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DESCR. Tête d'un vert de feuilles assez clair, bordé de jaune pâle; le chaperon et le labre de cette même couleur sur les bords et en avant; d'un brun jaunâtre sur le reste de leur surface; mandibules et mâchoires jaunes, avec l'extrémité brune; palpes d'un jaune très-pâle; la couleur de la tête n'est pas uniforme, mais nuancée sur les côtés de vert plus clair; une bande de cette même couleur se remarque en dessus dans la longueur de la tête; antennes jaunes à la base, d'un jaune brun et même verdâtre dans le reste de leur étendue. Corselet surmonté de trois carènes longitudinales, nuancé sur les côtés de vert clair; poitrine d'un jaune roussâtre, ainsi que l'abdomen; le dessous de celui-ci et les bords postérieurs des segmens en dessus plus clairs; extrémité de l'anus noirâtre. Pattes d'un jaune roussâtre; dessous des cuisses postérieures d'un jaune pâle; une tache noire alongée de chaque côté à leur extrémité. Épines des jambes postérieures noires à l'extrémité. Élytres de moitié plus courtes que l'abdomen, entièrement jaunâtres ; ailes inférieures de même couleur, et presque de moitié plus courtes. Femelle. Le mâle diffère par la longueur des élytres, qui atteignent presque l'extrémité de l'abdomen. Hab. Dans les plaines incultes de la Messénie, de l'Argolide, pendant le courant

de Juin. 71 TETRIX SUBULATA? L. (Gryllus bulla) Syst. nat. ed. Gmel. I, pars IV, p. 2058,

n.° 8.-Fabr. (Acry dium) Ent. syst. II, p. 26. - Schæff. Icon. tab, 154, fig. 9 et 10.

Obs. Autant qu'il est possible de déterminer ces petits Orthoptères avec ce qu'en disent les auteurs, cette espèce se trouve en Morée, ainsi qu'aux environs de Paris. La meilleure description qui en existe se trouve dans le tome X de l'Encyclopédie méthodique. Notre insecte est d'un gris-brun uniforme, et l'on n'y retrouve pas les taches irrégulières et les points noirs mentionnés par MM. de Saint-Fargeau et Serville. Les pattes sont en effet annelées de couleur plus claire, mais les jambes postérieures sont d'un brun noir à l'extrémité. Les côtés du prolongement thoracique sont d'un jaune plus clair, ce qui ne s'accorde

pas tout-à-fait avec la description déjà citée. Les autres caractères sont les mêmes. 72 TETRIX BIPUNCTATA L. (Gryllus bulla) Syst. nat. ed. Gmel. I, pars IV. p. 2057,

n.° 6. — Fabr. (Acrydium) Ent. syst. II, p. 278, n.° 1. — De Geer, Mém. III,

p. 483, n.° 11, pl. 23, fig. 15. - Sulz. Ins. tab. 8, fig. 6. Hab. Se trouve, ainsi que le précédent, dès le mois d'Avril. Ces deux espèces sont répandues à peu près par toute la Morée.

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Observations sur cet ordre d'insectes et sur celui des Névroptères , aux

dépens duquel il est formé; lues à la Société entomologique de France, dans la séance du 13 Juin 1832.

L'ordre des Névroplères, tel qu'il fut adopté jusqu'à ce jour, se composait d'une suite de familles qui n'avaient pu être groupées dans une même coupe que par la réunion d'un grand nombre de caractères, dont aucun n'était commun à toutes, si ce n'est celui d'avoir quatre ailes nues, réticulées; il n'est pas besoin de faire sentir combien un tel caractère a peu de valeur, puisque plusieurs autres ordres d'insectes se trouvent dans le même cas, c'est-à-dire qu'il s'y voit également quatre ailes nues, parcourues par

des
nervures; nous
nous citerons

pour exemple des Orthoptères, dont les ailes ressemblent quelquefois à celles des Névroptères.

Si l'on examine les diverses familles de ce dernier ordre, et si l'on prend en considération les différences frappantes qu'elles présentent, principalement: le rapport des métamorphoses, on sera difficilement de l'avis de notre plus célèbre entomologiste, qui s'exprime ainsi dans un de ses ouvrages : « Ces remarques sur

la transformation des Névroptères consolident l'établissement et la suite des

familles qui remplissent cet ordre. ” (Latreille, Cons. sur l'ordre naturel des Crustacés, etc., p. 73.) Malgré l'autorité d'un si grand maître, et tout le respect que l'on doit avoir pour ses opinions, on ne peut s'empêcher de regarder l'ordre des Névroptères, tel qu'il l'adopta, comme un des moins naturels; c'est ce que nous espérons prouver par l'examen des différentes familles qu'on y avait si confusément entassées.

