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Dorine, que j'ai envie d'avoir une illeurs, madame est si penetrante. conversation un peu detaillee avec Mel. Moi! point du tout. Voilà soas me parliez franchement. Je et puis la dissipation dans laquelle vous ai mise auprès d'elle, non je vis, me laisse-t-elle le tems de seulement pour cultiver son caur et réfléchir?.. Vaime le monde, son esprit, et lui donner des talens mais j'aime encore mieux ma niece,

agreables, mais surtout pour meet sijavais moi-même plus in

n'est que pour l'intérêt de cet en-woir le père du chevalier, pour lui fant si cher que je craindrais de conter cette charmante histoire. Il m'abuser.... Ah, préservez-moi du est au bal, allons le chercher. malheur affreux de gáter, par une L'Abbé. De grâce, que je sois faiblesse coupable, votre ouvrage et présent à cet entretien. Mais aule mien !

paravant, faites demander la coL'Abbé. Non, cet ouvrage ne saque pour notre aimable Théodore. peut être que perfectionné; il fera Le Bar. Oh, cela est trop juste. la gloire et les délices de votre vie, Venez, mon ami. Le Bar. Je meurs d'envie del

n'en doutez pas.

[Ils sortent).

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ture; elle vous donnerait un ridi Le Chev. Viens, mon cher Thé. cule à l'un et à l'autre; votre duel odore, et, je t'en prie, ne nous prouverait que vous n'avez même brouillons plus. (Il se prennent pas la raison qu'on doit avoir à sous le bras, et s'en vont ). douze ans. Vous n'avez point l'adresse nécessaire

pour

combattre; vos corps sont faibles, vos principes

SCENE X. et dernière. sont encore incertains; vos notions sur le point d'honneur ne peuvent

Le Baron, L'Abbé. être qu'imparfaites : enfin, sachez que dans un enfant, l'unique espèce Le Bar. Eh bien, l'Abbé, étesde courage qui promette pour l'a- vous fâché à présent que j'aie tente venir, c'est de supporter les mala- cette épreuve ? dies et la doulepr avec patience et L'Abbé. Vous êtes un heureux sans se plaindre: c'est surtout de père, et vous le méritez bien. Je savoir maitriser ses fantaisies, gar-ne puis vous peindre le plaisir que der ses résolutions, et se corriger je trouvais à vous regarder quand de ses défauts. La bravoure, qui nous étions dans ce cabinet; quelle n'a point pour base cet empire ab.satisfaction, quelle joie éclataient solu sur soi-même, n'est qu'un in-sur votre visage pendant la que stinct aveugle, et souvent dange-relle de ces deux aimables enfans! reux; mais le vrai courage vient de Qu'il est attendrissant, qu'il est l'âme: celui-là seul, invariable au-doux de contempler les mouvemens tant qu'intrépide, peut conduire à expressifs de la physionomie d'un la gloire, et fait également les héros père satisfait! Oui, c'est voir l'image et les sages. Théodore, nous re-la plus parfaite du bonheur le plus prendrons cet entretien : il est tard : pur qui soit sans doute sur la allez, mes enfans, dans le bal; j'irai terre. bientôt vous rejoindre.... Le Bar. Mais, parlons de ces

Le Chev. Monsieur, permettez-enfans; parlons-en, mon cher Abbé: moi une question : Vous étiez dans que de courage, de générosité

, de ce cabinet, vous nous avez donc délicatesse, que de qualités enfin entendus?

ils ont montrées dans le court Le Bar. Oui....

espace d'une demi-heure !.... Mon Le Chev. Eh bien, puisque vous fils !.... comme son cæur est noble savez ce que j'ai dit au sujet de et sensible !.... Cette crainte de mademoiselle Amélie, je puis vous m'aMliger, qui le troublait au mileu en parler, et c'est pour vous prier de son dépit et de sa colère. de demander encore la cosaque, afin Vous rappelez-vous de quel ton il que Théodore la puisse danser aussi a dit qu'il voulait bien ne point se

Théod. Mais, non; je ne m'en battre à cause de moi?.... soucie pas; je vous assure.... L'Abbé. Rien ne m'est échappé,

Le Chev. Eh bien, ce sera par soyez-en sur complaisance pour moi.

