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Ah, si je lui avais coupé les ailes... Ros. (du même ton). Non cest

Rosine sarrele au fond du theirescent capable de vouloir maiser,

Je n'y

Amél. Comment s'y prendre Amél

. N'entends je-pas ma pour la guérir de cette cruelle fan-sæur?

zal. Oui, c'est elle. taisie?... Zel. Je ne sais , je crains que Amél

. Eh, bien, Rosine, ma cocela ne soit fort difficile. lombe!.... Amél. Allons la retrouver.... Ros

. Je sais votre malheur, et Mais que nous veut Colin ?.... Jl je vois qu'il est encore plus grand a l'air bien effaré.... que je ne l'imaginais; car vous

m'en paraissez accablée. SCÈNE V.

Amel Quel ton d'ironie..... Ma

sæur. ... Ah! quand vous étiez Zelis, Amélie, Colin.

inquiète de votre myrte, je ne me

suis pas moquée de vous. Amél. Que voulez-vous, Colin?

Ros

. (à part.) Ce reproche me Col. Ah, mademoiselle!

touche....je le mérite donc! (Elle Amél. Eh bien?...,

Tréve). rrivé?..

Col. Un malheur!....

¿ Zél. Et le petit agneau blanc Amél. Oh, je m'en separe le qu'elle m'avait promis?

moins qu'il m'est possible. Amél. Ah! Zélis, il est mort.. Ros. (à part.) Ne dirait-on pas

Zél. Ah! Dieu !.... Eh bien, qu'elle parle d'une an j'en avais un pressentiment quand puis plus tenir. (Elle fait quelje le quittai, vous en souvenez- ques pas ponr sortir.) vous ?

Amél. Ons allez-vous donc, Ro. Amel. Oui, je me le rappelle... sine ?.... Mais Nicole vous en élève un autre. Ros. Je vais chercher des Aeurs

Zél. Et vous, Rosine, avez-vous que je veux donner à Zélis. bien des fleurs cette année ? Amél. Venez nous rejoindre à la

Ros. Le myrte que vous m'avez volière, j'y vais conduire Zélis. donné, est plus joli que jamais : il Ros. Il suffit. (à part) J'y sem'a causé de l'inquiétude pendant rai avant elles. (Elle sort en deux jours, un vent du Nord l'avait courant). frappé; mais, grâce aux soins de Colin, il a repris sa fraîcheur.

SCÈNE IV. Zél. Ah, Colin! je serais charmée de le revoir....

Zélis, Amélie. Amél. Vous le trouverez prodigieusement grandi.

Zélis (regardant sortir Rosine.) Zél. (à Amélie.) Et la volière ? Comme elle nous quitte brusque

Amél. Ah, Zélis, depuis trois ment!.... A qui en a-t-elle ?.... mois, j'ai une colombe charmante; Amél. Je l'ignore....Vous saelle me fait négliger tous mes autres vez, Zélis, que souvent Rosine a oiseaux; elle m'entend, me co-des caprices dont on ne peut exnnaît, vient à moi.... et elle est pliquer la cause : elle est bonne, jolie !....

sensible; mais elle s'inquiète et Zél. Blanche, je parie?... s'agite presque toujours sans raiAmél. Oui.... Zél. Un collier noir ?.... Zél. Oui, elle a des idées singuAmél. Justement.

lières. Elle se plaît à se tourmenZél. Oh, je meurs d'envie de la ter; par exemple, elle vous aime yoir,

beaucoup, mais elle ne vous aime Amél. Je vous y menerai tout-à-pas bien; car elle ne compte pas l'heure.

entièrement sur vous; un rien la Zél. Et elle vous est attachée ? fache, ou l'alarme: cela s'appelle,

Amél. Oh, d'une manière surpre-je crois, de la jalousie. nante.

Amél. Mais j'ai dit à Rosine Zél. Prenez bien garde de la qu'elle était la plus chère de mes perdre.

amies. Si elle doute de ma bonne Amél. Je n'ai pas eu le courage foi, comment peut-elle m'aimer ende lui couper les ailes, ce qui me core? Si elle me croit, comment laisse un peu d'inquiétude. peut-elle être jalouse ? .... Dans

Ros, à part. Voilà une conver-si’une ou l'autre supposition, je ne sation bien intéressante.

comprends pas sa jalousie. Zél. La menez-vous à la prome-Zél.C'estque vous êtes raisonnable, nade?