Linné fut le fondateur de cet ordre; il le forma pour y placer des insectes quatre ailes nues, qui ne pouvaient pas se rapporter à celui des Hyménoptères. Geoffroy n'adopta pas cette classification, mais il réunit les deux ordres sous la dénomination de Tétraplères à ailes nues. Fabricius, prenant pour point de départ les organes de la manducation, n'a pas été amené à conserver les Névroptères tels que Linné les avait constitués. Il forma ses Odonates avec les seules Libellulines, et répartit tout le reste dans ses Synistates, ordre qui répond aux Névroptères, si l'on en retranche les Lépismes et les Podures, qui n'y ont aucun rapport. On ne peut qu'approuver cette séparation des Libellulines, que Fabricius sut distinguer des familles voisines, et il y aurait joint, comme a fait M. Latreille, celle des Éphémérines, si les organes de la bouche ne se trouvaient

à

pas aussi réduits qu'ils le sont dans plusieurs des espèces qui la composent. M. Latreille a envisagé les choses autrement que Fabricius et Geoffroy : revenant aux idées de Linné, il rétablit l'ordre des Névroptères, dont les caractères absolus consistent pour lui dans les quatre ailes nues et

lui dans les quatre ailes nues et le plus souvent égales entre elles.

Considérés d'une manière générale, les Névroptères se partagent aisément en deux grandes divisions, fondées sur un caractère qui n'est pas sans importance, celui des métamorphoses. Ce caractère, jusqu'ici trop négligé, peut servir à disposer cet ordre d'une manière très- naturelle; faute d'en avoir fait usage, on a placé dans la même famille des genres dont les transformations sont très-différentes. C'est ainsi que les Mantispes, les Raphidies, les Termès et les Psoques, qui sont tous des insectes à métamorphoses incomplètes, sont placés parmi les Planipennes, à la suite des Fourmilions, dont les métamorphoses sont complètes. On n'a donc pas à s'étonner si les caractères assignés à cette famille n'ont rien que de vague ; plusieurs des genres qui la composent étant rapprochés contre nature et nonobstant leur manière d'être dans leurs différens états.

Parmi les Névroptères dont les métamorphoses sont incomplètes, on trouve d'abord la famille des Subulicornes de M. Latreille. Le rapprochement des genres Libellule et Éphémère, déjà indiqué par Réaumur à la suite de ses belles observations sur ces insectes, est entièrement confirmé par la ressemblance des moeurs et des habitudes : sous les deux premiers états ces animaux sont aquatiques et voraces; la nymphe ne diffère de la larve que par la présence des fourreaux qui renferment les ailes ; à l'état parfait les Éphémères présentent de plus que les Libellules, une particularité qui consiste dans un changement de

peau après avoir quitté la dépouille de nymphe. Ces deux genres d'insectes se séparent, par leurs transformations, de tout le reste des Névroptères, et se rapprochent des Orthoptères, dont les métamorphoses sont plus simples encore. M. Robineau Desvoidy rapporte les Libellules à ce dernier ordre, dans ses considérations sur l'organisation vertébrale des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; mais il laisse les Éphémères parmi les Névroptères, bien qu'elles ne puissent y rester. De Géer avait formé de ce dernier genre, en y joignant les Phryganes, un ordre particulier, sur la seule considération des mandibules extrêmement petites et quelquefois nulles, et du changement de peau que l'insecte exécute après sa transformation à l'état parfait. Mais ni l'un ni l'autre de ces caractères, le premier moins encore que le second, ne paraît suffisant pour éloigner des Libellulines un genre avec lequel elles ont beaucoup de rapport. Ces deux genres doivent, selon nous, constituer un ordre particulier voisin des Orthoptères, mais qui en diffère, parce que dans ceux-ci l'insecte a la même forme sous les trois états; dans

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les autres , au contraire, l'insecte parfait diffère essentiellement des deux états précédens. Sous tous les états l'insecte ne cesse pas de marcher ni d'agir. Nous donnerons à cet ordre le nom de Dictyoptères, c'est-à-dire qui ont les ailes en réseau,

La seconde famille formée par M. Latreille dans les Névroptères, celle des Planipennes, n'est

pas
aussi naturelle

que la précédente. Elle commence par les Panorpates; insectes dont on ne connaît pas les deux premiers états, mais que l'on suppose avoisiner sous ce rapport les Fourmilions et les Hémérobes. Ces trois tribus, composées d'espèces à métamorphoses complètes, quand elles sont connues, doivent, en retranchant les Némoures et les Perles, former l'ordre des vrais Névroptères. Les transformations encore peu connues des Némoures et des Perles les renvoient parmi les Dictyoptères, dont ils forment une troisième famille !. Tout le reste des Planipennes, ou la division des Termitines de M. Latreille, doit être écarté des vrais Névroptères. Les genres qui composaient jusqu'ici cette division n'avaient d'autre caractère en commun que la ressemblance des métamorphoses, incomplètes dans tous. Les Mantispes et les Raphidies se rapportent aux Orthoptères de la famille des Mantides, et on a lieu d'être surpris qu'elles en eussent été écartées. Fabricius ne fit du genre Mantispe qu’une simple espèce de son genre Mantis, et M. Latreille, dans son meilleur ouvrage, intitulé: Genera crustaceorum et insectorum, plaça ce même genre immédiatement après les Mantes; mais il a renoncé depuis à cette disposition, « à raison,

