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ΛΌΓΙΟΕ

SUR

BÉAT DE MURALT.

„Maintenant qu’on réimprime tout, on devrait bien réimprimer ces Lettres de M. de Muralt; elles le méritent. Il a dit le premier bien des choses qu’on a répétées depuis avec moins de netteté et de franchise.“

Ce veu que Sainte-Beuve exprimait en 1861 est enfin rempli. Les lettres de Muralt, écrites dans les dernières années du 17e siècle, étaient longtemps demeurées manuscrites, et ne furent publiées qu'en 1725. Le succès en fut très vif; et si ce succès, comme il était naturel, se ralentit bientôt, il se poursuivit néanmoins et se prolongea longtemps; la dernière édition qu'on a de ces Lettres est datée de l'an VIII.

Après cent ans écoulés, cet ouvrage reparaît au jour. L'auteur est à peine connu; ses autres livres ne le sont pas du tout. Une esquisse de sa longue vie, et des idées qui l'ont dominée, sera utile pour orienter le lecteur.

Gentilhomme bernois, officier dans les troupes suisses au service de Louis XIV, Béat de Muralt, né en janvier 1665, a passé sa jeunesse en France. En 1693 ou 1694, il fit en Angleterre un séjour de quelques mois. Son esprit réfléchi avait été frappé de la lecture d'un ouvrage du chevalier Temple: les Remarques sur l'état des Provincesunies des Pays-Bas. Ce petit livre substantiel et plein de vues, encore aujourd'hui intéressant à lire, est un des premiers ouvrages anglais dont la traduction ait été goûtée du public français. Muralt l'avait lu avec fruit; en écrivant à un ami de longues lettres, il imita — je ne sais s'il le fit avec intention, ou comme instinctivement - le tour philosophique des considérations de l'auteur anglais.

Observateur et méditatif, ce n'est pas le paysage ou les monuments qu'il examine, ce sont les meurs, c'est l'âme même du peuple anglais; il cherche à se rendre compte de ses inclinations, des ressorts et de la trempe de son caractère.

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