Jet Rosine à cet égard ne l'est pas.

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Zel. Parlez-. qu'est-il donc a zel

. Amélie, vous êtes injuste ; Rosine, vous aime, ainsi elle doit

partager toutes vos peines; et Amiel, Al, Ciel! ma colombe.. moi, ne viens-je pas de pleurer Col. Elle est perdue.

votre colombe?... L'amitié de Amél. Ah, grand Dieu.... Rosine pour vous serait-elle moins Col. S'ai tronvé la volière ouver-tendre? te, et la colombe n'y était plus. Zal . Allez, Colin, laissez-nous je afligée! ...Oh, pardonnez-moi

.

lie, je vous proteste que je me redouble - ... Ah! qu'ai-je fait?.. m'aftige mille fois davantage de Amél. Embrassez moi, ma soeur celle de mon agneau blanc.

parlez...
Amél. Ah, ma pauvre petite" Ros. (l'embrasse)

. Amélie,
colombe! Encore si vous l'aviez Amél. Eh bien....

son.

Ros. (avec embarrus). Si vous
za. Peut-être pourra-t-on la retrouviez votre colombe, seriet

vous bien contente?....
Amél. Je ne m'en flatte pas **** Amél. Quoi, sauriez vous ?....
Za. Hélas, y pensais ... une simple questions

zel. Cette question m'étonne

Rosine, vous baissez les
SCÈNE VI, et derniere.

yous paraissez interdite... Alla
Zelis, Amélie, Colin, Rosine tenant

savez o elle est...

colombe n'est pas perdue, vous

yeux,

Amél. Que dites-vous, leis? Quoi, vous pourriez croire ma

de se faire un jeu de mon inquieStude, et de dissimuler aves mais

vous

SCÈNE V.

seur...

Amél. Comment s'y prendre, Amél. N'entends je-pas ma pour la guérir de cette cruelle fan-seur ? taisie ?....

Zél. Oui, c'est elle. Zél. Je ne sais, je crains que Amél. Eh, bien, Rosine, ma cocela ne soit fort difficile.

lombe!.... Amél. Allons la retrouver Ros. Je sais votre malheur, et Mais que nous veut Colin ?.... Il je vois qu'il est encore plus grand a l'air bien effaré....

que je ne l'imaginais ; car
m'en paraissez accablée.
Amel Quel ton d'ironie!. . Ma

... Ah! quand vous étiez Zélis, Amélie, Colin.

inquiète de votre myrte, je ne me

suis pas moquée de vous. Amél. Que voulez-vous, Colin ?

Ros. (à part.) Ce reproche me Col. Ah, mademoiselle!

touche....je le mérite donc? (Elle Amél. Eh bien?....

réve). Zel. Parlez.. qu'est-il donc a

Zél. Amélie, vous êtes injuste ; rrivé?..

Rosine, vous aime, ainsi elle doit Col. Un malheur!....

partager toutes vos peines; et Amél. Ah, Ciel! ma colombe.. moi, ne viens-je pas de pleurer Col. Elle est perdue.

votre colombe ?... L'amitié de Amél. Ah, grand Dieu!....

Rosine pour vous serait-elle moins Col. J'ai tronvé la volière ouver-tendre ? te, et la colombe n'y était plus. Amél Chère Rosine, vous aurais

Zél. Allez, Colin, laissez-nous je affligée?.... Oh, pardonnez-moi. ..:(Colin sort). Ma chère Amé

Ros. (à part). Mon embarras lie, je vous proteste que je me redouble.... Ah! qu'ai-je fait?.. m'afflige mille fois davantage de Amél. Embrassez moi, ma sæur la perte de votre colombe, que de.... Mais, qu'avez-vous donc ? celle de mon agneau blanc. parlez •

Amél. Ah, ma pauvre petite Ros. (l'embrasse). Amélie. colombe! Encore si vous l'aviez Amél. Eh bien?....

