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GRAMMAIRE FRANÇAISE

Rédigée d'après les derniers programmes officiels

COURS SUPÉRIEUR

ACCOMPAGNÉ DE NOMBREUX EXERCICES

PAR

M. L. LECLAIR
AGRÉGÉ DE L'UNIVERSITÉ, AUTEUR DE LA MÉTHODE UNIFORME

POUR L'ENSEIGNEMENT DES LANGUES

et

M. C. ROUZE
ANCIEN INSTITUTEUR PRIMAIRE, AGRÉGÉ DE L'UNIVERSITÉ
OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, INSPECTEUR DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A PARIS

CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR

INSCRIT SUR LA LISTE DES OUVRAGES FOURNIS GRATUITEMENT

PAR LA VILLE DE PARIS A SES ÉCOLES COMMUNALES

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PARIS
LIBRAIRIE CLASSIQUE EUGÈNE BELIN
BELIN FRÈRES

RUE DE VAUGIRARD, 52

60

Du Programme officiel des écoles de la Ville de Paris

COURS SUPÉRIEUR
OCTOBRE. Etude de la proposition. — Termes essentiels : sujet,

verbe et attribut. Compléments. Proposition principale.
proposition subordonnée, proposition incidente. Phrase.

Ponctuation (20 partie)..
NOVEMBRE. Syntaxe d'accord; syntaxe de régime.

Nom. Étude des principales difficultés que présentent le genre et le nombre de certains noms. – Pluriel des noms propres, des noms empruntés aux langues étrangères, et des noms composés.

23 Article. Emploi et suppression de l'article

59 DÉCEMBRE. Adjectif. Fonction, place et complément des adjectifs. Accord de l'adjectif..

Des adjectifs déterminatifs. Emploi et accord des adjectifs numéraux, possessifs et indéfinis : 'vingt, cent, même, tout, quelque, etc.....

74 JANVIER. Pronom. Emploi des pronoms en général. — Prin

cipales remarques auxquelles donnent lieu la construction et l'accord des pronoms personnels, démonstratifs, possessifs, conjonctifs et indéfinis

94 Verbe. Accord du verbe avec son sujet; principales exceptions à la règle générale. Compléments des verbes. Emploi des auxiliaires

118 FÉVRIER. Emploi des modes et des temps. Concordance des

temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif et du conditionnel. 150 Mars. - Participe. — Participe présent et adjectif verbal. — Règles

générales et remarques particulières sur l'accord du participe passé

184 AVRIL. Principales remarques auxquelles donne lieu l'emploi des mots invariables

214 Mar. Notions l’étymologie usuelle, ou étude des éléments qui

constituent la signification des mots : racines et radicaux; initiales ou préfixes; désinences ou terminaisons. Dérivés et composés ; familles de mots

246 Juin. Exercices sur la propriété des mots : synonymes.

262 JUILLET, Août. — Récapitulation générale ..

271 Nota. Les exercices d'analyse logique et grammaticale se font pendant toute l'année, comme les dictées et les rédactions.

Tout exemplaire de cet ouvrage, non revêtu de notre griffe, sera réputé contrefait.

Belin frère

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Au moment où nous avons commencé la publication de notre Cours de langue française, la méthode historique, qui a jeté une si vive lumière sur la science grammáticale, commençait à pénétrer dans l'enseignement secondaire, où nous avons été des premiers à en faire l'application.

Avant d'introduire cette méthode, même avec discrétion, dans nos grammaires françaises, nous avons jugé prudent d'attendre que l'expérience déterminât la mesure exacte dans laquelle on pourrait faire profiter de ces innovations les élèves qui n'étudient point le grec et le latin.

Persuadés aujourd'hui que les explications les plus minutieuses et les plus claires ne remplaceront jamais l'étude directe des anciens idiomes, nous n'avons exposé dans ce livre que les notions les plus accessibles à l'intelligence des élèves de l'enseignement primaire. Nous avons même pris la précaution d'exposer ces origines dans des notes qui ne dérangent en rien l'économie de notre livre.

Sortir de ces limites, c'eût été nous exposer, sans aucun profit, à inspirer une fausse confiance à tous ceux qui ont accueilli notre Cours avec une bienveillance si flatteuse.

Nous avons préféré consacrer tous nos efforts à la réalisation de quelques améliorations qui nous ont été unanimement demandées. La partie lexicologique, qui n'avait, à titre de revision, qu'une place forcément restreinte, a reçu, dans la présente édition, tous les développements que nécessitaient les progrès de la science.