Le Bar. Convenez qu'il justifie Le Bar. Théodore aura cette bien ma tendresse... Mais, mon générosité; allez, mes amis, je vous cher Abbé, si cette tendresse pa suis dans l'instant.

ssionnée m'aveugle jamais, éclairezThcod. Allons, chevalier. Imoi, je vous en conjure: hélas! ce

avec Lucie.

La Scène est à Paris chez Mélanide

ACTE 1.

SCENE PREMIÈRE.

Le Théatre représente un Cabinet d'Etude; on y roit des Livres, des

Globes, des Spheres, &c.

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Mel. Il ya long-tems, ma chère cacher ce que je pense: et, d'a

dire la vérité, et m'aider à la co-struction, j'aurais tout quitte

joie pour me consacrer entièrement Der vuile defaut de ne pouvoir a l'éducation de Lucie.

avec

n'est que pour l'intérêt de cet en-ivoir le père du chevalier, pour lui fant si cher que je craindrais de conter cette charmante histoire. Il m'abuser.... Ah, préservez-moi du est au bal, allons le chercher. malheur affreux de gâter, par une L'Abbé. De grâce, que je sois faiblesse coupable, votre ouvrage et présent à cet entretien. Mais aule mien !

paravant, faites demander la coL'Abbé. Non, cet ouvrage ne saque pour notre aimable Théodore. peut être que perfectionné; il fera Le Bar. Oh, cela est trop juste. la gloire et les délices de votre vie, Venez, mon ami. n'en doutez pas.

[Ils sortent] Le Bar. Je meurs d'envie del

L'ENFANT GÂTÉ.

PERSONNAGES.

Mélanide, Veuve.
Lucie, Nicce de Mélanide.
Dorine, Maitresse de Musique et de Dessin de Lucie,

et logeant chez Mélanide.
Toinette, Fille d'une Femme de Chambre élevée,

avec Lucie.

La Scène est à Paris chez Mélanide

ACTE I.

SCENE PREMIÈRE.

Le Théatre représente un Cabinet d'Etude; on y voil des Livres, des

Globes, des Sphères, &c.

Mélanide, Dorine.

Mél. Il y a long-tems, ma chère cacher ce que je pense: et, d'aDorine, que j'ai envie d'avoir une illeurs, madame est si pénétrante. • conversation un peu détaillée avec Mél. Moi! point du tout. Voilà vous sur ma nièce; je veux que précisément ce que je ne suis pas; vous me parliez franchement. Je et puis la dissipation dans laquelle vous ai mise auprès d'elle, non je vis, me laisse-t-elle le tems de seulement pour cultiver son cæur et réfléchir ?.... J'aime le monde; son esprit, et lui donner des talens mais j'aime encore mieux ma nièce, agréables, mais surtout pour me et si j'avais moi-même plus d'indire la vérité, et m'aider à la co-struction, j'aurais tout quitté avec nnaitre.

joie pour me consacrer entièrement Dor, J'ai le défaut de ne pouvoir à l'éducation de Lucie.

voyez comme elle profite des leçons spectacles, recevoir des visites, que vous donnez à Lucie; elle voilà toutes ses occupations. Elle la journée: je ne suis pas en état charmes de l'étude et l'utilité de ce désir d'apprendre à son âge, lui donne est éternellement en

la rend reellement intéressante. contradiction avec ses discours

Mel. (d'un ton sévère). Lucie mais je vous avoue que je n'ai pas vous a dit cela?

une grande idée de son esprit. Dor. Mot à mot, et avec cette Mél

. Elle est douce, ingénue, nuiveté, cette gráce qui lui sont si sensible, et vraie; avec les pernaturelles. ...

sonnes à qui elle doit du respect, Mel. (du méme ton). De bonne elle ne parle guère qu'on ne l'infoi, mademoiselle

, pensez-vous me terroge; mais ses réponses sont séduire par cette Hatterie ridicule ? justes: elle ne fait rien que de

Dor. Quoi, madame, me croiriez-bien; elle est réservée, discrète, vous capable ?onos

appliquée, reconnaissante; elle sait

rance.

