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sage dans le département de la Mayenne , les prisonniers ont, au contaaire, reçu des secours et des consolations.

- M. Guittard, préfet du Cantal, a été trouvé le 11, au inatin, baigné dans son sang. Il s'étoit tiré un coup de pistolet dans la poitrine, par un déses poir de jalonsie.

M. Godard, maire de Carcassonne par intérim, a domné sa démission, à l'occasion de la destitution dont le préfet, M. Forgel, a été l'objet, pour avoir déclaré au nouveau ministère que son avènement n'étoit point approuvé par l'opinion publique.

La garde nationale a occupé le 15, à Lille el à Valenciennes , presque tous les postes que les troupes gardoient.

- Le roi des Belges a ouvert, le 13, la session des chambres. Il a prononcé un discours. Après avoir parlé de son mariage avec la fille de Louis-Philippe, il a annoncé que la Belgique étoit maintenant reconnue par les puissances de l'Europe , et que le traité du 15 novembre 1815 alloit enfin recevoir son exécution

par moyens de coërcition qu'effectuent la France et l'Angleterre. Il a parlé ensuite des lois qu'il feroit présenter aux chambres.

- Les négocians d'Anvers mettent tant d'empressemenl à vider leurs magasins de marchandises, qu'une seule maison, celle de MM. Hoorick et compagnie, a payé 3000 florins (6,700 fr.) de frais de déplacement et de transport pour la journée du 9. La maison a 7 grands bateaux chargés qui restent dans le canal, faute de magasins pour placer les marchandises , qui sont en grande partie des denrées coloniales.

- Le Courrier anglais assure que le roi de Hollande a fait offrir à lord Pal merston et au prince de Talleyrand d'accepter un projet d'arrangement proposé récemment par la Prusse, comme base de concessions ultérieures de la part du gouvernement hollandais.

Deux bateaux pêcheurs de Kalwyk, en Hollande, ont été capturés sur les côtes le 12 novembre.

Il y a eu le 12, à la taverne de Londres, une nombreuse réunion de commerçans, à l'effet de s'occuper d'une adresse au roi, pour protester contre toute démonstration hostile de la France contre la Hollande. M. Thomas Wilson a présidé. M. Baring a été un des oraleurs.

Le roi de Prusse a donné l'ordre au baron de Muffling de mettre imméa diatement sur le pied de guerre le ze corps d'armée cantonné dans les provinces rhénanes. Les troupes devront se tenir prêtes à marcher au premier signal.

La reine-régente d'Espagne a remplacé le marquis de Zambrano par M. de Lassanos comme capitaine-général de la Nouvelle-Castille; el par M. Manuel Freire, comme commandant-général de la garde royale. Une pension de 120,000 réaux (30,000 fr.) est toutefois accordée à ce fidèle serviteur. Par un autre décret, M. Encima-y-Piedra, ministre des finances, réunira à ses attributions les fonds de l'Etat et du trésor, et ajoutera à ses titres celui de ministre de l'intérieur.

Quoique la reine d'Espagne paroisse être entrée dans la voie libérale , elle vient de prouver combien elle désavoue les manifestations du libéralisme. L'offcier Suary, compris dans l'amnistie, ayant illuminé dans la nuit du 25 octobre sa maison à Barcelonne, et ayant donné lieu à des cris séditieux, la reine s'est empressée de donner l'ordre de le traduire devant un conseil de guerre, et de faire juger par les tribunaux compétens les autres perturbateurs, dont plusieurs avoient été trouvés nantis d'armes et de proclamations.

Quelques Lettres sur le Choléra-Morbus, par A. de Mey (1). Ces Lettres ont été écrites dans le premier mois de l'invasion du choléra : on dit qu'elles ont d'abord circulé en manuscrit, mais l'auteur a cru devoir choisir ensuite un mode de publication plus commode. Son ouvrage se compose de huit lettres, dont les sept premières sont toutes du mois d'avril. L'auteur y distingue les différentes espèces de choléra , avec les variations de leurs symptômes et les méthodes de traitement à appliquer suivant les circonstances. Médecin lui-même, il expose les résultats de son expérience, et s'appuie aussi sur l'avis de quelquesuns de ses confrères. Il ne nous appartient pas de juger son ouvrage sous le rapport médical ; nous pouvons dire seulement qu'on y trouve de la méthode, de la clarté, de la simplicité. L'auteur ne paroit point charlatan : c'est un homme qui écrit en conscience et de bonne foi.

