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DE POURCEAUGNAC.

ACTE ,

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ERASTE; UNE MUSICIENNE, DEUX MUSICIENS,

CHANTANTS ; PLUSIEURS AUTRES, JOUANT DES INSTRUMENTS; TROUPE DE DANSEURS.

ÉR A S.T E, aux musiciens et aux danseurs. Suivez les ordres que je vous ai donnés pour

la sérénade. Pour oi, je me retire, et ne veux point paroître ici.

SCÈNE II. UNE MUSICIENNE; DEUX MUSICIENS,

CHANTANTS; PLUSIEURS AUTRES, JOUANT DES INSTRUMENTS ;

TROUPE DE DANSEURS. (Cette sérénade est composée de chants, d'instruments ,

et de danses. Les paroles qui s'y chantent ont rapport à la situation ou. Eraste se trouve avec Julie, et expriment les sentiments de deux amants qui sont traversés dans leur amour par le caprice de leurs parents.).

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UNE MUSICIENNE.
RÉPANDS, charmante nuit, répands sur tous les gens

De tes pavots la douce violence,

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DEU XJEME ENTRÉE:DE BALLET.

( Danse, de deux pages. ) TROISIÈME ENTRÉE DE BALLET. ( Quatre curieux de spectacles , qui ont pris querelle per

dant la danse des deux pages, dansent ep se battani

l'épée à la main.) QUATRIÈME ENTRÉE DE BALLET. ( Deux Suisses séparent les quatre combattants, et, après les avoir mis d'accord , dansent avec eux. )

SCÈNE III.
JULIE, É RASTE, NÉRIN £.

JULIE.

Mon dieu! Éraste, gardons d'être surpris. Je - tremble qu'on ne nous voie ensemble; et tout seroit perdu, après la défense que l'on m'a faite.

É RASTE.
Je regarde de tous côtés, et je n'aperçois rien.

JULIE, à Nérine. Aie aussi l'oeil au guet, Nérine; et prends bien garde qu'il ne vienne personne.

NÉRINE, se retirant dans le fond du thédere.

Reposez-vous sur moi, et dites hardiment ce que vous avez à vous dire.

IULIE.

Avez-vous imaginé pour notre affaire quelque chose de favorable? et croyez-vous, Eraste, pou. voir venir à bout de détourner ce fâcheux mariage que mon père s'est mis en tête ?

É RASTE. Au moins y travaillons-nous fortement; et déjà nous avons préparé un bon nombre de batteries pour renverser ce dessein ridicule.

NÉRINE, accourant à Julie.
Par ma foi, voilà votre père.

JULIE

Ah! separons-nous vite.

NÉRINE.
Non, non, non, ne bougez; je m'étois trompée.

JULIE

Mop dieu! Nérine, que tu es isotte de nous donner de ces frayeurs !

ÉR ASTE.
Oui, belle Julie, nous avons dressé pour

cela quantité de machines; et nous ne feignons point de mettre tout en usage, sur la permission que vous m'avez donnée. Ne nous demandez point tous les ressorts que nous ferons jouer, vous en aurez le 'divertissement; et, comme aux comédies, il est bon de vous laisser le plaisir de la surprise, et de ne vous avertir point de tout ce qu'on vous fera voir : c'est assez de vous dire que nous avons en main divers stratagèmes tout prêts à produire dans l'occasion; et que l'ingénieuse Nérine et l'adroit Sbrigani entreprennent l'affaire.

NÉRI.
Assurément. Votre pèrc se moque-t-il, de vou.

loir vous anger de son avoeat de Limoges, mon-sicur de Pourceaugnac, qu'il n'a vu de sa vie, et qui vient par le coche vous enlever, à notre barbe? Faut-il que trois ou quatre mille écus de plus, sur la parole de votre oncle, lui fassent rejeter un amant qui vous agrée? et une personne comme vous est-elle faite pour un Limosin ? S'il a envie de - se marier, que ne prend-il une Limosine, et ne laisse-t-il en repos les chrétiens? Le seul nom de monsieur de Pourceaugnac m'a mise dans une colère effroyable. J'enrage de monsieur de Pourceaugo ac. Quand il n'y auroit que ce nom-là, sieur de Pourceaugnac, j'y brûlerai mes livres, ou je romprai ce mariage, et vous ne serez point madame de Pourceaugnac. Pourceaugnac!cela se peutil souffrir? Non, Pourceaugnac est une chose que je ne saurois supporter; et nous lui jouerons tant de pièces, nous lui ferons tant de niches sur niches, que nous renvoierons à Limoges monsieur de Pourceaugnac.

É RASTE. Voici notre subtil Napolitain, qui nous dira des nouvelles.

mon

SCÈNE IV.
JULIE, ÉRASTE, SBRIGANI, NÉRINE.

S BRIGAXI. MONSIEUR, votre homme arrive. Je l'ai vu à trois lieues d'ici, où a couché le coche; et, dans la cui

Molière.' 5.

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