Dor. Personne n'est plus en état plus jolie. On pense alors avec que madame....

tant de plaisir que des amis valent Mel. Non, je me rends justice; mieux que des admirateurs ! je n'ai nul talent, je ne sais rien; Dor. Madame a un fond de moj'ai eu des maîtres dans ma jeu-rale qui me charme toujours

. nesse, mais je fus élevée dans un Mel. J'espère que Lucie, inscouvent: voilà la meilleure excuse truite, élevée par vous, en aura daque je puisse donner de mon igno-vantage encore. L'étude et la lec

Enfin, Lucie m'est chère ture donneront à son esprit ce qui au-delà de l'expression : je suis manque au mien. veuve, je n'ai point d'enfans, elle Dor. D'autant mieux qu'elle a est ma seule héritière. je ne veux une application, une mémoire.... pas qu'elle puisse me reprocher un et un goût naturel... jour la négligence dont mille fois au . Oui, elle a beaucoup de fond du cœur je n'ai pu m'empêcher goût; cela se voit dans les plus ped'accuser mes parens à mon égard. tites choses.... Je crois qu'elle se

Dor. Mademoiselle Lucie est mettra fort bien.... Elle se coiffe bien digne de votre tendresse; elle déjà avec grace.. mais je ne croyais est charmante.

pas qu'elle fut très-appliquée. Mél. Voilà ce que vous lui ré Dor. Ah! trop peut-être pour pétez sans cesse, et ce que je lui sa santé, car elle a des nerfs d'une dis souvent moi-même; et nous délicatesse. . avons tort, nous la gâtons.

Mél. Elle tient cela de inoi.. Dor. Ah! madame, ce n'est pas mais vous m'assurez toujours que un caractère comme le sien qu'on vous êtes enchantée d'elle, qu'elle peut gâter.

apprend à merveille; et cependant

, Mél. Il est vrai qu'elle est plus que sait-elle? formée qu'on ne l'est ordinairement Dor. Elle est si jeune.. à son âge.... Par exemple, sa fa Mél. Quand j'assiste à vos lecilité à contrefaire tout le monde, çons, je vous avoue que sa disest une chose que je n'ai vue qu'à traction et votre indulgence m’imelle.

patientent toujours. Dor. Et elle n'a pas quatorze Dor. Mais, madame, je vous en

ai déjà expliqué les raisons; votre Mél. Il est certain qu'elle pro-présence l'intimide ou l'occupe; met beaucoup; mais je voudrais elle vous regarde, pense à vous, qu'elle joignit à tous ses agrémens et.... naturels de grands talens et un bon Mél. Ma chère Dorine, vous me

Sans talens on s'ennuie; flattez: moi je l'éprouve. Recevoir et faire Dor. Mon Dieu, madame, tenez, des visites, est un plaisir dont on encore hier j'ai grondé mademoise lasse si promptement! Et voilà selle sur ce qu'elle avait mal joué cependant la plus grande ressource du piano devant vous; elle ma des personnes désouvrées. Enfin, répondu : C'est que ma tante était je lui désire une âme sensible, parce vis-à-vis de moi, et je pensais qu'il que sans elle on ne jouit de rien, n'y a pas dans le monde de plus et que c'est toujours une excellente beaux yeux que les siens, de plus chose à retrouvrer quand on n'est expressifs, de plus brillans,

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Mel. Ecoutez-moi

. Je vous se faire aimer. Sil est vrai qu'on trouve mille bonnes qualités ; vous puisse être tout cela sans esprit

, avez de l'esprit

, des talens, de l'in-vous conviendrez que l'esprit est un struction; mais, de grâce, si vous avantage dont on peut très-facilevoulez que nous vivions ensemble, ment se passer. (Elle regarde à ne me louez pas; je hais les éloges, sa montre). Mais je m'oublie tout et je m'en défie.

en causant ; il est midi; j'ai vingt Dor. La modestie accompagne personnes à déjeûner qui doivent toujours la supériorité.

