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homme intérieur, éclairé par une étincelle divine;
nous ne craignons pas, malgré l'opinion des sophistes,
qu'il soit jamais victime de cette noble soumission;
il s'applaudira plutôt d'écouter la voix de la sagesse,
la voix de Dieu, soit qu'il l'entende au fond de son
cœur, soit d'autres lui en transmettent les le-
que
çons. Car si nous voulons être tous égaux, tous amis,
il faut que ce soit la même conscience qui nous parle :
pour les sociétés civiles, cette voix intérieure, cette
voix de Dieu, c'est la loi.

RÉPUBLIQUE, LIV. ix.

C

LA SAGESSE, LA VOLUPTÉ.

De quel mélange composerons-nous le souverain

bien permis à la faiblesse humaine? Adressons nos vœux à Bacchus, à Vulcain, ou à tout autre échanson des dieux, qui peut nous apprendre le secret de leur nectar. Nous-mêmes, puisons dans les deux sources ouvertes aux mortels, celle de la Volupté, d'où le miel jaillit en ruisseaux, et celle de la Sagesse, où préside une divinité sobre, qui épanche doucement une eau pure et salutaire : puisons dans l'une et l'autre " pour imiter la boisson des dieux.

Mais n'allons pas mêler au hasard et sans choix toute sagesse et toute volupté. Suivons une meilleure inspiration. Ne trouvons nous pas plus de réalité dans tels principes de sagesse, comme dans

ὡς οιόμεθα, μᾶλλον ἑτέρας ἄλλη, καὶ δὴ καὶ τέχνη τέχνης ἀκριβεστέρα; Καὶ ἐπιστήμη δὴ ἐπιστήμης διάφορος· ἡ μὲν, ἐπὶ τὰ γιγνόμενα καὶ ἀπολλύμενα ἀποβλέπουσα· ἡ δὲ, ἐπὶ τὰ μήτε γιγνόμενα, μήτε απολλύμενα, κατὰ ταυτὰ δὲ καὶ ὡσαύτως ὄντα αεί. Ταύτην, εἰς τὸ ἀληθὲς ἐπισκο πούμενοι, ἡγησάμεθα ἐκείνης ἀληθεστέραν εἶναι. Οὐκοῦν εἰ ταληθέστατα τμήματα ἑκατέρας ἴδοιμεν πρῶτον ξυμμίξαντες, ἆρα ἱκανὰ ταῦτα ξυγκεκραμένα τὸν ἀγαπητό τατον βίον ἀπεργασάμενα παρέχειν ἡμῖν; ἤ τινος ἔτι προσδεόμεθα καὶ τῶν μὴ τοιούτων ; Ἔστω δή τις ἡμῖν φρονῶν ἄνθρωπος αὐτῆς πέρι δικαιοσύνης ὅ τι ἔστι, καὶ λόγον ἔχων ἑπόμενον τῷ νοεῖν, καὶ δὴ καὶ περὶ τῶν ἄλλων ἁπάντων τῶν ὄντων ὡσαύτως διανοούμενος. Ἆρ' οὖν οὗτος ἱκανῶς ἐπιστήμης ἕξει, κύκλου μὲν καὶ σφαίρας αὐτῆς τῆς θείας τὸν λόγον ἔχων, τὴν δὲ ἀνθρωπίνην ταύτην τὴν σφαῖραν καὶ τοὺς κύκλους τούτους ἀγνοῶν, καὶ χρώμενος ἐν οἰκοδομίᾳ καὶ τοῖς ἄλλοις ὁμοίως κανόσι καὶ τοῖς κύκλοις; Γελοίαν διάθεσιν ἡμῶν ἐν ταῖς θείαις οὖσαν μόνον ἐπιστήμαις λέγομεν. Πῶς φής; ἢ τοῦ ψευδοῦς κανόνος ἅμα καὶ τοῦ κύκλου τὴν οὐ βέβαιον οὐδὲ καθαρὰν τέχνην ἐμβλητέον κοινῇ, καὶ ξυγκρατέον ; Αναγκαῖον γὰρ, εἰ μέλλει τὶς ἡμῶν καὶ τὴν ὁδὸν ἑκάστοτε ἐξευρήσειν οἴκαδε. Η καὶ μουσικὴν, ἣν ὀλίγον ἔμπροσθεν ἔφαμεν, στοχάσεώς τε καὶ μιμήσεως μεστὴν οὖσαν, και θαρότητος ἐνδεῖν ; Ἀναγκαῖον φαίνεται ἔμοι γε, εἴπερ γε ἡμῶν ὁ βίος ἔσται καὶ ὁπωσοῦν ποτὲ βίος. Βούλει δῆτα, ὥσπερ θυρωρὸς ὑπ ̓ ὄχλου τινὸς ὠθούμενος καὶ βιαζόμε νος, ἡττηθεὶς, ἀναπετάσας τὰς θύρας, ἀφῶ πάσας τὰς ἐπιστήμας εἰσρεῖν, καὶ μίγνυσθαι ὁμοῦ καθαρᾷ τὴν ἐκ

