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le 16 octobre à Liestall, une proclamation adressée à tous les États confédérés. Le conseil organisé dans cette ville et qui a pour président M. Cuswiller, se félicite de ce que la haute diète , pas ses décrets des 14 septembre et 15 octobre, l'ait reconnu comme un membre indépendant de l'alliancc suisse avec tous les droits et les devoirs d'un état fédéré.

Le roi de Prusse est arrivé à Berlin le 23 octobre, de retour de son voyage à Tæplitz.

- M. Brait, commandant la corvette française la Dauphinoise , ayant appris que des pirates grecs avoient enlevé sur la rade de Nisi un trabacolo autrichien, se rendit le 27 septembre devant Scardamonlo, où les pirates s'étoient retirés avec leur capture, et l'a repris à la suite d'un combat assez vif.

Ibrahim - Pacha, qui s'est rendu maître de toute la Syrie, s'avance vers la Natolie. L'armée turque bat en retraite. Mehemet-Ali, qui avoit offert à la Porte de cesser les hostilités si elle vouloit lui céder la Syrie, exige maintenant de plus dures conditions. Le sullan a pris le parti de solliciter l'intervention étrangère; il a donné l'ordrc à son chargé d'affaires à Vienne, M. Maurojéni, de se rendre à cet effet à Londres.

Nous avions, dans notre n° 2013, annoncé, d'après d'autres journaux, deux faits tout-à-fait inexacts relativement à M. de Berbis, ancien député. Il étoit dit qu'un charivari avoit été donné à Dijon à cet ancien membre de la défection royaliste, à l'occasion de la pairie qu'il a acceptée. M. le chevalier de Berbis, homme honorable et qui n'a jamais voulu changer de drapeau, réclame contre cette assertion; nous nous faisons un devoir d'insérer sa lettre :

Monsieur, ce que vous dites de moi dans votre no 2013 m'étonne dans un journal tel que le vôtre. Je n'ai jamais fait partie d'aucune défection ni à la Chambre ni ailleurs; et quant à la pairie, il est notoire que je ne l'ai point acceptée. Je pense donc, Monsieur, que vous ne pourrez qu'élre affligé de cet article et que vous vous empresserez de le rétracter dans un de vos plus prochains numéros . Veuillez bien agréer l'assurance de mes sentimens les plus distingués....

Le chevalier de Berbis, ancien député.

fe Gérant, Adrien Le Clere.

COURS DES EFFETS PUBLICS.

Bourse du 2 novembre 1832.

Trois pour 100, jouissance du 22 juin , ouvert à 67 fr. 80 c., et fermé à 68 fr. 15 c. Cinq pour 100, jouissance du 22 sept., ouvert à 96 fr. 30 c., et fermé à 96 fr. 60 c. Actions de la Banque.

1670 fr. oo c.

IMPRIMERIE D'AD, LE CLERE ET COMP

mr.

MARDI 6 NOVEMBRE 1832.

(No 2020.)

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De l'instruction publique, à l'occasion d'un rapport de

M. Cousin sur l'instruction publique en fllemagne.

(Suite du n° 1996.)

Le rapport de M. Cousin porte assez généralement l'AS preinte bien marquée, quoique un peu vague, un certain esprit religieux, qu'on seroit trop heureux de trouver encore chez tous les fonctionnaires, parce que bientôt l'on verroit cesser, de la part d'une foule de maires et d'autres agens subalternes non moins orgueilleux qu'ignorans, ces tracasseries stupides, ces empiétemens scandaleux qui viennent troubler la conscience du prêtre jusque dans ses fonctions les plus sacrées, et qui suffiroient seuls pour lui faire haïr un ordre de choses qu'on reproche si amèrement au clergé de ne pas aimer de tout son cour. Non-seulement M. Cousin paroit sentir vivement l'importance de la religion pour faire contracter au peuple des habitudes vertueuses et lui donner une éducation également solide et utile ; car il n'y a, dit-il, de morale pour les trois quarts des hommes que dans la religion; ce qui est même trop peu dire encore, si l'on ne veut pas que la morale se réduise pour l'autre quart à un véritable calcul d'égoïsme et d'intérêt. Non-seulement il avoue qu'on a raison de se plaindre des progrès de l'impiété, et qu'on peut même accuser le gouvernement d'y contribuer pour beaucoup, en laissant dépérir l'enseignement religieux dans les colléges ; mais il trouve absurde qu'on veuille bannir le clergé de l'instruction primaire, et il demande positivement que le curé soit, à cet égard, comme l'inspecteur de l'école et le correspondant nécessaire du comité. Grâces à Dieu, dit-il, le fanatisme de l'abstraction et de la désorganisation ne va point encore jusqu'à vouloir bannir toute instruction morale et religieuse , et de vouloir que le curé soit entièrement étranger à cette instruction ; il est absurde aussi, dans un pays où les croyances chrétiennes vivent encore dans tant de familles, de décrier auprès de ces familles l'instruction populaire, en lui ôtant toute garantie religieuse.