Ros. (avec embarras). Si vous Zél. Peut-être pourra-t-on la retrouviez votre colombe, seriezretrouver.

vous bien contente ?.... Amél. Je ne m'en flatte pas... Amél. Quoi, sauriez vous ?... Ah, si je lui avais coupé les ailes !.. Ros. (du méme ton). Non c'est

Zél. Hélas, j'y pensais !.... une simple question.... mais je n'osais le dire.

Zél. Cette question m'étonne..

Rosine, vous baissez les yeux, SCÈNE VI, et dernière.

vous paraissez interdite.... Ah! lá

colombe n'est pas perdue, vous Zélis, Amélie, Colin, Rosine tenant

savez où elle est. un papier fermé.

Amél.

Que dites-vous, Zélis? Rosine s'arréte au fond du théâtre,

Quoi, vous pourriez croire ma et dit ;

sour capable de vouloir m'affliger,

de se faire un jeu de mon inquiéElles sont consternées. Itude, et ile dissimuler avec moi ?

vue.

Ros. Ah, plôt au Ciel !.... délicatesse qui va jusqu'à la défi

Zil. Voyez-vous comme elle se ance, est un tourment pour celle corrige!.... Elle vient de louer qui l'éprouve, et la plus mortelle votre raison, mais au fond du injure pour l'objet qui l'a fait naître. cæur, elle voudrait vous voir par-Songez-y bien, chère Rosine, et tager sa folie....

répétez-vous chaque jour, que l'amiAmél. Non, non, Rosine a trop tié ne peut exister sans l'estime et d'esprit pour ne pas sentir

que lalla confiance.

LE BAL D'ENFANS; OU, LE DUEL.

PERSONNAGES.

cachez pas.

Le Baron.
Théodore, Fils du Baron, âgé de douze ans.
L'Abbé, Gourcenenr de Théodore.
Le Chevalier de Verville, ágé de treize ans.
Champagne, Laguais de Théodore.

sæur.

Non, Rosine est susceptible, elle, Ros. Ah! Zélis, quelle amère et
est injuste quelquefois ; mais elle cruelle plaisanterie !......
est aussi franche que sensible; je Zél. Dans ce genre vous n'en
connais son cœur, et je ne puis le trouverez jamais cie bonnes.
soupçonner.

Amèl. Ne la tourmentez pas Zél. Qu'elle se justifie donc ! davantage; mais je ne puis revenir Mais regardez, regardez comme de ma surprise. Vous, Rosine, elle rougit ... Oh, quelle mine jalouse! et de quoi? d'un oiseau? coupable !

Zél. Elle l'était de moi, quand Amél. Que signifie l'état où jenons étions ensemble; et dans mon vous vois, ma sæur? serait-il possi-absence, elle s'est rejetée sur la ble?....

pauvre colombe. Elle l'aurait été Ros. Ah, ma chère Amélie !.... de la bonne mère Nicole, ou bien (Elle pleure).

d'autre chose; car je vois que les Amél. Rosine.... Qu'est-elle jaloux, pour se livrer à leurs fandevenue, ma colombe? Ne me le taisies, n'ont besoin ni de prétextes,

ni d'objets raisonnables. Zél. Eh bien, Rosinc l'a volée, Ros. Hélas ! elle a raison. cela est clair.

Amél. Quoi, Rosine, vous pouAmél. Vous ne dites rien, maviez penser que j'aimais mieux ma

colombe que vous ?.. Zel. Je répondrai pour clle. Eh! Ros. Oh, non....

..Mais elle vous L'histoire de la colombe est écrite occupait, vous en parliez sans sur son visage. Rosine était ja- cesse... louse de la colombe, et elle a volé Amél. Ah! je ne vous conçois et enfermé sa rivale.

pas; si je souffre, vous souffrez Amél. Rosine!....

