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594 LA MORT DE MADEMOISELLE LE COUVREUR.
- - - - D EUX VOIX.
rr t Régnez , Nymphe charmante, , , , ,
# , | Régnez parmi les ris; u '; # e -
Ne voyez point avec mépris
L'hommage que l'on vous présente,
- vOS attraits en font tout le prix.

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Ainsi que les tyrans, vous avez su chasser
Les préjugés honteux qui vous livraient la guerre.
C'est là qu'on sait tout dire, et tout récompenser ;
Nul art n'est méprisé, tout succès a sa gloire.
Le vainqueur de Tallard, le fils de la Victoire,
Le sublime Dryden, et le sage Addisson,
Et la charmante Ophils, et l'immortel Newton,
Ont part au temple de mémoire ; * o -
Et Le Couvreur à Londre aurait eu des tombeaux
Parmi les beaux esprits, les rois et les héros. *
Quiconque a des talens à Londre est un grand homme.
L'abondance et la liberté - •

L'esprit de la Grèce et de Rome.
Des lauriers d'Apollon, dans nos stériles champs,
La feuille négligée est-elle donc flétrie ? ·
Dieux ! pourquoi mon pays n'est-il plus la patrie

Et le la gloire et des talens ?

-

Ont après deux mille ans chez vous ressuscité · · ·

LA PoLICE soUs LoUIs xIv,r

LE grand art de régner est le premie des arts :
Il ne se borne point aux † de § 5
Il n'est point renfermé dans le soin politique
D'abaisser la fierté d'un voisin tyrannique,
Ou d'ébranler r urope, ou d'y donner la loi.
Le devoir d'un'monarque est de régner chez soi,
D'y former un état § et †

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(') Mademoiselle sallé, célèbre danseuse de l'opéra de Paris, était alors en Angleterre.

* on croit que cette pièce a concouru pour le prix de l'académie française . | | | : ... 1 , · ) ` , , | | ::: ! :: 41t 2 : " ' :

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LA POLICE SOUS LOUIS XIV.

Et la confusion fit silence à sa voix.
Tout prit un nouveau cours, tout rentra dans ses droits. .
Le magistrat fut juste, et l'église fut sainte; '
Paris vit prospérer dans son heureuse enceinte
Des citoyens soumis, au travail assidus, .
Qui respectaient les grands, et ne les craignaient plus.
La règle avec la paix sous des abris tranquilles, -
Aux arts encouragés assura des asiles. " ' '
L'orphelin fut nourri, le vagabond fixé; · ·
Le pauvre, oisif et lâche, au travail fut forcé; " ·
Et l'heureuse industrie, amenant l'abondance, ,
Appela l'étranger qui méconnut la France : o !

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Ces trésors de lumière et ces globes errans; '

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Aux eaux du ciel, Tombez, fertilisez les champs, , ,
Et que tantôt liquide, et tantôt endurcie, 4
L'onde revole au ciel en vap urs obscurcie; » , " ( !
Il dit, et tout fut fait, et dès ces premiers temps, , ,
Toujours indestructible en ses grands changemens * : , ,
La nature entretient, à son maître fidèle, " |

D'élémens opposés la concorde éternelle., , ,
Si l'on peut comparer aux chefs-d'œuvre divins , | | -
Les faibles monumens des efforts des humains, r |
Sous un roi bienfesant parcourons cette ville · A
Obéissante, heureuse, agissante, tranquille. . o, o | |
Quelle âme incessamment conduit ce vaste corps? · l
Quelle invisible main préside à ces ressorts? " " "
Quel sage a su plier à nos communs seryices o oo oo '
Nos besoins, nos plaisirs, nos vertus et nos vices? .
Pourquoi ce peuple immense, avec sécurité, " "
Vit-il sans prévoyance et sans calamité? # #
L'astre du jour à peine a fini sa carrière, #

De cent § fanaux l'éclatante lumière ,
Dans ce grand labyrinthe avec ordre me luit,!
Et forme un jour de fête au milieu de la nuit !
L'aurore ouvre les cieux, le besoin †
Il appelle à grands cris le travail qui sommeille ; ...
†,
Les fruits prématurés hâtés par leur amour. -