tels plaisirs? Les sciences n'ont-elles pas leurs rangs, et pouvons-nous confondre celle qui ne contemple que des créatures passagères avec la philosophie céleste, qui étudie l'être incréé, immuable, éternel? N'est-ce pas dans celle-ci qu'il y a plus de vérité? Choisissons donc ce qu'elles ont de vrai toutes deux, et voyons s'il suffit d'en faire un mélange pour obtenir ce bien désirable, ou s'il faut y joindre des facultés moins sublimes. Essayons: voici un homme qui sait les lois de la justice même ; sa raison n'est pas au-dessous de son intelligence divine; il conçoit toute la nature. En sait-il assez ce philosophe, instruit de l'immensité de Dieu, s'il ignore la petitesse de l'homme, et si, pour bàtir dans ce monde visible, il cherche dans le monde idéal ses plans et ses mesures? Non; s'il ne descend jamais de ces hautes pensées, il fera rire ses semblables qu'il connaisse donc aussi leurs fausses règles, leurs idées mensongères, leur étroit horizon; ou je crains qu'il ne retrouve pas sa route pour retourner chez lui. Qu'il n'aille pas dédaigner non plus nos beaux arts, ces arts d'imitation et de conjecture, images terrestres d'une nature intelligible : car il doit vivre et les arts soutiennent la vie. Enfin, comme si les portes étaient forcées par la multitude impatiente, laissons toutes ces conceptions de la sagesse, et les moins nobles et les plus pures, s'élancer à la fois. Leur réunion ne peut nuire à celui qui possède déjà les véritables sciences. La source jaillit; et comme le dirait la Muse du poëte, les

:

δεεστέραν ; Οὔκουν ἔγωγε οἶδα, ὅ τι τὶς ἂν βλάπτοιτο πάσας λαβὼν τὰς ἄλλας ἐπιστήμας, ἔχων τάς πρώτας. Μεθίω δὴ τὰς ξυμπάσας ῥεῖν εἰς τὴν τὴς Ὁμήρου καὶ μάλα ποιητικῆς μισγαγκείας υποδοχήν.