Il y a plus, M. Mey est un homine profondément religieux. Il envisage le choléra comme un fléau de Dieu ; il se moque un peu de la jactance des médecins de Paris, qui prétendoient triompher en peu de temps de cette terrible ma- ladie. Il accuse surtout l'autorité civile d'avoir négligé ou contrarié les précautions les plus indispensables. A cette occasion, il attaque la centralisation et la bureaucratie ; il se borne cependant à traiter ces questions dans leurs rapports avec le choléra. Ces considérations sont le sujet de la huitième lettre, qui est bien postérieure aux précédentes , et qui, pour le fond des choses et pour le ton et le style, rappelle tout-à-fait la manière de M. Mey dans un autre ouvrage dont nous avons parlé : Le Christianisme en action en face de ses persécuteurs.

(1) In-8°, prix, 1 fr. 50 cent. et 2 fr. franc de port. A Paris, chez Bricon, rue du Vieux-Colombier, et au bureau de ce journal.

fe Gérant, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.

Bourse du 16 novembre 1832.

Trois pour 100, jouissance du 22 juin , ouvert à 67 fr. 45c., et fermé à 67 fr. 55 c. Cinq pour 100, jouissauce du 22 sept., ouvert à 96 fr. 00 c., et fermé à 96 fr. 15 c. Actions de la Banque.

1660 fr. 00 c.

IMPRIMERIE D'AD, LE CLERE ET Comp.

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Ce Journal, qui se publie depuis l'année dernière, a été fondé par la société nationale pour l'émancipation intellectuelle ; plus de cent pairs et députés ont concouru à cette fondation. L'objet du Journal est d'indiquer, à tous les hommes qui savent lire, leurs devoirs, leurs droits, leurs intérêts. Leurs devoirs, il ne faut pas trop s'effrayer de cette annonce, le Journal ne les indique pas tous. Il ne parle point des devoirs du chrétien. Il annonce même qu'il ne s'occupera point de religion, et qu'il conservera une entière impartialité envers tous les cultes. Nous verrons bientôt si les rédacteurs ont rempli leur promesse. Ces rédacteurs sont des gens de lettres, des économistes, des médecins, qui traitent ou doivent traiter chacun des matières analogues à l'objet de leurs connoissances. Le secrétaire - général du comité de rédaction est M. Emile de Girardin; c'est le gérant du Journal. Il paroit un cahier au commencement de chaque mois. L'abonnement est très-modique, puisque le prix n'est que de 4 francs par an, franc de port pour toute la France. Ce Journal est d'ailleurs très-favorisé, car le directeur général des postes ayant affranchi du timbre de 35 cent. les reconnoissances au-dessous de 10 fr., celle diminution des frais d'envoi est un avantage pour les souscripteurs.

Nous avons quelques cahiers de ce journal sous les yeux ; nous allons le parcourir. Dans celui du mois de mars dernier, il y a un portrait des curés par M. de Lamartine; ce portrait, qui a pour titre : Devoirs civils du curé, renferme de belles choses ; cependant on y trouve aussi des choses inexactes ou déplacées.

Cet article est immédiatement suivi d'un article sur la liberté des cultes. L'auteur, M. Wilbert, avocat, blâme l'article 6 de la Charte, qui dit que les ministres des cultes chrétiens reçoivent des traitemens du Trésor public ; il trouve que cet article n'est pas aussi sage que le précédent, il espère qu'on le revisera un jour. Sa grande raison, la seule mème

Tome LXXIV. L'Ami de la Religion.

I

qu'il énonce, c'est que les cultes dissidens ont à supporter de doubles charges, c'est-à-dire de rétribuer les autres cultes et de soutenir le leur. Mais cette objection tombe d'elle-même, puisqu'il n'y a en France d'autre culte que des communions chrétiennes. Les juifs, qui formoient la seule exception, ont obtenu depuis des traitemens. L'auteur, dans sa discussion, dit : Mariyrs aussi long-temps qu'ils furent en minorité, les premiers chrétiens devinrent persécuteurs aussitôt qu'ils se crurent assez puissans. Il faut le dire nettement, cela est faux. D'abord il est douteux que les chrétiens aient toujours été en minorité pendant les persécutions dirigées contre eux. Sous la persecution de Dioclétien notamment, il y a tout lieu de croire qu'ils n'étoient pas les moins nombreux, et cependant ils ne se montrèrent ni moins résignés, ni moins patiens. Ensuite il n'est point vrai qu'ils soient devenus persécuteurs comme on l'avoit été à leur égard. Les païens ne furent point traduits devant les tribunaux après la conversion de Constantin; on ne les condamna point à mort pour le fait de leur religion, comme cela s'étoit pratiqué si long-temps pour les chrétiens. Plus bas, M. Wilbert exagère les suites de la révocation de l'édit de Nantes ; les protestans s'exiloient, dit-il, et comme ils étoient l'ame de l'industrie française, notre industrie s'exilu avec eux. Il y a dans ce peu de mots trois exagérations; des protestans s'exilèrent, oui, mais non pas les protestans. Les protestans n'étoient point l'ame de l'industrie, ils avoient de l'industrie, cela est possible, mais ils n'en avoient

