais c'est une autre chose, lorsque la proportion des métaux étant différente , il s'agit de comparer entr'elles , comme mesures du prix des choses commerçables , les monnqies de deux époques, ou de deux peuples co-existans sous des loix particulieres. C'est alors une collection rationnelle, ou un rapport combiné qui participe plus ou moins de la disparité des proportions entre les métaux , & dans lequel l'un de ces métaux perd de son prix pour en communiquer à l'autre. Il faut rendre ceci sensible par des exemples, en prenant le marc de Paris pour poids commun.

Soit # la proportion de l'or & de l'argent dans un état A, &

b - - - -
7 la même proportion dans un état B , que c soit la quantité

des marcs d'or, & d la quantité des marcs d'argent de l'état A ,

& que e soit la quantité des marcs d'or , & f celle des marcs d'argent

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d'argent de l'état B , enfin que le marc d'or vaille g florins dans l'état A , & h livres dans l'état B.

On convient généralement que si l'or est plus précieux que l'argent dans une certaine proportion , c'est qu'il est plus rare que l'argent dans la même proportion. Si un marc d'or vaut en France quatorze marcs & demi d'argent, c'est qu'il y a quatorze fois & demie plus d'argent que d'or dans ce Royaume. Cette opinion n'est pas sans doute rigoureusement vraie , & nous ne lui donnerons pas plus de créance qu'elle n'en mérite ; mais nous pouvons au moins en tirer une premiere induction , qui dispose d'avance à approfondir des principes plus certains & plus solides.

Nous avons donc, suivant cette opinion, c + d = c + a c pour l'expression en marcs de la masse des métaux dans l'Etat A , dg * | a

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