comme moi. Cette épine hier qui Ros. Ah, ma sour, que vous me blessa la main, fit couler vos dirai-je ?.... Zélis l'a deviné.... larmes: pourquoi donc de même Oui, j'ai votre colombe. Je comp-ne partagez-vous pas mes pļaisirs ? tais cependant vous la rendre ; Ros. Je suis corrigée pour ma mais je ne veux point chercher à vie de ces cruels caprices, du moins m'excuser. Je sens tout mon tort; je l'espère. Votre douceur, votre j'ai causé votre peine, je vous ai raison, votre amitié surtout me font trompée, je suis ingrate, extrava-connaître enfin tout l'excès de mon gante; enfin, je ne mérite plus injustice....Venez, ma sæur, vel'amitié d'Amélie. Vous n'aimerez nez retrouver votre colombe; elle plus que Zélis, je dois m'y attendre est ici près dans le petit bosquet de ...j'en mourrai, cela est sûr....roses.... Ah! du moins, ma sæur, accordez- Amél. Je ne la reprendrai pas, moi votre pitié.

je vous la donne, Rosine; gardezAmél. (l'embrasse). Injuste etia, et que la main qui vous l'offre chère amie !

vous la rende chère ! Ros. Quoi, vous m'aimez tou Ros. Ah, ma sæur!. jours ?....

vais l'aimer désormais. Zél. (en riant). Oui après moi, Zel. Oui, mais prenez garde qu'à

èrez l'amie la plus chère son tour Amélie n'en devienne jad'Amélie.

llouse....

La Scène est à Paris, chez le Baron.
ACTE I-SCENÈ I.
Le Théatre représente un salon. D'aimait pas la danse l'année

On doit voir un canapé dans lessee...
fond du salon.

Le Baron, L'Abbé.

Le Bar. Cela est incroyable; il

pa

arrangé pour le bal?

L'Abbé. Oh bien à présent, c'est son goût dominant. Il s'est levé

ce matin avant moi; et avant de
Le Bar. Le grand salon est-il songer à déjeuner, déjà il avait

dansé trois fois la cosaque.
L'Abbé. Oui, monsieur, les ban- Le Bar. Cela n'est pas naturel:
quettes sont posées, le buffet estil y a quelque chose là-dessous !..
dressé, tout est pret

L'Abbé. (riant). Eh, vraiment
Le Bar. Que fait mon fils? oui, il y a quelque chose là-de-

L'Abbé. Champagne le coiffessous!..
pour la troisième fois du jour.

Le Bar. Qu'est-ce que c'est,
Le Bar. Fi donc ! comment|l'Abbé? Contez-moi cela.
souffrez-vous cela?

L'Abbé. C'est que mademoiselle
L'Abbé. Que voulez-vous, mon-Amélie vient ce soir au bal; c'est
sieur? Ce bal que vous donnez que mademoiselle Amélie est char-
lui tourne la tête: il veut, dit-il, mante, et quelle danse la
danser ce soir la cosaque! il saute, à merveille...
il se démène, se met en nage, en Le Bar. Bon!... Vous croyez
répétant cette maudite cosaque ; que c'est là le motif?....
on est obligé de le recoiffer d'heure. L'Abbé. Oh,j'en suis sûr. 11

heure, et même de le changer aime mademoiselle Amélie de tout
de chemise : je n'ai jamais rien vulson cour.
de pareil : il est comme un fou.

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Le Bar. Cest un ceur bien

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Ros. Ah, plât au Ciel !.... délicatesse qui va jusqu'à la défi

Zél. Voyez-vous comme elle seance, est un tourment pour celle corrige!.... Elle vient de louer qui l'éprouve, et la plus mortelle votre raison, mais au fond du injure pour l'objet qui l'a fait naître. ceur, elle voudrait vous voir par-Songez-y bien, chère Rosine, et tager sa folie...

répétez-vous chaque jour, que l'amiAmél. Non, non, Rosine a trop tié ne peut exister sans l'estime et d'esprit pour ne pas sentir que la la confiance.

LE BAL D'ENFANS; OU, LE DUEL.

PERSONNAGES.

Le Baron.
Théodore, Fils du Baron, âgé de douze ans.
L'Abbé, Gouverneur de Théodore.
Le Chevalier de Verville, ágé de treize ans.
Champagne, Laquais de Théodore.

La Scène est à Paris, chez le Baron.
ACTE 1.-SCENÈ I.