pas exclusivement. Enfin il est faux que notre industrie se soit exilée avec eux, et le duc de Bourgogne remarque, dans son Mémoire, qu'on ne s'aperçut dans le temps d'aucune diminution dans les produits du commerce et dans les développemens de l'industrie. Voyez ce Mémoire, qui est très-bien fait, à la suite de la Vie du prince, par Proyart. Il ne faut pas trop s'étonner que M. Wilbert connoisse si mal l'histoire des temps passés, car il ne paroit pas fort au courant dự temps actuel. Il dit sérieusement qu'aujourd'hui il n'est permis à personne d'attaquer la religion, les meurs et les droits d'autrui. M. Wilbert ne lit pas apparemment les livres et les journaux qui insultent à la religion, et il ferme les yeux pour ne pas voir les horribles caricatures qui couvrent les quais et sont étalées dans les boutiques.

Dans le cahier de janvier de cette année, les rédacteurs du

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1

Journal des connoissances utiles donnent un extrait du

rapport de M. Odilon-Barrot à la chambre en faveur du divorce, rapport dans lequel il est dit, contre l'évidence des faits, que le divorce est favorable aux bonnes meurs, qu'il est favorable aux enfans. Les rédacteurs réfutent-ils ces assertions? Ils s'en donnent bien de garde , ils y ajoutent même ce qu'ils appellent une observation utile; la voici :

« Les empereurs les plus vénérés par leur piété, les Constantin, les Théodose, les Justinien, ont porté des lois en faveur du divorce. Ce n'est que depuis le concile de Trente que la doctrine de l'Eglise sur le divorce a été fixée. Les Pères y lancèrent l'anathème contre quiconque soutiendroit que la violation de la foi conjugale de la part d'un des conjoints pouvoit entraîner la dissolution de leur lien. Mais ils sont en opposition manifeste avec l'Evangile , qui l'autorise précisément en ce cas. L'autorité du concile de Trente est grande sans doute; mais ne pourrions-nous pas rappeler que ses décrets n'ont jamais été reçus en France, parce qu'ils blessoient trop nos libertés gallicanes?... »

Ceci du reste, que les rédacteurs auroient sagement fait de tenir leur promesse, et de s'abstenir de toucher à ce qui regarde la religion ; car, en voulant parler de ce qu'ils ne connoissent

pas,

ils n'ont pu s'empêcher de tomber en beaucoup d'erreurs. Il n'est pas vrai que les trois empereurs cités aient fait des lois en faveur du divorce; au contraire, l'ayant trouvé établi, ils ont fait des lois pour le rendre plus difficile, pour le restreindre à certains cas. Il est faux

que
ce ne soit

que depuis le concile de Trente que la doctrine de l'Eglise sur le divorce a été fixée. L'esprit de l'Eglise, dit Bossuet (1), a toujours été de permettre la séparation pour cause d'adultère, mais non pas de se remarier. Saint Clément d'Alexandrie en est un bon témoin, quand il dit que l'Ecriture ne permet pas aux mariés de se séparer, et qu'elle établit cette loi : Vous ne quitterez point votre femme, si ce n'est pour cause d'adultère; mais qu'elle croit que c'est adultère à ceux qui sont séparés de se remarier tant que l'un des deux est en vie. Ce seul passage, ajoute Bossuet, prouve qu'on distinguoit dès ce tempslà la liberté de se séparer, d'avec celle d'épouser une autre femme. Il est assurément fort plaisant d'entendre un journaliste étranger aux choses de la religion décider que le concile

prouve, du

(1) Mém. sur la Bibl. eccl. de Dupin, édit, de Versailles, t. XXX, p. 495.

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