Ces réflexions sont pleines de sagesse. Mais ce n'est pas tout de bien dire; l'essentiel seroit d'agir en conséquence, Tome LXXIV. L'Ami de la Religion.

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et malheureusement, quand on arrive à la pratique après ces belles théories, l'on se trouve bien loin de ses espérances. On seroit tenté de croire que le gouvernement veut tout à la fois les choses les plus inconciliables, ou, pour mieux dire, les plus opposées. D'une part il voudroit, je le suppose, rendre à la religion une partie de son influence sur les classes populaires, parce qu'il en sent le besoin pour sa propre tranquillité; M. Guizot en a fait l'aveu naïvement à la tribune. Il semble, d'autre part, qu'il évite à dessein ou plutôt qu'il craigne d'employer les moyens nécessaires pour atteindre ce but. Menacé à chaque instant par les factions, il ne seroit pas fåché de pouvoir opposer à leurs entreprises l'amour de l'ordre qu'inspire la religion ; mais il trouve également bon de pouvoir tenir en quelque sorte la religion en bride et paralyser son influence par les entreprises et les menaces des factions. Craignant également le clergé et la république, on diroit qu'il cherche à les vaincre l'un par l'autre, et qu'il veut réduire le premier par la peur et se débarrasser de la république par des concessions. M. Cousin, tout bien intentionné qu'il paroit en faveur de la religion, partage luimême cette crainte et cette défiance. Il ne veut pas qu'on donne au clergé une trop grande part, ni surtout l'influence dont jouit en Allemagne le clergé protestant, relativement à l'instruction primaire ; et même, après avoir fait si bien sentir la nécessité de l'intervention ecclésiastique, il va jusqu'à proposer au gouvernement de rattacher l'instruction primaire à un autre pouvoir, et d'en confier la direction ou la surveillance aux conseils municipaux, à défaut, dit-il, du clergé, qui n'a pas voulu de ce noble rôle. On ne s'attendoit pas sans doute que telle seroit la conclusion de M. Cousin, et la raison qu'il en donne a surtout de quoi surprendre de la part d'un fonctionnaire de l'Université, qui sait aussi bien que personne quels efforts ont été faits depuis quelques années pour enlever au clergé son intervention la plus légitime, et le dépouiller d'un rôle qu'on l'accuse d'avoir refusé.

M. Cousin , comme nous l'avons dit, a trouvé en Allemagne l'instruction publique, dans ses divers degrés, placée toujours et presque entièrement sous l'influence du clergé protestant. Cela est vrai surtout de l'instruction primaire, dont la surveillance et la direction lui appartiennent à peu près exclusivement. Non-seulement il est de droit chargé de l'inspection et de la surveillance de chaque école de village, non-seulement il intervient dans le choix des maîtres, tantôt en les nommant luimême directement, tantôt en confirmant leur nomination après un examen préalable; mais c'est à lui aussi qu'appartieni en grande partie le droit de les révoquer, dans les cas de négligence ou de mauvaise conduite. Il a, de plus, le droit de régler l'enseignement dans chaque école, de le mesurer aux différens âges et de déterminer jusqu'aux livres dont le maitre devra faire usage. En Saxe-Weimar, par exemple, il y a pour les écoles primaires un plan normal de leçons que chaque maitre doit suivre, et que le consistoire seul peut modifier. Il en est de même à peu près dans d'autres Etats. Il est impossible qu'avec tous ces moyens d'influence le clergé ne demeure pas le maitre absolu de l'enseignement moral et religieux ; et M. Cousin remarque que cette organisation tient à l'esprit même du protestantisme, et que c'est en quelque sorte pour lui une loi de conservation. Après avoir proscrit l'autorité en matière de religion et proclamé chaque individu libre de se former à lui-même ses croyances par la lecture de la Bible, il ne restoit plus aux ministres, pour être quelque chose et donner du poids à leurs doctrines particulières, d'autre moyen que de s'emparer absolument de la jeunesse, afin d'exercer de fait et naturellement , sur un âge qui ne peut rien par lui-même, je ne sais quelle autorité arbitraire que l'habitude feroit ensuite respecter dans un âge plus