Nous n'avons pas besoin d'ajouter que, fidèles à une longue habitude, nous avons emprunté nos exercices aux écrivains dont les œuvres passent pour les plus morales et les plus purcs.

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INTRODUCTION

LES ORIGINES DE LA LANGUE FRANÇAISE

Au moment où Jules César entreprit la conquête des Gaules deux grandes races se partageaient le sol de cette vaste contrée. Au nord, c'est-à-dire entre la Garonne, l'Océan la Manche, habitaient les Galls ou Celtes ; entre la Garonne et les Pyrénées étaient fixés les Ibères. Dans les marais de la Belgique, un autre peuple, venu vers le septième siècle avant J.-C., s'était établi sur la rive gauche du Rhin ; il appartenait à la race Kymrique ou Belge. Du mélange des Galls ou Celtes avec les Belges naquit la race mixte dite des Gallo-Kymris.

Les Galls ou Celtes, les Ibères et les Kymris ou Belges, disséminés entre le Rhin et l'Océan, formaient un nombre infini de peuplades, et tous les trois représentaient l'agglomération Gallique, les Gaulois, en un mot, pour les appeler par le nom que leur donnaient les anciens Romains.

Nous pourrions difficilement nous faire une idée juste de ce que fut la langue que parlaient les Gaulois, nos aïeux, avant la domination romaine. Les Ibères et les Celtes ont bien laissé quelques traces de leur idiome, les premiers, dans le basque. les seconds, dans le bas-breton; mais, sauf ces documents, il n'existe aucun monument écrit qui soit de nature à nous éclairer efficacement sur ce point. Du jour où Jules César imposa à la Gaule la dure domination de Rome, l'absorption de la langue des vaincus dans celle des vainqueurs fut à peu près complète et absolue.

La langue latine avait deux formes très distinctes: la langue littéraire, parlée par les patriciens et écrite par les savants, telle que nous la retrouvons dans les ouvrages qui nous sont parvenus; et la langue populaire, à l'usage des paysans et de soldats. C'est cette dernière que les légions de Jules César in.

troduisirent dans les Gaules ; et bien que la langue littéraire fût accueillie avec empressement par la haute société, et professée avec éclal dans plusieurs Ecoles célèbres, elle ne conserva son importance que jusqu'à la fin du deuxième siècle après J.-C. A partir de cette époque, la langue populaire prend chaque jour plus d'extension, gagne en faveur auprès de la population gallo-romaine, et s'impose insensiblement à toutes les classes de la société.

C'est d'elle que sont tirés de préférence presque tous les mots du langage usuel : cheval est formé de caballus et non de equus; chat, de catus et non de felis; ville, de villa et non de urbs, etc., etc.

Il ne faut pas croire cependant que la langue littéraire n'ait pas fourni son contingent de termes, et n'ait pas contribué pour sa part à la formation du français. Ainsi, même dans les exemples cités plus haut, si la langue populaire a produit en quelque sorte les mots concrets, cheval, chat, ville, la langue littéraire a donné les termes abstraits ou qualificatifs : statue équestre, grâce féline, urbanité. De plus, la langue littéraire, singulièrement accrue et améliorée par le grec, lors de la réduction de la Grèce en province romaine, enrichit notre langue de tous les mots qui s'appliquent aux lettres, aux arts et aux sciences : historia, histoire; rhetorica, rhétorique; sculptura, sculpture; architectura, architecture; geometria, géométrie; physica, physique, etc., etc.

Mais le fond de l'idiome dominant et parlé indistinctement par tous, c'était la langue vulgaire; elle était en pleine voie de développement, quand survint au cinquième siècle l'invasion des Barbares.

Cette multitude de peuplades, qui, de la Germanie, vinrent s'implanter dans les Gaules, modifia nécessairement et les mours et le langage. Néanmoins les Franks, d'origine germanique, qui s'étaient précipités sur l’Empire romain en même temps que les Burgondes, les Alains et les Visigoths, et qui, après plusieurs émigrations, se fixèrent dans notre pays, subirent en grande partie l'influence d'une civilisation plus avancée et d'une langue plus perfectionnée que la leur. Cette nation, naturellement avide de nouveautés, adopta avec empressement la langue des Gallo-Romains, en y introduisant ioutefois un grand nombre de termes qui lui étaient propres, c'est-à-dire tous les mots qui rappelaient ses habitudes guerrières, comme merra, guerre, helm, heaume, etc., ou les expressions du régime féodal, telles que vassal, alleu, fief, etc. Un nouvel élément, l'élément germanique, vint donc se mêler à la langue latine populaire, et cet élément devait servir plus tard à la rendre plus variée, plus énergique et plus complète.

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