être arrivées à présent.
Mel Encore!.....

Dor. Ne fait-on pas une lecture
Dor. N'en parlons plus. Croyez,

aujourd'hui chez madame?
madame, que mon attachement Mél. Et vraiment oui, et qui
pour vous, et pour mademoiselle nous tiendra jusqu'à quatre heures;
votre nièce, est sans bornes, etjet je veux aller à l'Opéra nouveau,
que...

car j ai ma loge. Lucie va venir Mel. Prouvez-le-moi donc en me prendre ses leçons: vous lui direz secondant. J'exige encore une que si vous êtes contente d'elle, je chose de vous ; c'est que vous do-lla menerai à l'Opéra. Adieu, ma mier quelques soins à l'éducation chère Dorine, n'oubliez pas cet de cette petite fille qui est élevée

entretien, et justifiez par votre con

duite toute la confiance que j'ai en Dor. Toinette?

MU. Oui. Elle est orpheline,
et fille d'une femme qui fut quinze
ans à mon service, et qui me la
recommanda en mourant: d'aill-

SCENE II.
eurs, cette jeune personne annonce
le meilleur naturel; elle est remplie
d'heureuses dispositions; vous Quelle folie!..

parbler, aller aux

ans.

[Elle sort.

caur.

dessine ; elle joue du piano toute vante saus cesse à sa nièce les de juger si c'est avec succès ; mais l'application; et Pexemple quelle

Dor, e vous obéirai, madame:Et puis dans d'autres momens, n't

Mél. (d'un ton sévère). Lucie mais je vous avoue que je n'ai pas vous a dit cela?

une grande idée de son esprit. Dor. Mot à mot, et avec cette Mél. Elle est douce, ingénue, naïveté, cette grâce qui lui sont si sensible, et vraie; avec les pernaturelles....

sonnes à qui elle doit du respect, Mél. (du méme ton). De bonne elle ne parle guère qu'on ne l'infoi, mademoiselle, pensez-vous me terroge; mais ses réponses sont séduire par cette flatterie ridicule ? justes: elle ne fait rien que de

Dor. Quoi, madame, me croiriez-bien; elle est réservée, discrète, vous capable ?....

appliquée, reconnaissante; elle sait Mél. Ecoutez-moi. Je vous se faire aimer. S'il est vrai qu'on trouve mille bonnes qualités ; vous puisse être tout cela sans esprit, avez de l'esprit, des talens, de l'in-vous conviendrez que l'esprit est un struction; mais, de grâce, si vous avantage dont on peut très-facilevoulez que nous vivions ensemble, ment se passer. (Elle regarde d ne me louez pas; je hais les éloges, sa montre). Mais je m'oublie tout et je m'en défie.

en causant; il est midi; j'ai vingt Dor. La modestie accompagne personnes à déjeûner qui doivent toujours la supériorité.

être arrivées à présent, Mél Encore!....

Dor. Ne fait-on pas une lecture Dor. N'en parlons plus. Croyez, aujourd'hui chez madame? madame, que mon attachement Mél. Et vraiment oui, et qui pour vous, et pour mademoiselle nous tiendra jusqu'à quatre heures; votre nièce, est sans bornes, et et je veux aller à l'Opéra nouveau, que...

car j'ai ma loge. Lucie va venir Mél. Prouvez-le-moi donc en me prendre ses leçons: vous lui direz secondant. J'exige encore une que si vous êies contente d'elle, je chose de vous; c'est que vous do- la menerai à l'Opéra. Adicu, ma nniez quelques soins à l'éducation chère Dorine, n'oubliez pas cet de cette petite fille qui est élevée entretien, et justifiez par votre conauprès de Lucie....