n'ilen soit, on a lieu d'être surpris qu'après avoir vu partout sur sa route la même influence du clergé protestant sur les écoles, la même organisation presque entièrement ecclésiastique, M. Cousin montre une si grande réserve, une si grande défiance quand il s'agit de déterminer pour la France les droits de l'intervention du clergé dans l'instruction 'primaire; et qu'au lieu de chercher à s'appuyer sur lui pour opérer une réforme dans les moeurs et les habitudes de la classe inférieure, il ne voie d'autres auxiliaires que des conseils municipaux , presque toujours aussi étrangers aux bonnes mæurs et à l'instruction que le peuple lui-même dont ils font partie. De deux choses l'une : ou l'on veut simplement rendre le peuple un peu plus instruit, c'est-à-dire le mettre en état de lire assez couramment tout ce qui s'écrit contre la religion, la morale, le gouvernement, et de calculer avec assez d'exactitude les millions qu'il en coûte pour enrichir cette foule d'hommes en

mûr. Quoiqu

théorie, que

place qui font si bien leurs affaires, sans trop s'occuper des siennes; et alors, je conçois qu'on n'ait pas besoin du clergé pour cela : mais je voudrois aussi qu'on eût la franchise ou le courage de le dire tout haut, afin de n'être pas trompé du moins sur l'avenir qu'on nous prépare; ou bien l'on veut en outre l'éclairer sur ses devoirs, et l'obliger à les remplir sans qu'il y soit contraint par la police ou les gendarmes, alors qu'on n'oublie pas dans la pratique ce que l'on sait si bien en

c'est surtout pour le peuple qu'il n'y a pas de morale sans religion, ni de religion sans culte, ni de culte sans ministres. Qu'on ait la bonne foi de recourir franchement au clergé, puisqu'on juge son intervention nécessaire ; mais qu'on le fasse sans avoir l'air en même temps de se mettre en garde contre lui, sans le placer pour ainsi dire sous une domination tout-à-fait étrangère, sans resserrer et circonscrire son autorité dans des limites si étroites, qu'elle devienne par cela même impuissante; en un mot, sans le placer, lui tout seul et isolé, dans une assemblée presque toujours malintentionnée, comme pour sanctionner par sa présence les mauvaises mesures qu'il ne sauroit empêcher.

S'il n'y a pas de morale pour le peuple sans religion, c'est qu'apparemment le peuple n'est guère en état de discuter des systèmes symboliques pour trouver l'origine ou le fondement de ses devoirs, et qu'il sent mieux la nécessité d'être soumis aux lois et de respecter la vie ou les biens d'autrui, quand on lui a dit que la loi divine en fait une obligation, que s'il avoit écouté les plus savantes dissertations sur l'origine de la souveraineté et les bases du droit politique ou social. Mais on oublie toujours que, si ce qu'on appelle la morale philosophique n'est pas à sa portée et ne lui suffit pas, une religion purement philosophique ne lui suffit pas davantage; car l'une n'est pas plus à sa portée que l'autre, et l'on ne fera jamais sortir une morale fixe, rigoureuse, obligatoire et vraiment populaire, d'une religion vague et qui n'a rien elle-mème de positif. Quand on est convenu de réduire toute la morale à ce qu'on appelle être honnête homme, il est aisé de concevoir qu'elle soit possible pour une certaine classe d'hommes, indépendamment de toute religion; car, d'une part, ils ont peu d'intérêt à commellre le vol ou l'assassinat pour obtenir les commodités de la vie, puisqu'ils en jouissent; et, d'autre part, ils ont eu soin que l'usage et les préjugés rendissent presque légitimes la plupart des

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