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Libre Borbon-ainé 1-27-38 35 428

Le livre que nous offrons aujourd'hui aux bibliophiles et aux libraires n'est pas un ouvrage de fantaisie ; c'est un recueil, sérieusement documenté, de quelques marques de livres relevées sur des volumes qui ont passé entre les mains de l'auteur depuis plus de trente ans. Ces marques ont été fixées par frottis au moyen d'un noir spécial, ou bien par photographie directe, et avec leurs dimensions vraies, sauf quelques très rares exceptions dont il est fait mention dans le texte.

Bien que la plupart des marques décriles soient des armoiries, l'auteur a préféré au titre d'Armorial celui, plus juste en même temps que plus modeste, de Marques de Livres, car dans le nombre de celles qui se trouvent décrites et reproduites il en est qui ne sont pas des blasons et certaines même n'ont rien d'héraldique, tels, par exemple, les chiffres ou monogrammes.

A un ouvrage comme celui-ci le chercheur, amateur ou professionnel, est en droit de demander :

L'attribution certaine de la marque de livre qu'il veut identifier;

Des références lui permettant de contrôler l'exactitude de cette attribution:

Des détails biographiques sur le premier possesseur du livre.

C'est ce que l'auteur s'est efforce de fournir avec tout le soin qu'il met dans ses recherches. Il a donné le titre et la date du livre portant la marque décrile et il a fait

a

VIII

suivre l'attribution de références permettant d'en contrôler l'exactitude, et de renseignements, souvent très détaillés, sur le propriétaire de cette marque. Enfin, une Table spéciale, tout particulièrement disposée par ordre alphabéticonumérique de chacune des pièces d'un blason, permet de retrouver sans peine et très rapidement le nom du propriétaire ainsi

que

la
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la marque est décrite. Il est facile de dire : « Ces armoiries sont celles de tel ou tel personnage. » N l'est beaucoup moins de mettre le lecteur à même de s'en assurer ou de lui démontrer, par exemple, que les armes d'une Ville ou d'un Collège ne sont pas celles d'un parliculier.

La partie documentaire de l'ouvrage que nous publions en augmente la valeur et l'intérêt et en fait tout à la fois un livre de curiosité et un instrument de travail. Nous espérons qu'il saura conquérir la faveur du public, amaleurs et libraires, auquel il s'adresse.

L'ÉDITEUR

ABBAYE DE MORIMOND

Les livres portant sur leurs plats les armoiries dont nous donnons ci-contre la reproduction ne sont pas rares, on en rencontre un peu partout, mais en revanche ce que l'on n'y rencontre pas en même temps, c'est l'indication de leur provenance. Ils ne laissent pourtant pas que d'intriguer les amateurs par leur curieux blason, par la couronne royale de France, ainsi que par la mitre et la crosse dont il est surmonté.

De nombreux volumes portant cetle marque me sont passé par les mains, c'était presque tous des ouvrages de travail: histoire, philosophie, hagiographie, etc... Celui qui a servi pour notre reproduction portait le titre : Histoire CRITIQUE DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES QUI ONT SÉDUIT LES

ET EMBARRASSÉ LES SAVANTS, etc. Par un prêtre *** de l'Oratoire (1), A Rouen, Guillaume Béhourt, 1701, in-12, veau marbré, tranches rouges.

En rétablissant les émaux absents sur le fer de reliure, le blason doit se décrire : « d'argent à la croix ancrée de gueules cantonnée des lettres M. 0. R. S. de sable. » Ce sont les armoiries de la célèbre abbaye de Morimond, diocèse de Langres (Haute-Marne), quatrième fille de Citeaux. Le Dictionnaire des Abbayes et Monastères...

PEUPLES

(1) D'après le Dictionnaire des anonymes de A. Barbier, c'est le P. Pierre Le Brun.

tome XVI, de l'Encyclopédie Théologique de l'abbé Migne, nous apprend que, « cette abbaye fut fondée « dans une étroite et profonde vallée du Bassigny l'an << 1114 par Olderic d'Aigremont seigneur de Choiseul ( ( et Adeline sa femme. Cette abbaye fut la mère « féconde d'environ 200 monastères avec les 5 ordres ( militaires de Calatrava, d’Alcantara, d'Avis, de Mon« tesa, et du Christ, qui tous ont longtemps fleuri en

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« Espagne et en Portugal. On en ajoute un sixième, ( celui des Saints Maurice et Lazare de Savoie. L'abbé « de Morimond quoique régulier était reconnu pour « général, père et supérieur immédiat de toutes ces < milices religieuses. »

Et c'est ce qui explique pourquoi l'abbé ayant une juridiction en dehors de son couvent la crosse qui accompagne le blason est tournée en dehors. Par suite d'une situation territoriale exceptionnelle « cette abbaye « batie sur les confins de trois évêchés, ceux de Langres, ( de Toul, et de Besançon avait cela de remarquable « qu'elle appartenait à plusieurs états. Ainsi la moitié (( du réfectoire était, dit-on, sur les terres de Lorraine, « tandis que l'église était sur les terres de France. On

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« priait, on chantait donc en France, mais on mangeait « en Lorraine. Sur la porte de l'église on lisait ces « mots écrits en lettres gothiques : Diue le Roi notre « seigneur, et au milieu de la flèche il y avait une « couronne de fleurs de lis, » semblable à celle qu'on voit au-dessus de l'écusson de notre reproduction.

La description du blason que nous avons donnée ci-dessus est celle qu'on trouve dans le manuscrit de l'abbé Brédeault (1). Elle est aussi conforme à la peinture d'un vitrail de l'abbaye, décrit par l'abbé Dubois dans l'Histoire de l'abbaye de Morimond, diocèse de Langres, avec les principaux ordres militaires d'Espagne et de Porlugal, Paris, 1852, in-8'. Nous devons ce dernier renseignement ainsi que

le suivant à M. Eugène Harot, architecte.

Dans l'Histoire des Ordres monastiques religieux et militaires.., &c., par le pe P. Hélyot, tome V, page 372, celle description de blason est « d'argent à ( la croix de Calatrava, qui est fleuronnée, de gueules et « accompagnée des quatre lettres m. 0. R. s. de sable. « L'écu couronné de la couronne de France et

pour < supports deux squelettes de morts. »

On voit qu'à part une légère différence dans la figuration de la croix (fleuronnée au lieu d'ancrée) c'est encore le blason de notre reproduction. Une particularité intéressante de cette description mérite de nous arrêter encore un instant, ce sont les supports du blason indiqués par le P. Hélyot : deux squelettes de morts (sic). Ce genre de supports est en effet bien peu commun dans les armoiries. On en a un curieux spécimen sur

(1) Armoiries de Communautés, associations, corporations religieuses et civiles françaises et étrangères ertraites d'un armorial manuscrit de l'abbé Bredault, par Louis Morand Paris Bureaux du Bulletin héraldique de France

1900 – in-8°.

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