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crate en le jouant dans une de ses farces, et ce grand philosophe n'en fut pas moins estimé de toute la Grèce. » (16) Charpentier (Carpentariana, 1724, p. 55); Richelet (Dictionnaire, Genève, 168o, in-4°, au mot reprocher), et l'abbé d'Olivet (Histoire de l'Académie Française, tome II, page 185), s'accordent tous à dire que Ménage fut le second acteur de cette scène. Mais celui-ci, en la rapportant (Ménagiana, 1715, tome III, page 23), ne fait pas connaître l'adversaire de Cotin. L'auteur du Bolœana (page 34) prétend que c'était Gilles Boileau, frère du satirique. L'autorité du seul Montchesnay, historien si souvent inexact, ne saurait balancer à nos yeux celle de Carpentier, de Richelet, et de l'abbé d'Olivet. Il y a d'ailleurs dans la scène de Molière nombre de traits qui, comme nous nous sommes attaché à le prouver, ne peuvent servir à désigner que Ménage. Cotin fit d'ailleurs paraître en 1666 une satire contre lui, la Ménagerie, qui prouve évidemment qu'il y avait eu rupture entre eux. (17) Voltaire se montra d'autant moins conséquent avec luimême, que dans l'Écossaise il ne se borna pas à ridiculiser Fréron, il tenta encore de l'avilir. Molière, au contraire, n'attaqua que l'esprit de Cotin ; car ce ne pouvait plus être, ce n'était plus lui qu'il avait en vue, quand il traça la cupidité de Trissotin aspirant à l'hymen d'Henriette, Cotin étant depuis long-temps dans les ordres. (18) Cet enfant fut nommé Pierre-Jean-Baptiste-Armand; il fut baptisé le 1er octobre 1672, et eut pour parrain Boileau Puimorin, - frère de Despréaux, et mademoiselle Mignard, fille du célèbre peintre, pour marraine. (Dissertation sur Molière, par M. Beffara, page 16). (19) Les registres des paroisses Saint-Germain-l'Auxerrois et Saint-Paul de Paris contiennent les uns le premier, les autres le second des actes qui suivent : « Le vendredi 19 février 1672, le corps de feue damoiselle MarieMadelaine Béjart, comédienne de la troupe du Roi, prise hier* dans

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la place du Palais-Royal, et portée en convoi en cette église : par permission de monseigneur l'archevêque, a été portée en carrosse en l'église de Saint-Paul. » Signé Cardé, exécuteur testamentaire, et de Voulges. « Le 17 février 1672, demoiselle Magdelaine Béjart est décédée paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, de laquelle le corps a été apporté à l'église Saint-Paul, et ensuite inhumé sous les charniers de ladite église, le 19 dudit mois. » Signé Béjard-l'Éguisé ; J.-B.-P. Molière. - 1 Nous avons rapporté ces actes parce qu'ils sont la meilleure réponse aux écrivains qui, prenant le parti du clergé contre Molière, ont prétendu que les canons, alors observés par l'Église, s'opposaient à ce que les restes des comédiens obtinssent les cérémonies funèbres. La présentation du corps de Madelaine Béjart à deux paroisses prouve que ce n'était pas le comédien, mais l'auteur du Tartuffe que Harlay de Champvalon et sa secte poursuivaient même au tombeau. (2o) L'auteur de la Fameuse comédienne a dit que Molière avait été pris d'un vomissement de sang sur la scène, ce qui effraya beaucoup les spectateurs, et qu'on l'emporta chez lui aussitôt. Quelques biographes de Molière l'ont répété d'après cette autorité : le fait est entièrement faux. La Grange, dont le témoignage ne saurait être récusé ici, puisqu'il remplissait à cette même représentation le rôle de Cléante, dit seulement dans sa Préface de l'édition des OEuvres de Molière de 1682 : « Il fut si fort travaillé de sa fluxion, qu'il eut de la peine à jouer son rôle; il ne l'acheva qu'en souffrant beaucoup ; et le public connut aisément qu'il n'était rien moins que ce qu'il avait voulu jouer : en effet, la comédie étant faite, il se retira promptement chez lui, etc... » Voici la mention qu'il fit de cet événement sur le registre de la comédie qu'il était chargé de tenir : « Ce même jour (vendredi 17 février 1673), après la comédie, sur les dix heures du soir, M. de Molière mourut dans sa maison rue de Richelieu, ayant joué le rôle du Malade imaginaire, fort incommodé d'un rhume et d'une | fluxion sur la poitrine qui lui causait une grande toux; de sorte que dans les grands efforts qu'il fit pour cracher, il se rompit une veine dans le corps, et ne vécut pas demi-heure ou trois quarts d'heure depuis ladite veine rompue; et son corps est enterré à Saint-Joseph, aide de la paroisse Saint-Eustache.

« Dans le désordre où la troupe se trouva après cette perte irréparable, le Roi eut dessein de joindre les acteurs qui la composaient aux comédiens de l'hôtel de Bourgogne. Cependant, après ayoir été, le dimanche 19 et le mardi 2 1, sans jouer, en attendant les ordres du Roi, on recommença le vendredi 24 février, etc. » (Discours sur la comédie et Vie de Molière par M. Auger, page138, note.)