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Ces rivages pompeux qui resserrent ces ondes ,
Sont couverts en tout temps des trésors des deux mondes.
Ici l'or qu'on filait s'étend sous le marteau; '
La main de l'artisan lui donne un prix nouveau ;
La vanité des grands, le luxe, la mollesse,
Nourrissent des petits l'infatigable adresse.
Je vois tous les talens, par l'espoir animés,
Noblement soutenus, sagement réprimés :
L'un de l'autre jaloux, empressés à se nuire, , ..
L'intérêt les fit naître, il pourrait les détruire; o . )
Un sage les modère, et de leurs factions .
Fait au bonheur public servir les passions. . )
Mais ce n'est assez qu'un sage soit utile; r i,'
Le magistrat français doit penser en édile : i ' t , 2
Il doit lever les yeux vers ces nobles Romains 1a ,
Que le ciel fit en tout l'exemple des humains. . )
C'était peu de tracer de leurs mains triomphantes, a :
Du Tibre au Pont-Euxin, ces routes étonnantes; ,, ,
De transporter les flots des fleuves captivés, , , , !
Sur cent arcs triomphaux jusqu'au ciel élevés ; ·

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| ! Rome en grands monumens de tous côtés féconde, « Donna des lois, des arts, et des fêtes au monde; o , . L'univers enchaîné dans un heureux loisir, Admira les Romains jusqu'au sein du plaisir. . Paris ne cède point à l'antique Italie; , , , , Chaque jour nous rassemble aux temples du génie, A ces palais des arts, à ces jeux enchanteurs, , , , . A ces combats d'esprit qui polissent les mœurs : | Pompe digne d'Athène où tout un peuple abonde, :, École des plaisirs, des vertus et du monde. .. | Plus loin la presse roule, et notre œil étonné, , Y voit un plomb mobile en lettres façonné,

Mieux que chez les Chinois, sur des feuilles légères ,
Tracer en un moment d'immortels caractères.
Protégez tous ces arts, ô vous, soutiens des lois,
Ministres confidens ou précepteurs des rois ; , , , ;
Méritez que vos noms soient écrits dans l'histoire
Par la main des talens, organes de la gloire.. .. !
Colbert et Richelieu, les palmes dans les mains, , , ,
De l'immortalité vous montrent les chemins. ,
Regardez auprès d'eux ce vigilant génie,. - • • ' :
Successeur généreux du prudent La Reynie, , ,
A qui Paris doit tout, et qui laisse aujourd'hui ,
Pour le bien des Français deux fils dignes de lui. )
Ma voix vous nommerait, vous, dont la vigilance ' ;
tend des soins nouveaux sur cette ville immense,
Si vos jours, consacrés au maintien de nos lois , . !
Vous laissaient un moment pour entendre ma voix :
J'oserais, emporté par une heureuse ivresse, ... -
De mon roi bienfesant célébrer la sagesse, , , .

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sUR LA CAMPAGNE D'ITALIE.
Mais l'éloge est pour lui, malgré son bruit flatteur,
La seule vérité qui déplaise à son cœur.

sUR LA CAMPAGNE D'ITALIE.
1754.
AU pied de ces monts redoutables,
Ou fleurit la nature au milieu des hivers,
Vers ces climats rians, près des rives aimables
Ou tous ses trésors sont ouverts,
J'ai vu les enfans de la guerre,
Semblables aux torrens qui fondaient avec eux,
A travers les glaçons apporter le tonnerre -
Qu'allumaient dans leurs mains les aquilons fougueux.
De la cour de Louis l'éclatante jeunesse
Part du sein des plaisirs qu'elle aime et qu'elle a fui ;
Voyageurs sans regret, et guerriers sans faiblesse,
levés comme Achille, ils volent comme lui,
Des lieux ou dans les fleurs les berçait la mollesse,
Au carnage où l'honneur les appelle aujourd'hui.
Le monarque des monts, l'héritier d'Amédée
Voit naître un camp superbe, où s'élève l'appui
Dont sa valeur est secondée.
·Quand Mars tonne aux rives du Rhin,
La ligue du vengeur foudroie en Italie
L'aigle impérieux du Germain,
Que Villars confondra, que Berwick humilie.
Villars couvert de tout l'éclat
Dont brilla jadis sa carrière, -
Voit encor les dangers, et franchit la barrière.
Eugène est au conseil, et Villars au combat ;
Sous d'éternels lauriers blanchit sa tête altière,
Et son triomphe illimité
Met au rang des vaincus l'âge qu'il a dompté.
Au réveil soudain de la France
L'Ibère ouvre les yeux, le fer brille, et Madrid
Voit le triple serment que la vengeance écrit !
Sur les drapeaux de l'alliance ; ..
Et l'aigle sur sa proie, où le vainqueur s'élance,
Jette un dernier regard dont l'Europe sourit. "
Déjà sur ces rives sanglantes -
On voit ses † dépouillés |
o# tremblant aux débris foudroyés , .
· De vingt citadelles brûlantes. .
Pizzighitone en feu nous laisse encor dés'traits .
Dont Milan frappé doit se rendre. • • • • r • • •
Tortome et ses rochers en cendre ! +
Sont l'augure éclatant des rapides progrès "

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