dit-il, des ailes, qui sont tout-à-fait semblables à celles des Névroptères, des a Raphidies particulièrement. ” (Cons. sur l'ordre naturel, etc., p. 69.) On ne voit guère comment les ailes des Mantispes peuvent être semblables à celles des Névroptères, si ce n'est parce que dans ceux-ci on trouve des ailes de toutes les manières. Les Mantispes, et probablement aussi les Raphidies, appartiennent aux Orthoptères, seulement les ailes supérieures ne sont point épaissies dans cellesci, et le sont en partie dans celles-là; mais cet épaississement de la membrane de l'aile n'est que d'une importance secondaire, et dans tous les ordres d'insectes à ailes supérieures épaissies, on voit des exemples d'ailes presque ou quelquefois tout-à-fait diaphanes. Les Psoques, qui font également partie de la famille des Planipennes, ont la bouche aussi composée que celle des Orthoptères, et semblent devoir être placés dans cet ordre. Les Termites et un nouveau genre qui les avoisine (Embie de M. Latreille), si ses métamorphoses, quand elles seront connues, permettent de le rapporter aux Termites, formeront un ordre isolé, que nous nommerons Isoptères, et qui se placera entre les Orthoptères et les Dic

1. Des observations sur les Némoures , qui vont bientôt paraitre dans les Annales des sciences naturelles, nous apprennent que les métamorphoses de ces insectes sont les mêmes que celles des Dictyoptères, et nous engagent à les placer dans cet ordre avec les Perles.

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tyoptères. Ces insectes ont un mode tout particulier de réticulation des ailes, mais les organes de la bouche sont très-voisins de ceux des Orthoptères. La manière de vivre si extraordinaire des Termites, et les trois sortes d'individus qui constituent l'espèce, les empêche de rester parmi les Orthoptères.

Il nous reste la troisième famille des Névroptères, celle des Plicipennes pour M. Latreille; elle est composée du genre Frigane, et de deux ou trois autres, nouveaux, formés aux depens de celui-ci. Les insectes de cette famille se rapprochent des derniers Lépidoptères nocturnes par la manière de vivre de leurs larves, qui s'enferment aussi dans des fourreaux construits avec différentes matières, qu'elles lient ensemble avec des soies filées également avec leur bouche. Leurs métamorphoses sont complètes. MM. Kirby et Leach ont érigé cette famille en ordre, sous le nom de Trichoptères.

En résumant ces considérations, nous trouvons : 1.° qu'il ne restera plus dans l'ordre des Névroptères que ceux dont les métamorphoses sont complètes, moins les

genres de Friganes; 2.° qu'une partie des anciens Névroptères, les Mantispes, les Raphidies et, peut-être, les Psoques, seront renvoyés aux Orthoptères; 3.° que les Termites se rapprochent de ceux-ci, sans cependant s'y rapporter entièrement; 4.° enfin, que les Subulicornes et la famille des Perles constitueront aussi un

ordre particulier, dont les caractères peuvent s'énoncer de cette manière: Ordo DICTYOPTERA Br. - Metamorphosis subincompleta : larva et pupa agiles, sub

similes, prædatores, aquaticæ ; pupa alarum rudimenta gerens : imago a præcedentibus distincta, alata , terrestris, in humidis locis victitans. Alæ 4 membranaceæ, nervis numerosis reticulatæ, inter se sæpissime æquales. Os mandibulis maxillisque; maxillis latere externo galea instructis; palpis interdum nullis, 1

NB. Hujus ordinis familiæ sunt tres : Libellulinæ, Ephemerinæ, Perlariæ , Latr.

n. 11.

FAMILLE DES LIBELLULINES. 73 ÆSHNA FORCIPATA L. (Libellula) Syst. nat. ed. Gmel. I, pars V, p. 2625, Ræs. Ins. II, Aq. II, tab. 5, fig. 3. Femina.

Schæff. Icon. tab. 160, fig. 1. Mas.

Panz. Faun. Germ. fasc. 88, pl. 21. Mas.
Hab. Dans toute la Morée; habite aussi la France, l'Allemagne, l'Italie, les envi-

rons de Bruxelles, etc.
74 ÆSHNA GRANDIS L. (Libellula) Syst. nat. ed. Gmel. I, pars V, p. 2625, n.o 9.

– Fabr. Ent. syst. II, p. 384, n.° 2. - Schæff. Icon. tab. 60, fig. 1, Mas. - Ibid.

tab. 2, fig. 4? Femina ? Hab. Espèce répandue dans toute l'Europe.

1. On retrouve dans quelques-uns (les Subulicornes) la galėte des Orthoptères, et point de palpes; la galėte semble donc en remplir les fonctions.

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