On lit dans un ouvrage anglais, imprimé à Londres en 1698, ayant pour titre : A Journer to Paris in the year 1698, by Dr MARTIN LIsTER, que Molière s'étant avancé sur le bord de la scène, dit au public : Messieurs, j'ai joué LE MALADE IMAGINAIRÈ, mais je suis véritablement fort malade. L'auteur ajoute : « Cette anecdote relative à Molière ne se trouve pas dans sa vie par Perrault, mais elle est vraie » (page 172). Malgré le ton d'assurance du docteur Lister, nous n'ajoutons aucune foi à ce conte qu'il n'appuie d'aucune preuve, et qui se trouve d'ailleurs comme démenti par le silence de La Grange.

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(1) Nous avons pensé que l'on serait curieux d'avoir des détails sur la vie d'un prélat qui crut devoir refuser les honneurs religieux aux restes d'un homme de bien. En voici quelques-uns que nous avons puisés à des sources authentiques : ,

HARLAY DE CHAMPvALoN (François de), dit l'auteur de l'Histoire de Paris (première édition, tome V, page 39), était fameux par ses galanteries, ou plutôt par ses débauches. Il eut plusieurs maîtresses en titre, parmi lesquelles figurait au premier rang la dame de Bretonvilliers, qui poussait la complaisance jusqu'à lui fournir des doublures dans le rôle qu'elle jouait près de sa grandeur. Voici ce qu'on lit dans une lettre du 12 juillet 1675, de madame de Scudéri (Supplément aux Mémoires et Lettres du comte Bussy-Babutin, deuxième partie, page 19o) : « Cela est assez étrange qu'on n'ait pu souffrir le scandale du..... et de madame de....., et que l'on souffre celui de M. (l'archevêque) de Paris et de madame de Bretonvilliers : car, quoique le mari de celle-ci soit plus docile que celui de l'autre, il est toujours contre la bienséance à un évêque d'être toujours avec une jolie femme. » Une lettre du 27 février 168o , du même recueil,.nous fournit l'anecdote suivante : « Madame de Bretonvilliers s'avisa, il y a quelque temps, pour mieux régaler M. l'archevêque de Paris, de lui faire venir la petite Varennes.L'archevêque la trouva plus jolie que la cathédrale (nom plaisant donné par le public à madame de Bretonvilliers), de sorte qu'il l'a mise de toutes les parties de Conflans. Pierre Pont, lieutenant des gardesdu-corps, amant de la petite Varennes, et jaloux du prélat, s'appliqua à découvrir jusqu'où il en était avec sa maîtresse ; et, comme le curieux impertinent, il la trouva une nuit à une heure indue, sortant dans le carrosse de son rival : il se mit dedans avec elle, lui chanta pouille, et le dit partout. Cela d'abord a fait grand bruit contre l'archevêque; mais enfin celui-ci a fait entendre au Roi que Pierre Pont était janséniste ; car vous savez bien que les rivaux des Pères de l'église ne sont pas de la vraie religion ; et sur cela il a été envoyé en son gouvernement. » Ce prélat eut plusieurs autres maîtresses, notamment la marquise de Gourville, sœur du maréchal de Tourville; les chansonniers s'égayèrent sur ses galan

teries. On peut citer ce couplet :

Sire , dedans votre ville ,
On parle d'un grand malheur :
La sacrilège de Gourville
A gâté notre pasteur ;
La donzelle n'est pas saine,
Le prélat en a, etc.

(Histoire de Paris, première édition, tome V, page 41.) Il allait, dit-on, recevoir le chapeau de cardinal, quand il mourut presque subitement, d'une attaque d'apoplexie. « Il s'agit maintenant, dit madame de Sévigné (lettre du 12 août 1695), de trouver quelqu'un qui se charge de l'oraison funèbre du mort; on prétend qu'il n'y a que deux petites bagatelles qui rendent cet ouvrage difficile, c'est la vie et la mort. » Mascaron refusa de la faire; le Père Gaillard consentit à s'en charger, à condition qu'il ne parlerait pas du mort. Nous avons dit plus haut quelle espèce de service madame de Bretonvilliers rendait officieusement à l'archevêque; elle sollicitait un jour très-vivement madame de Sévigné de venir chez elle ; celle-ci lui répondit qu'elle n'avait qu'un fils. (Lettre de madame de Sévigné, du 15 juin 168o). Harlay de Champvalon était d'une beauté remarquable. Quand Louis XIV eut érigé en sa faveur l'archevêché de Paris en duchépairie, les duchesses vinrent le voir en corps.Celle de Mecklenbourg porta la parole et dit : « Nous venons féliciter notre pasteur sur la couronne qu'on a mise à sa houlette. Nous sommes les plus zélées de ses ouailles, quoique nous en soyons la plus faible portion. » A quoi M. l'archevêque répondit : « Je vous regarde au contraire comme la plus belle portion de mon troupeau. » Alors madame la

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