Καὶ πάλιν ἐπὶ τὴν τῶν ἡδονῶν πηγὴν ἰτέον· ὡς γὰρ διενοήθημεν αὐτὰς μιγνύναι, τὰ τῶν ἀληθῶν μόρια πρῶτ τον, οὐκ ἐξεγενήθη ἡμῖν· ἀλλὰ διὰ τὸ πᾶσαν ἀγαπᾶν ἐπιστήμην, εἰς ταυτὸν μεθεῖμεν ἀθρόας, καὶ πρόσθεν τῶν ἡδονῶν. Ὥρα δὴ βουλεύεσθαι νῶν καὶ περὶ τῶν ἡδονῶν, πότερα καὶ ταύτας πάσας αθρόας ἀφετέον, ἢ καὶ τούτων. πρώτας μεθετέον ἡμῖν, ὅσαι ἀληθεῖς. Πολύ γε διαφέρει πρός γε ἀσφάλειαν, πρώτας τὰς ἀληθεῖς ἀφεῖναι. Μεθείσθων δή. Τί δὲ μετὰ ταῦτα; ἆρ ̓ οὐκ, εἰ μέν τινες ἀναγ καῖαι, καθάπερ ἐκεῖ, ξυμμικτέον καὶ ταύτας; Τί δ ̓ οὔ; τάς γε ἀναγκαίας δήπουθεν. Εἰ δέ γε καὶ, καθάπερ τὰς τέχνας πάσας ἀβλαβές τε καὶ ὠφέλιμον ἦν ἐπίστασθαι διὰ βίου, καὶ νῦν δὴ ταυτὰ λέγωμεν περὶ τῶν ἡδονῶν ; εἴπερ πάσας ἡδονὰς ἥδεσθαι διὰ βίου ξυμφέρον τε ἡμῖν ἐστὶ καὶ ἀβλαβὲς ἅπασι, πάσας ξυγκρατέον. Πῶς οὖν δὴ περὶ αὐτῶν τούτων λέγωμεν ; καὶ πῶς ποιῶμεν ; Οὐχ ἡμᾶς διερωτᾶν χρὴ, τὰς ἡδονὰς δὲ αὐτὰς καὶ τὰς φρονήσεις, διαπυνθανομένους τὸ τοιόνδε ἀλλήλων πέρι·

Ω φίλαι, εἴτε ἡδονὰς ὑμᾶς χρὴ προσαγορεύειν, εἴτε ἄλλῳ ὁτῳοῦν ὀνόματι, μῶν οὐκ ἂν δέξαισθε οἰκεῖν μετὰ φρονήσεως πάσης, ἢ χωρὶς τοῦ φρονεῖν ;

Οἶμαι μὲν πρὸς ταῦτα τόδ ̓ αὐτὰς ἀναγκαιότατον εἶναι λέγειν, ὅτι· Τὸ μόνον καὶ ἔρημον εἰλικρινὲς εἶναί τι γένος, οὔτε πάνυ τι δυνατόν, οὔτ ̓ ὠφέλιμον. Πάντων γε μὴν ἡγούμεθα γενῶν ἄριστον ἓν ἀνθ ̓ ἑνὸς ξυνοικεῖν ἡμῖν,

divers ruisseaux, précipitant leur cours, se rassemblent au fond de la vallée.

Venons maintenant à l'autre source, puisqu'au lieu de faire un choix, comme c'était d'abord notre dessein, nous avons épuisé la première par amour pour la Sagesse, avant de songer à celle de la Volupté. Mais devons-nous l'ouvrir aussi tout entière, ou n'en laisser échapper que les vrais plaisirs? Qu'ils sortent les premiers : nous serons plus sûrs de nous. A présent que faut-il faire? Il y en a de nécessaires peut-être : obéissons, comme tout à l'heure, à notre destinée; admettons-les encore. Mais quoi? ne disions-nous pas aussi que les arts, quels qu'ils soient, ne peuvent nuire et sont même utiles à la vie? Parlerons-nous ainsi des Voluptés, et, si elles sont toutes utiles et sans danger pour nous, ne les feronsnous pas entrer dans cette composition du bonheur? Ici je n'ose plus consulter le cœur de l'homme, j'interroge les déesses :

O déesses de tous les plaisirs, vous que nous appelous les Voluptés, dites-nous si vous voulez habiter avec la Sagesse ou loin d'elle?

Je crois entendre leur réponse: Ce qui est bien ne peut et ne doit pas rester solitaire. O vertus, admettez-nous dans votre société sacrée ; et vous

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