duite toute la confiance que j'ai en Dor. Toinette ? Mel. Oui. Elle est orpheline,

[Elle sorl.] et fille d'une femme qui fut quinze ans à mon service, et qui me la

SCENE II. recommanda en mourant: d'aill

2 eurs, cette jeune personne annonce le meilleur naturel; elle est remplie

Dorine, seule d'heureuses dispositions ;

Quelle folie!..parfiler, aller aux voyez comme elle profite des leçons spectacles, recevoir des visites, que vous donnez à Lucie; elle voilà toutes ses occupations. Elle dessine ; elle joue du piano toute vante saus cesse à sa nièce les la journée: je ne suis pas en état charmes de l'étude et l'utilité de de juger si c'est avec succès; mais l'application; et l'exemple qu'elle ce désir d'apprendre à son âge, lui donne est éternellement er la rend réellement intéressante. contradiction avec ses discours

Dor, e vous obéirai, madame ; Et puis dans d'autres momens, n'é

vous.

vous

Dor. En attendant, il faudrail Dr. Et déjà ne passez-vous pas
acquérir des talens; si l'on se lasse pour en avoir !
des spectacles, si le bal fatigue, si Luc. Oui, mais entre nous, je
l'on se dégoute du grand monde, il ne sais rien.
est doux alors de pouvoir se suffire Dor

. Oh! vous êtes aussi trop
à soi-même.

modeste; vous jouez très-joliment
Luc. Mais voyez ma tante: elle du piano.
a conservé tous les goûts de la Luc. Hélas! cela se borne à
première jeunesse; pourquoi n'au-trois ou quatre pièces que je sais de
rais-je pas la même constance? et routine.
pourquoi par une étude pénible me Dor. Le dessin va très bien;
me livrer à un ennui certain, pour me votre dernière tête est charmante,
procurer des ressources éloignées Luc. Gråces à vous.
dont je n'aurai peut-être jamais be- Dor. Non réellement, je n'yai
soin?

presque pas retouché.

coutant qu'une aveugle tendresse Dor. Moi, celui que vous portez elle croit sa nièce un petit prodige me paraît toujours le plus joli

. de perfection, et la loue avec excès; Luc. J'aurais le temps de me et tout le monde, pour lui plaire, rhabiller avant le diner? en dit autant: mais quand Méla Dor. Et nos leçons ? nide a le dos tourné, quelles mo Luc. Cela est vrai.... Allons, queries ne fait-on pas de cette pe-allons, je resterai comme cela: tite fille, qui, en effet, vaine, indo-aussi bien c'est autant de peine cile, étourdie, n'apprendra jamais épargnée: et je hais la toilette à la rien! Au reste, que m'importe ? je mort... Eh bien, que ferons-nous? la flatte, je lui passe ses caprices, Dor. Mais votre maître de danse je m'en fais aimer; elle se mariera, va venir; et quand vous aurez sera riche, fera ma fortune, voilà dansé, nous dessinerons, et nous l'essentiel. Mais paix, j'entends jouerons du forté-piano. quelqu'un; ah! c'est Lucie. Luc. Oh, pour danser aujourd

' hui, cela m'est impossible ; j'ai mal SCÈNE IIT.

dormi, je suis d'une lassitude à Dorine, Lucie.

ne pouvoir me soutenir sur mes

jambes... Luc. Je croyais ma tante ici ? Dor. Mais asseyez-vous. (Elle Dor. Elle en sort dans l'instant, lui approche un fauteuil

; Lucie et m'a chargée de vous dire, que s'assied et s'étend nonchalammenl.) si vous preniez bien toutes vos le Luc. J'ai réellement une courba. çons, elle vous menerait à l'Opéra. ture affreuse. Luc. Aujourd'hui ?

Dor. En effet, vous avez l'air
Dor. Oui.

