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le marquis de Sourdis, chez l'abbé d'Aubignac, chez Pascal, Nous ferons une exception cependant en faveur d'Habert de Montmort, académicien, parce que ses assemblées eurent des statuts particuliers qu'il est intéressant de rappeler'. Quant à l'abbé d'Aubignac, qui a laissé le projet d'une seconde Académie, nous reparlerons de son ouvrage, postérieur à celui de Pellisson, dans notre second volume.

LETTRE DE SORBIÈRE A M. HOBBES ?.

Règlement de l'assemblée de physiciens qui se fit à Paris

chez M. de Montmor, l'an 1657.

« ... M. de Montmor m'ayant fait l'honneur de me communiquer le dessein qu'il avoit de recevoir chez lui un certain nombre de personnes choisies pour s'entretenir de questions naturelles ou d'expériences et de belles inventions, il me donna charge de faire un projet de la manière en laquelle on pourroit former des conférences qui tournassent à l'utilité publique aussi bien qu'au divertissement de ceux qui y entreroient. Je dressai avec M. Du Prat quelques articles qui furent présentés à la première assemblée qui se trouva formée de bon nombre de personnes curieuses. Ils y

1 Voy. la pièce juslificative qui suit.

Voy. p. 287. — C'est le célèbre Hobbes; Sorbière avait iraduit son traité de la Politique.

* Conseiller et médecin ordinaire du Roi.

furent examinés avec quelque contestation de la part de ceux qui ne vouloient pas écrire. Je vous les envoie, puisque vous me les demandez. Quand je vous aurai nommé une partie de ceux qui composent notre assemblée, vous m'avouerez qu'il seroit malaisé d'en composer ailleurs une pareille, encore qu'on la choisit parmi tout ce qu'il y a de curieux hors de Paris et peut-être hors de ce royaume. Mais il vaut mieux vous faire voir promptement ce que vous désirez.

Sur ce plan nous avons commencé de bâtir nos conférences, et déjà nous y avons traité méthodiquement et avec une parfaite exactitude beaucoup de choses importantes...

I. Que le but des conférences ne sera point le vain exercice de l'esprit à des subtilités inutiles; mais qu'on se proposera toujours la plus claire connaissance des æuvres de Dieu, et l'avancement des commodités de la vie dans les arts et les sciences qui servent à les mieux établir.

II. Que celui qui préside établira, de l'avis de la compagnie, la question pour la conférence prochaine, et priera nommément deux personnes qu'il en jugera les mieux informées de rapporter leur sentiment, laissant aux autres la liberté d'en dire leurs pensées.

III. Que ses avis seront lus et donnés par écrit en termes courts et pleins de raisonnement, sans aucune amplification ni autorité.

IV. Qu'ils seront lus sans interruption, les deux personnes choisies ayant les premières produites les leurs.

V. Qu'après toutes les lectures, chacun dira par ordre et en peu de mots les objections ou les confirmations sur ce qui aura été lu; et qu'après la réponse, on n'insistera pas davantage, sans la permission particulière de celui qui pré

VI. Que l'on pourra envoyer son avis sur la question proposée, quand on ne pourra venir en personne.

VII. Que l'assemblée priera ceux qui en ont occasion d'entretenir correspondance avec les savants de France et des pays étrangers, afin d'apprendre d'eux ce qui se prépare ou ce qui est déjà publié ou découvert dans les arts et les sciences, de quoi l'assemblée sera informée en se séparant.

VIII. Que l'assemblée étant formée, on n'y admettra plus personne qui ne le demande, et par le consentement des deux tiers de la compagnie présente, lorsqu'on en fera la proposition.

IX. Qu'on n'admettra point d'autres que les membres de l'assemblée dans le lieu de la conférence qui sera toute composée de personnes curieuses des choses naturelles, de la médecine, des mathématiques, des arts libéraux et des mécaniques, si ce n'est qu'auparavant on ait demandé permission d'y mener quelque homme de mérite. »

Dans le Recueil des lettres de Sorbière, où nous avons pris l'extrait qui précède, on trouve plusieurs discours prononcés aux assemblées de M. de Montmor : Du froid des fièvres intermittentes; Ce que c'est que le mouvement; – De la raréfaction et de la condensation ; - Que le peu de connoissance que nous avons des choses naturelles ne nous doit pas détourner de leur étude..., etc.

TABLE DES MATIÈRES.

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A MESSIEURS DE L'ACADÉMIE FRANÇOISE.
1. DE L'ÉTABLISSEMENT DE L'ACADÉMIE..
II. DES STATUTS DE L'ACADÉMIE..
III. TRAVAUX DE L'ACADÉMIE.
IV. DES CHOSES REMARQUABLES ARRIVÉES DANS L'ACADÉMIE. .
V. DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER.

1. Bardin ...
II. Du Chastelet ..
I'I. Philippe Habert .
IV. De Méziriac .
V. De Porchères-d'Arbaud.
VI. Bourbon..
VII. Faret ..
VIII. Maynard.
IX. De Malleville
X. Voiture. . .
XI. Jean Sirmond .
XII. De Colomby
XIII. De Vaugelas .

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