Le Bar. Cela est incroyable; il Le Théâtre représente un salon, n'aimait pas la danse l'année paOn doit voir un canapé dans lessée:::

L'Abbé. Oh bien à présent, c'est fond du salon.

son goût dominant. Il s'est levé Le Baron, L'Abbé.

ce matin avant moi: et avant de Le Bar. Le grand salon est-il songer à déjeuner, déjà il avait arrangé pour le bal ?

dansé trois fois la cosaque. L'Abbé. Oui, monsieur, les ban- Le Bar. Cela n'est pas naturel : quettes sont posées, le buffet est il y a quelque chose là-dessous !.. dressé, tout est prêt.

L'Abbé." (riant). Eh, vraiment Le Bar. Que fait mon fils? oui, il y a quelque chose là-de

L'Abbé. Champagne le coiffessous!.. pour la troisième fois du jour. Le Bar. Qu'est-ce que c'est,

Le Bar. Fi donc ! comment l'Abbé? Contez-moi cela. souffrez-vous cela ?

L'Abbé. C'est que mademoiselle L'Abbé. Que voulez-vous, mon- Amélie vient ce soir au bal; c'est sieur? Ce bal que vous donnez, que mademoiselle Amélie est charlui tourne la tête : il veut, dit-il, mante, et qu'elle danse la cosaque danser ce soir la cosaque! il saute, à merveille. • il se demène, se met en nage, en

Le Bar. Bon!.... Vous croyez répétant cette maudite cosaque ; que c'est là le motif?.... on est obligé de le recoiffer d'heure L'Abbé. Oh, j'en suis sûr. Il en heure, et même de le changer aime mademoiselle Amélie de tout de chemise : je n'ai jamais rien vu son cæur. de pareil : il est comme un fou. Le Bar. C'est un coeur bien

d'honneur .... Je ne danserai plus,qu'on puisse recevoir, et que
me disiez-vous; je vous le promets. T'honneur impose l'indispensable

Théod. (d'un ton piqué). C'est obligation d'exposer sa vie pour
vrai

, j'ai dit cela, mais je ne vous s'en venger ?
ai point donné ma parole d'ho-|. Théod. Ah, je vous assure que
aneur...Je ne manque point à nia dès à présent, excepté de mon
parole d'honneur, M. l'Abbé. papa, je ne souffrirais un démenti

L Abbé. Ainsi, à moins d'un de qui que ce soit dans l'univers.
serment, on ne peut compter sur L'Abbé. Vous vous battriez?..
vos protestations.... On ne doit Théod. Assurément, je me ba-
pas prodiguer sa parole d'honneur; ttrais... Je n'ai que douze ans ;
on ne la donne que dans les occa- mais mon papa n'a-t-il pas fait sa
sions extraordinaires; par consé-première campagne à douze ans ?
quent, habituellement, dans le Ainsi, dès qu'à cet âge on peut
cours commun de la vie, je ne vous bien servir le roi, on peut se

а

pressé: songez-vous que Théodore tout dire .... Tenez, entre nous... n'a que douze ans ?

vous allez rire ; mais c'est que L'Abé. Je vous assure qu'il vous connaisez bien mademoiselle parle des talens et des grâces de Amélie ?.... mademoiselle Amélie, comme s'il L'Abbé. Oui.... en avait dix-huit.

Champ. Eh bien, c'est elle qui Le Bur. Il parle, dites-vous;est la cause de toutes les gambades ah, cela est de trop: il faut lui de M. Théodore... Il n'y a plus apprendre à se taire. Puisqu'il d'enfant.... veut se donner les airs d'aimer, il L'Abbé. Qu'est-ce qui vous perfaut qu'il commence par devenir suade cela ? discret. Mais j'ai quelques ordres Champ. Pardi, cela est clair à donner; l'Abbé, attendez-moi comme le jour.... Je m'en doutais ici, je reviendrai dans un moment. Jdepuis trois semaines, mais au(Il sort.)

jourd'hui j'en suis certain. Il a L'Abbé. (seul.) Le bon père !•. fait des vers ce matiu, où il dit et une tendresse pour son fils sisqu'il aimera toute sa vie la charclairvoyante, si bien entendue....mante Amélie, il y a cela....c'est qu'un gouverneur est heureux, un enfant qui a un esprit! Il a quand le père de son élève le se-oublié ses vers sur une table, et je conde ainsi ! C'est la vertu ou la les ai lus; et puis il a enrosé folie des parens, qui fait les bons chercher tout-à-l'heure le maitreou les mauvais instituteurs.... d'hôtel, pour le prier de faire des

glaces à l'ananas, parce que made SCÈNE II.