Jabattu.
Luc. Et c'est l'Opéra nouveau? Luc. Tout de bon, vous me

.... Ah! je suis charmée. Mon trouvez changée?
dieu, que n'ai-je su cela plutôt! Dor. Extrêmement.
Dor. Pourquoi ?

Luc. Cela tient peut-être aussi Luc. Oh, c'est que je suis coifféesà la manière dont je suis fagotée... à faire horreur......Et ma robe Oh, voilà qui est décidé, je me ferai ....Je ne l'aurai

que

de-sûrement recoiffer pour l'Opéra.. main! cela est piquant, vous en Ma tante ne donne-t-elle pas

à conviendrez.

déjeuner ce matin? Dor. De telle manière que vous Dor. Oui. Il y a une lecture

. soyez, n'êtes-vous pas toujours sûre Luc. Oh! quand je serai mariée, de plaire?

lj'aurai des lectures aussi, et des Luc. Et d'ailleurs, c'est une déjeûners .... Cela est charmant, plaisanterie!........ J'attache si un déjeuner !.... peu

de prix à toutes ces choses-là. Dor. Oui, cela occupe depuis Trouvez-vous cet habit bien garni?'midi jusqu'à quatre heures. Dor. Il est charmant.

Luc. Et puis le spectacle, et Luc. Oui, mais il a un peu perdu puis le souper, et puis le bal; voilà de sa fraîcheur..J'aime mieux le ce qui s'appelle jouir de la vie. couleur de rose que j'avais hier. Que ma tante est heureuse! enfin, Qu'en pensez-vous ?

j'aurai mon tour.

[graphic]

Dor

. Mais madame votre tante Luc. Mais l'histoire et la géo-
elle-même ne se plaint-elle pas tous graphie, par exemple, je n'en

sais
les jours de l'éducation négligée pas un mot.
qu'elle a reçue? Elle se livre à la Dor. Vous savez les titres de
dissipation, plus par habitude que beaucoup de livres, voilà tout ce
par goût...

qu'il faut pour le monde; dites
Luc. Il est vrai qu'elle baille à hardiment que vous les avez tous
la Comedie, qu'après tous ses dé- lus. Avec cela, ayez toujours un
jeûners elle a des vapeurs, et tou-livre dans votre sac et sur votre
jours sa migraine quand elle a été toilette; soutenez que vous aimez

au bal de l'Opéra. Oui, cela est la lecture avec passion, et vous
vrai....je sens bien que les talens passerez bientôt pour la plus in-
et l'instruction peuvent être delstruite.
quelque utiliténneet puis passer Luc. Voilà une drûle de manière
pour ignorante, cela est humiliant, d'être savante, elle me convient
tombe dans la rêverie.)

Dor. Vous rêvez?

neuve...

cela me répugue, je l'avoue. (Elle beaucoup. Allons, je l'adopterai;

et puis, ma chère amie, vous reste

rez toujours avec moi; vous co-
Luc. Oui, je me sens des mouve-rrigerez mes dessins, et même mes
mens de raison qui m'attristent; tableaux, quand je peindrai: ainsi
vous renez de me dire des choses voilà encore un talent de sår.
qui m'ont frappée.

Pourquoi, ma Dor. Allez, mademoiselle, je
chere amie, ne m'avez-vous pas vous promets que vous aurez tous
toujours parlé de cette manière? ceux qu'on a communément dans

Dor. Mais je ne veux pas vous la société. Les vrais, les grands attrister, ni vous contrarier.

Luc. Croyez-vous qu'en ne me sonnes de votre état! donnant pas plus de peine que je Luc. Eh! voila précisément ce n'en prends, je pourrai un jour avoir qui fait qu'il est si flatteur d'en avoir du moins l'apparence de quelques ... Penez, Toinette, en aura tout talens?..... l'écorce; c'est tout cede bon; eh bien, je voudrais lui

ressembler.

talens sont si rares dans les per

que je voudrais.

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