moiselle Amélie les aime....et

puis, il a toujours dans sa poche L'Abbé, Champagne, une rose artificielle, que

mademoi

selle Amélie a perdue au dernier L'Abbé. Ah, Champagne.... bal; enfin, il ne pense qu'à elle; enfin, monsieur Théodore a-t-il c'est bien drôle.ri. achevé sa toilette?

L'Abbé. Paix, je l'entends. Champ. Oui, monsieur; et je Champ. Tenez, je vous le disais, viens vous prévenir que je lui ai dit il chante la cosaque. que vous le demandiez, parce que s'il reste un quart-d'heure livré à SCÈNE III. lui-même, la cosaque ira son train.

L'Abbé. Il m'a cependant promis L'Abbé, Théodore, Champagne. qu'il se tiendrait tranquille.

Champ. C'est plus fort que lui. L'Abbé. Champagne, laissezPendant que je le coiffais, il la nous. (Champagne sort) chantait

, il battait la mesure, il se (Théodore entre en chantar!). trémoussait.... Oh, il m'a' bien L'Abbé. Eh bien, monsieur, fait enrager anjourd'hui.

comme vous voilà déjà dépoudré? L'Abbé. Il fallait m'appeler.

Théod. (faisant quelques pas de Champ: Monsieur, je vous en danse). Ce maudit pas! . Je ne prie, ne lui parlez point de cela; l'attraperai jamais..." il ne mérite pas d'être grondé.... M. le Baron m'a ordonné de vous ssance et la solidité de vos paroles

croirai plus.

battre aussi pour sa querelle parThéod. Vous ne me croirez ticulière . . . Un boulet, une épée, plas!....

tout cela est égal....cela tue, ou
L'Abbé. Ai-je tort?. Je vous en cela fait honneur, tout de même.
fais juge.

L'Abbé Cela tue tout de même;
Theod. Mais....

mais l'honneur est différent: illy
L'Abbé. Et je ne vous cache un peu plus de gloire à combattre
pas, que prenant ainsi l'habitude pour sa patrie et son roi, que se
de douter de votre véracité dans battre contre un de ses compatri-
les petites choses, vous me per-lotes. Il faut une grande réunion
suaderez moins facilement dans les de choses, pour qu'un duel ne soit
grandes, et votre parole d'honneur pas très-blåmable aux yeux

des
sera moins d'impression sur moi gens éclairés. L'humanité et les
que n'en fesait autrefois la plus lois le condamnent également; et
simple promesse.

quand ce n'est pas véritablement
Theod. C'est me dire, M. l'Abbé, l'honneur qui le prescrit, il n'est
que vous n'avez plus d'amitié pour plus qu'un honteux égarement
moi.... Quand on aime quelqu'un, produit par la folie et la férocité.
on ajoute foi à ses paroles.... Moi, Théod. Mais quand la cause est
je crois tout ce que vous me dites, bien juste?

L'Abbé. On fait alors son devoir,
L'Abbé. Mais, vous ai-je jamais et l'on a l'intérêt et l'approbation
trompé?

de tous les honnêtes gens. Mais
Théod. Oh, non.... cela est si rare !.... On peut avoir

L'Abbé. Vous me croyez tou- un sujet indispensable de se battre,
jours, et pourtant je ne vous ai sans avoir la justice de son côté.
jaimais donné ma parole d'honneur Théod. Comment cela?
.... Sachez donc, monsieur, que le L'Abbé. Pour un démenti, par
oui et le non d'un honnête homme exemple, si celui qui le reçoit l'a
valent tous les sermens du monde. mérité ; et s'il est menteur et
La vérité n'est-elle pas la première brave, il se battra, et fera bien,
de toutes les vertus, puisqu'un dé-puisqu'il n'y a pas là-dessus d'autre
menti est le plus horrible affront parti à prendre. Mais qu'en

et....

L'Abbé. J'admire votre obéi

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